Nouvelles de l'Interzone

 

Janvier 2016

 

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Noël vient de nous quitter. Un homme vêtu d’un complet noir démodé et d’un chapeau qui fait ombrage à ses yeux légèrement bridés et son visage blafard le remplace. Il s’avance et me dit qu'il est le Jour de l’An pour ensuite me demander, sur un ton austère, de faire ma liste de résolutions pour l’année 2016. Si je comprends bien, je dois obéir rapidement si je ne veux pas subir des sévices. Je promets de ne plus critiquer le Parti libéral du Québec. Pour ceux qui croient que les Nouvelles de l’Interzone sont trop longues, cette chronique passe de six à sept pages. C’est le temps des fêtes après tout! Le moment unique pour chanter La la la lalère avec une bière dans la main droite et une tourtière dans la gauche.

 

Représentation de

Monsieur de l'An 

 

Malgré la joie qui m'envahit, je dois vous avouer que l’apparence lugubre de Monsieur de l’An me rappelle cette morosité qui gangrène le Québec. Aujourd’hui, une personne qui occupe un emploi ne peut subvenir à ses besoins essentiels, alors qu’il y a à peine 20 ans, il les comblait sans travailler. Heureusement, les médias réagissent à ce déclin. Je pense ici à un animateur de la radio parlée (98,5 FM) de Montréal qui a affirmé que «ce n’est pas parce que les vieux y bouent qu’on va manger à soir» en réaction à une personne âgée ébouillantée alors que d’autres sont simplement affamées. Mais encore, comment ne pas oublier Isabelle Marée-Shell de la même station? Cette perle de l’information a informé ses auditeurs que la Chose qui dirige le Québec, depuis le 7 avril 2014, veut obliger les cyclistes à porter un casque protecteur.

C’est grave! En 2014, onze pédaleurs sont décédés à la suite d’un accident. Un nombre assez important pour se demander comment aurait réagi Spock à cette nouvelle. La logique implacable de l’extraterrestre aux grandes oreilles que nous retrouvions chaque semaine dans la série télévisée Star Treck, aurait-elle proposé que la Chose oblige aussi le port de la coquille de plastique sur la caboche des conducteurs et piétons, en attendant le tour des  chiens, chats, ratons laveurs et marmottes, en prétextant que pour la même période, 208 automobilistes et 52 marcheurs ont laissé leur âme sur la route?

Sauvés par des bizarres

Un Québec casqué en 2016? Moi je préfère sécuriser mes déplacements par le port d’une petite médaille à l’effigie de cette grande femme et de ces deux saints: Notre Dame de Dorleta, la patronne des cyclistes, saint Christophe, le protecteur des automobilistes et saint Martin, le patron des piétons? Une décision, je dois le préciser, qui fut inspirée d’un voisin immigrant. Pas un Syrien, un Albertain ou un woile qui s’amuse à glisser son sabre sur le coup des infidèles, mais un ingénieur yougoslave. Depuis la visite du pape François 1er aux États-Unis, il me bombarde de nouvelles étranges à faire jouir les catholiques les plus introvertis. En exemple, le 11 décembre dernier, alors que nous écoutions AstronomieAvec pas d’casque en dégustant une Ordre du Dragon, il m’a raconté l’histoire de Katie Lentz. En août 2013, elle fut emprisonnée dans sa voiture à la suite d’une collision frontale. Et comme les secouristes et pompiers ne réussissaient pas à l’extirper de son véhicule, elle a eu la bonne idée de leur demander de prier avec elle. À cet instant, «un homme vêtu de noir avec un col blanc, qui ressemblait à un prêtre catholique, est apparu sur la scène malgré un large périmètre de sécurité». Il a commencé à «prier et à utiliser une huile d'onction». Peu après «les secours d'une ville voisine sont apparus et ont réussi à sauver la jeune fille». Comme le prêtre resta introuvable et absent des photos, des gens croient qu’il était un ange apparu sur le lieu de l’accident.

J’ai à peine eu le temps de réagir qu’il a ajouté qu’une divinité, dont le crâne volumineux l’empêche de porter un casque protecteur, aurait ressuscité une victime de la route. Son nom est saint Strôb, dit le «grand inconnu», avec raison, puisqu’après avoir exploré la Toile sans succès, j’ai décidé d’implorer l’aide de saint Laurent, le patron des archivistes. J’ai pu ainsi dénicher le texte J’ai vu un être se matérialiser à côté de moi publié le 17 janvier 1982 dans le Journal de Montréal, sous la plume de la journaliste Monelle Saindon. Selon l’article, saint Strôb se serait manifesté à Jean Miguères (1940-1992), lors d’un accident de voiture survenu le lundi 11 août 1969. Pour satisfaire ma curiosité, saint Laurent m’a ensuite proposé le témoignage de l’accidenté provenant du magazine Nostra du 30 juin 1983, un périodique ésotérique français. Voici un condensé:

 

L'ambulance de Miguères

 

Je veux bien me réjouir avec une Dame et deux saints, mais pas un bizarre du cosmos, moi qui commence à peine à tolérer mon voisin yougoslave. Mais comme Strôb donne des cadeaux, je crois que quelques mots sur le visiteur de l’espace ne devraient pas vous indisposer en ce temps de festivités. Jean Miguères a reçu un code mental pour appeler Strôb. En l’utilisant, en janvier de l’an 1973, il a pu faire apparaître un OVNI devant quatre témoins. Par la suite, il a offert ces trois livres à l’humanité: J’ai été cobaye des extra-terrestres (1977), Le cobaye des extra-terrestres face aux scientifiques (1979) et 1996: La révélation (1983).

Tout change et tout le monde danse

Dans son dernier bouquin, il prédisait un débarquement extraterrestre pour 1996. Près de 20 ans après, aucun visiteur de l’espace n’a envahi la Terre, si nous faisons exception des punaises de lit et d’André Sauvé. Devons-nous conclure que Strôb a menti? Certainement moins que le Père Noël. Je m’explique. Lorsque j’avais 7 ans, il m’avait promis une jeune blondinette bien dodue. J’ai plutôt reçu un train électrique. Et comme d’autres millions d’enfants trompés par le gros barbu, je suis devenu un adulte qui rage devant les manoeuvres fallacieuses qui unissent les industries et les partis politiques. Je ne parle pas de la logique du marché qui permet à la Chose de puiser le soutien financier de Bombardier dans la poche des défavorisés, mais d’une tendance à sous-traiter pour les extraterrestres.

 

André Sauvé

Voici des exemples? L’extraction de liquide amniotique (amniocentèse) réalisée cliniquement dès 1972, fut expérimentée en septembre 1961 sur la contactée Betty Hill, par des visiteurs de l’espace.  L’élasthanne (Lycra), un tissu inventé en 1959, a habillé des voyageurs du cosmos avant d’être commercialisée en 1970. Mais encore, le premier organisme génétiquement modifié (OGM) fut une pomme de terre de la Lune donnée dans les années 50 à Howard Menger par des Vénusiens, avant les premières créations d’OGM au début des années 80. Le premier écran HF fut observé au Pérou en 1961, dans un vaisseau spatial provenant d’une lointaine étoile. Enfin, après l’observation de fœtus humains dans des utérus artificiels, la Terre conçoit des objets similaires qui servent au développement d’animaux de laboratoire.

Tout change et tout le monde danse. La la la lalère… Aujourd’hui, les technologies numériques, la génétique, le clonage et les nouveaux alliages forgent la nouvelle économie. Pour les produire, les diffuser et les vendre, des accords frontaliers, des machines, des ordinateurs, des travailleurs exploités et de la monnaie électronique. Pour porter le tout, l’idée d’une gouvernance mondiale sans argent s’est ancrée aux discours de visiteurs de l’espace, avant la signature des premiers échanges économiques et l’utilisation de cartes de retraits bancaires.

Pour Jacques Vallée, un astrophysicien et informaticien devenu un des grands spécialistes des OVNI, ces changements pourraient nous acheminer vers une société inquiétante. À cette fin, il écrivait dans OVNI: La Grande manipulation (The Mesengers of Deception (1979)), que la «croyance aux OVNI renforce l’idée d’une unification politique à l’échelle mondiale», qu’une «intervention extraterrestre réelle ou simulée permettrait de détourner le regard des affaires humaines». Il ajoutait dans le texte Les OVNI inventés par des manipulateurs? publié le 18 juin 1979, que le «danger du mouvement OVNI» serait la «soumission à la puissance supérieure de quelque force sage»!

Cette «soumission» repose sur des changements qu’on peut qualifier de monstrueux, en nous inspirant encore de Jacques Vallée. En 1969, il écrivait que le phénomène extraterrestre a un «caractère différent», selon la culture et les régions. En Amérique, les extraterrestres sont plus près «des monstres de la science-fiction», alors qu’en France, ils sont «des touristes raisonnables, cartésiens, aimant la paix». Aujourd’hui, les États-Unis jouent le rôle de brigadier de la planète pendant que les touristes raisonnables bavards et mystiques des années 50 sont remplacés par des créatures, très étasuniennes, macrocéphales et aux grands yeux noirs, connus sous le nom de petit-gris. Il en est de même pour l’aspect des OVNI. Le cercle, forme qu’on associe aux courbes de la nature, à l’équilibre et à la fertilité, est rejoint par des triangles noirs, froids et inquiétants, qui ont été observés principalement aux États-Unis au début des années 80, avant de s’étendre vers la Belgique en 1989 et gagner tout le globe depuis la chute du communisme en 1991. Pour conséquence, nous connaissons de profondes transformations géopolitiques, les changements climatiques menacent la sécurité alimentaire. Les OGM, les pesticides, les produits toxiques, les hormones synthétiques, les drogues de synthèse, les manipulations génétiques, le divertissement hollywoodien et le clonage envahissent la planète pendant que nous connaissons une croissance de l’infertilité. Pour ce qui est de la France «des touristes raisonnables», elle bombarde la Syrie en réponse aux attentats terroristes qui ont pris pour cible Paris, le vendredi 13 novembre 2015.

 

Petit-Gris 

 

Croire pour obéir

Pendant que les problèmes se multiplient, l’oncle Sam soutient la croyance extraterrestre.  En plein maccartisme, des œuvres de science-fiction, dont le célèbre film Earth vs Flying Saucers (1956) de Fred F. Shears, ont exploité l’idée d’une invasion de créatures de l’espace. Des magazines, des livres, des sectes, des artistes et des groupes ufologiques se sont multipliés pour lier les OVNI à une origine cosmique. Moins de trente ans après, alors que les bouquins de Miguères entraient par la grande porte des libraires, Rencontres du troisième type (1977), E.T. l’extraterrestre (1982) et Starman (1984) remplissaient les salles de cinéma. Pour conséquence, lorsque l’actualité traite des eaux de Mars, comme ce fut le cas en octobre 2015, on se met à tisser des liens avec de la vie extraterrestre plutôt qu’une chanson de Georges Moustaki.

Malgré l’engouement, la croyance en des touristes de l’espace reste discutable. Je prends pour exemple le texte La science ne croit plus aux visiteurs extra-terrestres publié dans le Journal de Montréal du 18 février 1982 sous la plume de Monelle Saindon. Il a exposé l’opinion de Normand Pinard, un recherchiste scientifique qui concevait mal que des êtres intelligents puissent parcourir un minimum de 4,3 années lumières, l’étoile la plus proche, pour ramasser des roches et de la terre. «Agir de façon si peu évoluée», alors que l’avancement technologique de ces derniers pour sillonner une si grande distance devrait au moins leur permettre d’éviter ces petits gestes répétitifs. Des ufologues ont aussi contesté l’association entre les OVNI et les visiteurs de l’espace. Je pense ici à René de Vailly et Pierre Danarjou, deux enquêteurs de la Commission d’études Ouranos (CEO) Québec, un groupe d’enquêtes sur les OVNI et le paranormal fondé en France en 1951. Dans Ouranos ne croit plus aux extra-terrestres du 17 février 1982, toujours sous la plume de Monelle Saindon, ils citaient ces mots du directeur de la CEO Pierre Delval: Après plus de trente années de compilation de dossiers, le groupe Ouranos ne croit plus à la thèse des extraterrestres pour expliquer les OVNI. Ces étranges phénomènes seraient plutôt le fait d’une intelligence suprahumaine aussi puissante que néfaste.  Enfin, dans Les OVNI inventés par des manipulateurs? Jacques Vallée ajoutait qu’il se pourrait que les OVNI ne soient pas «non identifiés» et encore moins des «objets»! Cela en précisant qu’il «s’inquiète du mythe sérieux qui est en train de se propager», la croyance extraterrestre qui prépare les gens à un «salut venant d’en haut».

Que nous croyions au Père Noël descendant du ciel avec son chariot plein de cadeaux ou en un extraterrestre arrivant avec ses miracles de la technologie m’importe peu. Le problème est cette tendance à obéir à ce que nous croyons. Obéir au Père Noël toute l’année pour des cadeaux. Obéir à la Chose en espérant une baisse d’impôt. Obéir en se soumettant à l’idée que si l’économique et la sécurité sont menacés, on doit s’asservir à des lois et des sanctions plus sévères. Accepter d’abandonner notre droit à la dissidence, à la vérité, à la connaissance et au respect. Obéir les yeux fermés, jusqu’au point de rupture. Ce moment où la confiance à l’autorité s’étiole et que ses pénitences provoquent des rognes incontrôlables qui exigent la chute du régime en place.

Par quoi le remplace-t-on? Une dictature! Un nouvel ordre mondial! En attendant la réponse, nous devons comprendre que la croyance en une puissance supérieure repousse les limites de l’obéissance et des punitions. Jean Miguères est un exemple. Après l’utilisation de son code mentale en janvier 1973, Strôb exige, par télépathie, qu’il soit exclusivement utilisé pour les urgences, sinon son fils pourrait avoir un accident. Malgré cela, Miguères retenta le test au Col de Vence. Cette fois, un OVNI énorme a traversé le ciel de Nice, de Marseille et de Bordeaux, devant 81 témoins. Punition! Jean Miguères tomba inconscient et quelques jours plus tard, son garçon eut les jambes gravement brûlées par de l'huile. Mais encore, lorsque Miguères avoua à Strôb son impression qu’il avait guidé la voiture de l’autre conducteur pour provoquer la collision, il sentit «une vive douleur dans son cerveau; comme si on y imprimait quelque chose».

Miguères a ainsi appris à se conformer à Strôb. Comme nous tous, il l’a fait en obéissant à des croyances qui exigent de nous couper des autres convictions. Pour préciser mon raisonnement, revenons à Spock. Le gars aux grandes oreilles personnifie l’héritage du Siècle des Lumières qui permet au savoir et à la raison de prédominer sur l’insensé. Ce XVIIIe siècle qui a relégué au passé la métaphysique, les forces surnaturelles et les religions (plus précisément le christianisme), au nom du progrès scientifique. Aujourd’hui, cela ressemble à une fuite. Dans le cas des OVNI, cela se traduit par une volonté à lier des phénomènes paranormaux, telles la télépathie et la télékinésie (lévitation), à une technologie de pointe. Pour conséquence, nous lions les enlèvements à des tests d’hybridations d’où naîtrait une nouvelle race qui serait prise en charge par les visiteurs de l’espace, en oubliant les incubes. Ces démons du passé violaient des femmes, parfois en présence du mari étendu sur le lit, paralysé et inconscient, afin de s’offrir une progéniture qui était élevée par le Diable. Cette fuite nous pousse jusqu’à admettre que le mal d’hier puisse devenir le bien aujourd’hui. Il y a à peine 300 ans, la mère du rejeton d’un incube devait garder le silence pour éviter d’être jugée pour sorcellerie. Aujourd’hui, une dame qui avouerait avoir donné naissance à un bébé devenu un adulte influent et adulé, après avoir eu un Spock dans ses culottes à la suite d’un enlèvement «extraterrestre», pourrait dorer la carrière de son fiston.

Cerveau sous influence

Le même Siècle des Lumières a aussi libéré l’hypnose de son étiquette de science occulte pour lui donner le titre d’outil thérapeutique. Pour conséquence, il est de mauvais ton d’oser douter des souvenirs enfouis mettant en scène des petits-gris venant de l’espace.  Pourtant, le psychiatre montréalais Jean Rock Laurence a témoigné de l’émergence de fausses rencontres avec les petits-gris lors de l’utilisation de l’hypnose. Cela ne veut pas dire pour autant que tous les témoignages sous hypnoses (très nombreux aux États-Unis) soient des fadaises. C’est seulement qu’en admettant qu’ils soient tous réels, nous évitons de nous demander comment les faux sont fabriqués. Est-ce par le soutien d’images de petit-gris qui ont envahi l’espace public à l’aide de friandises, vêtements, jouets, films et affiches? Si vous aimez mieux, si ses petits-gris avaient été remplacés par des blattes, l’utilisation de l’hypnose aurait-elle dévoilé le visage d’insectes humanoïdes recouverts de carapaces?

Les figures et formes qui imprègnent notre cerveau semblent construire le théâtre OVNI. Pour traduire partiellement ce phénomène, l’ufologue et archiviste québécois Donald Cyr a produit une vidéo en 1997 qui notait de nombreuses similitudes entre les rencontres extraterrestres et la science-fiction. Avant lui, Bertrand Méheust, chercheur et écrivain français, spécialiste de parapsychologie, docteur en sociologie, membre de l'Institut métapsychique international et ancien professeur de philosophie à Troyes, affirmait dans son livre Science-fiction et soucoupes volantes — Une réalité mythico-physique (1978), que l’inconscient des témoins puise dans le cinéma et la littérature de science-fiction. À la même époque, René De Vailly liait l’apparence des prétendus extraterrestres à celle des contactés. Ainsi, avant que le petit-gris étasunien devienne la référence monstrueuse, il était fréquent de constater des similitudes entre la physionomie d’un extraterrestre et celle du témoin. Strôb est un exemple parmi d’autres. Il emprunte les traits physiques de Jean Miguères, comme on peut le constater sur la couverture de son livre Le cobaye des extra-terrestres face aux scientifiques.

 

Strôb et Miguères: des traits similaires

 

Sommes-nous manipulés? En 1979, Jacques Vallée affirmait que les expériences OVNI sont les œuvres «d’habiles manipulateurs de cerveau». Pour Pierre Delval, il associait, dans Le Monde occulte du surréel paraphysique (1981), les pilotes des OVNI à des spécialistes de l’esprit humain qui connaissent la mécanique des phénomènes paranormaux et manipulent notre «cerveau reptilien», le siège de l’intelligence primitive et de l’inconscient. Ils créeraient ainsi un «cinéma paranormal» par le soutien d’une énergie électromagnétique.  Vous doutez? En mai 1995, le magazine Science et vie présentait les travaux du neurologue canadien Micheal Persinger dans OVNI: Enquêtes sur une nouvelle piste. En tentant de soigner l’épilepsie à l’aide de fréquences électromagnétiques de faibles intensités appliquées sur les lobes temporaux, il reproduisit accidentellement des chimères, dont certaines se rapprocheraient des rencontres extraterrestres. Auparavant, le journal La Presse publiait ces deux textes sur les arsenaux à pulsions électromagnétiques: Vers une utilisation militaire du cerveau? Les études se multiplient sur les phénomènes psychiques (le 7 décembre 1983) et Le Pentagone se prépare à la guerre psychique (janvier 1984). En 1989, le journaliste et enquêteur Larry Collins (1929-2005) publiait le roman Dédale. Une histoire de manipulation mentale «s’inspirant de recherches réelles» sur les armes magnétiques, selon ses propos tenus lors d’une entrevue menée par Reine Malo, dans le cadre de Bon dimanche (CFTM TV). Enfin, il y a l’histoire du canon magnétique saisie à la douane étasunienne au début des années 70. Il était utilisé sur scène par les Moody Blues pour provoquer diverses émotions chez les spectateurs, selon le claviériste Micheal Pinder.   

Larmes et fourberies

Je ne peux dire si les armes psychiques sont utilisées pour manipuler les populations et s’il peut y avoir un lien avec les pilotes des OVNI. J’ai par contre l’impression que les gens déstabilisés sont de plus en plus nombreux, au point de toucher l’arène politique. Ainsi, le 15 décembre 2015, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a versé quelques larmes lors de la cérémonie de la Commission de vérité et réconciliation sur les pensionnats autochtones. Lise Thériault, la ministre de la Sécurité du gouvernement de la Chose, a aussi pleuré le 23 octobre 2015, lorsqu’elle dut se défendre des accusations de laxisme dans le dossier des femmes autochtones agressées par des policiers de Val-d'Or. J’ai aussi souvenir de cette infirmière qui a pleuré, le 14 septembre 1990, devant le Congrès étasunien, alors qu’elle déclarait avoir vu les troupes de Saddam Hussein (1937-2006) retirer des bébés d’incubateurs pour les jeter sur le sol froid. Enfin, dans le texte J’ai failli y croire ou l’art de commercialiser les extraterrestres publié dans le Journal de Montréal du 17 janvier 1982, Monelle Saindon affirme avoir été émue par les sanglots de Jean Miguères quand il étalait son expérience et ses sentiments lors d’un huis clos dans le bureau de son patron.

Les larmes de l’infirmière ont joué un rôle capital dans l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 1990-91. Des milliers de morts plus tard, nous avons été informés que la soignante était en réalité Nayirah Al-Sabah, la fille de Saud bin Nasir Al-Sabah, l’ambassadeur du Koweït à Washington et que son témoignage était faux.  Pour Miguères, Monelle Saindon a constaté «qu’en conférence» il «s’est interrompu pour pleurer à la même phrase, au même moment qu’il avait choisi pour sangloter dans le bureau de mon patron». Dans le cas de Miguères, la CEO a expliqué ses sanglots lors de l’élocution des mêmes mots, par une réaction hypnotique, alors que pour Nayirah Al-Sabah, on n’ose se demander si elle a été formée à pleurer et mentir par un professeur de théâtre ou un hypnotiseur.

On évite de même à dénoncer la sainte machine à fourberie. La firme de relations publiques Hill & Knowlton, celle qui a travaillé sur le dossier Grande-Baleine lors du deuxième règne du premier ministre Robert Bourassa (1933-1996), fut embauchée par Citizens for a Free Kuwait, un paravent de la CIA, afin de préparer l’opinion publique à une intervention militaire au Koweït. Et lorsqu’on apprenait, le 8 décembre dernier, qu’un ancien ministre ayant quitté la Chose avec sa prime de départ en février 2015 est devenu conseiller de Hill & Knowlton, les Lumières se sont encore détournées du passé. Le savoir? Ça dépend.

Le mardi 28 juillet 1992, Jean Miguères fut victime de deux décharges de fusil de chasse. L’assassin se nommait Roger Dorysse.  Il était son beau-père et un membre de l’Association de défense des familles et de l’individu (ADFI), un groupe qui s’en prenait aux sectes, dont le Centre international de recherche ufologique scientifique (CIRUS) que Miguères présidait. Avant ce drame, la CEO a comparé Miguères à un médium (spirite) qui a laissé son ami vivre «désormais indépendamment dans son corps», comme il l’écrivait dans 1996: La Révélation. Par la suite, Jean Michel Lesage a affirmé que Miguères était la victime d’un «pacte d’alliance».

***

Nous sommes tous soumis à un pacte, par nos cartes bancaires, nos emprunts et nos données numériques. Pouvons-nous aussi être sacrifiés par ceux qui nous possèdent? Lorsque nous obéissons aux dogmes de l’économie mondiale, nous devons aussi accepter d’être associés à des petits dividendes et à de gros coûts au nom d’une unicité planétaire qui se résume à immoler des populations au nom d’une conquête des espaces culturels, linguistiques et économiques servant des oligopoles monstrueux. Moi, le lundi 26 octobre dernier, je me suis contenté d’être un zombie arraché de son lit, troquant son vélo pour une automobile, afin d’obéir à un message téléphonique. Pour conséquence, vers 6 heures, j’ai été embouti par une voiture.  Pas de saint, d’ange, de prêtre ou d’extraterrestre. De même pour l’homme en réanimation cardiaque, neuf rues plus loin.  Lorsque je suis arrivé sur place, il venait de quitter sa maison pour l’hôpital avec les ambulanciers.

 

Iris X Versata  

À peine une heure plus tard, on m’informait de son décès. En voyant le macchabée de mon père, j’ai constaté pour la première fois qu’il avait un crâne peu propice au port du casque. Le pater était un botaniste et un hybrideur de renom. C’est le même homme qui avait placé deux livres sur les OVNI dans la bibliothèque familiale, à la suite d’une observation en Suisse, vers 1946. Lorsqu’il m’a dit, à l’âge de 7 ans, que la CIA était impliquée dans le dossier, j’ai préféré le confort des visiteurs de l’espace. Après son décès, j’ai fait une petite escapade à la Bibliothèque nationale du Québec à Montréal, à la quête d’ouvrages sur les OVNI. Je fus surpris de découvrir que de nombreux livres de référence sont introuvables. Pour tuer le temps, j’ai parcouru Le Secret des Envahisseurs 1 (2013) de Peter Knight, un livre qui s’inspire de la série culte étasunienne Les Envahisseurs (1967-68). Entre quelques invraisemblances, l’auteur affirme que depuis la Deuxième Guerre mondiale des OVNI sont pilotés par des nazis. Mais encore, que les inquiétants hommes vêtus de noir qui ont intimidé des chercheurs et témoins gênants sont en réalité des anciens agents de la Gestapo.

Cette croyance a au moins l’avantage d’humaniser les changements et phénomènes qui échappent à notre raison. À savoir que le pouvoir pousse les humains à tenter l’ultime expérience de dominer son prochain en s’inspirant de Niccolo Machiavelli (1469-1527) dit Machiavel. L’art de détourner le sens moral, pour se permettre les pires monstruosités, à un point tel d’imaginer qu’un consortium politico-industriel pourrait s’en prendre aux populations civiles pour faciliter l’implantation d’un ordre tyrannique mondial. Et lorsqu’on en arrive à croire à cette possibilité, on devient un partisan du complot qui découvre son plaisir dans des mots dont je n’ose interroger la vraie origine, après bientôt 65 ans. Des gentils Vénusiens qui informaient Howard Menger, en 1959, qu’«il y a sur» notre «planète un très puissant groupe de gens extrêmement savant en technologie, en psychologie, et […] en télé-influence (armes psychiques).  Ils dirigent des gens qui occupent des postes importants dans les gouvernements. Ce groupe est Anti-Dieu, et on pourrait dire qu'il est l'instrument de votre mythique Démon».

 

Une Vénusienne

photographiée par

Howard Menger

 

Notre façon de fuir détermine ce que nous sommes. Moi, pour m’éloigner des gens qui obéissent à l’économie de bradage, des conformistes, des fédéralistes et des consommateurs qui se battent pour une télévision HF de 1961, par un vendredi noir de 2015, je roule en observant le paysage.  Le soir du 19 décembre 2015, alors qu’une fine neige tombait, j’ai vu une créature étrange sur le bord d’un fossé. En la ramassant, j’ai pensé à une chanson de Félix Leclerc (1914-1988) pendant que je comparais mon ravissement intérieur à des fleurs. Ne les cherchons pas. Comme la vérité,  elles fanent dans les funérariums en nous rappelant qu’une des plus grandes réussites depuis 70 ans n’est pas l’émergence de la croyance extraterrestre ou du libéralisme, mais l’art de bien soigner nos macchabées. Je suis tellement impressionné, qu’en 2016 j’espère que nous donnerons 40 % d’augmentations salariales aux croque-morts.

Passez une très bonne année.

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Septembre 2015

 

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Le mois d’août s’éclipse derrière septembre pendant que la chaleur du feu de l’actualité irradie la campagne électorale canadienne et la récession, tout en élevant à la vue de tous, les ballons de la Commission Robillard du Parti libéral du Québec (PLQ) annonçant la volonté de céder la perception des impôts québécois au Canada et la remise en question du monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ). Je sais. Je devrais commenter ces informations, les souligner ou au moins les méditer, avant que les flammes les transforment en cendres impropres à ma mémoire. Je préfère, pour l’instant, m’éloigner en compressant l’atmosphère lourde avec la roue avant de mon vélo et contempler le ciel étrange aux reflets jaunâtres qui me laisse l’impression d’un condensateur électrique surchargé qui pourrait bientôt exploser.

 

J’aimerais fuir la charge la tête haute, en déroulant mes idées comme un tapis qui me permettrait de me déplacer d’un sujet à l’autre, comme on passe du Capricorne à la Grande Ourse, mais avant je dois vous confesser un péché. Depuis quelques semaines je rêve d'obliger des ministres du PLQ à écouter Les Vieux de Jacques Brel (1929-1978) en regardant les images de personnes âgées victimes d’une rationalisation des dépenses dans les centres d’accueil. Un songe malheureusement rattrapé par les symptômes de mon Syndrome de persécution identitaire (SPI), une maladie mentale qui transforme mon cerveau en arène de luttes, pour y confronter Jacques Brel à John Lennon (1940-1980) des Beatles. La raison n’est pas que Brel est né un 8 et décédé le 9 octobre alors que Lennon a vu le jour le 9 octobre et est mort un 8. C’est plutôt pour expier un vieux problème qui traîne depuis de nombreuses années. Comment vous l’expliquer? Contrairement à d’autres, lorsque le premier ministre canadien Stephen Harper chante With A Little Help From My Friends des Bealtes, je n’ai pas l’impression d'être du nombre de ses amis (friends). Pour être plus précis, je vous dirais que ses copains me méprisent en plaçant dans leurs cibles des souverainistes tout en accordant le pardon sans condition à des fédéralistes. L'exemple qui me vient à la tête est le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau qui a menacé de sanctions, en décembre 2014, le maire de Laval Marc Demers et à la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire pour la hausse des taxes foncières imputées aux compressions du PLQ. Deux indépendantistes, je le précise, puisque Marc Demers est un partisan du Parti québécois (PQ) alors que Caroline St-Hilaire est une ancienne députée du Bloc québécois (Bloc). Parallèlement, rien, pas même un soupir libéral, en réaction à la destruction sauvage d’une dalle de ciment de Postes Canada par le maire de Montréal Denis Coderre, un fervent fédéraliste canadien.

Mais encore, j’ai l’impression que les amis de Harper gèrent le Québec en méprisant le français de Brel pour mieux promouvoir l’anglais de Lennon. Ainsi, en juin 2015 le premier ministre du Québec Philippe Couillard a semoncé Caroline St-Hilaire pour ses dénonciations de Robert Myles, le maire de Greenfield Park traduisant tout du français à l’anglais, alors qu'en août, la ministre de la Condition féminine Stéphanie Vallée fut très lente à réagir aux propos de Daryush Valizadeh, dit Roosh V, un anglophone étasunien qui banalise le viol des femmes. Mais encore, ce Philippe Couillard qui affirme que «les Québécois n’aiment pas la chicane» est avare de commentaires pour dénoncer la plus longue campagne électorale depuis bientôt 100 ans, en vue des élections du 19 octobre 2015 qui furent lancées le 2 août par Stephen Harper. Soixante et dix-huit jours à observer les manitous des formations politiques canadiens se chamailler, avec pour seule réplique de Couillard, le dénigrement de ces deux souverainistes: le chef du PQ Pierre Karl Péladeau et Gilles Duceppe du Bloc. 

L’anarchiste

Une campagne électorale qui nous demande de nous adapter à la gouvernance des cancres! Ainsi, moi qui prévoyais cuire des sushis sur BBQ le six août pour commémorer le 70e anniversaire de la bombe atomique lancée sur Hiroshima par les États-Unis en 1945, la même journée, les quatre dirigeants des partis canadiens ont décidé de m'indisposer par un débat télévisé. Une raison plus que valable, pour décider, le 4 août dernier, de me rendre au parc Georges-Étienne-Cartier de Verdun, dans l’intention d’écouter le discours d’une anarchiste de passage.

Vers 18 heures, environ 100 personnes s’attroupaient pour le moment précieux. Un nombre suffisant pour espérer une grosse «chicane» avec les forces de l’ordre. Malheureusement, tout s’est bien déroulé. Vers 19 heures, l’anar a prononcé pendant près d’une heure des mots bien sentis sur la résistance contre l’autorité, l’éducation, la répression policière, la bourgeoisie et les pirates, sans que personne se fasse matraquer ou séquestrer. Le nécessaire pour remuer, avec un ami, les scènes d’un DVD présentant l’anarchiste à ses débuts, en 1969. Une œuvre indispensable pour méditer sur le sens de la vie et à l’importance de résister contre la bêtise. Tapis! Pour mon copain, «en 1969 l’anarchiste était opposée à des anarchistes hippies». Rien à voir avec Jacques Brel se confrontant à John Lennon, mais à quelque chose de plus inquiétant. Il faisait référence à The Family, une secte californienne dirigée par Charles Manson qui a assassiné cinq personnes le 9 août 1969, dont la célèbre actrice Sharon Tate, la femme du réalisateur Roman Polanski. Une «date marquante pour l’Amérique», comme il disait, puisque «24 ans auparavant, le 9 août 1945, une autre bombe atomique fut larguée sur le Japon» par les États-Unis, plus précisément sur Nagasaki. Pour résultat, 75,000 habitants décimés par l’explosion, pour une population de 240,000 âmes.

 

Charles Manson

 

Tom et la mort

 

L'ami tentait-il de me suggérer de regarder le débat des chefs le 6 août et calciner des sushis le 9, plutôt que me compliquer la vie? À la place de me confirmer son intention, il  a ajouté que «Charles Manson s’était inspiré de Album blanc (1968) des Beatles pour organiser la tuerie et qu’il fut surpris que les trois Beatles toujours vivant en l’an 2000 ne soient pas revenus sur cette tragédie dans le livre biographique Beatles Anthology, eux qui ont certainement traversé des moments d’angoisse à la suite de ces meurtres». Autre tapis! Une fois chez moi, l’Album blanc m’a rappelé qu’une bouteille de vin, tout aussi blanc, le Saint-Vincent, reposait au réfrigérateur. Alors que je découvrais un goût de pêche, le petit écran diffusait cette révolution canadienne: le prénom de Thomas Mulcair, le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), sera désormais Tom.

Je ne sais pas si cette initiative s’inspire de l’émission The Magic Tom Road Show qui a émerveillé des bambins anglophones dans les années 60, mais pour moi, elle me rappelle un autre Tom, vous savez, le genre à oeuvrer pour une firme de relations publiques. Le 17 septembre 1969, ce Tom publie un article dans le journal étudiant de l'Université d'Eastern Michigan qui lance cette étrange rumeur qui fut radiodiffusée le 12 octobre lors d’une conversation radiophonique entre Tom et le DJ Russ Gibb: Paul Mc Cartney, le bassiste de Beatles, est mort le 9 novembre 1966. Pour appuyer ses commentaires, Tom révéla que les mots «Number Nine» de la pièce Revolution 9 de l’Album blanc donnaient «Turn Me On Dead Man» lorsque le disque était joué à l’envers. Un hasard? Disons plus le résultat d’expériences de John Lennon en studio dont on ne sait si elles servaient à l’amuser ou à appliquer une technique magique de l’occultiste Aleister Crowley (1875-1947). Pour conséquence, une chasse aux indices cachés dans les œuvres des Beatles. Le Code de Vinci de la musique Pop promettant une communion psychédélique avec le célèbre groupe, à la condition d’oublier le clan Manson. Mais encore, il y a Tom R, l’anagramme de Mort. Ce texte, datant de 2004, présentait la vie de Tom, un homme d’un certain âge qui aimait enseigner l’économie aux enfants et louanger sa fortune provenant de la fructification de l’assurance vie qu’il avait touchée après le décès de sa femme et de sa mère. Et un jour, Tom découvre que son entourage le fuit et que ses amis raccrochent le téléphone lorsqu’il tente de communiquer avec eux. C’est alors qu’il s’imagine la victime de médisances dues à sa richesse tant vantée. Après trois jours à se sentir comme un être invisible à qui personne ne remet ses salutations et pose leur regard, il décide de prendre un rendez-vous avec un médecin. Après plusieurs tentatives infructueuses à autant de cabinets, il put enfin parler à un docteur dont le nom, Josef Mengele, rappelle la mémoire du médecin de la mort des nazis. Dans son bureau, le Dr Mengele informa Tom qu’il était décédé depuis quelques jours.

J’ai refusé de publier cette histoire et à l’époque j’étais loin de croire qu’elle reviendrait me hanter en faisant naître en moi la crainte que la longue campagne électorale soit marquée par la mort d’un des chefs. Mon SPI! Je dirais plus le ciel de la nuit qui me prévient que quelque chose d’inquiétant se tisse. Comme une onde magnétique qui nous donnerait le droit de tuer en alourdissant notre esprit de sottises un peu plus chaque jour, faute de résister comme l’anarchiste. C’est ainsi que nous pouvons évoluer, sans trop de chicane, dans une société qui injure et frappe des groupes et individus qui indisposent l’autorité, qu’ils soient des étudiants, des travailleurs syndiqués victimes de coupes de leurs fonds de retraite, des indépendantistes, des scientifiques ou des journalistes. Mais encore, cette tendance atteint notre pensée critique et notre capacité d’analyse, au point d’être incapable de lier ce droit de tuer à l’influence d’une culture dominante qui se ferme à tout ce qui est étranger à la sphère anglo-saxonne. Cela s’exprime par des politiciens stoïques devant l’assassinat de ma langue et de mon identité. Des élus ancrés à cette culture de la mort qui trouvent toujours les bons mots pour éviter la réalité. Des gens qui m’invitent à plier les genoux face à l’insensé et qui m’associent à la «chicane» lorsque je me lève pour me faire respecter. Des chefs de partis agissant comme des serviteurs de firmes de relations publics qui empruntent les traits de Charles Manson. 

Blanc et Noir

L’apôtre de l’ordre et du nettoyage anticipait un conflit racial entre la race blanche et noire. Rien d’invraisemblable pour l’époque, puisque les États-Unis étaient confrontés à un mouvement d’émancipation des Noirs. Une des conséquences fut l’assassinat, le 4 avril 1968, de Martin Luther King (1929-1968), un charismatique orateur qui luttait contre la ségrégation. L’assassin se nomme James Earl Ray (1928-1998). Il est un ségrégationniste qui aurait eu pour copain un type qui lie les Noirs étasuniens et les Canadiens français. Dans les années 70, il fut présenté dans un texte du Montréal Matin, un quotidien disparu, comme l’assassin de deux politiciens québécois. Il s’agit de Jules Ricco Kimble, un agent contractuel de la CIA qui aurait tenté de nuire au PQ de René Lévesque (1922-1987) en infiltrant le Front de libération du Québec (FLQ). Comment? En commettant des gestes qui autorisent l’usage de propagandes haineuses.

 

James Earl Ray

Pour Manson, cette propagande puise sa source dans des idéologies racistes centenaires. Au Québec, nous parlons de la Conquête britannique de 1760 qui pave la voie d’un dénigrement des papistes catholiques par les Anglais, pour ensuite s’attaquer aux Patriotes, Métis et Canadiens français pour enfin s’étendre aux Québécois souverainistes, étudiants grévistes, syndiqués, intellectuels, journalistes et tous ceux qui ne cadrent pas avec le fédéralisme canadien. Et lorsque j’affirme que les chefs de partis sont des proches de Manson, c’est pour étaler le tapis de l’hypocrisie malveillante du PLQ. Pendant que ce parti fait son spectacle avec le projet de loi 59 de Stéphanie Vallée visant l’interdiction des discours haineux, l’aversion des indépendantistes persiste depuis la naissance du PQ. Rappelons que René Lévesque et Jacques Parizeau (1933-2015) furent associés à tous les maux, dont Hitler, par le soutien de médias racistes et majoritairement anglophones, sans la moindre réaction du PLQ. Un droit à la propagande haineuse qui invitait subtilement les tarés à tuer. Pour prix, trois décès et 13 blessés lors de l’attentat du 8 mai 1984 perpétré par le caporal de l’Armée canadienne Denis Lortie à l'hôtel du Parlement du Québec. Un type qui visait René Lévesque et les députés du PQ.

Depuis, les morts passent et les menaces s’oublient. Pas trop de mots sur l’attaque ratée du 4 septembre 2012 de Richard Henri Bain contre la première ministre Marois qui provoqua la mort d’un technicien. Rien à ajouter sur les menaces de mort en 2012 sur la personne de Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Oublions la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire qui fut victime, en 2015,  de menaces de mort de la part d’anglophones, via le réseau social Facebook, pour avoir demandé à Robert (Bob) Myles de respecter la majorité francophone en arrêtant de tout traduire du français à l'anglais. Et surtout, évitons de traiter d’une apparence de complicité du PLQ. Nadeau-Dubois fut lié à l’ennemi public numéro par ce parti qui utilisait tout le mépris possible de sa personne et des Carrés rouges, symbole de la solidarité étudiante. Oublions la Sûreté du Québec (SQ) qui s’est transformée en une police politique en laissant l’impression que l’autorité était prête à passer l’éponge sur les crimes portés contre un étudiant dont l’intelligence indisposait le gouvernement de John Charest. Pour St-Hilaire, ne comparons pas l’indignation de Philippe Couillard à sa demande de mieux protéger le français à un patron qui réprimanderait une employée devant le type qui vient de la menacer. Une façon de dire au criminel qu’il peut compter sur l’indulgence de l’État s’il décide de brasser Monique, car les menaces de mort sont parfois nécessaires pour remettre à l’ordre une mairesse indépendantiste et donner un peu de force à des communautés francophobes qui votent pour la mort.

Et déroulons le tapis aux spécialistes qui s’imposent pour nous livrer ces commentaires magiques: les médias sociaux sont responsables d’une augmentation importante de menaces de mort touchant les élus. C’est bien, sauf que dans Le Devoir du 11 août 2015, le texte Ressac politique en vue de Christian Gagnon de l’Action nationale nous apprendre qu’en 1982, donc bien avant Internet, les «locaux de la Société franco-manitobaine» ont été incendiés et que son président Léo Robert et sa femme Diane furent victimes de «menaces de mort». Au centre, encore le français de Brel versus l’anglais de Lennon. Une lutte qui a forcé «la Cour suprême de traduire en français toutes ses lois depuis 1890». C’est aussi essentiel pour oublier de préciser que le droit de tuer est un héritage du colonialisme britannique qui s’exprime par des moyens modernes et exige un ennemi commun des Canadiens anglais: le souverainiste, le Québécois et le Canadien français. Un prétexte national pour forger une société d’assiégés qui évite la chicane et les questions embarrassantes. Une petit village qui n’ose se demander comment un militaire canadien peut se retrouver à l’hôtel du Parlement avec une mitraillette pour faire la peau des péquistes et Richard Henry Bain ait pu circuler librement en plein centre-ville de Montréal avec des armes à feu, malgré la garde de la SQ, pour ensuite prononcer cette phrase digne d’un ségrégationniste: «les Anglais se réveillent».

 

Richard Henry Bain

L’étrange sonorité de l’économie

Les Anglais sont-ils assez réveillés pour comprendre que leur droit de tuer sert leur modèle économique? Ainsi, lorsque des groupes de revendications politiques ou idéologiques risquent de nuire à la consommation, ou pire, la transformer selon leurs intérêts, le réflexe est de les tuer. Heureusement, nous pouvons éviter d’être assassinés si nous diminuons notre espace culturel et politique, semons la haine des revendicateurs et inventons des gains et des avantages de toutes sortes pour faire avaler nos pertes. L’art de rejeter la chanson Les vieux de Brel pour mieux promouvoir la lucrative illusion du réel qui fait accorder l’économie au diapason de la mort.

Tapis! Contrairement à Jacques Brel, les Beatles furent les premiers à façonner le monde de la consommation et des modes dans un contexte de mondialisation: des affiches, des dessins animés, des photos, des coupes de cheveux, des vêtements et tout ce qu’on peut imaginer de produits dérivés pour nous transformer en consommateur. Une grosse industrie qui fut présentée sous l’emballage d’une révolution humaniste qui déborde aujourd’hui vers une société qui sévit contre tout ce qui nourrit la poésie de Brel. Dehors les émotions trop lourdes et les réflexions philosophiques. Pour prix, une incapacité chronique à bouger au bon moment pour les bonnes raisons et une remise en question de la vertu et de la morale au nom d’un développement économique et des relations avec les investisseurs et la mafia pour accompagner l’émancipation d’un universalisme qui désire nous unir sous une langue et une culture unique qui n’est pas celle du Québec. Ainsi, nous devons éviter de nous attaquer à un Étasunien qui banalise le viol et à un type qui imite Elvis Gratton, le personnage de Pierre Falardeau (1946-2009) qui parle «bilingue». Il faut chanter les voitures, le travail, l’individualisme, les amourettes et les oléoducs. S’acheter un billet pour oublier la torture des prisonniers de la CIA à l'aide de chansons anglophones et la pollution linguistique de l’espace public qui évacue l’humanité au profit de la consommation. Intégrer les drogues psychédéliques expérimentées et promues par les vedettes des années 60, pour créer de meilleurs terroristes, des policiers aux pupilles dilatées, comme s’ils avaient avalé du LSD, matraquant des manifestants en mai 2015. Plus de chicane! Seulement des produits à exploiter, de la viande à attendrir, de cerveau à convertir et des conneries à la tonne servant à remplir le compte bancaire de tarés dont la gestion des avoirs des citoyens repose sur leur capacité de refiler les factures par de nouvelles taxes, sans qu’il n’ait à rendre des constats à la population.

Ça sonne drôle. On paye pour les juges à la Cour suprême du Canada, l’Assurance emploie et pour assurer la sécurité des chemins de fer. Pendant ce temps, la même Cour pardonne le vol de 45 G$ dans la caisse de l’Assurance emploie par le gouvernement canadien, l’équivalent d’une pauvreté zéro pour tous les canadiens durant 20 ans et un accident de train à Mont-Mégantic, en juillet 2013, cause des pertes de vie et près de 2 G$ de dommages à cause d’une mauvaise administration de Transport Canada par le gouvernement de Stephen Harper. Tannés de payer! Au Québec, nous déboursons pour une taxe sur l’essence afin d’améliorer l’état des routes. Pour conséquence, les nids de poules se multiplient et les structures routières s’effondrent. La Santé et l’Éducation! C’est une farce. Dans le texte Des médecins en santé publique dénoncent une «vendetta» publié dans Le Devoir du samedi 23 août 2014 sous la plume de Amélie Daoust-Boisvert, Richard Lessard, directeur de la santé publique de Montréal durant 20 ans, affirme que le gouvernement désorganise la santé publique pour faire des changements que le «peuple» pourrait regretter.  Dans le même quotidien, même date, on apprend par la plume de Mélanie Loisel et Lisa-Marie Gervais, que la meilleure recette pour lutter contre l’analphabétisation qui ont été proposée par l’ex-ministre Yves Bolduc serait d’imposer l’anglais intensif, des nouvelles technologies et une diminution du nombre de livres. Si vous aimez mieux, nos impôts forment des étudiants anglicisés qui pourraient être qualifiés de «stupides», selon Nicholas Carr, l’auteur étasunien du livre Internet rend-il bête.  Pour solution, la promotion de tablettes numériques et l’installation de tableau intelligent financée par nos impôts que Couillard garde comme une perle précieuse.

Parallèlement, on se met à genoux devant les minières et pétrolières. Pour nous remercier, des injonctions et des menaces. On paye pour l’environnement pendant qu’on découvre que sans le travail de groupes environnementaux non gouvernementaux, le ministre Pierre Arcand risquait d’autoriser la construction d’un port pétrolier à Cacouna près d’une pouponnière de bélugas, une espèce en voie d’extinction. Mais encore, depuis 1991, deux taxes se sont rajoutées au fardeau des citoyens, pauvres et riches, pour abaisser les déficits. Pour résultat, Stephen Harper a fait grimper la dette canadienne de 481,5 G$ en 2006 à 614 G$ en 2015, alors que celui du Québec est passé sous le régime de Jean Charest du PLQ de 133 G$ en 2003 à 192 G$ en 2012, soit 59 G$ pour 9 ans au pouvoir, une moyenne de 6,555 G$ par année.

Enfin, je ne peux m’empêcher d’ajouter que la Commission Robillard, créée en juin 2014 par le PLQ sous les instances de Martin Coiteux, ressemble à un service funèbre opéré au nom de l’Accord économique et commercial global (AECG). Tapis! Aucun chef de partis canadiens ne traite de cette information. En mars 2015, Matthias Fekl, un socialiste occupant le poste de secrétaire français d’État au Commerce extérieur, a discuté à Bordeaux d’une réouverture de l’entente de l’AECG avec Philippe Couillard. Pour réponse, le premier ministre a encore joué la carte de la chicane, en affirmant «qu’une réouverture du texte de l’entente serait très négative». À la fin de juin, Matthias Fekl ajoutait cette fois que même si l’AECG avait permis de mettre sur la table des négociations un accès au marché public (sociétés gouvernementales), il désirait réécrire l’article 33 avant de ratifier l’AECG.  L’économie sonne drôle! Nous sommes informés par la France que les sociétés gouvernementales québécoises ont été placées sur la table, ce qui inclue l’éducation, Hydro-Québec, la SAQ et la santé. On nous apprend du même coup que l’article 33 de l’AECG permettra aux multinationales d’attaquer en justice les signataires qui oseraient voter des lois démocratiquement qui entravent le libre marché. Monsieur Fekl donne ces exemples: Philip Morris a poursuivi l’Australie parce qu’elle avait adopté des lois antitabac. Le producteur et distributeur d’électricité suédois Vattenfall a fait de même avec l’Allemagne lorsqu’elle a décidé de sortir du nucléaire. Pour éviter de bâillonner l’État, il a donc proposé des ajustements pour qu’une entreprise ne puisse plus «poursuivre un État pour ses choix de politiques publiques», selon La France ne signera pas sans modifications publié dans Le Devoir du  29 juin 2015, sous la plume de Christian Rioux.

 

***

Fifi Brindacier agressant

les chefs de partis fédéraux

Revenons à l’anarchiste. Comme Tom Mulcair, elle a changé son mom. Elle qui se nommait Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d'Efraïm Brindacier est devenue Fifi Brindacier, une jeune suédoise qui a diverti de nombreux québécois dans les années 70, via la télévision. Un tapis qui devrait m’inciter à voter pour le NPD? Je trouve que le chef du NPD s’est plié aux exigences du Stephen Harper en s’ancrant solidement à la chicane électorale de 78 jours, lui qui aurait dû résister à l’autorité en entrant dans la campagne pour les 41 derniers jours, soit le 7 septembre, s’il avait eu un peu d’anarchie en lui. Cela aurait reporté le foutu débat du 6 août pour mieux rappeler la mémoire de 100,000 Japonais décédés sur une population d’environ 350,000 habitants et éviter de transformer le débat télévisé en matche de lutteurs professionnels. Le chef le plus fort qui deviendra le prochain premier ministre. Le bon Canadien digne des Biberons bâtis qui lui «n’a pas été au Japon» et n’a pas «mangé du riz», mais des «steaks et des jambons».  Mais encore, je trouve le chef trop silencieux, presque autant que son ami Couillard. Ainsi, lors de sa tournée des parcs de Montréal avec le Théâtre de la Roulotte fondée en 1953 par Paul Buissonneau (1926-2014), Fifi a abordé, en une heure, plus de sujet que tous les chefs de partis réunis en 38 jours.  Pour les 41 jours qu’il reste, nous avons plus de chance de voir la mort se pointer que la vérité.

Qui blâmer? Nous abandonnons notre identité et notre Jacques Brel et Fifi intérieur pour nous adapter à une société qui transforme les mensonges en des vérités incontestables. C’est ainsi qu’on en arrive à croire que l’AECG sert le Québec, que les politiciens sont compétents, que les indépendantistes sont des pestiférés et qu’une campagne électorale de 78 jours profite à la démocratie plutôt qu’à la mort. Oublier que nous sommes confrontés quotidiennement à la pression du marché mondial, à l’incompétence des élus et à un droit de tuer étroitement associé à leurs mensonges. Et si les souverainistes en sont les principales victimes, c’est peu être que le dépassement de soi, la fierté, le nationalisme et le fait d'accepter que l’économie soit un terrain de chicanes, de luttes et de concurrences, irritent les copains de Charles Manson. Et bien que je reconnaisse que le Bloc n’est pas Fifi, je préfère de loin être représenté par des séparatistes que par les artisans de ma propre mort, car prêcher pour une entreprise funèbre qui garanti un enterrement en première classe, c’est comme s’essuyer les pieds sur le tapis à la place d'avancer. C’est ainsi qu’on peut appuyer les politiques de Harper en votant pour le PLQ et s’afficher comme un résistant contre les politiques de Harper en votant pour le NPD, sans même se poser cette question: sommes-nous toujours vivants?

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Mars 2015

 

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Arrêtez de mourir s’il vous plait.  J’ai à peine eu le temps de me retourner avant d’apprendre le décès de Gilles Rhéaume (1951-2015), un grand souverainiste, une mémoire vive de l’histoire et un libre-penseur qui a beaucoup donné au Québec. À ce moment, je me penchais sur les cas de David Crowley, 28 ans, et du commissaire Helric Fredou. Le premier était le réalisateur et auteur de Gray State, un film choque sur la tombée des droits et libertés aux États-Unis. Le 17 janvier, son corps a été trouvé, avec ceux de sa femme et de sa fille de 5 ans. Un suicide précédé de meurtres.  Le deuxième s’est aussi suicidé lors de la rédaction d’un rapport sur l’assassinat, le 7 janvier dernier, de douze personnes, dont dix étaient des employés de Charlie Hebdo: une chroniqueuse, un correcteur, un économiste et sept caricaturistes.

C’est trop. J’ai été incapable de réagir à ces drames. Dans le cas de Charlie, j’aurais voulu manifester en affichant le slogan «Je suis Charlie», mais je préférais me réfugier dans ma carapace pour fuir la course folle de l’actualité. En fait, je n’avais pas le choix si je désirais soigner ma nouvelle maladie mentale. Je suis atteint du syndrome du Trouble Oppositionnel avec Provocation (TOP), une «névrose» dont les principaux symptômes sont la non-conformité et la libre-pensée qui se traduit par une tendance à remettre en question l’autorité. Je sais que j’aurais dû consulter un spécialiste avant de craquer. Le docteur Bolduc pour une fouille à nu, le docteur Barrette pour apprendre à donner moins de temps aux gens ou encore le docteur Couillard pour me répéter mentalement que les souverainistes sont des intégristes? J’ai plutôt décidé de m’éloigner des as du Parti libéral du Québec (PLQ) pour passer 57 minutes avec le Dr Serge Marquis.

 

Le Dr Serge Marquis, le spécialiste en santé communautaire

qui a fondé TORTUE, l’acronyme TORTUE pour Organisation pour

Réduire les Tensions et l’Usure dans les Entreprises.

 

Ce spécialiste en santé communautaire a fondé TORTUE, l’acronyme de Tortue pour Organisation pour Réduire les Tensions et l’Usure dans les Entreprises. Dans une conférence donnée dans le cadre des Belles soirées de l’Université de Montréal, il affirmait que «s’arrêter est un acte révolutionnaire» nécessaire pour retrouver un «sens à sa vie en traçant une direction pour retrouver ses valeurs», chercher «l’équilibre entre les défis et les limites». Sinon, nous risquons des problèmes de santé, voire combler le vide par la consommation de drogue, l’alcoolisme, la médisance et le workaholisme. Serge Marquis m’a fait gentiment comprendre que je devais m’arrêter pour me libérer du stress occasionné par des activités déplaisantes. Une pause bien méritée pour méditer sur les liens entre ma santé mentale et la politique. Je ne peux le cacher, nos gouvernements optent pour des mesures austères, héritées du libéralisme, qui placent en compétition les travailleurs de différents pays, les condamnant ainsi à des déviances et des troubles de santé. Et comme cela provoque une croissance des coûts des services sociaux, ils préfèrent les couper, ou les privatiser, qu’apprendre à les gérer. Pour effet, les plus vulnérables de la société sont poussés dans le fossé des sacrifiés.

S’arrêter est un acte révolutionnaire! Dans mon cas, cela m’a fait comprendre que je devais militer pour limiter les dégâts. Une obligation j’ajoute, lorsque cela se fait par le soutient du PLQ, le parti qui a fait grimper de près de 30 % le déficit entre 2003 et 2012. Militer pour limiter les augmentations, dont le coût moyen en 10 ans atteint environ 400 $ par mois pour loger une petite famille. Militer pour limiter le pouvoir de cancres dont les moindres mots et gestes de protestataires font tomber leur prostate à terre. Militer pour limiter les privilèges d’une classe d’opportunistes qui tente de purifier la société selon ses intérêts financiers. Imposer des limites, pour éviter que le pire devienne quelque chose de culturel et d’acceptable qui serait associé à un effet incontournable de la démocratie.

Militer pour aussi éviter de confronter la vérité. Je vous donne un exemple. En lisant J’invite Raif Badawi à souper de Normand Baillargeon publié le 18 juin 2014 dans le journal Voir qui présentait le maintenant célèbre Raif Badawi, un saoudien emprisonné en juin 2012 et condamné à 1000 coups de fouet et à 10 ans de prison pour avoir critiqué l’autorité religieuse d’Arabie saoudite, j’ai cru que l’auteur tentait un exercice philosophique pour dire que la Toile abonde de faux dossiers auxquels nous mordons. Je savais pourtant que la monarchie saoudienne avait de sérieux problèmes avec les droits de l’homme. Le cas William Sampson en témoigne. Ce biochimiste, originaire de la Nouvelle-Écosse, fut enlevé par des agents de la police secrète du prince Naif le 17 décembre 2000 pour être ensuite sodomisé, torturé et incarcéré durant 31 mois, sous les fausses accusations de contrebande d’alcool et d’attentat à la bombe, sans le moindre soutien de l’ambassade canadienne à Riyad. Mais encore, même s’il fut libéré le 14 juin 2006 par des partisans des droits de l’homme britanniques, je me suis dit que si le cas Badawi était vrai, il dévoilerait certainement les nombreuses inconséquences de nos politiques internationales, puisque Sampson fut débouté par le plus haut tribunal britannique de son droit de poursuivre ses tortionnaires saoudiens, en vertu d’une loi de 1978; la State Immunity Act, qui garantit l’immunité judiciaire aux gouvernements étrangers, malgré que cette loi soit incompatible avec la Convention de l’ONU contre la torture.

Je ne suis pas Charlie. Dans le cas contraire, mon flair débusquerait le faux du vrai et je refuserais que mes taxes et impôts soutiennent des politiciens grotesques. Mais encore, je n’oserais m’arrêter pour fuir la réalité, ou du moins, éviter les excès d’images, de mots et de sons pour atténuer quelques vilaines émotions qui provoquent l’explosion de mon impatience. Pour être Charlie, il faudrait que j’accélère le rythme en contrôlant cette rage qui me fait vomir mes restes de tourtière et de LSD sur le verglas de Montréal. En fait, je suis seulement une tortue qui est toujours en retard. Pour cause, c’est le 9 janvier, plus de 30 heures après le drame, que j’ai presque versé une larme lors de la lecture du curriculum vitae des victimes des attentats du  Charlie Hebdo publié dans un journal.  

Amalgame

Presque, car à la place d’éclater, je me suis réfugié dans ma carapace pour amalgamer le drame à des chansons et images que je pouvais accepter. Ainsi, je n’ai pas vu des terroristes courir sur la rue Nicolas-Appert à Paris après le massacre de Charlie. C’était plutôt des gros lapins qui sautaient avec une assurance et volupté fascinante. Des lapins professionnels j’ajoute, qui jouaient une scène d’un film de Disney. Alors que je commençais à peine à imaginer Paris en champ de trèfle, la chanson Les loups sont entrés dans Paris de Serge Reggiani (1922-2004) a envahi mon esprit. Lentement, j’ai pu accepter l’idée que les lapins pouvaient être des loups. Quelques heures plus tard, j’ai transformé les loups en terroristes par le soutien d’une vidéo de la chanson Un jour en France du groupe français Noir Désir qui présentait des kamikazes à l’accoutrement similaire aux assassins de Charlie, au moment où Bertrand Cantat chantait «Charlie défends-moi» en hommage à une pétition de Charlie Hebdo pour interdire le Front national. Une chanson qui m’a rappelé qu’après maintes hésitations à publier des informations sur Noir Désir dans Le livre amer, j’avais fini par céder au besoin d’exprimer cette même foutu impression de vouloir fuir quelque chose d’incroyable: Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant en juin 2003. Voici ces quelques lignes:

Ces amalgames pour m’aider à vous dire que lorsque le sang de Charlie a coulé, j’ai eu l’impression de passer instantanément du mardi 11 septembre 2001 au mercredi 7 janvier 2015. D’avoir sauté du jour de la planète Mars à celui de Mercure en outrepassant la Terre de ma subsistance et la Vénus de mes amours. Un peu plus de treize ans en un jour pour observer l’accélération des effets de la bêtise pendant que la lenteur gagne du terrain chez les autorités quand vient le temps d’agir pour le mieux-être collectif. Des spécialistes de tout et de rien qui citent l’imprévisible «tempête économique» pour excuser la crise financière de 2008 et qui nous disent qu’ils ont perdu de vue les criminels alors qu’ils couraient à côté d’eux. Ces loups de Serge Reggiani empruntant le visage des terroristes de Noir Désir ramènent à ma mémoire des images de Revelation (2002) de Stuart Urban.

Dans ce film, les carnassiers se dirigent vers le château du milliardaire Magnus Martel, le grand maître de l’Ordre des templiers, par une nuit gardée par la foudre, sans être repérées par les gardiens. Soudainement, les bêtes se métamorphosent en humains vêtus d’un accoutrement similaire aux terroristes de Charlie, pour ensuite assassiner Martel en lui arrachant la peau. Des images plutôt horribles qui m’ont poussé vers l’humour du fondateur de la revue bête et méchante Hara-Kiri, le grand frère de Charlie Hebdo. Il s’agit de Georges Bernier (1929-2005), dit le Professeur Choron. Une occasion pour me laisser bercer par une de ses chansons qui traite d’assassins.

 

Georges Bernier, le fondateur de la revue

bête et méchante Hara-Kiri,

le grand frère de Charlie Hebdo.

 

Il y a des hashashins et assassins

Ces amalgames pour en arriver à vous dire que lorsque j’ai vu les premières images des attentats de Charlie, j’étais incapable de vous livrer cette impression que les terroristes sont les héritiers de la secte des Assassins présentée en 2009 dans cet autre extrait du Livre amer:

Bien   que la secte des Assassins soit disparue en l’an 1257, l’enseignement d’Hassan Ibn Saba  se perpétue dans la croyance que tuer au nom de Dieu assure une place au paradis et la stratégie du chaos, une remise en question de la démocratie et des frontières qui exige de frapper l’adversaire sans l’avertir. Le principal problème est de croire que cet héritage est exclusivement pour les adeptes d’interprétations ésotériques du Coran. L’allié de la secte musulmane, l’Ordre des templiers, a aussi fait une lecture ésotérique de la Bible pour se donner l’autorité d’assassiner des gens pour protéger les intérêts d’un réseau économique qui reliait Jérusalem, le Vatican et les monarchies de l’époque. Une «théocratie de marché», si je peux oser ces mots. La même histoire se répète aujourd’hui. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Ordre de Malte, l’héritier des Templiers, fréquente des agents de la CIA, des anciens nazis, des membres de l’OTAN, des politiciens et des sociétés secrètes tels l’Opus Dei (l’Oeuvre de Dieu) et le Propaganda Due (P2), une loge maçonnique du Grand Orient d’Italie créée par la CIA. Des ramifications qui nous rappellent que l’État et la religion sont réunis depuis plus de 1000 ans à travers des entités ésotériques, initiatiques, religieuses, économiques et politiques. Et que nous soyons de l’Occident ou de l’Orient, les meutes de loups oeuvrent à la même stratégie du chaos, sauf qu’en Occident le paradis est remplacé par un nouvel ordre mondial dont le plus proche cousin est ce Millénium promis par Adolf Hitler: une planète unifiée et sécurisée composée de lapins obéissants, un trait caractériel des Aryens sous le régime hitlérien.

Lapins enragés

Malheureusement, l’instruction, la soif de vérité, l’entêtement et la libre-pensée enragent les  lapins. Parmi ces féroces mangeurs de carottes qui travaillaient chez Charlie, le plus craint se nommait Bernard Maris (1946-2015), dit Oncle Bernard. Un économiste réputé pour ses critiques de ce capitalisme sauvage qui assassine tout ce qui respire au nom du profit. Un type présenté dans La France perd un économiste incontournable de Gabriel Ste-Marie dans l’Aut’journal de février 2015, comme un «libre-penseur» qui «a constamment cherché à provoquer notre réflexion concernant notre conception de l’économie et de la société». Un critique de «l’économie orthodoxe, ayant notamment écrit […] Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles», coauteur de «Capitalisme et pulsion de mort» et ancien «candidat pour les Verts aux législatives de 2002».

 

Bernard Maris, célèbre économiste

qui fut parmi les victimes

du la tuerie au Charlie Hebdo.

 

Maris n’est pas né enragé. Il a évolué vers cet état d’être en observant minutieusement la société, le comportement humain, les politiciens, les corporations, les injustices et les réseaux de ploutocrates qui forment des meutes de loups qui rêvent d’arracher notre peau. Les musulmans ne naissent pas intégristes. Ils le deviennent souvent en réaction à nos propres bêtises. Mais encore, le principal problème est de découvrir que les loups étendent vigoureusement la rage en multipliant les conneries. Du côté de l’Orient, ils sont les coupeurs de têtes, des bourreaux qui s’offrent des séances de tortures et des intégristes violents et cons. Du côté de l’Occident, des politiciens font tomber la tête d’institutions, refusent de respecter les droits des citoyens pendant qu’ils profitent des moindres occasions pour se donner en spectacle sous les applaudissements d’imbéciles dont la fréquence de leur cerveau résonne en harmonie avec celle des propagandes hypnotiques. Des gens qui prennent tous les moyens qu’ils disposent pour coller l’étiquette de lapins enragés sur le front de ceux qui critiquent leur excentricité outrageuse et condamnent à la censure les gens qui osent dire que l’Islam est aussi une société organisée et progressiste qui est composée de philosophes et de sages autour de valeurs collectives, comme le mentionnait Mohamed Lofti, le créateur de la mythique émission Les souverains anonymes, en entrevue avec Robin Philpot sur les ondes du Pied à Papineau (CIBL FM) du 12 janvier 2015. Des gens qui lèvent le nez sur l’information qui ne cadre pas avec la propagande. Ainsi, c’est le silence sur le livre The Globalisation of War (2015), dont l’entrevue au Pied à Papineau du  2 février avec son auteur, l’économiste Michel Chossudovsky, dévoile cette information importante en s’inspirant d’un «rapport du service de renseignement israélien»: «EI est financé par les États-Unis» et «entraîné en Arabie Saoudite et au Qatar».

 

Dessin d’un auteur inconnu représentant un site d’entraînement

d’État Islamique qui permet aux terroristes de simuler

les attaques d'Occidentaux infidèles.

 

Hassan Ibn Saba devait certainement comprendre l’importance de rassembler deux meutes de loups sous une seule autorité pour faciliter l’efficacité de la nouvelle propagande. Il devrait aussi, je m’imagine, apprécier l’ajout d’une petite touche ésotérique inspirée du mythe de Hermès Trismégiste, le dieu trois fois grand qui se voue à plusieurs activités, pour ajouter une troisième meute. Le terrorisme international opposé aux forces de l’OTAN, avec pour troisième partenaire, le juge qui négocie des modifications géopolitiques, des accords, des contrats et des pénalités. Pour en arriver à quoi? À attaquer la société et la démocratie par l’arme de l’économie de marché qui écrase la classe moyenne et les pauvres, à enrichir les loups et encadrer les citoyens pour qu’ils puissent devenir de bons petits lapins qui obéissent aux impératifs économiques en reconnaissant que leur liberté repose sur une consommation étroitement liée à la capacité d’accroître leur productivité.

Des efforts pour augmenter le produit intérieur brut (PIB) pour payer les augmentations du budget de la sécurité nationale et un resserrement des libertés et de la sécurité sa faisant à l’aide d’outils pensés et créés par l’oncle Sam: «zombificateurs» et nouvelles technologies informatiques compilant les actions et réactions des individus dans des banques de données et profilant les consommateurs selon leurs relations et opinions. Un «modèle d’affaire» qui vise «le contrôle du comportement du consommateur», comme l’affirme Stéphane Leman-Langlois, l’auteur de La lucrative industrie des données personnelles publié dans la revue Relations de février 2015. Et à la place d’informer lentement la population de l’historique du mal, il faut effriter les droits et libertés au nom de sécurité. Ainsi, sans les terroristes, le «Partiot Act n’existerait pas et les États-Unis n’auraient pas ouvert à la NSA l’accès aux bases des données des géants américains du Web et des télécommunications, dont Google, Apple et Facebook permettant à l’agence d’espionner la quasi-totalité de la population américaine», selon Emiliano Arpin-Simonettie, auteur du texte Contrôle social 2.0, toujours dans Relations de février 2015.  Pour prix, nous vivons un «contrôle social» qui repose sur un «mélange de surveillance et de divertissement». Pour effet, «il en résulte, selon le politologue Sheldon Wollin, une forme de totalitarisme inversé où la souveraineté politique est soumise à la tyrannie du capital et où la population se désintéresse des questions politiques, leur préférant le divertissement fourni par l’industrie culturelle et l’expression narcissique de soi dans les médias sociaux», selon Capitalisme et totalitarisme de Maxime Ouellet (Relations).

À la gloire des cons

Sommes-nous prêts à endosser ce «totalitarisme inversé» et cette «tyrannie du capital»? C’est possible dans un monde où des cons décident d’assassiner Charlie en réaction à la publication de la célèbre caricature en 2006 qui a provoqué tant de maux. C’est inévitable lorsque nous croyons qu’un ordre mondial nous permettrait de transformer la planète en lapinière s’il nous garantissait la paix et la sécurité. Devant ce rêve, nous ne devons pas oublier que nous vivons cette ère de paix et de sécurité depuis bientôt 70 ans. Un moment unique de l’histoire qui a profité à la mise en place d’une société individualiste, dont la grande réussite fut de combattre la souffrance et tout ce qui irrite les individus. À cette fin, nous avons enterré nos peurs et ce mal que le catholicisme québécois liait à un étranger riche, puissant, anglophone et protestant. Le loup qui nous observait par la fenêtre de notre chambre. Le Diable qui cognait à notre porte.

 

La célèbre caricature de Mahomet qui est au

centre des attentats contre Charlie Hebdo.

 

Avec le progrès et la Révolution tranquille, nous dansons maintenant avec les loups et le Diable. Par notre façon de vivre, de nous exprimer, de voter et de penser, une partie croissante de la population chasse les mêmes démons que les fondamentalistes et néo-conservateurs anglo-saxons, en devenant des détracteurs de politiques progressistes et du mouvement syndical qui glorifient la loi 3 du PLQ. Des fossoyeurs de tombes qui méprisent le savoir et l’éducation, sacrifient les malades et s’abaissent au niveau d’une culture de la mort acclamée par nos gouvernements au nom de l’argent. Plus personne ne craint les Saxons austères, racistes, bornés et menteurs. On subventionne et encourage leur mépris de l’autre. On s’écrase devant le refus de l’Office national de l’énergie (ONE) d’obliger la traduction en français de documents de TransCanada se rapportant au projet d’Énergie Est. Pour ce qui est de la paix, elle est un petit moment de repos entre deux guerres qui permet d’étaler des propagandes dans l’esprit des gens. Aujourd’hui, c’est pour créer la peur de l’Islam. Pour conséquence, la tendance n’est pas de s’offusquer des 120,000 décès chez des civiles lors des interventions militaires de la coalition en Afghanistan et en Irak dont le Canada faisait parti, ou encore des prochaines victimes. Au contraire, le Québec se confond de plus en plus avec l’ouest canadien et du sud des États-Unis selon un récent sondage qui affirme que 62 % les Québécois appuient la mission militaire canadienne contre EI, la créature de Sam. Mais encore, cette peur se nourrit d’une nouvelle souffrance qui s’impose par le libéralisme. Un mal qui nous encercle par le soutien de cette même vieille alliance politique, religieuse et ésotérique réunissant des meutes de loups provenant de l’Ordre de Malte, la CIA, l’OTAN et EI pour nous demander d’éviter l’autre, plus précisément le lapin enragé. Le paradoxe de la bêtise qui permet de briguer pour un ordre mondial pendant qu’une étude présentée dans le texte L’empathie décryptée publiée dans Le Devoir du 19 janvier sous la plume de Pauline Gravel, nous dit que le stress et la douleur rendent la cohabitation difficile avec les étrangers.

Être Charlie? Les préceptes de l’économie de marché et de la stratégie du chaos nous éloignent de cette liberté de parole qui déplait autant aux putes de la finance internationale et médias de l’aliénation qu’aux intégristes de toutes sortes. En m’imposant un nouveau langage, un autre sens aux mots, pour associer le mal au bien et la liberté à quelque chose d’élastique, de relatif, elle multiplie les bonnes intentions du traître qui vend ses frères pour des écus. Pour prix, une démocratie qui chancelle pendant que des lapins obéissants sucent des ailes de poulet et que le grand héros canadien, le premier ministre canadien Stephen Harper, injure Vladimir Poutine, le président de la Russie, tout en caressant la vulve corporatiste de Nathalie Jaresko, l’actuelle ministre des Finances de l’Ukraine placée en poste par les États-Unis le 2 décembre 2014. Celle qui a fondé la firme d’investissement Horizon Capital avec le soutien financier d’USAID, une ONG chapeautée par la CIA.

Être Charlie? Pas dans une société où des loups se donnent pour mission d’inventer de nouvelles maladies. Ainsi, après que le Pentagone ait affirmé que Vladimir Poutine était atteint d’autisme, me voilà pris avec le TOP. Je veux bien être la victime d’une maladie mentale qui serait la cause de ma tendance à vouloir provoquer et exhiber ma libre pensée, à la condition d’avoir le droit de ne pas accorder du crédit à l’insensé, même si cela doit démontrer la gravité de mon cas en contestant les diagnostics et découvertes d’imbéciles, qu’ils soient cravatés ou vêtus d’un sarrau. Mais encore, puis-je avoir le TOP et coller cette autre maladie sur le front de ceux qui mesurent leur réussite sur la quantité de problèmes qu’ils causent à autrui et à l’environnement: le syndrome de la Provocation Obsessionnelle de Troubles (POT).

Ne rêvons pas d’une camisole de force pour les victimes de la POT, car elles sont expertes dans l’utilisation de la rapidité pour imposer des traitements-chocs servant à atténuer les symptômes du TOP. Avec les actes de «terrorisme» perpétrés par Martin Couture-Rouleau et Micheal Zehaf-Bibeau en octobre 2014, le gouvernement Harper a vite réagi par les lois C-13 et C-51 qui permettront aux policiers d’utiliser des informations provenant de la Toile, ce qui risque d’avoir des conséquences fâcheuses pour des groupes et individus qui dénoncent des projets qui menacent l’environnement, qui sont souverainistes, qui exigent le respect de leur langue et qui s’engagent socialement par des oeuvres. Bref, des lois pour inciter les lapins à obéir. Pour seule réaction logique, il faut devenir une tortue, qui a préférablement le TOP, utiliser sa  carapace pour se protéger des animaux rugissants et participer secrètement à des activité criminelles. Sur ma liste de méfaits: une pétition pour libérer Raif Badawi et l’écoute de Lasskaoul Kachvaa d’Arseniq 33 en pensant à Philippe Couillard et de son équipe en train de poignarder le Québec dans le dos.  Un geste légal selon la loi C-51 de son ami Stephen.

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Décembre 2014

 

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Pour quitter un pays le cœur en paix, je ne trouve rien de mieux qu’observer son déclin atteindre le point culminant où je me dis qu’un individu sain d’esprit ne devrait accepter de verser des taxes et des impôts pour financer l’incompétence. Je n’ai pas décidé de suivre Éric Duhaim au nom d’un désengagement de l’État servant un individualisme outrancier. J’ai seulement besoin de fuir des gens dégoûtants dont le désir de m’amputer, avec leurs scies de l’austérité pour s’élever vers le summum de la jouissance, me donne le goût de gerber. Vendre ma chair au kilo pour atteindre l’extase, pendant que l’ombre d’une crise sociale glisse sur le corps d’une Révolution tranquille agonisante au milieu de soldats qui protègent les infrastructures pétrolières canadiennes pour les bons soins de l’OTAN.  

Cadavres dépecés.  Des bouts de viande tendre pour nourrir les passions dévorantes de l’État. Deux cents grammes de mollet pour payer l’impôt provisoire fédéral voté lors de la Première Guerre mondiale. Quelques muscles attendris de TPS et de TVQ étalés dans un réfrigérateur, depuis 1990, pour lutter contre le déficit. Une fesse tendre de 10 cennes sur le litre d’essence pour le Canada, jusqu’à 19,2 cennes pour le Québec, pour entretenir les infrastructures routières, de 3 cennes pour financer le transport en commun du grand Montréal. Des côtes marinées pour les augmentations du droit de passage dans les autobus et celui, largement au-dessus du coût de la vie, de la carte OPUS de la grande région de Montréal. Une épaule de 200 $ par année prélevée pour la santé. Une patte arrachée pour payer les taxes scolaires et municipales. Pour conséquence, je suis devenu un amputé condamné à laisser pousser mon fauteuil roulant par des élus dont la compétence se questionne.

Incompétence

Le gouvernement subliminal du Parti libéral du Québec (PLQ) de Philippe Couillard nous promettait une croissance du PIB au-delà de 5 %, des emplois et tout ce qui me laissait l’impression de recevoir une prothèse en cadeau pour quitter ma foutue chaise. La réalité vient de frapper. À la fin de 2014, le PIB du Québec est inférieur à la moyenne canadienne, son taux de chômage supérieur en plus d’un appauvrissement croissant de la population, au point qu’entre janvier et novembre 2014, plus de 50,000 clients d’Hydro-Québec ont été débranchés, à cause d’une incapacité à payer. Un phénomène qui s’étale au même rythme que l’installation des compteurs numériques dont les données sont gérées par la californienne C3 Energy et la sécurité par Gridstream RF, proche complice de la NSA, comme ce fut cité dans les Nouvelles de l'Interzone d’octobre 2014. Une impression que plus nous sommes nombreux à devoir nous asseoir sur un fauteuil roulant, plus l’incompétence s’impose.  

L’impôt provisoire fédéral est maintenant permanent. En constatant le déficit canadien encouru par ce droit de taxer, nous pouvons qu’espérer le pire si nous étions plongés dans un autre conflit planétaire. Pour l’ajout de la TPS et de la TVQ pour payer la créance, après 25 ans à donner, on découvre que plus la TVQ croit, plus la dette québécoise augmente. Seulement sous le régime de John Charest, il est passé d’un peu plus de 133 G$ en 2003 à environ 192 G$ en 2012. Les taxes sur l’essence! Les infrastructures ne cessent de se dégrader pendant que les utilisateurs de ponts s’arrachent les viscères. Depuis 2011, ils doivent défrayer pour le pont de l’autoroute 25 qui enjambe la Rivière des Pourris et prochainement le pont Elvis Gratton qui remplacera le pont Champlain. Pour les taxes sur le litre d’essence servant au financement du transport en commun, ça ressemble plus à un soutien à la construction de stationnements payants qu’on place devant les bouches de métro, tandis que la taxe de 200 $ sur la santé s’accompagne d’une multiplication de services facturés aux patients. Enfin, les taxes scolaires financent la multiplication d’analphabètes de deuxième niveau alors que les municipales parrainent les réductions des loisirs et des entretiens.

Ne la cachons pas. L’incompétence permet de faire toujours pire avec plus de viande.  Et lorsqu’on ampute des emplois et des services pour appuyer une lutte contre le terrorisme, il est normal de se retrouver aux prises avec des attentats en territoire canadien. Bravo pour la gestion du dossier! Le lundi 20 octobre, vers 11 h 30, un extrémiste d’État islamique (EI) a fait deux victimes chez des militaires canadiens, dont une décède de ses blessures. Le drame se déroule à Saint-Jean-sur-Richelieu, une municipalité située au sud de Montréal. Le 22 octobre, un autre terroriste frappe la Chambre des communes à Ottawa, causant le décès d’un soldat canadien.

Québec dans la cible des terroristes

Saviez-vous aussi qu’un attentat a frappé la ville de Québec? Cela m’étonnerait puisque le maire Régis Labeaume et le premier ministre Philippe Couillard se seraient entendus pour enterrer le drame afin d’éviter la panique. Le 28 octobre en soirée, un aqueduc de Québec a explosé en privant d’eau une partie de la population locale. Au moment d’écrire ce texte, je suis toujours à attendre le rapport d’analyses de prétendus résidus radioactifs qu’on aurait trouvés dans l’eau de Québec.

J’ai fait cette découverte en menant une enquête sur les attaques terroristes en suivant ces six recommandations du gouvernement canadien:

  1. Se situer par rapport aux attentats.

  2. Tracer un lien entre les lieux du crime et les enquêteurs.

  3. Puisez de l’information sur les proches des fanatiques, les associations et réseaux sociaux qu’ils fréquentent, pour repérer les individus suspects.

  4. Tentez de prédire les localisations des prochaines offensives en cherchant ce qui unit les différentes cibles des terroristes.

  5. Analyser les contextes politiques, économiques et sociaux qui pourraient influencer le choix des cibles.

  6. Faire de votre enquête un travail parfait qui pourra servir d’exemple.

 

Lors de l’attentat du 20 octobre, j’étais chez Tony à Saint-Ambroise-de-Kildare, accompagné de Roger et Michel, deux amis qui ont passé de nombreuses années à travailler dans des «opérations de nettoyages» près de la base militaire de Longue-Pointe. J’ai donc lié le lieu du crime et St-Ambroise-de-Kildarele par un trait. Le 22 octobre, lors de l’attentat d’Ottawa, je récolte des informations à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis plus de 4 heures. J’ai donc tracé une autre ligne entre Ottawa et Saint-Jean-sur-Richelieu. J’ai ensuite suivi la troisième recommandation dans l’intention d’ajouter des suspects à la liste du gouvernement. Ma première surprise fut de constater que les deux terroristes sont issus du Québec, cette province chérie de Stephen Harper dirigée par son fidèle ami Philippe Couillard, depuis le 7 avril 2014. Le premier se nomme Martin Couture-Rouleau (1989-2014) et le deuxième Micheal Zehaf-Bibeau (1982-2014). Tout comme près de 30 % des Canadiens, ils sont victimes d’agitations mentales. Zehaf-Bibeau vit une dépression, conséquence possible d’un usage d’amphétamines, alors que Couture-Rouleau, père d’un enfant, aurait vécu un déni de son identité selon le psychologue Hubert Van Gijseghem. Il croyait même à un complot de créatures reptiliennes qui domineraient la politique pour instaurer un nouvel ordre mondial. Pour leurs relations, c’est le calme plat. Les témoignages sur Rouleau viennent exclusivement de son père et d’un ami tandis que pour Bibeau, ils sont prononcés par sa mère Susan. Mais encore, alors que Couture-Rouleau semble se désintéresser de son milieu social, Zehaf-Bibeau réussit à économiser de l’argent en travaillant pour le secteur pétrolier d’Alberta.

J’ai ensuite tenté de prévoir l’endroit où pourrait se dérouler le troisième attentat terroriste. Comme d’autres, je crois qu’EI désire s’en prendre à des cibles militaires. En attendant de pouvoir les localiser, j’ai analysé le contexte politique, économique et social, comme l’exige la cinquième recommandation. Les mois qui ont précédé les offensives furent marqués par de nombreux ballons politiques, des gaffes quotidiennes de politiciens, des pertes d’emplois, des décisions arbitraires souvent idiotes, des positions militaristes discutables, des propagandes, de la désinformation, un manque de respect vis-à-vis les Québécois et la langue française, des intrusions du gouvernement Harper dans des domaines de juridictions provinciales sous le regard complice de Philippe Couillard. Tout est donc normal.

 

Distance par la route: 124 Km

Premier attentat terroriste: une ligne est tracée entre

St-Ambroise-de-Kildale et St-Jean-sur-Richelieu pour unir le lieu où

se situe les enquêteurs et la cible d'État islamique

 

 

 

Distance par la route: 245 Km

Deuxième attentat terroriste:

une ligne entre St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa

 

Inversion, perfection et eau

Presque normal, j’ose ajouter, en m’inspirant de cette impression étrange que quelqu’un de haut placé aurait compris que la meilleure façon de gérer un dossier gouvernemental serait d’inverser le plan d’action de l’État. Ainsi, pour créer des emplois, il faudrait demander que les incompétents appliquent des mesures pour augmenter le nombre de chômeurs. Pour baisser le déficit, ils n’auraient qu’à opter pour une politique d’endettement. Sauf que cette nouvelle gestion semble exclusivement réservée à l’industrie pétrolière. Je cite l’inversion du flux de l’oléoduc 9B d’Enbridge pour faire reculer du pétrole bitumineux dans un tuyau pour s’assurer qu’il avance dans le bon sens. Une idée géniale qui a ouvert la porte au projet Énergie Est de TransCanada pour exporter l’or noir de l’Alberta vers le marché européen, via le Québec, avec le soutien, jusqu’à la fin de novembre 2014, d’Edelman, une firme de relation publique à l’éthique contestable.

Inversion! Micheal Zehab-Bibeau, le terroriste qui a travaillé pour l’industrie pétrolière albertaine, porte un nom inversé. En fait, il aurait dû se nommer Micheal Bibeau-Zehab, en considérant que c’est généralement le nom du père qui arrive en dernier. Ce détail anodin, voire discutable, dévoile un point commun entre les deux terroristes autre que «des musulmans barbus venant du Québec qui sont morts après avoir tué un militaire». Leurs noms se terminent par EAU. Et après… Dans un monde normal, l’inversion de l’EAU est le FEU. Au Canada, c’est plutôt le pétrole, un élément inflammable qui est devenu la principale menace des eaux potables des Québécois.

Le 25 octobre, je me suis amusé au jeu en inversant la ligne qui unit les deux cibles des terroristes, afin de prévoir l’endroit du prochain attentat en optant pour la perfection de la sixième recommandation. Comment? La solution m’est venue de Martin Couture-Rouleau. Ce nouvel ordre mondial reptilien qui l’intriguait tant rappelle la Bête de l’Apocalypse: un gouvernement planétaire sans argent se voulant PARFAIT. Pour le préciser, le chiffre six, SYMBOLE DE LA PERFECTION, se répète trois fois pour donner le nombre 666. Parfait au point que chez les Juifs, le roi Salomon recevait un poids d’or équivalant à 666 talents (environ 1,4 million de dollars) par année. De la richesse qui a permis de construire un temple PARFAIT qui revient sporadiquement dans l’actualité, plus particulièrement lors de menaces terroristes musulmanes.  Un petit détour pour vous dire que j’ai décidé d’ajouter 6 km aux 245 km qui séparent St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa lorsque nous empruntons la Route 50. Un total de 251 km, la distance entre St-Jean-sur-Richelieu et Québec par l’autoroute 20. J’ai donc rejoint Québec par un trait, la cible du troisième attentat du 28 octobre qui cette fois visait l’EAU.

L’auteur de l’explosion de l’aqueduc porte-t-il un nom qui se terminerait par EAU? Roger a proposé Francine Charbonneau. Cette ministre responsable des Aînés, de la Famille et de la Lutte contre l’intimidation vient de Laval, la ville d’origine du terroriste Zehab-Bibeau, tout en étant une amatrice d’amputation qui aime bien s’attaquer aux parents de jeunes enfants qui fréquentent les garderies. Michel pense plus à Pierre Moreau. Ce ministre des Affaires municipales est du genre à faire sauter un aqueduc en laissant l’impression de haïr l’eau par son comportement bizarre envers François Boulay, le maire de Ristigouche. Ce dernier lui a demandé de l’aide pour répondre à des poursuites de 1,5 M$ de Gastem, une entreprise pétrolière. La raison? Il a osé voter un règlement sur la protection de l’eau potable, en août 2013.  Moreau a refusé de l’aider sous prétexte, sans doute, que Gastem est dirigé par l’ancien ministre libéral Raymond Savoie.  Et que dire de Marc Bibeau? Si j’en arrive à croire qu’il ferait un excellent saboteur de tuyaux ce n’est pas à cause du texte SNC-Lavalin: vice-présidents et mécènes du PLQ publié dans Le Devoir du 11 novembre, sous la plume de Brian Myles, dans lequel on apprend que Marc Bibeau, grand argentier bénévole du PLQ et proche de Jean Charest […] aurait demandé environ 90 000 $ par année à SNC-Lavalin pour garnir la caisse du PLQ, un montant que Bibeau a fait passé à 150 000 $ par an lorsque Pierre Anctil oeuvrait au financement du PLQ. C’est plus que je crois qu’il serait un proche parent de la mère de Micheal Zehab-Bibeau.

 

Distance par la route: 251 Km (245 km + 6 Km)

Le 25 octobre 2014. Une trait rejoint Québec

après l'inversion de la ligne qui unit  St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa.

Ce tracé est le résultat d'une analyse pointue du contexte politique,

du profil des terroristes et surtout, d'une volonté à faire de l'enquête

une exemple de perfection.

 

Le 28 octobre suivant, un aqueduc de Québec

a explosé. Les enquêteur Roger et Michel attendent toujours des

précisions sur cette rumeur d'une contamination

radioactive des eaux de Québec 

 

 

Un triangle qui démontre que l'enquête est incontestable et que ces

commentaires sont plus que pertinents: le projet Énergie Est repose sur

une militarisation du pétrole canadiens répondant à des stratégies de l'OTAN

 

L’autre enquête

Vous doutez de mon travail et me voyez comme un bouffon un peu stupide? Pourtant, mon enquête applique des méthodes approuvées pour lier des dates, des chiffres et des noms à l’actualité, à l’aide de formes géométriques et de graphiques. Je sais. Des gens utilisent des tracés et des courbes pour cacher des inepties, comme d’autres emploient des fauteuils roulants pour vendre des politiques d’austérité à des amputés. Je reconnais aussi que plusieurs n’adhèrent pas aux informations qu’ils enseignent, un phénomène qui n’a rien d’exceptionnel puisque les menteurs qui sont payés pour mentir croient rarement à leurs mensonges. Je peux en témoigner. Je ne pense pas qu’EI ait frappé le Canada. Et même en ayant dessiné un triangle, je ne réussis pas à supporter l'idée du sabotage d'un aqueduc de Québec. Par contre, j’ai l’impression qu’en ayant mis des efforts, du temps et de l’argent pour vous vendre deux jeunes terroristes, malgré mes doutes, j’aurais commis un crime d’opinion.

Lorsque je sens se pointer ma tendance à me culpabiliser, je tente de revoir mon travail sous un autre angle. Le foutu triangle… Ottawa à gauche et Québec à droite. L’Assemblée nationale de Philippe Couillard d’un côté et la Chambre des communes de Stephen Harper de l’autre. Je trouve que le gouvernement de Philippe Couillard a tendance à ne pas respecter les droits de la population et l’environnement. Il utilise aussi des arguments bizarres pour vendre le projet Énergie Est de TransCanada, dont les saints transferts fédéraux et la création de… 200 emplois. L’esprit fermé pour ensuite feindre un soudain intérêt aux demandes de groupes environnementaux, lorsque sa compétence est mise à l’épreuve par la fuite de documents inquiétants. Pour Stephen Harper, sa gestion de l’exploitation du pétrole bitumineux ne ternit pas seulement la réputation du Canada à l’étranger, mais risque aussi d’entraîner des pertes de revenus considérables. La raison est que le coût d’exploitation du pétrole bitumineux est profitable si le prix du baril dépasse le seuil de 100 $ US. Depuis le 2 juin 2014, son coût ne cesse de chuter, atteignant 75 $ US à la fin de novembre. Ce qui veut dire que pour protéger l’économie canadienne il faudrait provoquer une pénurie en diminuant l’offre ou en augmentant la demande.     

Le point de rencontre du triangle est Saint-Jean-sur-Richelieu, une municipalité qui accueille des infrastructures militaires. Un hasard? Pas vraiment. Je crois que le projet Énergie Est cache des ambitions militaires qui pourraient menacer la sécurité nationale des Québécois. Comment? En tirant profit des méfaits d’EI pour autoriser des attaques au Moyen-Orient dans l’intention de provoquer une instabilité sur le marché de l’or noir et d’offrir en retour la solution du pétrole canadien au vieux continent. Du bitumineux pour le peuple? Je dirais plus pour alimenter les machines de guerre gourmandes des membres européennes de l’OTAN et fabriquer le consentement d’une présence accrue de soldats canadiens dans l’est du Canada.  Je m’explique, L’exportation du pétrole canadienne augmente considérablement la menace terroriste contre ses infrastructures pétrolières, au point qu’au moindre incident, le gouvernement Harper devrait opter pour une protection militaire des zones à risques.

Est-ce que les attentats du 20 et 22 octobre tracent cette voie? Si EI n’existait pas, il faudrait l’inventer pour étendre cette culture d’incompétence qui ne règle jamais rien. EI a participé à la guerre civile syrienne de 2013 pour lutter contre le gouvernement du président Bachar El-Assad. Pour conséquence, ce dernier a remporté les élections du 3 juin 2014 avec 88,7 % des voix. Parallèlement, EI sert un projet sioniste datant de «1982» par ses conquêtes territoriales. Il s’agit de la «balkanisation des états musulmans», une modification de la géopolitique du Moyen-Orient qui vise l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye et l’Arabie Saoudite selon Chronique du mondialisme (2014) de Pierre Hillard. Un projet ambitieux qui risque de multiplier les coups à cause de la présence du président de la Russie, Vladimir Poutine. Ce dernier représente un obstacle majeur à cette transformation géopolitique au point de faire monter la rogne de Stephen Harper et ses complices du conglomérat anglo-saxon.  Pour cause, la Russie est le robinet de l’Europe, plus particulièrement de l’Allemagne, qui occupe le deuxième rang d’exploiteur mondial d’énergie fossile, derrière l’Arabie Saoudite. Ainsi, l’Europe pourrait se passer du pétrole canadien si le Proche-Orient devait fermer les valves. Poutine fait aussi obstacle à l’Accord de Partenariat Trans-Pacifique (APT), qui devrait unir près de 40 pays membres de l’UE, de l’ALÉNA et de l’Asie, comprenant le consortium anglo-saxon composé de l’Angleterre, l’Australie, le Canada et les États-Unis, en souhaitant une union entre l’UE, la Russie et la Chine. Poutine a aussi conclu une entente commerciale avec la Chine, lui vend du pétrole et pourrait proposer une alliance militaire.

Poutine est-il devenu l’homme à abattre? Le conglomérat anglo-saxon s’organise pour en arriver là en utilisant une puissante machine à fabriquer des idées et des opinions. Des propagandes qui décident de la nouvelle selon les stratégies géopolitiques. Et lorsque nous croyons découvrir la vérité, les interrogations qu’elles soulèvent s’évaporent sous la chaleur irradiante de la convergence. Ainsi, moi qui aimerais comprendre l’implication de Harper et Couillard dans un plan d’intervention de l’OTAN au Proche-Orient, je dois me contenter du vide de mon ignorance, d’être devant des questions sans réponse. Qu’est-il arrivé à Christophe de Margerie, le P.D.G. de Total, premier groupe international d’exploitation de gaz présent dans 130 pays dont Power Corporation détient des actions? Entre les attentats de Rouleau et Bibeau, Christophe de Margerie se permettait une petite rencontre avec son ami Vladimir Poutine. Il est malheureusement décédé dans un accident d’avion à l’aéroport de Vnoukovo de Moscou, dans la nuit du 20 au 21 octobre. Son appareil harpé au décollage par un chasse-neige, dont le conducteur était ivre. Un accident pour l’occident alors que le vent d’un assassinat soufflait de l’Orient en guise d’explication de son décès. Qui a abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines dans le ciel de l’Ukraine, le 17 juillet dernier. Du côté de l’oncle Sam, des médias affirment que les auteurs sont des séparatistes prorusses d’Ukraine aidés par la Russie. De l’autre, la propagande russe déclare que les terroristes étaient des militaires ukrainiens qui auraient confondu le vol MH17 avec l’avion de Poutine. Bref, on aurait tiré sur le Boeing 777 pour assassiner Poutine. Mais encore, pourquoi l’avion civil volait-il dans le ciel d’Ukraine alors qu’un conflit faisait rage? Le missile était-il ukrainien, comme l’ont affirmé les services de renseignements allemands? Si oui, pouvons-nous accuser les résistants prorusses d’avoir dérobé une roquette ukrainienne pour abattre le Boeing 777,  en oubliant les ennemis de Poutine?

Le 14 novembre, j’ai retrouvé Roger et Michel chez Tony pour parler de la CIA, du PLQ et de manipulation. Ce dernier mot m’a rappelé que la propagande, peu importe l’endroit, exige la complicité de politiciens. Au Québec, plusieurs se sont retrouvé sur la liste des amis d’Edelman pour aider au projet Énergie Est, sans réfléchir aux risques d’une militarisation du pétrole bitumineux. J’ai ensuite parlé de la poutine à Tony. Tony… Tout comme Couillard et Harper, le premier ministre australien Tony Abbott a le profil pour manier la roulante chaise en étant un monarchiste amouraché à l’Angleterre qui fut contre la Bourse du carbone, un fidèle compagnon du Heritage Fondation, un groupe fondé en 1973 par le brasseur de bière Joseph Coors (1917-2003), promoteur du libéralisme ayant reçu le soutien de l’évangéliste protestant Pat Robertson. Tony est aussi un promoteur assidu de l’ATP. Le genre à profiter de l’appui moral de ses amis pour menacer Vladimir Poutine de discussions viriles au sujet de la destruction du vol MH17, avant le Sommet du G20 du 15 et 16 novembre. Bref, Tony aime faire le paon pour nous éviter de dire que la dernière chose que Poutine aurait souhaitée pour réaliser son projet de lier l’Europe à la Russie et la Chine est cette histoire d’avion MH17? Est-ce un hasard ou une attaque planifiée de l’économie de la Russie, mais avec les embargos qui accompagnent la chute du prix du baril de pétrole, la Russie risque de perdre près de 100 G$ en revenu en un an. Mais vous savez, Poutine n’est pas du genre à pleurnicher sur un fauteuil roulant et à se laisser guider par des mutilateurs professionnels. Pour réaction, le risque qu’on entre en guerre en entraînant la Russie du côté des ennemis est important. Nécessaire, si l’intention est de nuire à la Chine, cet empire du Milieu qui devrait devenir la première puissance mondiale en 2015, en détournant le pétrole russe et en asservissant l’Europe à l’énergie de l’Amérique.

 

Chez Tony à St-Ambroise-de-Kildale

 

 

***

Harper ne rêve certainement pas que la Russie et le Proche-Orient jouissent d’une liberté de commerce hors d’accords économiques servant l’anglosphère. Au contraire, il semble préférer les conflits qui lui donnent la pleine latitude pour amputer un maximum de gens afin de contrôler la destination des chaises roulantes. Pour son ami Couillard, il est assurément devenu le complice d’une militarisation du pétrole canadien en fonction de profondes transformations géopolitiques dont l’apothéose repose sur le droit de mutiler les citoyens pour offrir de la chair fraîche aux transnationales. Un gouvernement qui travaille à l’ébauche d’une crise sociale pour offrir du Québec haché au réseau de la CIA. Un complot reptilien dirait Couture-Rouleau? Le simple aboutissant d’une loi du marché qui gagne la planète à travers des accords économiques qui mandatent cette logique absurde qui associe le commerce mondial à l’infini, alors que les ressources s’épuisent. Pour prix, des chaises qui roulent vers une ploutocratie qui effrite les droits et de la démocratie. Des amputations qui se multiplient et une planète qui étouffe sous l’œil complice d’hommes d’affaires et de politiciens, dont l’absurdité de leurs décisions sur les écosystèmes laisse, je l’avoue, l’impression d’être dirigés par des créatures inhumaines.

À la tête de l’engrenage, nos achats qui font tourner la roue de la mort et de l’exploitation. L’ordre est donné. Restons assis sur notre chaise et offrons notre chair à des spécialistes du sacrifice humain. Et lorsque le besoin de confort proposera l’acquisition d’un fauteuil roulant plus moderne, il faudra oublier qu’il existe des prothèses pour nous aider à marcher. Au moment de conclure ce texte, je me sers des chansons de Danny Placard, de la musique de Miriodor et de la générosité de Gabriel Nadeau-Dubois pour me déplacer. Pour les Saxons qui préfèrent pousser les chaises, Peter Hammill devrait les aider à s’asseoir à ma place. 

 

Joyeux Noël et bonne année 2015

 

Salutation spéciale aux 28 personnalités citées dans mon texte, malgré

qu'elles soient plus nombreuses à pousser des fauteuils roulants

qu'à nous aider à rester debout.

 

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Octobre 2014

 

PDF

 

 

Il y a 20 ans, les corps de 53 membres de l’Ordre du Temple solaire (OTS) furent retrouvés dans quatre maisons incendiées situées à Morin Heights, village au nord de Montréal, à Cheiry et à Salvan-sur-Grange, en Suisse, la majorité assassinée selon le Rapport d’investigation du coroner de la Sûreté du Québec (SQ). Par ce drame, on apprend que l’OTS avait recruté quatre cadres supérieurs d’Hydro-Québec, une information qui pousse certains médias à traiter de la privatisation de la société d’État.

 

Depuis 1990, j’anticipais le jour de la vente de ce fleuron de la Révolution tranquille pour servir les ambitions d’un réseau que j’associe aujourd’hui à la CIA. Avec le ballon d’une privatisation lancé à la fin d’avril 2014, par le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard, je me suis dit que le Réseau de la CIA redoublait d’effort pour vendre la Belle province. À cette fin, la grosse machine à propagande roule sur l’autoroute de l’austérité, conduite par le PLQ qui offre aux Québécois la chance de proposer où l’État devrait effectuer ses coupes budgétaires afin de diminuer ses dépenses, pendant que les critiques du comportement du conducteur se multiplient. Je pense ici au texte Hypnose de masse de Dominique Scarfone publié dans le journal Le Devoir le 10 septembre 2014, qui associait l’initiative du gouvernement Couillard  aux pratiques de l’hypnotiseur étasunien Milton Erickson (1901-1980) qui consistaient à laisser à ses patients la liberté de choisir le fauteuil dans lequel ils seront hypnotisés pour s’assurer de les endormir rapidement.

 

Je ne sais pas si mes paupières s’alourdissent devant le  spectacle de notre bon gouvernement. J’avoue par contre que j’ai souvent l’impression d’être le cobaye d’expériences économiques, politiques et sociales à faire jouir Erickson. Un rat blanc prêt à s’adapter au pire, si je pouvais mourir sans souffrir. C’est à me demander comment je réagirais si je découvrais que le laboratoire est géré par des gens qui se foutent de l’environnement et des espèces menacées, voire un lieu aseptisé où le libéralisme s’émancipe pour faciliter le pillage des ressources.

 

André Fontaine

 

André Fontaine

 

Heureusement, je suis un de ceux qui croit que nos réactions dépendent de personnes dont les gestes et propos nous inspirent. Sur ma liste, André Fontaine (1926-2005), un artiste peintre, cinéaste, docteur en cosmologie, journaliste et grand voyageur qui a fait la navette entre Miami, Cuba et les Bahamas.  Le 8 décembre 1958, il s’est fait arrêter à La Havane par la police de Baptista au moment de son départ vers Miami et fut accusé d’espionnage et de complicité avec les rebelles de la Sierra Maestra pour enfin être torturé et emprisonné à Santa Clara. Arrive le 28 décembre 1958. Il est libéré d’une mort certaine par les Paysans de la révolution dirigés par Che Guevara. Une occasion pour tisser des liaisons amicales avec Fidel Castro, œuvrer aux relations de presse étrangère pour le docteur Juana Oreta, le secrétaire de Castro, et faciliter les contacts commerciaux entre Cuba et le Canada.

 

Par la suite, Fontaine fréquente l’univers des complots. Lors d’un reportage à la radio de la Société Radio Canada (SRC) diffusé 11 octobre 1963, il affirme qu’une rumeur sérieuse, circulant chez les exilés Cubains, laisse croire que John F. Kennedy (JFK) (1917-1963) sera assassiné à Miami le 17 novembre. Le drame se produit le 22 novembre 1963, à Dallas. Ce jour, il déclare sur les ondes de la SRC qu’il a entendu trois coups de feu provenant de deux endroits différents, ce qui contredit la théorie du tueur solitaire dévoilée en 1964 par la Commission Warren. Il présume aussi que le président Lyndon Johnson est impliqué dans le drame du 22 novembre. Mais encore, dans Désormais une étoile brillera à Cuba, un manuscrit qui expose des histoires vécues autour de ses activités et relations avec Cuba, il affirme que des militaires américains sont intervenus pour empêcher que Cuba devienne la onzième province du Canada.  Des propos qu’il réitère en 1992, lors de l’émission Ésotérisme expérimentale (8m 45s)  de Richard Glenn.

 

Une copie de ce manuscrit est envoyée à un ami en mai de 1966, placée depuis dans un coffre au Liban. Bien que le contenu reste inconnu en 2014, à l’époque la CIA aurait tenté de le faire disparaître sous prétexte qu’il pouvait nuire à la reconquête de l’île. À cette fin, elle fait des offres que Fontaine refuse. La CIA le menace d’une possible accusation d’espionnage s’il persiste à vouloir éditer son ouvrage. Fontaine refuse toujours. Pour conséquence, le 19 mai 1966, il est arrêté par la CIA qui répond à une demande formelle de la SQ, l’original de son manuscrit est dérobé et Fontaine est transporté dans un centre carcéral américain. Le 22 juillet, la CIA fait une nouvelle offre de collaboration. Fontaine refuse. Suit sa déportation vers Montréal, escorté par deux agents de la CIA, afin de le livrer à la SQ et à la Gendarmerie royale du Canada. À l’aéroport de Montréal, Fontaine tombe inconscient et se réveille le 27 juillet dans un hôpital. Il aurait tenté de mettre fin à ses jours, selon l’infirmière qui le soigne, alors qu’il prétend avoir été victime d’un empoisonnement. C’est à parti de ce moment qu’il est incarcéré dans des prisons canadiennes sous de fausses accusations pour être libéré onze ans plus tard, le 2 septembre 1977, après que Fontaine ait tout fait pour être innocenté, au point de lui laisser l’impression d’une collusion entre le Canada et la CIA.

 

À sa sortie de prison, André Fontaine signe le livre Conspiration (1977), un ouvrage interdit par le gouvernement canadien trois jours après sa parution. À la page 85, il déclare que la CIA a des ramifications partout. On me l’a affirmé et je le crois de plus en plus. On a même insinué en ma présence que le ministre de la Justice au Québec serait membre de cette agence criminelle. C’était en mai de l’an 1966. À l’époque Claude Wagner (1926-1979) occupe le poste de  ministre de la Justice depuis juin  1965 pour ensuite joindre l’opposition en juin 1966. En 1970, il affronte Robert Bourassa à la direction du PLQ. Après sa défaite, il devient député au Parti progressiste conservateur du Canada (PCC) et vise la chefferie en 1976. Une autre déconfiture qui le pousse vers le sénat en 1978 avant de décéder d’un cancer en 1979, à l’âge de 54 ans.

 

Claude Wagner

 

Gouvernements subliminaux

 

Wagner fut-il une exception ou un exemple parmi d’autres d’une présence de la CIA au sein du pouvoir politique québécois? Je ne sais pas. Par contre, si j’étais à leur place, je m’assurerais que nous puissions nous apaiser dans les bras de Morphée en nous gavant de Blockbuster de Netflix, de chansons banales et d’affiches en couleur pour nous aider à copuler entre notre plat d’eau et de moulée. Moi, ce qui me fait bander n’est pas la photo de la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault, mais les  œuvres de Mise en demeure. Vous connaissez ce groupe? ll fut l’auteur du magnifique pastiche de La Liberté guidant le peuple du peintre Eugène Delacroix (1798-1863) qui présentait le député de Québec solidaire Amir Kadhir debout et armé et le premier ministre John Charest mort. Malheureusement, sa publication dans les journaux, en juin 2012, irrita plusieurs personnes, dont Yves Bolduc, le ministre de la Santé du PLQ à l’époque. Ainsi, selon le texte Amir Kadhir envisage de poursuivre Québecor d’Antoine Robitaille publié dans Le Devoir du 13 juin 2012, Bolduc voyait même des messages subliminaux qu’on passe dans des peintures en ajoutant que pour certaines personnes qui […] sont vulnérables, ça pourrait représenter un risque.

 

Pastiche de La Liberté guidant le peuple

du peintre Eugène Delacroix

 

J’ai beau avoir l’impression d’être un cobaye, je ne suis pas con pour autant. En observant les pupilles dilatées du ministre, je me suis demandé si Yves Bolduc pouvait être atteint du Mal des ardents, le Feu de saint Antoine ou si vous préférez, l’ergotisme. Cette intoxication, transmise par du seigle moisi qui a frappé la France au Xe siècle et fut la cause probable de la Grande peur de 1789, cette crise de paranoïa collective qui a provoqué des pillages et des attentats après la prise de la Bastille, cause des symptômes similaires au  LSD, un puissant hallucinogène. Au Québec, sa souche proviendrait du pain de seigle servant à la fabrication de sandwichs à la viande fumée concoctés dans un club privé de Québec fréquenté par plusieurs députés du PLQ, le maire Régis Labeaume et des organisateurs du Festival d’été de Québec. C’est donc pour éviter que le Québec sombre dans la démence et que nous nous retrouvions avec un gouvernement qui couperait dans des institutions qui ont forgé l’identité québécoise afin de financer le bradage des ressources au nom de la santé du réseau économique de la CIA, que j’ai décidé d’alerter les autorités sanitaires de Québec pour qu’elles inspectent la cuisine du Club. Ce fut sans succès. J’ai ensuite questionné le maire Régis Labeaume. Ce dernier s’est contenté de me dire ces quelques mots en ricanant: Ebola en Afrique. Couillard au Québec. Il doit voter la loi 3 si on veut empêcher que les fonctionnaires municipaux s’arment et s’achètent une guillotine

 

Sommes-nous dirigés par une commune de politiciens qui se regrouperaient autour de leurs sandwichs sacrés pour organiser des frappes préventives contre la population? Les adorateurs du feu de saint Antoine soutiennent assurément une politique du mirage en tentant d’associer des concepts, des idées, des sentiments et des informations à notre personnalité. J’ajoute qu’ils forment une élite d’hallucinés qui emprunte la route du subliminale qui divise la perception consciente et inconsciente, qu’ils faussent les données qui nous servent à interpréter la réalité et utilisent un vocabulaire péjoratif et des images choquantes pour condamner des groupes et des individus qui n’entrent pas dans le moule idéologique de la meute. Mon expérience en témoigne. Lors de ma neuvième année scolaire, j’ai eu l’impression que le gouvernement du Québec employait un cours d’initiation à la lecture rapide pour tracer la zone subliminale chez les étudiants. À cette fin, un projecteur faisait apparaître des lettres sur un écran blanc durant une courte période de temps. À mesure que les cours défilaient, la vitesse de visionnement augmentait jusqu’à qu’aucun étudiant ne puisse lire les lettres sur l’écran. La durée de projection qui devenait théoriquement SUBLIMINALE pour la totalité des étudiants.

 

C’est plus tard que j’ai compris que le gouvernement fausse les données en mettant sur pied des réseaux dont la tâche est de modifier notre perception par l’usage de divers médiums. En 2009, je citais dans Le livre amer un extrait de Harper suit Bush à la trace paru dans le journal Métro du 17 mai 2005 dans lequel Steven Guilbeault traitait d’une utilisation des médias pour fabriquer une pensée unique dans l’intention de faire croire qu’elle forme l’opinion d’une majorité. Comment? En fournissant aux membres du Parti conservateur du Canada (PCC) les coordonnées des émissions de radio locales où appeler, ainsi qu’une liste commode de positions toutes prêtes favorables aux conservateurs et moins favorables à l’égard des adversaires. Mais encore, pour se procurer les moyens de la victoire, l’Action démocratie du Québec (ADQ), devenue la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis, a joué au même jeu en utilisant la firme torontoise Responsive Marketing Group (RMG) […] la plus grosse firme canadienne de marketing et de réseautage servant à la droite du centre. Leur stratégie fut d’utiliser les technologies les plus sophistiquées pour lever des fonds, identifier les électeurs et leurs priorités, le tout servant par la  suite de base à une plate-forme électorale. Enfin, que cela se faisait de plus en plus en lien avec le libéralisme étasunien puisque «Preston Manning a utilisé en 2006 les services de Frantz Luntz, un Américain proche du Parti républicain et de George W. Bush, pour façonner la politique environnementale de Stephen Harper, en proposant de simplifier au maximum le langage des politiciens, pour en dire le moins possible. Enfin, en observant les réactions aux propagandes se multiplier, j’ai compris que les gouvernements subliminaux sont devenus les spécialistes du vote de lois et de la mise en place de mesures servant à dénigrer et marginaliser des groupes et individus qui brisent le moule de la pensée fabriquée. Que ces gouvernements fouillent dans mes proches pour se payer des condamnations de personnes charismatiques qui ont les qualités requises pour lutter contre la répression gouvernementale.

 

Et que dire des manipulations de l’esprit des citoyens?  Au début des années 90, j’ai observé à la télévision le premier ministre Robert Bourassa (1933-1996) feindre la compassion et le don de soi en mimant des gestes associés au Christ.  Bourassa debout, ses bras et ses mains partant de son plexus solaire pour s’ouvrir vers l’extérieure de son corps. En 1992, une autre publicité du PLQ présentait Robert Bourassa accompagné d’un signal lumineux bleu, à peine visible, qui pulsait lentement alors que pour Jacques Parizeau, le chef du Parti québécois, le signal était rouge et rapide. Le premier pour tenter d’apaiser les téléspectateurs et provoquer un sentiment de paix et de sécurité, le deuxième pour les énerver et transmettre un sentiment de conflit.

 

Le Christ imitant

Robert Bourassa

 

Ce genre de publicité est légal. Pour son outil de diffusion, la télévision, dès que nous l’allumons, nous acceptons de livrer notre cerveau à des vendeurs de produits et d’idées. Que dire lorsque la diffusion de messages se fait durant notre sommeil? En octobre 1995, je suis tiré de mon sommeil au milieu de la nuit pendant qu’une phrase se répète dans ma tête en s’estompant à mesure que ma conscience émerge. Le temps de constater l’étrangeté du phénomène, je replonge rapidement dans mon sommeil. Sans pouvoir vous citer exactement cette phase, elle me disait que je devais voter non au référendum sur la souveraineté.

 

Prendre sa pilule

Mon étrange expérience s’explique par l’utilisation d’armes psychiques ou «psychotroniques», un sujet qui revient sporadiquement dans l’actualité depuis plus de 50 ans, en s’ajustant à la technologie du moment. Au Québec, la grande vague a déferlé dans les années 80 à travers quelques articles dans les journaux et la populaire émission Bon dimanche qui a traité en 1989 du roman Dédale (1982) avec son auteur Larry Collins. Ce livre mettait en scène les avancées en neuroscience cognitive de l’époque pour stimuler le siège de la colère chez le président américain, à l’aide de fréquences électromagnétiques. Par la suite, en 1994, le journaliste Serge Monast (1945-1996) a parlé de vaccins qui intégraient du cristal liquide afin de catalyser des signaux émis par des satellites et la télévision. Enfin, en mars 2014, les armes psychiques sont revenues avec au centre la National Security Agency (NSA) diffusant des signaux subliminaux de l’Arctique pour influencer nos opinions.

 

Je sais que je devrais prendre ma pilule, mais j’ai cette foutu impression que la machine à propagande roule grâce au soutien de journalistes et de politiciens qui reprendraient le flambeau de Claude Wagner en servant la CIA. Avant de dénoncer, en 2012, les ramifications entre le PLQ et la CIA dans Charest et le réseau de la CIA, en 1990 j’avais la manie de voir des liens entre la CIA et le gouvernement du Québec. En plus de craindre la privatisation d’Hydro-Québec, je soupçonnais le premier ministre Robert Bourassa d’être lié à l’agence de renseignement. Par la suite, le 31 décembre 1991,  j’avais envoyé par la poste à une trentaine de personnes une énigme baptisée Jouer avec le feu qui s’inspirait d’un jeu télévisé Détecteur de mensonge.  Ce texte suggérait que Bourassa était un SUPER MENTEUR, car personne n’avait cru qu’il avait des liens avec la CIA.

 

Pour nourrir les flammes de ma méfiance, Bourassa avait affirmé que s’il n’y avait pas d’entente sur l’Accord de Charlottetown, il y aurait un référendum sur la souveraineté à moins d’un tremblement de terre. La loi 150 fut votée le 20 juin 1991 pour assurer la tenue de ce référendum. Le 28 août 1992 au soir, un séisme frappe la ville de Québec. Selon Bourassa l’a eue, sa secousse! publié dans La Presse du 29 août 1992 sous la plume de Yves Boisvert, ces secousses sismiques se sont manifestées un peu après l’arrivé du premier ministre via Charlottetown. Il avait une magnitude de 3,6 et son épicentre était situé sous le fleuve St-Laurent alors que les mesures de l’Université Laval furent de 4,4. Le 3 septembre 1992, la loi 150 est amandée. Pour l’occasion, des journalistes excusent le séisme, la condition qui permet la remise en question d’un référendum sur la souveraineté. Pour le remplacer, un référendum pancanadien portant sur l’entente de Charlottetown se tient le 26 octobre 1992.

 

La CIA je disais. Un ingénieur en électricité aurait provoqué un tremblement de terre à Manhattan en 1898, à l’aide d’un oscillateur électrostatique de son invention. À sa mort, ses travaux auraient été saisis par les services de renseignement américains et inspirés la création d’armes climatiques, sismiques et psychiques. Son nom est Nikola Tesla (1856-1943). Il fut au centre de l’intrigue de Verglas de Corinne De Vailly et du journaliste Normand Lester. Un polar qui s’inspire d’une enquête abandonnée qui associe la catastrophe climatique qui frappa le sud du Québec en janvier 1998 à la transmission d’ondes électromagnétiques entre l’Antarctique et un récepteur situé au Lac-Saint-Jean. Pour étoffer le dossier, plusieurs anomalies sont présentées aux lecteurs.   Je me contente du montant de 2 G$ apparus d’un mystérieux budget de sécurité connu par le premier ministre Lucien Bouchard afin de payer les réparations des lignes de distribution électrique d’Hydro-Québec. L’origine de ce budget fut questionnée par le PLQ, une initiative qui fut rapidement avortée. Selon Verglas, le 2 G$ provenait de Washington en guise de compensation.

 

Après Charlottetown, Robert Bourassa est hospitalisé le 8 janvier 1993 au National Health Insitute of Washington (NHI) pour soigner des mélanomes qui menaçaient sa santé trois ans plus tôt. Le NHI est aussi connu sous le nom de centre hospitalier du Maryland de Bethesda, un prestigieux organisme de recherche et de soins qui collabore avec le Naval Hospital de Bethesda situé à environ à 650 mètres. Cet hôpital occupe une place de choix dans le monde des complots en étant associé à de mystérieux suicides et à l’autopsie douteuse de JFK pratiquée le 22 novembre 1963.  Le NHI tient aussi à la sécurité de ses patients. Selon un employé d’une station de radio, un ordre aurait été donné aux journalistes de ne pas se rendre à Bethesda pour rencontrer Robert Bourassa. Pour prix, la population devait se contenter des communiqués provenant du NHI.

 

J’aurais sans doute enterré ce dossier si en janvier 1993 je n’avais pas reçu un appel téléphonique d’un ami au service du PLQ. Lors de la conversation, le son est légèrement écho, comme si la ligne était sous écoute. J’exprime malgré tout mes opinions sur Robert Bourassa, sa maladie, la CIA et Bethesda. L’ami questionne ma source d’information. Je lance spontanément ce mensonge, sans réfléchir: elle me vient d’un médecin qui travaille pour la CIA. Le 25 janvier 1993, devant un édifice de la CIA à Washington, deux personnes sont tuées et trois autres blessées. D'après la police américaine, ce geste serait lié aux activités de la CIA. Enfin, une des deux victimes est Landsing Bennett, 66 ans. Il faisait le bilan de santé des dirigeants étrangers. J’ai bien sûr cru à un lien entre ce drame et ma conversation téléphonique, même si je sais que le hasard existe et que rien de ce que je suppose ne semble corroboré par Mir Aimal Kasi, l’assassin des agents de la CIA arrêté le 15 juin 1997 et exécuté le 14 novembre 2002.

  

Une organisation secrète maléfique

 

L’actualité peut parfois nous laisser l’impression d’être soumis à une organisation maléfique. Le problème principal n’est pas de croire ce que d’autres rebutent, mais d’être emporté par les mécanismes de l’inconscient qui compensent le manque de preuves par des expériences et gestes qu’un bon gros sandwich à la viande fumée d’un Club privé pourrait provoquer si nous avions la chance de fréquenter le Club privé du PLQ.

 

Après l’électrochoc du 7 avril, mon âme de cobaye n’a pu faire autrement que de douter du nombre surprenant d’électeurs qui auraient voté pour Philippe Couillard dans Roberval et me poser cette question: en disant avoir envoyé un SIGNAL FORT, le premier ministre faisait-il référence à ses discours ressemblant à ceux de pasteurs étatsuniens confondant l’enfer et Satan avec un référendum et les péquistes ou à des fréquences électromagnétiques? Cette  réaction ne fut pas seulement causée par la rumeur d’un manipulation mentale opérée par la NSA, mais aussi les risques que l’utilisation d’armes psychiques provoquent divers troubles bénins, dont un sommeil agité qui peut être accompagné de rêves étranges. Lors de la campagne électorale de mars 2014, j’ai vécu des nuits troublées accompagnées de rêves bizarres. Avez-vous aussi connu des problèmes de ce genre en mars dernier? Avez-vous commis des gestes que vous n’oseriez normalement? Lors de ma neuvième année scolaire, un jeune homme qui n’avait pas le profil d’un étudiant violent ou agressif a administré un coup de poing au visage de l’enseignant qui projetait des lettres sur un écran. Son excuse? Il ne savait pas pourquoi, mais il n’aimait pas le professeur. Avez-vous des visions? En août de l’an 1995, j’ai vu une main verte à trois doigts possédant des griffes qui apparaissait dans la publicité L’Énergie qui voit loin.

 

 

Main verte à trois doigts extraite d'une publicité

de Hydro-Québec diffusée en 1995

 

J’ai enregistré la publicité lors de sa diffusion sur les ondes de Télé-Québec. Une main verte à trois doigts apparaissait effectivement durant une fraction de seconde. Par contre, elle n’avait pas de griffes. C’est comme si j’avais transposé inconsciemment une autre main verte à trois doigts se terminant par des griffes, aperçue à la même époque sur la page couverture d’un magazine sur les phénomènes étranges, pour m’inciter a regarder de plus près la publicité. Je dois ajouter qu’à l’époque j’épiais Hydro-Québec en sachant que l’OTS aimait bien les énigmes. Pour exemple, dans les trois villages où se retrouvaient les quatre maisons, trois minuteries avaient déclenché les incendies en rappelant le nombre 666 de la Bête de l’Apocalypse 13:18. Pour le constater, il fallait soit être un ministre des Finances victime de l’ergotisme ou s’adonner à la numérologie. L’heure de la première minuterie était programmée à 5 h 01 (6) le mardi 4 octobre 1994, la deuxième a 23 h 55 (15=1+5) et la dernière à 2 h 58 (1+5) le mercredi 5 octobre. Trois heures donnant une suite de trois 6 (666). Il y avait aussi la Lettre des Templiers partiellement censurée par les médias québécois, qui accusait  Robert Bourassa et le ministre de la Sécurité publique Claude Ryan (1925-2004) d’avoir commandité une opération particulièrement sale et douteuse pour masquer certains de leurs propres agissements.  En ajoutant que Claude Ryan était manipulé et commandité par l’Opus Dei, une société secrète catholique, qu’il existe une organisation secrète maléfique soutenue par la haute finance, pour enfin inculper tout ce beau monde d’assassinat collectif!

 

En 1994, l’OTS se méfiait du PLQ. En 2014, le PLQ se méfie des citoyens au point d’intervenir contre des groupes solidaires, environnementaux, étudiants et syndicaux; d’étaler de fausses croyances dans l’esprit des gens pour les diviser. Cette réaction est aussi celle de l’Opus Dei. La société secrète a soudoyé les régimes de Franco et Hitler au nom d’une lutte contre le communisme et financé l’Organisation de l'armée secrète (OAS), un groupe de droite soutenu par la CIA qui souhaitait déstabiliser la France en assassinant Charles de Gaulle. La même société secrète est à la commande d’institutions publiques sans que l’État subliminal cris au scandale. En plus de feu Claude Ryan, nous y retrouvons le docteur Joseph Ayoub, médecin traitant de Robert Bourassa. Ajoutons Nicole Charbonneau Barron, celle qui a accordé des entrevues aux médias en mai 2006 pour dénoncer le film Le Code Da Vinci, une fiction qui opposait l’Opus Dei au Prieuré de Sion, une branche des templiers, tout comme l’OTS et qui s’est ensuite présentée comme candidate du PCC à l’investiture de Saint-Bruno-Saint-Hubert lors des élections du 14 octobre 2008. Sans oublier Yvon Lamontagne (1940-2006), un ami de l’Opus par ses liens avec Claude Bébéar des assurances Axa qui fut placé au sein du conseil d’administration d’Hydro-Québec en 1997. Un petit détail qui devrait nous questionner, car la vie de plusieurs membres de l’OTS était assurée chez Axa-Luxembourg, selon Christian Cotten auteur de Mafia et démocratie (2003).

 

Aujourd’hui, Hydro-Québec fraye avec le «réseau de la CIA». Au centre, les compteurs numériques de l’entreprise Langis+Gyr imposés à la population sous le règne du gouvernement Charest, dont une partie fut entreposée dans un édifice de la mafia appartenant au clan Rizzuto. Mais encore, dans le texte Hydro-Québec, vos bobettes et Condoleeza Rice, Mario Dufour nous informe qu’Hydro-Québec a «octroyé le contrat du traitement des métadonnées […] à C3 Energy» où nous retrouvons «Condoleeza Rice», grande dame qui en «2003, à la demande du Président Bush […] aurait autorisé la NSA à mettre sur écoutes les téléphones des membres du Conseil de sécurité à l’ONU, surveiller leurs résidences, leurs bureaux et intercepter leurs courriels» la même qui a fait la «promotion des activités de surveillance sans mandat de la NSA» en 2005. Pour la sécurité des données de compteurs, elle est «assurée par la solution Gridstream RF», utilisateur des «algorithmes cryptographiques développés par la firme de cybersécurité RSA […] complice, sinon infiltrée par la NSA».

 

***

Est-ce l’arbre qui cache la forêt? L’arbre c’est l’austérité, une poussé qu’on exerce sur le libéralisme pour accélérer son rythme. Pour prix, nous devenons plus nombreux à répondre à la logique froide du libéralisme qui consiste à se délocaliser pour échapper à des pressions économiques, géographiques et sociales, ou d’entrer de plein front dans le système en nous livrant à compétition des marchés. Le problème actuel est que dans un économie qui se mondialise, nous sommes condamnés d’un côté comme de l’autre à subir les contrecoups d’une inflation qui complique l’accès à la nourriture, à l’eau et à l’énergie. Des biens sur lesquels il s’exerce des spéculations, mais aussi des pressions pour libéraliser (privatiser). La forêt est le PLQ qui assouvit les désires de la CIA est sachant que nous risquons une crise sociale qui profitera à des actes violents contre des institutions et le gouvernement. Pour éviter cette situation, le Réseau de la CIA doit conditionner l’esprit des citoyens en utilisant les outils technologiques qu’il dispose et étaler ses propagandes par le soutien de journalistes. Ce qui reste par contre nébuleux est son implication dans la tentative d’assassinat de Pauline Marois en septembre 2012 et l’élection du PLQ le 7 avril 2014.

  

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Nouvelles de l'Interzone

 

Août 2014

 

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Écrire c’est un peu partir à l’aventure dans une nature vierge à la quête d'expériences que nous n’oserions imaginer. Il y a un instant, j’ai été intrigué par une odeur de charogne, comme si mon odorat devait me rappeler une impression d’être condamné à partager mon espace social avec des gens dont la perte de vitalité chronique les pousse vers la nécropole des asservis. Après quelques secondes à réfléchir au phénomène, j’ai de nouveau frappé sur les touches de mon clavier pour me retrouver devant un corps en état de putréfaction. Je ne peux vous le cacher. C’était le cadavre du Québec. Et selon l’analyse du cycle de vie des mouches et des larves, il aurait été assassiné le 7 avril 2014, lors de l’élection du Parti libéral du Québec (PLQ).

 

Depuis plusieurs années je trouvais que la Belle province semblait préoccupée par sa sécurité.  Malheureusement, lorsque l’occasion venait de discuter des raisons de ses craintes, on traitait du retour des Nordiques à Québec, de la visite de la reine, de la maladie de Ginette ou du choix compliqué entre un onéreux train léger et une coûteuse flotte d’autobus pour traverser un pont payant. Et quand des gens préféraient la réalité aux pilules, pour avancer avec lucidité, on les associait à des indésirables comme s’il fallait les saigner pour éviter les discussions.

 

Que reste-t-il à faire? Préparer la résurrection du  macchabée pour 2018 en nous récurant le nez avec un mouchoir lorsqu’une étoile filante glisse dans le ciel d’août, ou utiliser des filtres magiques et des parfums pour masquer l’odeur de la pourriture?  En attendant, des hallucinés qui se rassemblent autour du cadavre confondent l’Assemblée nationale avec un spectacle de Pink Floyd pendant que le PLQ ressemble de plus en plus à un vendeur de LSD dont l’effet nous permet de comprendre les mots du ministre du Travail Sam Hamad, le Méo de Philippe Couillard. Des valets et des voleurs jouant la chanson Money au Cimetière des assiégés, après avoir transformé la Révolution tranquille en partouse pour nécrophiles.

 

 

Le Québec: de la viande humaine d'origine

française pour nourrir les insectes

 

Quitter son pays

 

Moi je tente de mon mieux d’enterrer quelques vieux souvenirs de ce Québec charmant et francophone avec qui je me serais lié pour la vie, afin de me chercher quelqu’un d’autre à aimer. Si vous préférez, je désire quitter le Québec, comme je l’ai écrit dans les dernières Nouvelles de l’Interzone. Quand? D’ici peut-être trois ans, le temps de vider mon sac et fermer quelques dossiers qui traînent. Où? J’ai pensé à la Corse. Cette petite île de la Méditerranée, peuplée de chômeurs et de terroristes, est l’endroit idéal pour s’exiler lorsque nous sommes un Québécois séparatiste, «xénophobe» et «paresseux» qui rêve «d’exterminer les minorités anglophiles».

 

En mai dernier, je me suis donc inscrit à une journée d’information sur la Corse donnée par un moustachu.  Il s’est présenté. Il a énuméré les politiciens français qui furent ses victimes. Il a comparé leurs gabarits avec ceux de nos élus, pour ensuite ajouter, sur un ton des plus sérieux, qu’un «bon terroriste ne doit jamais travailler l’estomac vide». C’est alors qu’une charmante dame et un cuisinier sont arrivés avec des plats et des vins corses à se faire éclater la panse. Je ne sais pas si c’est l’abus de gras, mais la nuit suivante j’ai rêvé que je cuisinais des Mac Rockets au poulet pour nourrir des soldats canadiens en mission pour défendre Israël contre les attaques palestiniennes. À côté de moi, Stephen Harper me disant avec insistance, qu’après plus de 260 ans à vivre les bienfaits de la Conquête britannique et bientôt 150 à siéger dans la Confédération, qu’il était temps que j’arrête de parler de politique et de droits pour devenir un vrai Canadien. Pour m’aider, une formation donnée par un sexagénaire au nez de Gin qui a affirmé que «pour être un bon Canadien, il faille vivre comme un Canadien». Sont alors arrivées une blondinette, une Africaine et une Asiatique emportant avec elles un BBQ, de la bouffe et de la bière Molson. Ensemble, toutes unies, elles ont relevé leurs manches pour multiplier les galettes de bœufs de l’ouest et me choyer comme si j’étais un membre de la famille royale ou un des chapeaux de Catherine Middleton.

 

Mais vous savez, même en rêve ce n’est pas facile de passer de séparatiste québécois vantant la Charte des valeurs à un Canadien parfait s’opposant à tout ce qui vient du Québec. À cette fin, j’ai louangé les paroles d’une chanson qui faisait rimer le mot «Cheeseburger» avec «She’s biger» et dénigré la poésie de Gaston Miron et des Loco Locass. Je me souviens qu’ensuite j’ai eu le bonheur d’afficher mon ouverture d’esprit en écoutant Mashmakhan, Brian Adam et Rush, pendant que l’Asiatique me servait un bon verre de lait de zeppelin pour soulager les reflux gastriques des Molson Light. 

 

Ça allait bien jusqu’à ce qu’une jeune femme me dise, en regardant le bœuf haché cuire, «fais attention à Lise Thériault». Pourquoi m’a-t-elle parlé de la ministre de la Sécurité publique? Thériault! En tentant d’éviter les regards de gens soupçonneux, elle s’est perdue dans des mensonges à propos des trois prisonniers évadés du Centre de détention d'Orsainville à l’aide d’un hélicoptère.  Puis-je ne plus discuter de politique afin d’énumérer, en vers anglais, les rabais de la semaine chez IGA, Loblaw et Canadian Tired, me retrouver à l’émission Pénélope de la Société Radio Canada (SRC), dans le palmarès du Beat 92 FM Montreal ou mieux, entendre mon œuvre lors d’un rassemblement du PLQ, je n’ai pas besoin de Lise Thériault? C’est alors que j’ai constaté qu’elle avait plutôt dit «fais attention à la listériose», une maladie provoquée par la viande mal cuite.

 

Je alors que je me suis réveillé avec l’impression d’être plongé dans une Matrice qui projetterait l’illusion d’un Canada ouvert et uni pour masquer l’ingestion de mon flux. Ne m’imaginez pas branché à un appareil à succion qui s’étendrait sur des milliers de kilomètres, de mon phallus jusqu'à la bouche de Elizabeth II. C’est mon esprit qui est siphonné. Tout ce qui est forgé par ma nature innée et ces connaissances acquises qui m’incitent à croire que la lumière d’un téléphone cellulaire et d’une tablette numérique devrait remplacer la torche de la liberté pour cadrer avec l’unicité canadienne et la poésie des Dead Obies.

 

Mouches et larves

 

Une mouche accouche de larves pour

augmenter le nombre de ses électeurs

 

Ce vol me rend assurément agressif. Ainsi, mois qui a toujours évité les excès de qualificatifs pour ne pas heurter les gens, j’ai décidé de me laisser aller aux insultes avant de poser mes pieds ailleurs. Commençons par nos chers élus. Je trouve qu’ils sont devenus des organisateurs de spectacles d’arène servant à divertir une population par des mises à mort d’individus. Des mouches qui bourdonnent des commérages économiques: privatisations de Hydro Québec et de la SAQ, une nouvelle taxe sur l’essence et la loi 3 s’en prenant aux pensions des fonctionnaires.

 

Je suis désolé pour ces insectes, mais j’ai toujours eu de la difficulté à admettre que la dépossession tranquille favorise l’économie. De même pour cette tendance à revenir sur des accords négociés et signés avec des travailleurs, alors que ce fut la source d’ententes se concluant souvent par l’acceptation que l’employé de l’État soit moins rémunéré que ceux des entreprises privées, en échange de meilleurs avantages sociaux. Mais encore, je crois que façonner l’opinion publique en oubliant cette réalité relève d’une tactique malhonnête. Personne ne s’enrichit en appauvrissant des ouvriers. Ajoutons qu’en 2014 le nombre de personnes âgées qui tirent le diable par la queue se multiplie malgré leurs cotisations à des REER et à des caisses de retraite. J’ai même été surpris de découvrir, à la lecture du Devoir du 27 mai, le dossier d’une dame de 71 ans qui s’est retrouvée à la rue après avoir quitté un hôpital de Montréal. Un cas isolé? Plutôt un phénomène qui s’étend sur le Québec, provoqué par une accélération de l’état de putréfaction de tout ce que nos gouvernements gèrent. Une bonne administration tout de même, car plus il y a des gens qui faisandent, plus les mouches peuvent pondre des œufs dans leur chair, peu importe si leurs incubateurs ont construit le Québec par des sacrifices afin d’offrir le confort à des attardés qui élisent des imbéciles qui forgent l’idiocratie de demain. Et lorsqu’un mort attire sur lui les regards des médias, les mouches préfèrent montrer leurs belles ailes aux caméras, même si elles n’ont rien à dire. Jean Garon (1938-2014), l’ex-ministre péquiste et ex-maire de Lévis est décédé le jour du Canada. Pour honorer le grand homme, Regis Labeaume, maire de Québec, a expliqué comment Garon mangeait son «sandwich à la viande», alors que le maire de Montréal, Denis Coderre, avouait «respecter» Garon, lui qui n’était pas un fédéraliste nourri avec la merde des commandites.

 

 

Hassan Serraji: Métro, boulot et dodo

 

Pour les larves, ce n’est pas mieux. Certaines désirent bouffer un maximum de cadavres afin de devenir de belles grosses mouches. Je pense ici à Hassan Serraji, un type qui semble sérieusement indisposé par l’existence du Parti québécois (PQ). Dans PQ : la politique de l’Autruche publié dans le journal Métro du 23 avril, il affirmait que le PQ dénigrait les immigrants et que sa Charte des valeurs, qui rappelons-le, proposait le très dramatique retrait de symboles religieux ostentatoires dans la fonction publique, était raciste et xénophobe. Bef, pour lui les méchants péquistes luttaient contre les immigrants. J’ai écrit une lettre à l’administration du Journal pour demander de quels nouveaux arrivés parlait Serraji, puise que j’en connaissais qui étaient pour la Charte et qui ont voté pour le PQ. J’ajoutais qu’associer ces derniers à un vote pour le PLQ laissait croire que tous les immigrants votaient pour des politiciens aux mœurs douteux. Ma lettre fut sans réponse. Il y a aussi Dalila Awada, une étudiante qui a commencé à bouffer la chair des Amis de Vigile et de la philosophe Louise Mailloux, ces méchants détracteurs de la société avariée qui ont osé critiquer les propos d’Awada dans le cadre de la Charte des valeurs. Enfin, Anne-France Goldwater, avocate qui porte la cause de Awada devant la Justice avec une passion dévorante, elle qui a écrit le 13 septembre 2013, sur le réseau social Facebook, ces propos médisants sur les Québécois indépendantistes à propos de la Charte des valeurs:

 

Anne-France Goldwater

 

Il ne faut pas oublier de dire que le Canada se compose de millions d’individus qui baignent dans une culture du mépris de l’autre. Les Italiens, les Japonais et les Juifs y ont goûté, avant d’être acceptés en tant que vrais Canadiens, alors que les Canadiens français sont toujours dans la cible de propos racistes. Est-ce à cause que certains aimeraient couper les ponts avec un Canada loyaliste fermé, intolérant et plus intéressé par les chapeaux de Catherine Middleton qu’au droit des francophones ou une affaire de langue? En attendant une réponse satisfaisante, permettez-moi de rêver à des obsèques qui me donneraient l’occasion de prononcer ces quelques mots en l’honneur du défunt:

 

Son assassinat met en scène une organisation criminelle très structurée qui a été favorisée par des complices, dont ceux qui ont trimballé la victime dans un endroit isolé avant de la tuer. Il y a aussi de nombreux témoins. Malheureusement, la majorité ignorait ce qui se passait réellement, alors que d’autres croyaient que le Québec était un criminel qu’on transportait vers une prison. D’autres ont volontairement choisi de se taire, car impliqués de  près ou de loin dans des propagandes qui ont rendu sa disparition acceptable. Enfin, je sais que je risque de déplaire à certains, mais nous retrouvons des éléments similaires entre l’Holocauste juif et le meurtre du Québec. Je parle ici du désintéressement collectif du sort d’une minorité et un endoctrinement qui exigeait une certaine connivence. Ainsi, lors de la Deuxième Guerre mondiale, on regardait passer des trains sans questionner le destin des juifs qui s’y trouvaient. Nous pourrions excuser l’ignorance, à la condition de reconnaître qu’une culture d’aversion des juifs s’était imposée dans l’opinion publique.

 

Est-ce que Serraji, Awada et Goldwater peuvent se comparer aux partisans du régime nazi en étendant la haine des séparatistes et souverainistes québécois? Des campagnes de peur opérées sous le régime nazi ont incité des juifs à cacher leur identité et conviction. Au Québec, les propagandes contre les souverainistes ont provoqué une appréhension à étaler publiquement leurs points de vue et d’exiger le respect de leur langue par crainte de représailles; de se retrouver sous l’escorte d’agents de la GRC à la sortie d’un avion ou de se faire taxer de «terroriste de la langue» ou de «grammar nazi», des mots empruntés d’un texte du Devoir du 25 juillet 2014 dans lequel David Sanschagrin dénonce une domination qui intègre les schèmes de pensée et le langage du colonisateur nous rendant ainsi psychiquement lié à notre colonisateur selon les mots employés dans Portrait du colonisé d’Albert Memmi, philosophe et essayiste franco-tunisien.

 

Est-ce que ces schèmes de penser de l’anglais nous raccordant psychique au colonisateur inciteraient des gens à utiliser tous les moyens qu’ils disposent pour attaquer les revendications et les rêves des Québécois? Si oui, quand pardonnerons-nous les coups et lésions contre ceux qui veulent être respectés chez eux? Nous avons tous le droit d’être violents et tenter de le cacher derrière des mots et des idées. Nous avons tous le droit de nous battre pour une baisse d’impôt en jetant les misérables au dépotoir. Nous pouvons même nous trouver une avocate qui aurait les qualités de madame Goldwater pour faire payer la famille d’un itinérant dont le corps gisant devant l’entrée d’une banque nous aurait causé des blessures. Nous avons aussi la liberté d’imiter Méo, le fidèle serviteur de Bob Gratton. Mais encore, nous pouvons exercer notre poste de député et de médecin en même temps, comme l’a fait Yves Bolduc, le ministre de l’Éducation, si cela nous enrichit de 250,000 $. Et si nous voulons soigner notre incapacité à débattre en utilisant la Justice pour museler des gens qui ont osé s’exprimer par rapport à l’autre, faisons-le. Nous pouvons aussi voter pour le Nouveau parti démocratique (NPD) au nom de l’intégrité et d’une révolution canadienne, si cela nous allume.

 

Danger!

 

Si vous voyez ce «grammar nazi»,

signalez le 911.

 

NPD

 

Nous avons tous les droits. En même temps, il y en aura toujours qui tenteront de nous informer des conséquences de nos choix dans un monde où la quête de vérité exige des efforts, mais aussi de se défendre contre les attaques. Il se peut même que le nom de ces gens puise nuire à leurs crédibilités. 

 

Vous connaissez Simon Couillard? Cet enseignant en philosophie au Cégep de Victoriaville et doctorant en études québécoises à l’Université du Québec à Trois-Rivières est l’auteur d’une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir du 4 juillet, dont le titre est Mulcair, trop Québécois pour le ROC? Dans son texte, il affirme que Thomas Mulcair, ancien défenseur des droits des anglophones, celui qui a combattu au côté de Jean Chrétien et de Jean Charest et qui pourfendait, avec des propos souvent très acerbes, la «conspiration» séparatiste, serait trop Québécois au goût des Canadiens. Que le NPD évite de se coller au Québec pour ne pas nuire à son élection dans le reste du Canada.

 

Youssef Amane a répondu à Simon Couillard dans le texte Thomas Mulcair, fier Québécois et Canadien publié dans Le Devoir du 10 juillet. À lui seul, le titre m’a laissé l’impression d’une volonté de réanimer le cadavre de Pierre Falardeau par la fusion, dans un bloc monolithique, de ce Québec rêvant d’une république et ce Canada royaliste afin de faire bander une nouvelle vague d’Elvis Gratton qui pourrait avaler l’idée d’un Thomas Mulcair Canadiens français et Québecois Canadien du Canada de langue franco canadienne, comme l’écrivait Pierre Faladeau pour camper son personnage Elvis Gratton. Ce comportement peut s’excuser. Par contre, ce qui m’irrite avec ce fédéralisme «grattonien» a tendance à attaquer le messager pour masquer une incapacité à combattre le message par des débats sensés. Pour Amane cela se traduit par le droit de frapper Simon Couillard en l’accusant d’écrire sans savoir de quoi il parle, d’être borné ou aveugle pour avoir affirmé que le NPD cache son identité québécoise.

 

Thomas Mulcair

 

Ce coup aurait pu faire mal à la réputation de l’enseignant, s’il ne s’était défendu habilement contre son agresseur. Dans Cache-cache au NPD publié le 16 juillet, il a affirmé que Youssef Amane a usé d’une formule utilisée en politique pour présentez l’opposant comme quelqu’un de confus, quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle, pour proposez qu’il soit fort possiblement irrationnel et qu’il ne fasse pas bien son métier. Qu’il a déformé ses propos et martelé son message. Il ajoute que la philosophie enseigne qu’il faut étudier les textes de manière critique, ce qui implique également d’être attentif à leur contexte. Quelques questions sont incontournables: qui tient ce discours? Qui est son destinataire? Quelles peuvent être les motivations possibles du premier? Quels sont ses postulats ou ses croyances implicites? Simon Couillard a ensuite frappé en dévoilant l’envers de la médaille. Amane fut attaché de presse du caucus du NPD jusqu’au début de l’année 2014, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il fonde la firme Agence Effectus, «une agence de communications stratégiques spécialisée en relations publiques [offrant] un éventail de services professionnels et personnalisés, axés sur la performance et les résultats».

 

Le cas Youssef Amane me rappelle que les opportunistes fabriquent souvent de la charogne pour accélérer leur croissance. Un geste inévitable lorsqu’on gère une firme de relations publiques. Il évoque aussi les accointances soutenues entre le mensonge et l’incompétence. Mais encore, lorsque nous acceptons de mentir, nous risquons un jour ou l’autre de nous débarrasser des indésirables qui dévoilent nos faussetés, d’attaquer les messagers en les associant à des maux et des calamités par des amalgames qui permettent de lier un souverainiste à un terroriste, un juif à une plaie sociale. La recette fonctionne tellement bien que ces gens se sont approprié du sens de ces mots pour fabriquer le consentement de pouvoir frapper des gens.  Le mot «épuration» a été employé par les nazis au nom d’une idéologie raciale et de la santé de l’économie allemande. Aujourd’hui, s’ajoutent les mots «nettoyage», «ménage» et «assainissement» pour forger une dialectique économique par le soutien du ministre des Finances Carlos Leitao et Philippe Couillard, en me laissant l’impression que les souverainistes, les péquistes, les syndicalistes et les fonctionnaires étaient la race qui était visée par cette épuration.

 

À une autre échelle, nous retrouvons le NPD qui s’est purifié le 14 avril 2013 du mot «socialiste» par le vote de 960 membres contre 188, pour le remplacer par «sociale démocratie» un mot qui amalgame n’importe quoi, comme je le citais dans les Nouvelles de l’Interzone d’août 2011. Un pas assuré vers le muselage des vrais socialistes de l’Ouest canadien qui devront, d’ici peu, accepter l’étiquette de «noyau dur» lorsqu’ils contesteront le NPD de l’intérieur, comme nous l’avons vu dans tous les partis politiques fédéraux et provinciaux. Derrière cette tentative, nous retrouvons la mort. Le NPD chancelle à l’ombre d’un succès emporté par l’ancien chef Jack Layton lors de l’élection du 2 mai 2011. Nous le savons, cette victoire fut succédé par le décès de Jack Layton, le 22 août 2011. Pour suivre le cortège, Mulcair a escamoté des sujets importants qui touchent l’avenir du Québec, dont la langue qui s’affaiblit quotidiennement, pour ne pas perdre des électeurs du Canada anglais. Le même NPD évite de traiter de la fermeture de médias francophones dans le reste du Canada, pour les mêmes raisons.

 

Des amateurs des secrets de l’inconscient reposant sur les travaux de Carl Gustav Jung (1875-1961) croient que des informations cruciales peuvent se révéler subtilement à notre raison. Je reviendrais prochainement sur ce psychanalyste suisse. En attendant, je vous pose ces questions: Que pensez-vous de l’élection dans Bertier-Maskinongé de Ruth Ellen Brosseau, une anglophone partie en voyage lors de la tenue de l’élection de mai 2011? Que dire d’un NPD grossissant les rangs des fédéralistes bilingues et dingues pour proférer des menaces au PQ dans le cadre de la Charte des valeurs?  Que dire de Thomas Mulcair devenu le complice des Goldwater, Amawa et Serraji de ce monde pour propager la haine des péquistes, des séparatistes et des souverainistes? Pensez-vous que nous pourrions nous retrouver dans une société qui serait clémente avec des chasseurs de péquistes tels Richard Henri Bain et se donnerait le droit d’arrêter des gens sans accusations comme nous l’avons vu lors de la Crise d’octobre de 1970, ou encore les manifestations étudiantes de 2012 qui indisposèrent le gouvernement Charest?

 

***

 

Pendant que Thomas Mulcair et Phillippe Couillard se tiennent par la barbe pour honorer leur amitié, j’ai l’impression de vivre dans un monde ou le pire devient possible. La raison? Aucun signal électrique n’est transmis par le cerveau de nos gouvernements. Une mort clinique de la démocratie qui multiplie les imbécillités sur le dos de la population. Ainsi, à l'heure des attaques contre des gens tels Simon Couillard, Louise Mailloux et les Amis de Vigile, on tente de soigner la réputation de Philippe Couillard, comme si nous devions accepter que le prix à payer pour des propos autour de la Charte des maudits péquistes devait être plus lourd que celui de relations d’un premier ministre avec Arthur Porter. Est-ce à cause d’une culture de morbidité bien québécoise qui a tendance à faire briller la mort et ceux qui la provoquent, pendant qu’on attaque les vivants qui préservent la vie?

 

L’actualité répond à la question. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, n’aidera pas le maire de Ristigouche Sud-Est, François Boulay devant répondre aux poursuites de 1,5 million $ de Gastem, une entreprise dirigée par l’ex-ministre libéral Raymond Savoie. La raison? Avoir voté une loi servant à protéger les eaux potables. Plus au sud, au Vermont, le gouverneur Peter Shumlin a signé une loi en mai dernier qui oblige l’étiquetage d’aliments contenant des organismes génétiquement modifiés. La transnationale Monsanto a répliqué par une demande de 150 millions $ sous prétexte que cette loi violerait la liberté d'expression de Monsanto. Le Vermont est équipé pour défendre les droits de ses citoyens. Pour le Canada, je m’attends à ce que les mouches votent une loi qui obligerait la population à financer l’agrandissement du cimetière. C’est le prix à payer lorsqu’on vit dans un pays qui étale la pourriture sur le pain quotidien de ses citoyens pour engraisser les mouches.   Un pays qui repose sur l’élection de gouvernements subliminaux, comme nous le verrons dans les prochaines Nouvelles de l’Interzone.

 

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Mars 2014

 

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Je m’excuse pour ce silence de 30 mois.  Je vaguais à d’autres activités pour fuir l’impression de me confronter quotidiennement au vide. Ce vide pesant que je porte, pousse, tire et traîne à m’en épuiser, jusqu’au jour où une petite chanson m’a donné la force de continuer. C’était le 21 janvier dernier lorsque Le poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg a émergé dans ma tête sans m’avertir, l’histoire d’un type qui passe sa journée à faire des trous dans des correspondances à la gare des Lilas à Paris, pendant qu’il rêve à une vie meilleure, ailleurs, à Miami.

 

Je sais. Mon existence est chambardée par des trous.  Le trou des pertes de gains selon les prévisions de rendement espérées pour l’année financière. Le trou des pertes causées par une masse salariale trop élevée. Le trou de la croissance du nombre d’heures de maladies. Des couleurs criardes et de gros graphiques s’affichant sur un écran cathodique, comme un spectacle de l’Institut économique de Montréal (IEDM) pour me dire que ma viande coûte plus cher au kilo que celle d’un Chinois ou d’un Indien. Qu’à moins d’un miracle, la solution aux trous dans les budgets des gouvernements sera de creuser d’autres trous pour exploiter des minéraux, du  pétrole et du gaz. Le vide…

 

J’aimerais contempler ces orifices en pensant au rendement de placements et en espérant une illumination qui me rendrait digne du marché. M’émerveiller devant un écran HD comme d’autres l’ont fait en fixant une statue de la Vierge Marie, mais je suis trop préoccupé par les trous dans ma mémoire qui m’absorbent et me vident de ma substance. Tanné d’observer des crevasses mouvantes déambuler autour de moi, des  trous de c… et membres de confréries idéologiques et politiques qui transforment l’économie en un grand trou servant à précipiter les gens et les idées qui ne cadrent pas avec leurs intérêts, voire des générations entières, pour mieux honorer le dieu de la chrématistique. Lassé de la foutue Charte des valeurs du Parti québécois (PQ) et d’arguments qui exhibent notre incapacité à débattre en mettant de côté notre individualité.

 

 

Les années 40:

un trou rempli d'indésirables

pour stimuler l'économie allemande

 

 

Je peux donc comprendre ce besoin de tout jeter dans un trou afin de parler des «vraies choses». La cargaison d’ailes de poulet qui aurait donné la petite poussée nécessaire à un avion en difficulté pour qu’il puisse atterrir sur la piste de l’aéroport de San Diego? Non! Stephen Harper qui aurait appris à jouer Aneshama Lah au piano? Non! Le nain albinos qui a mordu l’entrejambes de quatre résidents de Kirkland afin de se tailler une place dans la file d’attente du train? Encore non?  C’est l’économie qui doit prédominer.

 

Je nuis à l’économie

 

Louis Audet et

Philippe Couillard

 

Dans Le Devoir du 29 janvier 2014, deux icônes québécoises ont frappé sur la Charte du PQ. Le premier est Louis Audet, un proche du Parti libéral du Québec (PLQ) et le p.-d. g. de Cogeco, une entreprise de télécommunication propriétaire de 98,5 FM où nous retrouvons la séduisante Isabelle Maréchal. Le deuxième est Philippe Couillard, l’ex-ministre de la Santé, à une époque ou nous attendions que 26 heures à l’urgence, le nouveau chef du PLQ et l’ami de Arthur T. Porter, un copain du président W. Bush qui fut l’ancien Chef de la direction (secrétaire) du Centre universitaire de santé de Mc Gill (CUSM).

 

Audet a affirmé que la Charte des valeurs «menace l’économie» et nuit à «l’immigration» alors qu’un résumé des propos de Couillard soutient que le Québec ne peut choisir un «modèle de diversité qui le distingue de ses voisins en Amérique du Nord», sans «risquer d’en pâtir sur le plan économique». Ainsi, en faisant des efforts pour me distinguer par des achats locaux, je nuirais à l’économie du Québec et rendrais mon lieu de vie repoussant pour les immigrants? Pour faire plaisir aux deux sages, j’aimerais bien échanger ma sortie au cinéma pour voir 3 Histoires d’Indiens de Robert Morin contre une soirée chez moi à déguster quelques bonnes Evenko Dry de Molson devant le film The Hole de Joe Dante, mais j’ai peur que ce mélange me fasse radoter, ou disons creuser votre tête jusqu’à vous aliéner. Vous m’imaginez affirmer que Louis Audet et Philippe Couillard comprennent le gros bon sens, que la Charte divise et que la division nuit à l’économie. Vous répéter que le maudit PQ a des points communs avec le mouvement indépendantiste des États-Unis, qui à la place de découper le monde en promoteurs et opposants de la Charte,  l’a scindé en un clan de patriotes sanguinaires et un autre d’orangistes et loyalistes britanniques. Mais encore, je pourrais décréter que la signature, le 4 juillet 1776, de la Déclaration d’indépendance par 56 barbares a été une tragédie pour la démocratie et les droits. Que dire de la Constitution de l'oncle Sam qui ne permet pas à Arnold Schwarzenegger de devenir président des États-Unis ou de traverser des terres agricoles du Nebraska avec un oléoduc, sans l’autorisation de leurs propriétaires?

 

Un beigne sur le sol martien

 

Je pourrais ajouter que l’économie de ce pays se résume à la Donuts Quotation (la Cote du beigne), le baromètre de la création de richesse des États-Unis créé en 1963 par des étudiants de l’Université de Chicago. Il s’agit de la courbe de performance économique de Dunkin Donuts (DD), un restaurant fondé en 1950 par William Rosenberg, qui préfigure celle de l’économie américaine. Vous dire qu’en juillet de l’an 2000, la faible croissance de DD ne prédisait rien de bon pour les États-Unis. Ainsi, pour éviter la stagnation, un consortium a détruit les tours du WTC dans l’intention d’implanter, par la force, des franchises de DD au Moyen-Orient. Enfin, que malgré ces efforts, en 2007, la Cote du beigne anticipait le pire! Pour conséquence, en 2008, les États-Unis ont vécu une crise économique majeure.

 

Une surprise? Depuis 1964, le pays d’Élisabeth II a travaillé à la création de cette crise pour se venger du génocide de 1776. À cette fin, Londres a utilisé la tournée des Beatles de 1964 pour faire passer en douce des espions britanniques dont la mission était de créer une autre chaîne de restaurant de beignes pour nuire à la Cote de DD, l’économie américaine si vous préférez. C’est alors qu’est né en 1964 le premier Tim Hortons, sous la surveillance de Jim Charade, un proche de Paul Heyller, le ministre de la Défense du Canada à l’époque et le fondateur,  en 1997, du Parti de l‘action canadienne après être passé par les conservateurs, pour revenir en force en 2007 à la suite d’une courte relation avec le Nouveau parti démocratique (NPD), à un moment ou la Cote du beigne prévoyait le pire. Pour faire quoi? Pour parler de l’influence des extraterrestres sur l’économie et en pouvant ses affirmations par la publication d’une photographie d’un beigne de Tim Hortons sur Mars.

 

La tournée des Beatles:

une occasion pour les services de renseignements britanniques

de mettre en chantier le premier Tim Hortons

 

Sodomies et champignons

 

Si ce beigne pouvait parler de la Charte du PQ, il dirait certainement que Louis Audet a raison, en considérant les nombreux symboles religieux qui se retrouvent dans les Ti-Motons en formant un tout harmonieux. Ce même beigne déclarerait, en méditant sur l’affirmation de Philippe Couillard que nous ne pouvons être un «modèle de diversité qui se distingue de nos voisins en Amérique du Nord», qu’il est bien de se démarquer à la condition de faire comme les autres. Si vous préférez, nous avons la liberté de construire un édifice en briques brunes, grises ou blanches, d’y loger un Ti-Motons, un Dunkin Donuts ou un Beigne Laden, pourvu que nous vendions tous des beignes qui se ressemblent dans leurs diversités.

 

La raison est simple: cet orifice entouré d’une pâte molle symbolise l’humain molasque qui aime être sodomisé. Mais encore, lorsqu’au nom de l’économie nous rêvons de trous pour ériger les fondations de vendeurs de beignes, nous ouvrons nécessairement la porte à des firmes de relations publiques qui tentent de manipuler l’opinion publique. Ces gens que je compare aux feuillets publicitaires qu’on place dans les cabarets des clients, qui plutôt que vanter l’effet relaxant des beignes au pavot afghan, feraient l’éloge de la sodomie et de l’importance de choisir le bon sodomite en élisant un candidat qui sait comment utiliser notre trou pour nous faire jouir.

 

Malheureusement, mes racines judéo-chrétiennes me font craindre les sodomites comme la peste. C’est sérieux au point de raidir mes fesses lorsqu’ils s’approchent trop près de moi. Est-ce la raison de mon manque de jouissance chronique et de cette impression de vide qui me suit partout? Je crois plus que je suis las de faire vainement des efforts pour combler mon néant par quelque chose de solide. Tanné de me débattre pour rien, alors que d’autres dépensent du temps et de l’énergie pour me trouer l’esprit. Et malgré cela, je veux bien être compatissant avec ceux qui me répètent que le mouvement indépendantiste injurie le dieu de la chrématistique, à la condition qu’ils puissent ajouter que le fédéralisme canadien provoque les mêmes maux. Mais encore, lorsqu’une union forcée remet tout en cause, de l’identité à la langue, à la place de radoter des mantras, il serait souhaitable de comprendre que l’indépendance est l’outil le plus efficace pour se doter des bases d’une économie forte. Sinon, il faudrait fustiger non seulement les «maudits séparatistes» québécois, mais aussi les patriotes américains qui ont repoussé les Anglais. Rien à faire. L’inertie triomphe comme si le fédéralisme canadien devait s’exprimer par de la myciculture sur le banc du statu quo. Devant cette culture de champignons, il me semble que Audet devrait se demander si les immigrants rêvent tous d’un Parlement servant de campus à des mythomanes amateurs de moisissures sociales et linguistiques, un pays qui serait devenu le lieu de ralliement d’amateurs de chancres?

 

Un agrandissement microscopique

du banc du statu quo canadien

 

Le gros bon sens

 

Zone de Texte: Le gros bon sens
Je ne peux dire. Par contre, je constate dans la scène fédéraliste un attachement particulier au «gros bon sens», un genre de Rob Ford symbolisant les personnes qui évitent de se «casser la tête» et qui prennent une «décision» sans passer par une «interminable réflexion» comme l’affirmait le Frère Walter lors de l’émission Radio quotient du 28 janvier 2014. Au nom du gros bon sens, le Québec traîne du vide de plus en plus lourd pour s’ajuster aux décisions de sodomites qui creusent des trous pour enterrer les fruits de revendications qui ont permis au Québec de grandir. En l’honneur du gros bon sens, ils forgent des fosses dans notre espace culturel en excusant une ouverture sur le monde exigée par le mondialisme qui se résume à gaver nos orifices de divertissements anglo-saxons, au point que le petit écran de la Société Radio Canada (SRC), la pure, la belle, la culturelle, ressemble de plus en plus à un appendice de l’Angleterre et des États-Unis. Le gros bon sens pour ne pas trop se casser la tête afin d’éviter de découvrir que l’économie du sodomisé se conjugue avec des capitaux passés de son porte-monnaie vers les coffres de Sony, CBS, Colombia, etc. Économie! Au nom d’un refus de se distinguer, les poches de centaines d’artistes québécois inspirés, originaux et talentueux se vident pendant que la moisissure ronge l’art le moins conformiste, celui qui ne cadre pas avec les beignes. Au nom du gros bon sens, le bilinguisme se vend comme un gage de réussite économique par les plus fédéralistes des sodomites. Ainsi, alors que les Canadiens anglais parlent peu le français, le Québec s’anglicise. Pour prix de ce bilinguisme, le Québec s’appauvrit de plus en plus.

 

Le gros bon sens

 

Au nom du bon sens, accuser les maudits séparatistes de nuire aux investissements ou encore la Charte du PQ, comme le font Louis Audet et Philippe Couillard, n’est-ce pas une forme de diversion? Le déclin du Québec se vit alors qu’une apathie collective gangrène la cause nationale. Pour ce qui est du PLQ de John Charest, le plus fédéraliste et anglophile des politiciens québécois, celui que j’associe au Réseau de la CIA depuis 2012, il a augmenté la dette québécoise de 40 G$ en neuf ans de pouvoir. Accusons les régions? Le gros bon sens veut que Montréal, la ville «bilingue», doive étendre son esprit sur le Québec pour le rendre meilleur, plus dynamique et plus riche. Vraiment! Montréal représente 25 % de la population québécoise pendant qu’elle absorbe environ 30 % du budget d’aide aux gens défavorisés de la Belle Province. Et si c’était le manque d’ouverture? Au contraire, le Québec a tendance à offrir le plein confort aux autres, sans recevoir les mêmes faveurs de ces derniers. En exemple, l’Université de Montréal laisse aux étudiants le droit de remettre des travaux en anglais et propose exclusivement des livres en anglais, ce qui serait en «conflit avec la Politique linguistique», selon Vincent Blais-Fortin de la jeunesse étudiante du PQ, alors que des francophones hors Québec tentent d’être reconnu par le système d’éducation.

 

Mourir pour le Canada

 

C’est devenu hilarant au point de constater que l’importance que nous donnons aux trous facilite la mise en place d’incompétents et des pleutres dans les sphères de pouvoir, comme si nous étions encerclés par des spécialistes de la pâte molle; des coteries de lâches au sein d’organisations, de groupes, de comité et de partis politiques qui poussent dans un fossé ceux dont la compétence et le charisme les menacent. Toujours là pour proposer le statu quo et l’inertie au nom du Canada ou du Québec, pour nous chanter la peur du changement sous la direction de spéculateurs. Ceux qui hier s’opposaient aux patriotes étasuniens et canadiens et qui auraient certainement soutenu l’assassinat de Mohandas Karamchand Gandhi, au nom des intérêts britanniques.

 

Devant le spectacle, dois-je m’excuser d’avoir des nausées qui accompagnent mon vide lorsque ces pleutres parlent de renouveau en fuyant la majorité des dossiers qui nuisent à leur élection. Dois-je taire ma lassitude des machines à slogans qui transforment les campagnes électorales en des propagandes orchestrées par des firmes de relations publiques spécialisées dans l’art de vendre des contenants vidés de contenus. Dois-je éviter de dire qu’à force de rester derrière des lâches, on finit par se croire condamné au trou. Admettre l’idée que la Révolution tranquille enjolive le vide à la place de l’esquiver, l’art d’enterrer des cadavres dans des trous afin de masquer l’odeur de la charogne.

 

Au Québec, nous mourons pour le Canada si nous acceptons d’utiliser le mot «démocratie» pour exprimer la tendance de l’État à s’opposer à la volonté d’une majorité d’électeurs. Nous agonisons en serrant la chaîne qui attache le Québec à la monarchie britannique. Nous expirerons si nous estimons que l’Accord économique commercial global (AECG), négocié en secret par Pierre-Marc Johnson, ne devrait pas être soumis à un référendum. Nous mourons devant les reportages d’un village détruit par un train, le décès de 50 personnes, le sol et les eaux polluées, en évitant d’ébruiter le désengagement du Canada dans le transport ferroviaire et les données erronées de pétrolières sur l’inflammabilité du pétrole transporté. Et pour mourir en paix, refusons de croire que si la responsabilité d’un tel accident avait reposé sur le PQ, on aurait rapidement opté pour l’incompétence des «maudits séparatistes». Nous mourrons en acceptant la multiplication des injustices et d’interventions de gens qui récrivent l’histoire pour embellir l’empire colonial. Nous mourons en refusant de croire que la médisance qui touche le Québec fabrique des assassins. Que Richard Henry Bain, un Canadien anglais armé jusqu’aux dents, circulant en plein centre-ville de Montréal, tuant, par un 4 septembre 2012, un technicien avant de tenter d’assassiner Pauline Marois, serait un cas isolé, un incident malheureux. Nous mourrons lorsque nous déclinons l’idée que l’économie exige le courage de se distinguer, alors qu’elle est un combat de boxe qui nous donne le choix entre frapper ou être frappé. Et lorsque nous devenons fiers de nos trous, nos beignes et nos sodomites, nous perdons la joute, préférant construire des automobiles pour Ford, General Motors et Toyota, car incapables de nous différencier en fabriquant notre propre véhicule dans l’intention de prendre une part du marché mondial.

 

Difficile d’être grand quand nous sommes dirigés par des confréries de petits. Difficile, lorsque dans un pays né de la mort des patriotes canadiens, nous devons nous confronter quotidiennement à des millions de sodomites qui veulent éviter de se démarquer des autres, alors que dans le pays au sud né du courage des patriotes, Barack Obama souhaite se distinguer des politiques de W. Bush qui ont morcelé les États-Unis afin de lutter contre les inégalités sociales. Et pendant que le Canada creuse des trous en désirant étendre leurs fluides à l’aide d’un oléoduc de 4000 km, les États-Unis planifient un voyage dans le cosmos à l’aide d’un moteur hyperespace inspiré des théories du physicien mexicain Miguel Alcubierre. Un projet audacieux qui permettrait d’atteindre une étoile située à 11 années lumières en 80 jours, l’équivalent de cinquante fois la vitesse de la lumière, en créant un trou de vers, ou encore, d’aller chercher le beigne martien et revenir sur Terre la même journée.

 

Pendant ce temps, le Québec aimerait se distinguer en faisant une randonnée en monorail de 250 km en une heure, la distance entre Montréal et Québec. Des cargaisons d’ailes de poulet qui élèveraient les wagons vers le ciel? Non.  Un monorail propulsé par un moteur-roues, présenté en 2010 par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), un genre d’IEDM avec une âme et une volonté de servir les intérêts du Québec.

 

 

Sortir du trou

 

Le concepteur est Trens Québec, un groupe qui a tenté un soutien financier de Investissement Québec (IQ). Le rendez-vous n’a jamais eu lieu sous le gouvernement de John Charest, puisque «l'opposition au projet était totale» au sein du PLQ. L’économie! Le croyez-vous vraiment?  À la suite de l’élection du  PQ, Pauline Marois a exigé une rencontre entre IQ et Trens Québec pour ensuite congédier le président d’IQ Jacques Daoust en juin 2013. Cette décision a-t-elle donné confiance à Jean-Paul Marchand, le président de Trens Québec? En avril 2013, il affirmait à Découvertes, qu’en 1994 nous avons «manqué un rendez-vous avec l’histoire», à propos de l’abandon du moteur-roues par Hydro-Québec, que si «on rate encore» avec le projet de monorail, c’est «qu’il y a quelque chose de malade au Québec».

 

 

Le monorail à moteur-roues de Trens Québec

est trop moderne et québécois pour le PLQ

 

 

La lâcheté laisse rarement des signes de vitalité en plus de permettre à de virulents fédéralistes d’éviter la réalité. De toujours poser le bon diagnostique de l’état de santé de ce qu’ils vénèrent et d’associer la distinction à une épidémie dont le remède miracle, made in Canada, serait d’offrir nos votes aux candidats du PLQ, dont Jacques Daoust (IQ) revenu au bercail pour transformer l’Assemblée générale en temple chrématistiques ou se sacrifie le Québec. Trou un jour, trou toujours. L’avenir était hier, comme si nous devions reculer pour sortir du fossé.

 

Heureusement, la vie travaille pour la vie. Il y a quelques années, une personne oeuvrant pour Tactical FM m’a affirmé que la nature apportait des solutions à nos problèmes en donnant naissance à des êtres exceptionnels. Nous avons tous un besoin urgent de gens qui ont les qualités pour que nous puissions arrêter de croire que descendre dans un trou pour extraire des minéraux, d’en creuser pour exploiter des combustibles, c’est un gage de réussite, alors que c’est souvent le sort réservé aux peuples colonisés qui finissent par troquer leurs conditions de porteurs d’eau avec moins de droits, moins de démocratie et moins de repaires historiques, nationaux et linguistiques. Malheureusement, plus l’incompétence atteint les cieux, plus les êtres exceptionnels sont condamnés au trou à cause de leur courage, détermination et besoin de se distinguer du troupeau.

 

En 1837-1838, des patriotes du Bas-Canada ont été tués par les armées anglaises. Gandhi, celui qui a osé œuvrer à la libération de l’Inde du joug britannique, fut assassiné le 30 janvier 1938. Michel Chartrand, célèbre syndicaliste québécois qui a travaillé à l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs, fut emprisonné sans mandat, durant quatre mois, en octobre 1970. Gabriel Nadeau-Dubois, un des porte-parole de la grève étudiante de 2012 fut comparé, au petit écran, à un «batteur de femmes» par Christian Dufour de TVA au moment où la haine se propageait par la machine à image au point de rendre acceptables les menaces de mort contre Dubois et laisser l’impression d’une certaine jouissance de plusieurs députés du PLQ, dont le ministre de la Justice Robert Dutil. Depuis novembre 2013, Djemila Benhabib, une candidate du PQ de Trois-Rivières, doit faire face à des poursuites des Écoles musulmanes de Montréal pour avoir dénoncé le radicalisme islamique qui s’étend au Québec dans le cadre de la Charte des valeurs. Fatima Houda-Pepin, expulsé du PLQ pour des raisons similaires. Alain Saunier, ancien directeur de l’information à la SRC qui a contribué à mettre sur pied les émissions Enquêtes qui ont passablement nui à la réputation de politiciens et d’entreprises qui ont frayé avec le crime organisé, a été congédié en février 2012. Enfin, Daniel Breton, une sommité qui avait le bagage et l’expertise pour devenir le meilleur ministre de l’Environnement, a dû quitter ses fonctions le 29 novembre 2012, au grand plaisir de tenants du bradage des ressources naturelles et de propagandes environnementalistes et économiques. Pas à cause de relations avec des membres de la mafia ou son amitié avec un fraudeur, mais un retard de paiement de 13 mois sur des loyers et excès de vitesse.

 

Ce ne sont que des exemples que vous pouvez contester à votre guise. Il restera que vous devrez un jour ou l’autre constater que le Québec est passé d’un monde qui hier laissait voir l’ombre de l’Angleterre derrière les assassinats et le bradage des ressources, pour se transformer aujourd’hui en son propre bourreau à travers des spécialistes de la fabrication du vide.  Je veux bien traîner ce vide, à la condition d’être supporté. Qui en a le courage? À la gare des Lilas de Paris, le poinçonneur des Lilas, tanné des trous et incapable de réaliser son rêve de quitter son pays pour un ailleurs meilleur, finit par penser qu’il devrait se perforer un trou dans la tête avec un pistolet. Cette réaction a «quelque chose de malade», sans pour autant être imprévisible pour cette raison: notre société fabrique des troués par milliers. Des gens qui décident de partir de leur propre gré avant d’être poussé dans le trou. Je ne peux les juger sans pour autant m’absoudre à leur dire que la nature à horreur du vide. La vérité devra un jour boucher le trou des mensonges, l’information remplir celui de la désinformation. Que les rêves et les projets naissent pour nous donner de l’espoir en l’avenir.

 

Dans mon cas, je meuble mon vide des mots de personnes courageuses et compétentes qui se démarquent d’une armée de clones en veston qui répètent les mêmes phrases pour les mêmes raisons et les mêmes trous. Je pense à Robert Laplante de l’Action nationale et de l’IREC, un type dont la verve éclaire mon esprit. Normand Baillargeon,  professeur en sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal, auteur, chroniqueur au journal À Bâbord, Voir et Le Couac et intervenant dans le documentaire L'encerclement (2009) de Richard Brouillette. Ce dernier a affirmé dans Légendes pédagogiques. L'autodéfense intellectuelle en éducation publié en novembre 2013, qu’une portion de 95 % du discours neuroscientifique qu’on applique dans les écoles serait de la frime et que les victimes sont les «enfants les moins favorisés». Enfin, l’animateur et conférencier Benoît Perron, une source riche en révélations économiques, politiques et juridiques, a livré la liste, lors de l’émission Zone de résistance (CISM FM) du 12 novembre 2013, des «12 apôtres de la famillia libérale qui devraient témoigner à la Commission Charbonneau en 2014»: Jean Charest, Jacques Dupuis, Tony Tomassi, David Whissel, Raymond Bachand, Jean-Marc Fournier, Julie Boulet, Normand Mc Millan, Sam Hamab, Nathalie Normendeau, Michelle Courchesne et Line Beauchamp.

 

* * *

Dans le trou, rien qui puisse nous rappeler les dossiers de Robert Laplante et Normand Baillargeon, pendant que la Commission Charbonneau ne recevra aucun des témoins cités par Benoît Perron. Le PLQ pourra donc continuer à dire que les trous c’est l’avenir et que pour jouir il faut de pencher devant le marché. De mon côté, j’ai l’impression d’être une marmotte qui serait entré dans un trou noir lors de la campagne électorale d’août 2012, pour ressortir de l’autre côté, en mars 2014. À l’époque j’étais hanté par l’idée que le gouvernement Charest avait fabriqué le consentement d’un assassinat politique, une probable réaction à plusieurs mois de travail pour pondre John Charest et le réseau de la CIA. Le temps de voir Richard Henry Bain avant de me retrouver à l’autre bout du tunnel avec la crainte qu’une organisation pourrait renverser les intentions de vote en fabriquant un acte de terrorisme islamique qui accuserait la Charte du PQ.  Cela dit, je n’ai pas l’intention de passer 4 ans avec le PLQ ou l’ADQ, à financer des trous qui serviront à m’enterrer après m’être fait sodomiser par les oligarques sans scrupule, ni à partitionner le vote pour aider l’élection du PLQ. Sinon, l’exile sur une île où les citoyens ont compris que pour être respecté par les politiciens, il faut menacer de les pousser dans un trou.

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Septembre 2011

 

PDF

 

 

Avant que la vague orange du NPD déferle sur le Québec, je me posais cette délicate question: agissons-nous en fonction d’impulsions qui s’érigeraient par le soutien de manipulations mentales? Pour tenter d’y répondre, je vous présente des personnalités dont le nom s’écrit en trois parties, trois renards, trois administrateurs d’une firme de relation publique, le créateur d’une maison de sondage composée de trois nombres à qui j’ai envoyé trois courriels et un démon à trois têtes. Beaucoup de trois pour signifier que ma promesse, tenue dans les Nouvelles de l’Interzone d’août 2011, d’aborder le contrôle de l’esprit, relève certainement d’un trouble psychique qui ne peut vous garantir de l’objectivité de ma part.

 

Vous savez, je suis un de ces nombreux ignares qui croit avoir vécu une tentative de manipulation mentale. Cela se passait en 1995. Je me suis réveillé au milieu de la nuit en attendant une phrase qui se répétait dans ma tête. Je ne peux la citer intégralement. Je me souviens seulement qu’elle me demandait de voter NON au référendum sur la souveraineté. Après moins de quatre secondes, la voix s’estompait pendant que je retombais dans les bras de Morphée. Suis-je fou? Je peux enfiler une camisole de force, si cela vous fait plaisir, à la condition que cette crainte des gens qui possèdent des noms composés (en trois parties) avouée en 2010 dans Hommage à Pierre Duhamel soit respectée.

 

Un exemple me vient à l’esprit. Il s’agit du docteur Donald Ewen Cameron (1901-1967), l’ex-second président de l’Association psychiatrique mondiale et l’ancien président des Associations psychiatriques canadienne et américaine. Entre 1957 et 1963, Cameron tente de guérir la psychose en effaçant la mémoire afin de reconstruire une autre personnalité. À cette fin, il plonge ses patients dans un coma artificiel et joue en boucle des enregistrements qui répètent des messages. Derrière son boulot s’agite le MK-ULTRA, un programme de contrôle mental. Débuté en 1952 et prenant fin en 1973, il doit permettre la création de personnalités de remplacement rendant possible, en théorie, la fabrication de tueurs contrôlés avec l’aide d’environ 185 scientifiques dispersés à travers le monde. Pour y arriver, des chercheurs profitent de l’inactivité cérébrale (sommeil et hypnose) des cobayes dessinant des ondes Alpha sur un électroencéphalogramme (EEG) et administrent diverses drogues, dont du LSD, pour créer des empreintes mentales; des idées et des suggestions qui parasitent l’esprit par la répétition ou par un contrôle de l’environnement s’opérant par un reflux de ce qui fait obstacle son implantation.

 

En 1959, Thomas Condon (1915-1996) publie The Manchurian Candidat. Ce roman, dont le suspens repose sur un complot communiste mettant en scène un militaire américain doté d’une fausse mémoire afin qu’il assassine le dirigeant des États-Unis, suscite une certaine curiosité pour la manipulation mentale. En 1962, ce classique de la littérature est adapté au grand écran. Quelques mois plus tard, le 22 novembre 1963, la réalité rattrape la fiction. Le président étasunien John Fitzgerald Kennedy (JFK) est tué par Lee Harvey Oswald, un ancien soldat prétendument à la solde des communistes. De nombreuses théories de manipulations mentales font ensuite boule de neige. La plus actuelle provient de la plume de Lincoln Lawrence. En 1967, ce spécialiste des services secrets ayant travaillé avec le ministère de la Défense publie son essai Were We Controlled? dans lequel il propose l’hypothèse d’un contrôle psychique pour expliquer l’assassinat de JFK. Les révélations surprennent. En 1961, Lee Havey Oswald aurait subi un lavage de cerveau à l’hôpital de Minsk de Russie et aurait profité de la technique RHIC-EDOM (contrôle radio-hypnotique de la mémoire intracérébrale) consistant à placer une électrode (implants) dans le sinus mastoïdien afin de provoquer une réaction hypnotique à l’aide d’un signal radio.

 

Le candidat

 

Pour ceux qui aimeraient me souffler à l’oreille que cette technique provient d’extraterrestres ayant parcouru des années-lumière pour fouiller dans notre nez, je dois préciser que l’énergie émanant d’une base secrète située à plus de 650 mètres sous le bistro la Saucisserie de Bois-des-Filion rend mon esprit imperméable à la vérité comme la fourrure d’un canard l’est pour la pluie. Cela me condamne à m’imaginer ce que la ministre Kathleen Weil, Maxime Bernier et son camarade Tony Clement feraient à ma place. Selon moi, ils concluraient que le candidat doit avoir peu d’activités contraignantes afin de minimiser les risques qu’il soit confronté à des informations qui nuiraient à la création d’une autre personnalité. Bref, il devrait accepter de vivre dans un environnement coupé du monde extérieur!

 

Il y a 50 ans, cet environnement ne cadrait pas exclusivement avec l’hôpital de Minsk. Il se confondait aussi avec l’Allan Memorial Institute de l’université Mc Gill de Montréal où se pratiquaient les expériences du MK-ULTRA sous la direction de Donald Ewen Cameron, avec le soutien financier de la CIA et du gouvernement canadien (un petit détail connu plus de 40 ans après les premières expériences). Pour ce qui est du candidat, il se composait de patients, de volontaires et d’orphelins de Maurice Duplessis.

 

Comment décrire cet environnement contrôlé en 2011? J’aimerais vous répondre que l’information transmise par la technologie, des téléphones intelligents aux ordinateurs portables, exigerait qu’il vive en isolation sur la face cachée de la Lune, mais ma conscience préfère se borner au Québec. Comme je l’affirmais le mois dernier en m’inspirant de Ces névrosés que nous sommes de Victor-Lévy Beaulieu de Trois-Pistoles, la Belle province se compare à une aile psychiatrique à ciel ouvert avec pour directeur le docteur John James Charest, un spécialiste dans le contrôle de l’environnement qui aurait certainement enchanté Donald Ewen Cameron. Par sa présence, la mémoire du peuple et de la langue s’efface et le  nombre d’analphabètes croît. Les mêmes messages se répètent, dont cette glorification du Plan Nord et de la gestion saine et efficace, alors que certaines chaînes de radio et de télévision ressemblent à des firmes de relation publique au service de son parti. Drogue et manipulation! L’aile connaît une croissance marquante de consommation de Ritalin, d’antidépresseurs et d’antipsychotiques. Pour prix, le peuple assommé plonge dans un coma artificiel. Il devient trop somnolent pour comprendre la compétence de Nathalie Normendeau et les explications du très articulé ministre Sam Hamad traitant de son innocence pour chercher le coupable de la chute d’une poutre sur une autoroute montréalaise. Assez assoupi pour s’aligner sur les exigences d’investisseurs venus morceler son espace de vie et piller ses ressources. Assez ankylosé pour démontrer sa capacité à masquer sa personnalité, en communiquant dans leurs langues. Trop gagné par la lassitude pour refuser de se conformer aux changements, au point de se fondre dans un mondialisme qui ouvre les frontières économiques, comme nous l’observons avec l’Accord économique commercial global Union européenne-Canada (AECG) mené par le docteur John. Et lorsqu’il résiste, Herr Doktor le rabroue avec l’aide de sa confrérie pour lui demander de S’ADAPTER À L’AUTRE, comme le concluait son Forum sur les accommodements raisonnables.

 

Charest

Un grand balai canadien

 

Dans l’institut de John, il y a aussi le gros pulvérisateur cathodique, la principale source d’information du candidat. Cette merveilleuse machine à image et à son est importante. Elle profite à l’éclosion de la Révolution tranquille et nous cultive. Sans elle, je n’aurais pas connu les Grands balais canadiens à une époque ou nous en trouvions encore dans les magasins. Sans elle, je ne pourrais confronter mes tabous. Ainsi, moi qui croyais que la danseuse montréalaise Magie Gillis vivait d’amour et d’eau fraîche, je fus surpris de découvrir, grâce au soutien de Krista Erickson de SUN News, qu’elle me coûtait cher en impôt, au point de priver de l’essentiel nos vaillants soldats canadiens. Mais encore, moi qui pensais que Québec était hanté par des séparatistes opposés à la monarchie qui réservaient une table pour bouffer au Snack Bar St-Jean en téléphonant au (418) 522-GRAS, j’ai pu voir la lumière. Devant les images de la Société Radio Canada (SRC), mon sourire s’étalait sur mon visage en constatant que de nombreux résidents de la capitale portaient le drapeau canadien pour accueillir le couple royal, William et Kate.

 

Les renards

 

Alors que m’envahit le souhait de construire le Temple du téléviseur avec l’aide de Gilbert Rozon pour les subventions, une voix dans ma tête m’apprend qu’en 1973 les responsables du MK ULTRA auraient associé le petit écran à la drogue rêvée pour une hypnose de masse. Le renard, un des trois animaux du film Antichrist présenté dans le papier précédent, nous permet d’expliquer ces propos. Je vous en présente trois. Le premier compose le nom de famille de Louise A. Rernard. Dans le texte Ces études qui attaquent la télévision (2009), elle écrit que le petit écran colonise et uniformise nos pensées quotidiennes, affaiblit notre capacité d'attention et engendre un état d'hypnose sous le couvert de relaxation notée par cette présence d’ondes ALPHA sur un EEG liée à l’inactivité du cerveau. Madame Renard ajoute que chez les enfants, une exposition précoce et répétée à la télévision nuit à la construction de son psychique. Une étude en ce sens fut publiée en 2007 dans la revue américaine Pediatrics par deux chercheurs de l'université de Washington, Dimitri Christakis et Frederick Zimmerman. Sur un panel de 3300 familles, elle révèle que l'exposition à la télévision avant l’âge de 3 ans engendre, quelques années plus tard, des troubles de l'attention (TDAH). L'étude confirmerait l'hypothèse selon laquelle la consommation audiovisuelle précoce engendre une modification de la synaptogenèse (formation du cerveau infantile). Elle ajoute que le petit écran se rapproche d’une toxicomanie qui accompagne un désengagement social et politique, ce qui profite aux intérêts des pouvoirs politiques et d’industries dont les besoins d’apathie sont proportionnels à leurs objectifs sur le long terme. Enfin, pour ceux qui se lassent de mes propos sur General Electric (GE), une entreprise fétiche du gouvernement du docteur John, Louise Renard précise que l'ancien publicitaire Herbert Krugman a comparé la télévision à certaines techniques de lavage de cerveau employées par les militaires. Herbert Krugman avait été embauché dans les années 1960 par GE (producteur de tubes cathodiques) pour démentir des thèses qui auraient pu porter de l'ombre à la télévision.

 

 

Blondie lors de son embauche pour «Nouvelles Soleil» (Sun News) 

représentée par la pochette du premier disque de Vent du Mont Scharr

 

Je rencontre le deuxième renard aux États-Unis lors d’une après-midi pluvieuse de juillet 2010. Il s’agit de FOX (RENARD) News. Comme la bête de Lars Von Trier, il me parle de chaos. Rusé! Pendant que je fais mes petits rots devant l’écran, le petit roux copule en espérant profiter de mon inactivité cérébrale pour marquer mon cerveau de ses empreintes mentales. Un de ses rejetons a pour nom BABY TV, une chaîne pour les bébés qui démontre que FOX se fout des études qui associent le petit écran à une synaptogenèse lorsque vient le temps de construire sa tanière dans le cortex des poupons. Un autre de ses renardeaux se nomme SUN News présenté plus haut. Je n’ai rien contre la haine qu’entretient Krista Erickson avec les artistes. Je crois même louable et sanitaire l’idée de se prostituer sans retirer ses vêtements. Ce qui m’énerve se découvre dans les hommes virils, tels que Rob Ford de Toronto, qui tournent autour de la Blondie de Quebecor en baisant la démocratie pour empêcher le peuple de grandir et de s’élever. Chez Sun News ils se composent de l’ex-premier ministre canadien Brian Mulroney, de Luc Lavoie, de l’ex-conseiller de Stephen Harper Kory Teneycke, et du grand protecteur des sables bitumineux de l’Alberta et ami de Réseau Liberté-Québec (RLQ) de François Legault, Ezra Levant. En d’autres occasions, ils sont des idéologues qui refont les expériences du sociologue Edward Bernays (1891-1995), personnage qui inspire le responsable de la propagande nazie Joseph Goebbels et Enoch Penn, un manipulateur de foules lié à une secte baptisée l’Ordre de Melchizedek, en transformant l’espace public de Québec en un théâtre calquant une image loyaliste et canadienne de la capitale pour influencer les téléspectateurs. Alain Anctil témoigne de la scène. Lors de la visite de Kate et William à Québec, il lève son drapeau du Réseau de Résistance du Québécois. Des policiers arrivent et lui ordonnent de quitter les lieux pour ne pas nuire à l’ordre, en ajoutant qu’il lui faut un permis. Il réplique et questionne le permis des nombreux porteurs du drapeau canadien qui se retrouvent autour de lui. Il découvre qu’ils possèdent une autorisation écrite.  Monsieur Anctil  conclut qu’il est entouré de fantoches de la monarchie servant à donner une image monarchiste à Québec aux téléspectateurs autant canadiens qu’étrangers.

 

Observons maintenant le troisième renard. L’origine québécoise du nom Renard provient des premiers esclaves amérindiens qui vivaient en Nouvelle-France. Je ne sais pas si l’asservi est hypnotisé ou si son «cerveau est lavé par la télé», comme le chantaient Les Stups en 1997? Je constate seulement qu’il est généralement le premier à dénigrer les empreintes du renard pour favoriser son maître. Malheureusement, Comment le cerveau apprend-il? de Pauline Gravel, paru dans le Devoir du 23-24 avril 2011, lui donne une autre version de la réalité. Des étudiants universitaires questionnés sur la gravité ont répondu spontanément qu’un poids lourd et léger chute à la même vitesse. Tout va bien. Ce qui surprend est qu’une petite partie de l’encéphale témoignant du doute, baptisée le cortex cingulaire antérieur (CCA), fut active lors de la réponse. Elle laisse ainsi supposer qu’une empreinte mentale régirait le cerveau inconscient des élèves, au point d’entraver leur foi en la loi de la gravité.  

 

Manipulation

 

Où est la télévision? Elle génère quotidiennement des images qui créent des empreintes qui remettent en question la loi de la gravité. Nous n’avons qu’à penser à Road Runner ou à La Matrice, pour ne citer que ces exemples. Maintenant, posons cette question: les empreintes inconscientes qui activent le CCA peuvent-elles influencer volontairement le choix des électeurs?

 

Je m’excuse de vous livrer mes appréhensions de sénile, sans avoir été élu par la population, mais durant la dernière campagne fédérale j’ai eu l’impression que la télévision me demandait d’élire le NPD par le soutien d’invités, dont un type que j’ignore le nom, qui profitait de son passage à la SRC pour affirmer qu’il voterait pour le NPD, tout comme de nombreux amis bloquistes. Environnement contrôlé? Ses propos n’ont pas été suivis de réactions contradictoires. C’est comme s’il fallait laisser l’empreinte s’imposer sans obstacle dans le cerveau des téléspectateurs; questionner Road Runner et les héros de La Matrice sur la loi de la gravité, sans la présence de Isaac Newton. Je doutais aussi de la Boussole électorale de la SRC qui reçut un temps d’antenne impressionnant pour un programme informatique médiocre. J’explique. J’ai joué le jeu en simulant différentes personnalités. Les résultats: le Parti Vert, le PLC ou le NPD. Aucune fois, la boussole m’a orienté vers le Bloc. Les quotidiens ont aussi dérapé. En plus de La Presse qui a commenté des sondages contestables qui plaçaient le NPD à la tête des intentions de vote, le Journal de Montréal a publié des prévisions qui omettaient d’inclure le Bloc Québécois, comme si ce parti n’existait pas.

 

L’article en question présentait les chiffres de ThreeUndredeHeight (308), une firme qui utilisait un algorithme pour traduire les résultats de sondeurs canadiens, parfois inconnus. Je disais que je suis fou. J’ajoute que je me laisse porter par mon instinct d’aliéné, sans me méfier des conséquences. J’ai soupçonné 308 d’avoir le même employeur que Cameron. J’avais des raisons de le croire. La dernière fois que j’ai entendu parler d’algorithmes pour sonder la population, c’était en 1992 dans le cadre d’un programme de manipulation par la télévision se déroulant aux États-Unis. À cette fin, la firme de relation publique Hill & Knowlton, ayant travaillé à ternir la réputation du Québec autour du projet Grande-Baleine (Robert Bourassa), fut embauchée par Citizens for a Free Kuwait, une association de la CIA qui désirait préparer l’opinion publique à une intervention militaire de l’oncle Sam au Koweït. Celle qui donne le meilleur soutien à la CIA et à Hill & Knowlton se nomme Nayirah Al-Sabah. Elle témoigne devant le Congrès, en août 1990, en sanglotant devant les caméras et en semblant perturbée. Elle a de bonnes raisons. Lors d’une visite d’un membre de sa famille, elle affirme avoir vu les troupes de Saddam Hussein retirer des bébés d’incubateurs pour les jeter sur le sol froid. La vérité sort après les attaques américaines de 90-91. Nayirah Al-Sabah est la fille de Saud bin Nasir Al-Sabah, l’ambassadeur du Koweït à Washington et son histoire est un mensonge qui semble plus reposer sur des séances d’hypnose que sur un cours d’acteur servant à la faire pleurer face à des téléobjectifs.  

 

Derrière 308, nous retrouvons un seul individu. Son nom est Éric Grenier, porte-plume pour Le Devoir lors de la campagne électorale. Monsieur Grenier fut très avare de commentaires sur l’origine des algorithmes, le financement de 308, la méthode pour récolter les données, le nombre d’employés, les membres de son conseil d’administration et sa stratégie qui lui permit de s’imposer dans la majorité des médias québécois. Pour en savoir plus, j’ai communiqué avec lui par courriel à trois reprises. Sans succès. J’ai demandé de l’aide à une journaliste sous les recommandations d’un député rencontré un dimanche de juin.  Le lundi suivant, je reçois une réponse de Monsieur Grenier: des hyperliens vers son site qui ne répondent pas à mes questions. Je réitère, sans insister, en entretenant l’impression que Monsieur Grenier préfère en dire le moins possible.

 

 

Chad Rogers

 

J’étais curieux de connaître le montant d’argent versé par Crestview à Monsieur Grenier. Crestview est une firme de relations publiques (www.opnionchanges.ca) fondée en 2004. Comme Hill & Knowlton, sa raison d’être consiste à influencer l’opinion publique. Son soutien à 308 va-t-il dans ce sens ou fut-il une simple occasion pour le rendre plus visible? Alors que Éric Grenier se repose sur sa neutralité, Crestview aurait de la difficulté à utiliser le même argument. En avril 2011, la firme de relation publique est dirigée par un trio composé de Chad Rogers, Robert Silver et Mark Spiro. Silver offre régulièrement ses services à la CBC (SRC anglophone) et œuvre pour le Banff Forum, un genre de Sommet de Davos canadien qui réunit l’élite politique et industrielle. En 2008, Spiro contribue à l’élection de Benjamin Netanyahou, l’actuel premier ministre israélien et ex-responsable des Finances sous le règne d’Ariel Sharon. Pour Rogers, il s’agit d’un ancien membre du National Democratic Institute (NDI), une organisation internationale à but non lucratif basée à Washington qui propose sa vision de la démocratie à la planète.

 

 

Jack Layton: un grand Canadien

 

Un des anciens employés du NDI en Irak se nomme Éric Duhaim. Ce type que nous retrouvons autant au 98,5 FM ayant appartenue au ministre québécois Pierre Arcand que dans les organes de Quebecor est le cofondateur du RLQ. Duhaim est aussi accusé de servir la CIA par des amateurs de complots pas plus fous que Thomas Condon et Lincoln Lawrence. La raison? Le NDI répond au National Endowment for Democracy, un tentacule de l’agence de renseignement qui a profité à des coups d’État de la Maison Blanche. Autour du NDI, nous retrouvons aussi une petite divergence entre Gilles Duceppe et Jack Layton (1950-2011). En août 2008, le bon Jack assiste, à Denver, au forum du NDI alors que Gilles fustige les positions du NDI sur Haïti et le choix de Gérald Latulippe, du NDI, pour remplacer feu Remy Beauregard au sein de Droit et Démocratie, transformé depuis en un organe sioniste.

 

Avec le Bloc qui laisse sa place au NPD, le NDI pourra-t-il agir en paix?  Sans pouvoir le préciser, je crois que le parti «socialiste» devient une bénédiction pour le docteur John. Je m’explique. Ce fils spirituel de Cameron a payé cher de sa réputation, en partie à cause du travaille du Bloc. La formation politique souverainiste a exploité le scandale des Commandites qui a éclaboussé le docteur John et son frère Robert. Plus récemment, en avril 2011, le dossier de nomination de Robert Abdallah au conseil d’administration du Port de Montréal fait son chemin par le support d’un enregistrement électronique qui aurait été remis à Gilles Duceppe par les services de renseignements canadiens comme le mentionne Benoît Perron sur les ondes de CISM FM en avril 2011. Pourquoi Duceppe et pas Jack Layton, Bob Rae ou Micheal Ignatief? Peu importe la réponse, le nom Tony Accurso, généreux donateur à la caisse du PLQ, revient dans l’actualité, accompagné du  sénateur Leo Housakos, ancien collecteur de fonds des conservateurs de Harper et de l’Action démocratique du Québec et ex-président d’une filiale de BPR, sans oublier Dimitri Soudas, directeur (à l’époque) des communications de Harper.

 

Alors que le docteur John James soigne son image à coup de rubans, de slogans et d’empreintes, allant jusqu’à ressusciter comme Elvis Graton, à la suite de son décès annoncé dans la version numérique du  Devoir, le NPD prend l’allure d’un spécialiste de la médecine alternative servant le docteur dans ses travaux de rétrécissement de la conscience afin d’éviter que le candidat occupe sa pleine grandeur. À côté, Harper joue le même jeu que John James. Il martèle le Québec et décide de remplacer Dimitri Soudas par Angelo Persichilli, un francophobe dont un petit pourcentage de ses propos méprisants sur le Québec suffirait à John James Charest et son équipe super ultra, à le placer sur le mur de l’exécution politique, s’il était un souverainiste.

 

Le Diable

 

Le premier ministre canadien devrait-il laisser le cher docteur gérer l’agonie du Québec pour mieux s’attaquer au Diable? En 1946, Roger Morneau le fréquente par l’entremise de membres d’une société secrète du Montréal anglophone qui invoquent des esprits pour s’enrichir et devenir puissants. Toujours selon Morneau, au XVIIIe siècle l’hypnose serait passée de son giron occulte vers la science pour préparer le contrôle de l’esprit humain. Pour y arriver, la théorie du magnétisme animal (hypnose) du physicien Franz Mesmer (1734-1815) s’impose. Aujourd’hui, ce magnétisme animal se lie au balais-yage du téléviseur par des spécialistes de la vidéo. Ajoutons que le petit écran laisse parfois l’impression que le Diable se cache dans des détails qui semblent anodins. Et Dieu créa l’Aflaque, le gagnant du prix de la meilleure émission de comédie au Festival international de Banff de 2005, a présenté de nombreuses années, à l’antenne de la SRC, Gilles Duceppe la TÊTE EN  BAS (il était le seul dans cette position) lors de l’introduction des émissions. Pour les amateurs de magies, cette posture symbolise la destruction du personnage ou des idées qu’il représente.

 

Revenons à l’utilisation de substances psychotropes à des fins de manipulations mentales. Depuis bientôt 3000 ans, la drogue est associée à la pratique de la sorcellerie. La racine étymologique des mots drogue (סָמִים) et magie (קְסָמִים) chez les Juifs témoigne de cette connexité. Aujourd’hui, le progrès nous présente un nouveau décor. Dans une courte présentation (Logique froide et imagination) du livre Le Département du Diable de Wladimir Fedorowski faite en 2010 par René-Daniel Dubois sur les ondes de Bazzo.tv (Télé-Québec), le 4 novembre 2010,  nous apprenons que Staline aurait mandaté le KGB pour pactiser avec Satan afin qu’il serve Kremlin et le communisme international. De son côté, la CIA a créé le projet MK-OFTEN, conjointement avec le MK-ULTRA et le Département de la Défense des États-Unis. Les responsables du MK-OFTEN ont analysé les effets comportementaux et toxicologiques de certaines substances sur les animaux et les humains. D'après Les Armes secrètes de la CIA de Gordon Thomas, le projet MF-OFTEN s’offrait même les bons offices du docteur Sidney Gottlieb, alors chef des services techniques de la CIA, afin d’explorer le monde de la magie noire, maîtriser les forces de l'obscur et démonter l'idée reçue qui veut que les retranchements de l'esprit humain soient hors de portée. Enfin, ce projet visait à créer un nouvel être psychocivilisé, l’équivalent du candidat pouvant s’adapter aux transformations. À cette fin, des médiums, diseurs de bonne aventure, chiromanciens, spécialistes du démon, sorcières, satanistes et autres praticiens de l'occulte furent recrutés (Wikipedia).

 

En 2011, notre monde se compose de candidats qui s’adaptent aux transformations et d’autres qui transforment le globe. Alors que le deuxième adore parfois Baal, le démon à trois têtes qui apporte la richesse, le pouvoir et le contrôle, le candidat se prosterne devant François Legault, Éric Duhaim, le docteur John et le petit écran, en renonçant à la conquête de son environnement, à l’adaptation de l’autre à lui, à la nationalisation des ressources naturelles et des énergies fossiles que nous souhaitons par l’indépendance du Québec. Comme un patient désabusé, il conjugue sa vie avec l’individualisme de l’AVOIR plutôt que de l’ETRE. Il mesure ainsi la valeur des individus à travers la consommation et la possession pour mieux avaler une coupure de son être réel servant son identité conditionnée par des partis, organisations et coteries initiatiques qui rêvent de forger une personnalité universelle qui cadrerait avec l’anglo-sphère.

 

Avant de porter mes oreilles sur les douces mélodies de la pièce Le Bloc démoli (1988) des Quatre Guitaristes de l’Apocalypso Bar pour endormir la douleur de la défaite, j’ajoute que je n’ai aucune difficulté à croire que des groupes nous manipulent. J’affirme de ce fait qu’ils le font pour préserver le pouvoir en place pour cette raison: l’État actuel sert les manipulateurs. Il entretient l’institut psychiatrique à ciel ouvert, s’assure d’une croissance du nombre de prescriptions de drogues en même temps qu’il multiplie les occasions pour diminuer notre activité cérébrale propre à l’hypnose. Avec cette impression que des médias sont devenus les firmes de relations publiques de John James, je ne peux éviter de noter que les idéologies qui excusent ces alliances reposent sur des valeurs identiques à celles de cette petite élite anglo-saxonne de Morneau: pouvoir, enrichissement et contrôle. Pour ce qui est de la vague orange, je n’ai pas autant d’enthousiasme que d’autres. Elle est l’effet d’empreintes mentales qui ont été volontairement transmises et qui profitent du vote de groupes dont le rapprochement relève de l’utopie. En plus des souverainistes versus les fédéralistes, nous retrouvons le candidat déboussolé, flottant de droite à gauche et votant pour des étrangers sans expériences, parfois fermés au Québec en ne parlant pas le français, accompagné de quelques anglophones vivant au Québec et de disciples de Baal. Il faut le souligner. Près de 2400 amateurs de magie et de sorcellerie vivent à Montréal, dont un pourcentage non négligeable a dû voter pour le NPD pour ces raisons: ces gens majoritairement issus d’un milieu anglophone aisé et solidaire craignent le fondamentalisme au sein du cabinet Harper et ne partagent pas les valeurs du Québec affichées par le Bloc.

 

 

Tout le monde le sait, Gilles Duceppe préparait

le génocide des Canadiens anglais de son bureau d'Ottawa

 

Malheureusement, cette unicité dévoile une alliance mortuaire. Alors que Jack s’est envolé trop rapidement, le Québec gère son agonie plus que jamais exclue et diminué, le Bloc expie lentement et le PQ s’étiole. Seul le docteur John survit avec son ombre, le RLQ, devenu la lumière de l’ADQ. Est-ce le prix à payer lorsque nous lorgnons sur le sentier du mondialisme et des échanges économiques, sans  questionner les conséquences: un monde de richesse instauré sur la totalité pour les disciples du démon à trois têtes et un univers d’esclaves pour le candidat qui prend de plus en plus la forme d’un ordre mondial totalitaire. Peu importe où nous nous retrouvons, nous souhaitons que l’ordre au chaos mondial du renard soit doux, humaniste et souriant comme l’était Jack. Et si quelqu’un devait s’opposer à ce nouvel environnement mondial, nous aimerions sans doute qu’il soit exclu du système ou forcé à y adhérer. Devant ce choix, je crois important de questionner la souveraineté, non pour lui donner son repos éternel à côté de Jack, mais pour la ressusciter en cherchant à nous parfaire plutôt qu’à nous adapter.

 

Des mots pour vous dire que je ne sais pas qui produisait les enregistrements en boucle par cette nuit de 1995. Il me semble seulement qu’il aurait pu mettre plus d’effort pour raffiner son travail. Comme plus de 49 % des électeurs, j’ai voté OUI. Lors de la campagne électorale de 2011, ce n’était plus ma tête qui s’emballait, mais tout le reste. Je devais l’écrire, car nous sommes les seuls à pouvoir traiter ce mal pour éviter de souscrire ce qui reste de la démocratie aux laveurs de cerveaux qui préparent la prochaine élection du docteur John.

 

Joyeux Noël et bonne année 2012.

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Août 2011

 

PDF

 

 

Pensons à un dossier qui exigerait une intervention urgente de l’État. Je suis presque certain que les élus nous répondraient par des chiffres, question de nous faire comprendre que le rôle d’un maire ou d’un premier ministre consiste à dépenser et à nous taxer, sans plus. J’aimerais partager cette passion pour la gestion des fonds publics, mais mes facultés intellectuelles me bloquent, depuis plusieurs années, au nombre trois à cause de Hermès. Vous me croyez récipiendaire du  prix Hermès de la Faculté des sciences administratives remis à Charles Sirois en 1991, le célèbre copain de John James Charest qui porte sur son dos Liberté Québec avec l’aide de François Legault. Il s’agit plutôt de Hermès Trismégiste, le dieu trois fois grand qui m’a fait croiser les trois mendiants du film Antichrist (2009) de Lars Von Trier.

 

Je sais. Ce réalisateur danois a tenu des propos contestables sur Hitler qui ont provoqué de vives réactions au Festival de Cannes. Je sais. Le nord de l’Europe abrite des extrémistes de droite, dont le maintenant célèbre Anders Berhing Breivik, un prétendu initié de la franc-maçonnerie et des Chevaliers du Temple qui s’en est pris au bureau du premier ministre norvégien en faisant 76 victimes. Excusez-moi! Je veux seulement vous présenter les trois mendiants de Von Trier pour partager avec vous des réflexions sur les valeurs canadiennes, les dragons chinois et la névrose.

 

Ces trois mendiants d’Antichrist sont un renard parlant de chaos, une biche n’ayant pas fini d’expulser son faon et un corbeau. En juillet 2010, lors d’un voyage de trois jours au pays de l’oncle Sam, j’ai rencontré ces trois bêtes.  Alors que je roulais sur la Route 133, un corbeau s’est jeté sur le véhicule que je conduisais. Surpris par la scène, j’ai aussitôt regardé par le rétroviseur l’oiseau battre son dernier coup d’aile pendant que deux de ses copains se précipitaient sur son corps pour le dévorer. Plus loin, en territoire américain, je croisais, sur la Route 3, le cadavre d’une biche qui semblait engrossée.  Enfin, c’est en prenant un peu de repos que le renard est arrivé pour me parler de chaos. C’est plus d’un an après que j’associe ces animaux au Québec. Une petite biche ayant de la difficulté à accoucher d’idées et projets pouvant nous apporter de l’espoir en un avenir meilleur. Un corbeau qui profite du Plan Mort du gouvernement Charest-Normendeau pour plonger son bec dans la chair de la Belle province et un renard qui nous avertit des conséquences qui découleront du chaos qui s’impose partout, de la santé à la langue en passant par l’éducation.  

 

Cela dit, je ne suis pas de ceux qui croient que le Nouveau parti démocratique (NPD) va changer la merde en or. En fait, la vague orange, annoncée le mardi 3 mai, n’a fait qu’amplifier une impression de manipulation née dans mon esprit lors de la campagne électorale.  Un malaise qui s’amplifiait lorsque Nycole Turmel, député du NPD de Hull-Aylmer et remplaçante temporaire du chef Jack Layton depuis le 27 juillet, affirmait ceci après sa victoire: Ce sera au caucus du NPD de s’assurer que les valeurs de la Belle province répondent aussi à celles des Canadiens.

 

 

 

Nycole Turmel

 

Comme j’ignorais si le ton traduisait une volonté d’unir le Canada et le Québec autour de valeurs communes ou une mise en garde aux Québécois, entre le 14 mai et le 6 juin, trois courriels furent envoyés à la députée pour lui demander d’énoncer ces valeurs. Pas de réponse! Malgré mon mépris des adorateurs des planètes alignées qui frayent avec la pensée magique, comme des mouches avec la pourriture, pour se prononcer sur ce que je pense — sans même me consulter — de la réfection de Gentilly II, de l’exploitation des gaz de schistes, de la monarchie britannique, de la bière à boire lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste de Québec, de Tactical FM, du charisme de Gérald Tremblay ou de la ressemblance entre le maire de Toronto Rob Ford et John James Charest, je vais tout de même m’exprimer au nom de la chef actuelle du NPD.

 

 

Les valeurs canadiennes

 

 

James Shaver Woodsworth

 

Si j’étais Nycole Turmel, je m’inspirerais de James Shaver Woodsworth (1874-1942) et de Lester Bowles Pearson (1897-1972) pour énoncer ces valeurs. En 1919, Woodsworth s’implique dans la grève générale la plus marquante de l’histoire du Canada qui touche Winnipeg entre le 15 mai et le 25 juin 1919.  En 1932, il participe à la fondation de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC), un parti socialiste qui donne naissance au NPD en 1961 à la suite d’une alliance avec le Congrès du travail du Canada. Élu en 1933 député à l’opposition au Parlement canadien, en 1939 il s’oppose à la participation de son pays à la Deuxième Guerre mondiale. Passons cette fois à Pearson.  Il est le récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 1957 pour avoir proposé à l’Organisation des Nations Unies, le 4 novembre 1956, la création des Casques bleus, lorsqu’il est ministre des Affaires extérieures pour le gouvernement du Parti libéral du Canada (PLC) de Louis St-Laurent. De 1963 à 1968, alors qu’il occupe le siège du premier ministre canadien, il œuvre cette fois à l’édification de l’État-providence, avec le soutien précieux du NPD de Tommy Douglas, le père de l’assurance maladie.

 

Les œuvres de Woodsworh et de Pearson peuvent-elles nous inciter à inclure dans les valeurs canadiennes la capacité à reconnaître les droits des travailleurs à se réunir dans un syndicat? Le Canada n’est pas le Wisconsin, un état subordonné à une loi qui annule les bénéfices syndicaux depuis le 9 mars 2011. Dans ce beau et grand pays, la moyenne d’employés syndiqués atteint environ 30 %, dont le plus haut taux (près de 40 %) est réservé au Québec. Madame Turmel doit certainement partager cette valeur. Une chaire de l’Université du Québec honore son travail au sein de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) depuis 2009. En continuant à puiser dans les réalisations de Woodsworh et Pearson, j’ajoute à ces valeurs le respect des institutions démocratiques, la tolérance, égalité entre citoyens, la liberté de parole et l’opposition aux conflits militaires. Regardons la réalité en face. Les Canadiens sont des gens pacifistes et tolérants qui utilisent, sans se gêner, leurs droits et libertés pour améliorer la démocratie et se doter de mesures égalitaires. Et lorsque les contraintes se multiplient avec les frustrations qu’elles engendrent, ils manifestent leurs oppositions, sans violence. Enfin, je ne peux oublier la sociale démocratie, le ciment qui unit les autres valeurs afin de permettre aux Canadiens de traverser les crises et perturbations économiques sans trop de peine.

 

Je ne sais pour Madame Turmel, mais moi j’ai l’impression que le mortier s’effrite. En 2011, la sociale démocratie est devenue tributaire des humeurs et impératifs de gouvernements gérant l’incohérence à la place de l’éviter. L’assurance maladie qui encadre la santé représente un exemple parmi d’autres. Alors que l’industrie multiplie les occasions pour que nous nous livrions à des excès de tous genres nuisant trop souvent à notre condition physique, nous pouvons consulter gratuitement un médecin après quatre heures d’attente entre une télévision HD jouant des films de Disney et une distributrice de friandises vendant des produits Nestlé. Et encore, cette même sociale démocratie canadienne s’offre des petits conflits avec des communautés par son refus de les rassembler autour d’une langue et d’une culture commune, afin de lui donner plus de force. Grosso modo, au Canada nous séparons l’individu de la collectivité au nom de droits qui briment la majorité.

 

Devrions-nous mettre autant d’argent pour colmater les brèches dans la sociale démocratie que pour financer des conflits militaires en Asie centrale ou en Afrique du Nord? Le NPD doit certainement reconnaître que le meilleur ciment n’est pas la sociale démocratie «canadienne», mais le socialisme pour cette raison: ce mot est inscrit dans la constitution du NPD depuis la fondation du parti en 1961. J’aime cette initiative. Contrairement à la sociale démocratie, le socialisme exige la présence de personnes intransigeantes, motivées et animées d’une passion de préserver le peuple des dangers de l’individualisme sous toutes ses formes. Et lorsque nous cherchons des valeurs communes, il est important de préciser que la survie du socialisme repose avant tout sur notre capacité à sacrifier les valeurs individuelles afin de mieux servir les valeurs collectives. Le mot «socialiste» est aussi dur. Tellement qu’il est devenu péjoratif pour beaucoup de Canadiens qui s’inquiètent des humeurs des États-Unis, comme Lucien Bouchard de la santé des gazières. Cette nation au Sud a souvent utilisé ce mot pour dénigrer des pays qui ne cadraient pas avec ses idéaux nationaux. Le Canada n’y a pas échappé. Au début des années 70, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, grand ami de Fidel Castro, fut accusé d’être un socialiste par le président Nixon. Quelques années après, à l’époque du gouvernement de René Lévesque d’avant le référendum de 1980, le mot socialiste fut collé sur le front du Parti québécois (PQ) par une certaine diplomatie étasunienne qui partageait la même vision du monde que la CIA.

 

 

De l'action S.V.P.

 

Est-ce pour cette raison que lors du Sommet de Vancouver du NPD de juin 2011, il fut proposé que le mot «social-démocratie» devienne le substitut de «socialiste»? Par bonheur, cette proposition fut reportée par le NPD. Malheureusement, cette décision ne peut radier de mon esprit cette impression que les valeurs du Canada le font ressembler à un lieu où les lapins blancs mangent des muffins aux carottes de Ti-Moton en se reposant sur le ventre de grizzlis dodus qui taquinent des bagels au Salomon. Trop paisible, au point de craindre une perte marquante de notre capacité à intervenir rapidement pour régler des petits drames: pont fermé, inondations, défaite d’une équipe de hockey ou fuite d’un centre d’appel de spoliateurs vers les États-Unis sous le regard hébété d’un gouvernement Valium. Tellement soporifique le Castor que si je servais les forces de l’ordre, je me sentirais obligé de mijoter quelques projets pour garder la forme. Je ne crois pas pour autant que nous devrions sortir de nos poches un autre milliard de dollars pour refaire le jeu du Sommet du G20 de Toronto de juin 2010 afin de frapper sur des manifestants et procéder à des arrestations, infiltrer les contestataires du Sommet du Partenariat pour la sécurité et la prospérité de Montebello d’août 2007. Nous devrions plutôt créer une nation plus virile pour que nos élites intellectuelles, tel le maire de Toronto Rob Ford, puissent occuper un siège solide et confortable.

 

 

 

Rob Ford

 

À cette fin, comprenons que cette liberté de parole que nous voulons pure et douce peut aussi être sanglante et répressive. Avant la naissance du NPD, le Canada s’est payé quelques morts, incarcérations et blessés pour encadrer les limites de cette liberté. Helen Armstrong, célèbre féministe canadienne honorée par une chanson des Rhythm Activism en 1996, est une de ces chanceuses qui fut incarcérée plusieurs fois pour sa liberté d’expression. Le premier avril 1918, quatre Québécois se retrouvant parmi les manifestants contre la conscription sont tués par l’armée canadienne. La liberté de se syndiquer et de manifester n’y échappe pas. Lors de la Grève générale de 1919, les plombs de la Gendarmerie royale du Canada réussissent à blesser trente travailleurs et à en tuer un autre. Au Québec, en 1949, la Grève d’Asbestos (grève de l’amiante), qui touche 5 000 employés, profite, à des centaines d’arrestations et à la molestation de grévistes.

 

 

Helen Armstrong

 

Pour le respect des institutions, c’est plus compliqué. Cette valeur repose en partie sur la Constitution canadienne, les bases de notre système démocratique et des droits civiques qui servent à l’ébauche de lois. Ses modifications de 1981 sous le régime de Pierre Elliott Trudeau n’ont jamais été signées par le Québec. À cette époque le NPD existe. Et tant qu’à m’exprimer, il me semble qu’un parti socialiste digne de ce nom aurait dû inciter les Canadiens à choisir entre la signature du Québec et son départ de la Confédération. Ce n’est pas le cas. Le viril Canada préfère engloutir ses ailes de poulet et ses Canadian Light sans réserve. Et lorsque son estomac brûle, il avale son antiacide. Pour la Constitution canadienne, c’est le Statu Quo qui permet de mieux digérer les nombreuses incursions du Canada dans des champs de juridictions provinciales. Nycole Turmel connaît la cuisine. Lors de la campagne de 2011, le NPD a donné quelques bons coups de couteau sur la volaille, en tenant des promesses sur la santé et l’éducation, sans préciser qu’elles étaient des compétences provinciales. C’est comme si la présence de la chaire Turmel dans une université québécoise, avec le soutien financier de l’AFPC (un syndicat pancanadien), devait normaliser les ingérences.

 

Un pays viril doit aussi s’amuser. Je ne crois pas pour autant que le Canada devrait rire de l’exclusion du Québec et lui mettre le bonnet du cancre sur sa tête en attendant de le flageller à la sortie de l’école. Je pense seulement que la tolérance serait plus saine si elle se laissait porter par l’humour. C’est le cas du Canada anglais. Pour exulter ses émotions, il feint, comme un acteur professionnel, un refus de parler le français et une fermeture au bilinguisme des juges de la Cour suprême. Pour rire, il traite les Québécois de racistes, de nazis et de bâtards. Que fait le Québec? Il demeure sérieux et ennuyant. Il devient même un obstacle majeur à la bonne entente en restant respectueux des gens les plus méprisants. Ainsi, il ne répond pas aux farces de Don Macpherson du quotidien The Gazette affirmant que «si Pierre-Karl Péladeau réussit à amener une équipe de hockey à Québec, elle ne devrait pas s’appeler Les Nordiques, mais Les Xénophobes». Il ne rigole pas en lisant un éditorial de David Goldberg du journal bimensuel anglophone NDG Free Press du 10 mai qui associe subtilement l’œuvre de Duceppe du Bloc Québécois à celle du terroriste Ben Laden en soulignant son bonheur de voir disparaître les deux personnages dans la même semaine. Non! Le Québec boude.

 

Devant ce théâtre désopilant, nous découvrons l’ambiguïté du NPD. Le parti socialiste se dissocie de ceux qui s’amusent du Québec tout en n’étant pas avec les Québécois sérieux. Pouvons-nous aller jusqu’à dire que cette neutralité encourage ce refus du verbe présenté dans Le Livre amer (2009): une négation de la sémantique des mots omniprésente dans les régimes totalitaires et autour de propagandes? C’est non seulement le cas, mais l’humour subtil canadien nous permet de découvrir que le sens du mot «assimilation» change selon la langue qui le prononce. Dans le Canada anglais, il s’intègre à la capacité d’assimiler une idée, un concept, un beignet de Ti-Moton, une pizza ou une farce, pendant qu’au Québec il résume la disparition de la langue française et de la culture qui s’y colle. Ce même refus encourage cette réalité d’un Canada plus près de l’esprit rigolo de Rob Ford que de Woodsworth et Pearson. Devant cette situation, quelles sont les positions du NPD? À la place d’attendre une réponse claire, le Québec devrait-il tenter de faire rire le Canada anglais en faisant semblant d’être un partisan de l’unilinguisme francophone des juges de la Cour suprême, de ne pas pouvoir parler l’anglais, de lier le mot «assimilation» à l’extinction des anglophones et traiter de racistes et de nazis les personnes qui critiqueraient ses actes et propos? Si c’était le cas, nous pourrions placer l’humour au centre des valeurs communes qui unissent le Castor et la Belle province. Autrement, le Québec s’assimilerait à la lâcheté. Un peuple qui regarde passivement sa langue et sa culture s’envoler au même rythme que ses ressources naturelles. Un peuple qui baisse son pantalon, à la place de se relever les manches, en accusant les souverainistes de provoquer ses crises d’urticaire afin de ne pas mettre la cause sur sa sodomie quotidienne.

 

 

un pouvoir central fort

 

Un dragon à trois têtes

 

Laissons tomber les relations amoureuses entre le Québec et le Canada pour revenir à ce voyage cité plus haut. En juillet 2010, j’ai profité d’une pause bien méritée au bord de l’océan pour plonger dans La Faim de la Terre (1), un roman apocalyptique de Jean-Jacques Pelletier. À la page 731, un dialogue entre Wang Li, un chinois, et Hurt, un enquêteur, interroge notre capacité à traverser les siècles comme critère d’évaluation de la réussite de notre société. Dans ce roman, la longévité de la Chine se lie à quatre dragons qui symbolisent les quatre points cardinaux et les quatre éléments. Ces dragons possèdent trois têtes. Une représente l’équilibre qui préserve la vie des intempéries, alors les deux autres se lient à la mort en symbolisant les excès et le dénuement. Deux têtes qui nous font mourir soit d’une trop grande consommation de nourriture ou de famine pour la terre, gelé ou brûlé pour le feu, de noyade ou de soif pour l’eau, asphyxié ou d’hyper oxygénation pour l’air.

 

Un cinquième dragon de métal se retrouve au centre des quatre autres. Il symbolise le cinquième élément, la terre du milieu ou le gouvernement central fort qui s’assure de maîtriser les têtes de l’abondance et du dénuement pour préserver celle de l’équilibre. Dans La Faim de la Terre, Wang Li affirme que la menace de cet équilibre est l’individualisme occidental et cette faculté que nous avons à remplacer le pouvoir central par des vedettes et les médias. Cela nous permet de troquer le Livre rouge de Mao pour La Presse à Paulo (Desmarais), du Norman Nawrocki ou du 350 Quatre Barils pour du Bono (U2) pour rendre notre société, dite capitaliste, aussi inquiétante qu’un comité central communiste qui pense pour nous, avec cette différence: les nouveaux empereurs oeuvrent au nom de l’abondance en cachant la tête du dénuement.

 

Revenons au Canada. Sans vouloir irriter Madame Turmel, je dirais que les valeurs canadiennes sont tributaires des valeurs mondiales que nous avons acceptées, non par des référendums ou des élections, mais en laissant des crieurs de chiffres négocier à huis clos des échanges économiques. Pour conséquence, le gouvernement central fort est devenu mondial par la présence d’entités tels le Fond monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Bien sûr, nous ne parlons pas de corbeaux charognards dévorant leur prochain pour qu’il ne puisse se putréfier en paix, mais de nouveaux empereurs qui se donnent les outils nécessaires pour que nous puissions pourrir avant d’être dévorés, par le soutien des prêts de survie, des bouées de sauvetage ou de plans de relance qui influent indirectement sur les quatre éléments. Au moment d’écrire ce texte, je ne connais pas la résolution du Congrès étasunien du 2 août. Je constate seulement que le centre du capitalisme mondial se déplace vers l’Ouest pendant que la tête du dénuement s’agite férocement contre l’oncle Sam depuis 2008. Trois ans après, en 2011, l’Europe confronte cette tête, la Grèce s’enfonce, d’autres mendiants émergent et la planète plonge vers une crise alimentaire et énergétique qui crée une boucle inflationniste qui rendra non seulement impossible la reprise économique en occident, mais nuira en plus au rendement des fonds de retraites, REER et divers placements. Devant ce problème, à la place de rêver à la stabilité, nous sacrifions l’autre pour agiter la tête de l’abondance. Nous devenons des charognards qui dévorent les droits et la démocratie pour de meilleurs gains aux actionnaires.

 

 

Névrose

 

Est-ce pour riposter contre ce gouvernement central omnipotent que le Québec a élu 59 députés du NPD, dont Ruth Ellen Brosseau de Berthier-Maskinongé, celle dont «le brain» claque comme un transistor saturé lorsque du français frappe rapidement ses tympans? Dans Ces névrosés que nous sommes publié dans Le Devoir du 14 et 15 mai 2011, l’auteur et éditeur Victor-Lévy Beauliieu (VLB) utilise le mot «névrosé» pour exprimer son incrédulité devant la vague orange qui a balayé le Québec en posant ces deux questions: 

 

  1. Comment pouvons-nous confier à des gens dont on n’a jamais entendu parler le droit de nous représenter?

 

  1. Comment pouvons-nous confier à des gens qui, pendant toute une campagne électorale, sont restés chez eux, parfois à cinq cents milles de la circonscription qu’ils revendiquaient, et cela, dans un silence total?

 

J’ai aimé découvrir dans le texte de VLB quelques extraits de Ombilic des Limbes (1925) de Antonin Artaud (1896-1948) nous présentant un être diminué par une perte de contact avec sa grandeur réelle qui l’amène à rationaliser son droit de penser, de parler et d’être en fonction d’une identité réduite. Pouvons-nous comparer cet état d’âme d’Artaud à la Belle province? Le Québec ressemble à un «névrosé» comme l’ont affirmé Clotaire Rapaille et plus tard, Denis Trudel lors de son discours tenu le 21 mai dernier à l’Olympia de Montréal, en l’honneur des Patriotes. J’ajoute que le névrosé est épuisé. Ça fait plus de 250 ans qu’il se défend et résiste contre les attaques de l’empire colonial. Ça fait plus de 250 ans que cette défensive le transporte vers des défaites crève-coeur qui le font reculer sur tous les fronts. Enfin, il ne semble pas comprendre que repousser ces attaques provoque chez lui un épuisement général qui l’empêche de plus en plus de se défendre. Pour conséquence, il se découvre conquis sur tous les plans au point de laisser celui qui l’attaque diriger ses actions et prendre le contrôle de son identité. Cela l’amène à adopter un réflexe conditionné qui consiste à adapter sa pensée et son langage (refus du verbe) aux besoins de son colonisateur.

 

 

Antonin Artaud

 

C’est en l’observant, lors de la fête des Patriotes du 21 mai, que j’ai compris que sa résistance agonise. Bien que je ne lui demande pas de mettre un ministre dans une valise de char pour me démontrer sa capacité d’agresser, je m’attendais au moins qu’il refuse de se plier devant son colonisateur en ne buvant pas des Coors Light et de Molson Dry se vendant en exclusivité pour fêter la résistance (sic) des Patriotes, des bières d’une famille américaine ayant financé Reagan et d’une fédéraliste canadienne et loyaliste. Non. Espérer que le malade occupe sa pleine grandeur et largeur, le temps d’un rassemblement partisan, représente pour lui un trop grand effort. Par cette réaction, je crois que la névrose du Québec cache une folie suicidaire. Pour l’exprimer, Catherine Dorion (Le Soucide collectif) a comparé l’ex-URSS avec le Québec. Pour elle, ces deux sociétés du refus du verbe ont attaqué des personnes qui ne cadraient pas avec l’idéologie dominante. Elle ajoute que le taux de suicide de la Belle province se rapprocherait de celui, très élevé, du régime communiste, si nous, êtres supérieurs portés par une sociale démocratie gérée par des corbeaux et des renards flirtant avec les PPP, n’administrions pas des prescriptions de médicaments pour éviter le pire. Pour conséquences, nous devenons une biche dont le devoir non accompli nous pousse à consommer une quantité impressionnante d’antipsychotiques, d’antidépresseurs et de Ritalin. Nous subsistons en nous coupant de nos rêves de liberté et de dépassement, en espérant que notre posologie nous donne le droit à des rabais sur la bière, dans le but de satisfaire le conservateur Maxime Bernier.

 

Vaut-il mieux battre un record de consommation de drogue que d’être interné treize ans dans un environnement contrôlé comme le fut Antonin Artaud à la Maison de santé de Rodez? Moi je crois que la démarcation entre Rodez et la Belle province est très mince. En fait, le Québec ressemble de plus en plus à une gigantesque aile psychiatrique à ciel ouvert. Mais encore, ici on ne soigne pas la névrose ou la folie suicidaire. On la normalise en fonction de besoins sociaux et économiques. Pour y arriver, en avril 2003 on s’est même offert le Dr. John James Charest, un ex-conservateur spécialiste dans le contrôle de l’environnement. Il a compris, dès Meech, que le Québécois moyen habitait une province trop large et trop grande pour ses ambitions. Élu pour régler ce problème par un rétrécissement de l’État et un pillage de nos ressources, en 2016, il devrait guérir définitivement notre besoin d’indépendance, lors de son quatrième mandat. Treize ans sur le trône, comme je le soulignais dans Nouvelles de l’Interzone d’octobre 2009. Treize ans à se faire répéter des phrases creuses et à sentir la fraude nous hanter. Treize ans à observer le déclin du français qui mettra fin à la grandeur de notre culture. Treize ans pour que John puisse nous morceler au nom de l’abondance, sans se soucier de l’équilibre budgétaire qui pourrait causer une vague de privatisations. Treize ans de maux dignes du théâtre de la cruauté de Artaud pour nous fabriquer un environnement sans contraintes, celui se limitant aux petits cadres d’un milieu contrôlé par le colonisateur, cet Empire anglo-saxon que nous imitons à merveille, dont nous parlons la langue pour le servir chez nous, pendant que disparaît le besoin de se dépasser pour l’idéal de l’indépendance afin de profiter à une culture globale et mondiale carburant à la mort et à la transformation du même empire. Treize ans pour amputer notre mémoire et remplacer notre histoire par des mensonges institutionnalisés. Nous faire croire que la Bataille des Plaines fut une rencontre fraternelle entre deux grands maîtres maçons chantant Poker Face de Lady Gaga, ou quelque chose pouvant ressembler à n’importe quoi, sauf la vérité. Treize ans à laisser des cancres utiliser les médias pour véhiculer des fadaises, comme nous l’avons vécu lors du 400e de Québec. Treize ans pour nous enfoncer dans le cerveau des mensonges tels un Canada fondé en 1608 et Champlain qui était le premier gouverneur général du Canada.

 

En 2011, cet être diminué s’impose des corvées de nettoyage de son espace de vie pour mieux accueillir ses «saigneurs». Malheureusement, la vague orange n’est pas la vadrouille qui effacera John James Charest et le PLQ, car le blanchissement de la nation s’opère en frottant autour des grosses taches. Pour prix, l’illusion tranquille devient le pansement fédéraliste d’une assimilation passive des Québécois qui prend la route du bilinguisme pour ne pas irriter les droits à la fermeture du Canada.  Une impression que le Québec a voté pour le NPD afin de se payer une agonie paisible servant les pilleurs de ressources naturelles pêchés, à coup de genou flexions, dans les capitales mondiales d’un capitalisme qui n’a rien de social-démocrate. Pour prix, on évite d’opposer la souveraineté du Québec au fédéralisme canadien, à travers des idées, des projets et des rêves, pour se dévouer, sans condition, au statu quo du colonisateur et de ses capucins. Nous plaçons l’indépendance du Lys dans le panier à immondices pour que François Legault puisse le vider dans le camion à recyclage de Liberté Québec, question d’oublier que s’offrir un pays dynamique, coupé de ses rituels monarchistes, son colonialisme, ses astrologues de l’économie et ses serviteurs de réseaux d’initiés sera toujours plus difficile et fatiguant que de se laisser mener par les poupées de charognards ventriloques.

 

Pendant que le Québec vit les conséquences de ses choix politiques, le monde glisse vers un avenir qui risque de passablement transformer notre qualité de vie et même provoquer des révoltes (à moins d’écouter Bernier en baissant le prix de la bière). Au centre, le mortier devient la Chine. Cette brillante et riche économiste possède le potentiel pour utiliser le capitalisme dans l’intention d’y mettre un terme ou du moins, le convertir à son avantage, en achetant des institutions publiques qui passeront dans le broyeur de la privatisation. Attendre que la tête du dénuement s’agite pour discuter de la mise en place d’un nouvel ordre économique mondial dont l’équilibre passerait par le rationnement ou une diminution de la population.  La Chine est aussi l’artisan de l’alliance de Shanghai. Ce regroupement ayant parmi ses troupes la Russie, l’Iran et la Syrie est devenu une opposition à l’alliance transatlantique dirigée par les É.-U.. Au menu: se débarrasser du dollar américain. La réaction de Sam, selon une entrevue avec Robert Bibeau réalisée par André Pesant dans le cadre de l’émission Le Monde cette semaine (CIBL FM) du 15 mai 2011: déstabiliser ces partenaires économiques en coupant l’accès au pétrole. Comment? En attaquant la Syrie, le lieu de passage de pipelines et le maillon faible de l’alliance de Shanghai. Cette réprimande serait aussi un avertissement à l’Iran de ne pas aller plus loin dans sa volonté de transiger avec d’autres monnaies que le dollar US. Il y a aussi la Libye. Sam rêve d’une union entre le groupe de Benghazi et Tripoli pour s’assurer le contrôle de pétrole dans l’intention de le marchander avec une fidélité au dollar. Sam désirerait aussi attaquer l’Iran pour bloquer le détroit d’Ormuz et empêcher la sortie de 55 % de l’or noir vers l’Europe et l’Asie.  Enfin, toujours selon Monsieur Bibeau, la France, ancienne puissance coloniale, oeuvrerait à l’invasion de la Syrie pour cette raison: le pays de Sarkozy doit racheter la confiance de Sam pour avoir joint, sans trop de bruit, l’Alliance de Shanghai.

 

Pendant que la Russie et la Chine refusent une intervention en Syrie, une rumeur prétend que les soulèvements populaires furent d'abord planifiés par des agents de la CIA. Nous ne pouvons le cacher, cette agence de renseignement, comme d’autres, fréquente les corbeaux, les biches et les renards. Elle pourrait aussi nous aider à expliquer l’étrange vague orange, à la condition d’accepter que la manipulation mentale soit une valeur canadienne et que le Québec serve de site d’expériences. La suite dans les prochaines Nouvelles de l’Interzone.  

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Janvier 2011

 

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Ça débute le 21 décembre 2010, un peu après minuit. Je viens de regarder le film Frankenstein de John Whale et me dirige vers l’extérieur pour célébrer, près d’un feu, le mariage entre la nuit la plus longue de l’année du solstice d’hiver et une éclipse de Lune. D’épais nuages envahissent le ciel, forçant mes yeux à plonger dans les flammes qui dansent délicatement près de moi. À cet instant, j’ai la vive impression que les éléments se regroupent pour que mon esprit se laisse emporter par une courte méditation que je me permets de partager avec vous. Des mots sur l’Ordre du Temple Solaire, la  CIA, Gemplus, BPR et General Electric.

 

La Lune glisse dans l’ombre de la Terre. Le feu brûle. Bon feu. Joli feu. Sa domestication a rendu possible l’éclosion de notre système économique par la fabrication de biens passant du pain aux glaives. Le monde a changé. Aujourd’hui, il consume la planète, notre démocratie et notre chair au nom d’une création de richesse qui est devenue la grosse torche qui éclaire les ambitions d’un entrepreneuriat en repoussant les limites du permis avec l’aide de gouvernements pompiers sortant les boyaux de la propagande pour éteindre les brandons de la collusion. Le travail est gigantesque. De nombreux feux ont brûlé au Québec en 2010. Nous pouvons même anticiper le grand incendie qui transformera en cendre les acquis de la Révolution tranquille et facilitera la vente aux enchères d’Hydro-Québec dans les prochaines années.

 

Parlons-en. En novembre dernier, j’ai eu quelques échanges avec l’auteur d’un texte publié sur Vigile qui soutenait que la vente de 49 % d’actions d’Hydro-Québec pourrait nous soulager d’une partie du déficit québécois. Je sais que je devrais me taire et éviter d’accuser les membres de notre gouvernement d’agir contre nos intérêts. Ce gouvernement, même impopulaire, a tout de même obtenu une majorité parlementaire et n’a pas encore jeté ses opposants dans les flammes du bûcher des sacrifiés. Il faudrait aussi que je cesse de juger Nathalie Normendeau, son mentor John James Charest ou d’autres politiciens comme je l’ai fait dans les Nouvelles de l’Interzone précédents et Hommage à Pierre Duhamel.  Je sais. Pour mieux attaquer l’année 2011, je dois fuir les chicanes d’obsédés qui s’enflamment aux moindres maux. Laisser le ciel s’ouvrir pour que les dindes et les tourtières descendent rejoindre les brebis double-crème pour me démontrer que la psilocybine qu’on a placée dans mon verre de Cahors est meilleure que le Bye Bye 2010 pour me faire voir la vie en rose!

 

Malheureusement, je ressens un besoin viscéral d’écrire des âneries pour accompagner votre immersion dans cette année impaire. Moi, je trouve que l’idée de privatiser Hydro-Québec, même partiellement, répond trop aux objectifs de la CIA. Mais encore, cette question me brûle les lèvres depuis le 31 décembre 1994: le Parti libéral du Québec (PLQ) travaille-t-il avec des consortiums économiques pour léguer Hydro-Québec aux amis de la CIA? À cette date, je me laissais réchauffer l’esprit par les mots d’un proche d’une victime de l’Ordre du Temple Solaire (OTS), une société secrète qui avait marqué l’actualité en octobre de la même année pour cette raison: 53 membres s’étaient immolés. Et comme l’OTS se composait de quelques cadres et employés d’Hydro-Québec, ces suicides (transformés en meurtres) avaient éclaboussé notre entreprise à tous, au point d’étaler publiquement, par le flambeau de médias populaires, l’idée de privatiser la société d’État. Mais encore, ce type m’affirmait qu’il croyait que l’OTS avait trafiqué de l’héroïne. Vérité ou mensonge? Quelques mois après, une affaire de blanchiment d’argent s’installait timidement dans l’actualité. Des investisseurs américains, proches de la CIA, auraient financé la construction de petites centrales hydroélectriques, avec le soutien du gouvernement libéral de Robert Bourassa.

 

Que pouvons-nous ajouter en 2011? Le dossier de l’OTS est un exemple de cet art de tout mêler sans rien prouver. Devant ce constat, nous pouvons soit admettre que les questions resteront sans réponses ou épier les moindres étincelles dans l’espoir de les transformer en lumière.  Moi, une maudite tête brûlée, je préfère observer les escarbilles. Ce n’est pas que je veuille me mettre à dos la CIA et ses nombreux serviteurs. J’ai simplement une petite fixation sur l’argent. La CIA connaît bien l’art de la multiplier. À cette fin, elle prend les grands moyens en œuvrant dans l’économie mondiale par l’entremise de lobbyistes, d’organes médiatiques, de politiciens et de consortiums afin de posséder les outils et biens qui lui assurent une protection efficace de l’hégémonie étasunienne.  En m’inspirant du livre Le nouveau rapport de la CIA d’Alexandre Adler, j’ose même me mettre les mains dans le feu pour ajouter que les prévisions de croissance énergétique et de consommation d’eau, d’ici 2025, incitent l’oncle Sam à regarder le Québec de plus près et à soutenir l’idéologie néolibérale de groupes qui optent pour une propagande qui consiste à nous faire croire que nous serions plus riches et plus heureux, si nous décidions de vendre Hydro-Québec et notre or bleu. 

 

Gemplus

 

Malheureusement, lorsque l’oncle Sam nous regarde en espérant nous déposséder de nos biens, il ne le crie pas sur les toits. Cela veut dire que si nous croyons que nous devons avoir des preuves pour exprimer la crainte d’une prise de contrôle d’Hydro-Québec par un consortium servant la CIA, nous risquons de nous taire.  Devant cette réaction, d’anciens employés de Gemplus, une multinationale française devenue Gemalto en 2007, après être passée dans les mains de Axalto, pour se retrouver sous l’aile de la France en 2010, ajouteraient certainement que «celui qui se tait consent».

 

Gemplus, chef mondial des cartes à puces comprenant les empreintes digitales, les paramètres faciaux et servant à protéger les cartes de crédit, est tombé en 2002 dans les poches de la CIA. Voici la petite histoire de sa prise de contrôle. Entre 1988 et 1998, Gemplus connaît une croissance moyenne de 35 %.  L’odeur du gain attire David Bonderman. Ce fondateur de Texas Pacific Group (TPG), un fonds d'investissement américain, maîtrise l’art de multiplier l’argent. En 1993, il achète Continental Airlines au prix de 66 millions $ et la revend 700 millions à Northwest Airlines en 1998. En 1999, il communique avec Marc Lassus, le créateur de Gemplus, pour lui offrir de placer 550 millions d'euros dans l’entreprise en échange de 26 % des parts, le droit de nommer le P.D.G. et la majorité au conseil d'administration. Lassus accepte. Le feu de l’argent s’étend. En l’an 2000, le chiffre d'affaires de Gemplus est de 1,2 milliard d'euros.

 

Arrive janvier 2001. Marc Lassus accuse TPG de trahison et les flammes d’une appréhension de rapatriements de brevets vers les États-Unis chauffent l’humeur des services de renseignements français et des médias, alors qu’on s'interroge sur des rémunérations de cadres français provenant de versements occultes. Les responsables? Des proches de Lassus qui sont membres d’un groupe d’employés de Gemplus de Gémenos (région de Marseille) ayant formé le groupe Phœnix (oiseau de feu renaissant de ses cendres) pour espionner les activités suspectes de collèges américains voulant transférer la technologie française vers les États-Unis. Le feu allume la poudre. Lassus se fait cambrioler à plusieurs reprises. Il est sous filature et connaît des problèmes avec ses ordinateurs et téléphones alors que les éléments de Phœnix sont intimidés. Ne cherchons pas la CIA. L’agence de renseignement évite de brûler ses relations diplomatiques en recourant au service du KROLL, un sous-traitait qui utilise des détectives privés spécialisés dans les affaires.

 

En décembre 2002 s’amorcent le licenciement d’employés du groupe Phœnix et l’éjection de Marc Lassus de son poste par David Bondernman. Celui qui le remplace se nomme Alex Mandel. Il est un ancien administrateur de In-Q-Tel, un fond d'investissement de la CIA partenaire de «IatroQuest Corp» depuis 2004, «une PME montréalaise spécialiste dans l'ingénierie de biocapteurs servant à la détection d’agents biologiques et de molécules chimiques» (Le Livre amer). David Bonderman est aussi un proche de la CIA, l’ex-conseiller de Bill Clinton, celui qui occupe, avec son copain Mandel, un emploi au sein du BENS. Il ne s’agit pas du restaurant montréalais de viandes fumées, fermé en 2006. Ce BENS ne vend pas de gros cornichons et des sandwichs. Selon l’Affaire Gemplus, il représente l’acronyme du Business Executive for National Security, un groupe fondé par Stanley Weiss qui rassemble des hommes d’affaires au service de la CIA et du Pentagone.

 

L'affaire BPR

 

 

James Critchfield avouait, en 1981,

qu'il craignait que la CIA nuise à Boris Karloff (Frankenstein)

en combattant les communistes  

 

Nous le savons, ce genre de situation ne pourrait se produire au Québec. Pourtant, depuis 2010, BPR se laisse aussi réchauffer par les flammes de la CIA. La raison? Cette entreprise chérie du gouvernement Charest-Normendeau a vendu, en octobre 2010, ses activités d'ingénierie à Tetra Tech. En 1974, la division internationale de cette compagnie californienne avait en son sein James Critchfield, un ex-officier de la CIA ayant travaillé, dès 1948, avec son fondateur le nazi Reinhard Gehlen pour lutter contre le communisme. Un détail anodin, vous me dites. En 2011, Tetra Tech a aussi pour membre de son C.A. Albert E. Smith, un ancien agent de la CIA qui connaît bien les matières inflammables et l’argent volatil. De l’an 1999 à 2003, il fut le vice-président de Lockheed Martin, «une multinationale liée aux mouvements suspects de titres boursiers dans les jours qui précédent les attentats du 11 septembre 2001» (Le Livre amer). 

 

Heureusement, Pierre Lavallée, le président de BPR, n’est pas du genre à se laisser enflammer par ces propos. Par la plume de Kathleen Lévesque du journal Le Devoir, nous apprenons que cette «association à Tetra Tech était la meilleure pour» BPR «et conséquemment» sa «clientèle». Devrions-nous le remercier pour son altruisme? Une partie importante du  combustible de BPR provient des poches des contribuables. Après le scandale des compteurs d’eau qui a éclaboussé le maire de Montréal et ex-ministre libéral Gérald Tremblay, dans Québec paie trop cher une usine d'eau potable publié dans Le Devoir du 4 décembre 2009, toujours sous la plume de Kathleen Lévesque, il est mentionné que «le ministère des Affaires municipales du Québec a approuvé et subventionné une usine d'eau potable de BPR cinq fois trop grosse pour les besoins de la petite municipalité de Saint-Irénée, dans Charlevoix». Un «projet de 3,6 millions de dollars pour environ 400 habitants […] financé à 95 % par Québec».

 

 

Adolescent, Albert Smith avait pour idole

Bela Lugosi. Après avoir découvert que l'acteur

consommait de l'héroïne, il a joint la CIA

 

Le problème est de constater que les feux de joie des uns ressemblent souvent à des incendies pour d’autres. Pour Paul Lafleur et Pierre Boudreault, sa chaleur apporte assurément un confort bien mérité. C’est normal! Lafleur est «membre du C.A. du Domaine Forget», le «plus gros consommateur d'eau» de Saint-Irénée et «président du C.A. de la firme de génie-conseil BPR». Boudreault est le maire de Saint-Irénée qui a «été invité par BPR à un voyage de pêche de plusieurs jours, toutes dépenses payées, dans un chalet du lac Wilkin, non loin de La Tuque». Pour les 48 citoyens qui ont porté plainte à la ministre Nathalie Normandeau, c’est le constat que la torche de la liberté et des droits ne brûle plus pour eux. Le projet a non seulement eu lieu, mais les mots de M. Boudreault sont devenus brûlants d’arrogance et de mépris de la population: «L'usine n'est pas trop grosse puisque le ministère des Affaires municipales a accepté le projet, tout comme le ministère de l'Environnement […] si eux l'ont accepté, pourquoi revenir à la charge avec ça? C'est quoi, une campagne de salissage? On en a assez de se faire poser des questions. Ça prend de l'énergie pour se défendre de tout ça».

 

Ça prend aussi beaucoup d’énergie au Québec pour faire bouger les bras de la Justice. Après de longs démêlés, en août 2010, trois employés de BPR sont victimes des sanctions de la part du commissaire au lobbyisme. Stephen Davidson, Annie Lefebvre et Francis Gagnon ne peuvent plus exercer leurs activités de lobbyisme pendant une période variant d'un à quatre mois. Une petite braise dans le feu de la justice puisque Stephen Davidson et Francis Gagnon agissent en secret en n’étant pas inscrits au registre. En février de la même année, Jean D'Amour, ex-président du PLQ et député libéral de Rivière-du-Loup, accepte de payer 500 $ d’amende (un petit supplément de revenus pour un misérable) pour avoir exercé des activités de lobbyisme pour BBR un peu après qu’il eut occupé le poste de maire de Rivière-du-Loup. En tout, BPR aurait commis 84 infractions à la Loi sur le lobbyisme. Mais encore, malgré ces collusions qui touchent BPR, je me surprends de constater que le feu de l’entreprise ne cesse de s’étendre sur le Québec, avec l’aide du gouvernement Charest. En décembre 2010, il était maintenant question d’octroi de contrats de centrales hydroélectriques par la ministre Nathalie Normendeau sans aucun appel d’offres.

 

1961-2011: du général De Gaule à General Electric

 

Nathalie peut-elle faire la différence entre le général de Gaule et General Electric (GE)? Le premier est un politicien français ayant œuvré à la résistance contre les nazis et à l’éclosion de la Révolution tranquille par ses alliances avec le gouvernement de Jean Lesage, premier ministre du Québec élu au solstice d’été du 22 juin 1961. Le deuxième est une multinationale étasunienne, liée au groupe Carlyle, fonds de la CIA, dont les résistances sont des objets se retrouvant dans des circuits et qui, comme BPR, reçoit les bons soins du PLQ. Nous parlons principalement de turbines et de composantes électroniques de puissances, très dispendieuses, servant à la construction d’éoliennes. Par cet éclaircissement, elle devrait comprendre les dangers en 2011 de vivre dans un libre marché où s’achètent et se vendent des entreprises, souvent avec le consentement d’un gouvernement parlant «d’alignement des planètes» pour mandater ses choix en matière de développement économique?

 

En l’an 2000, GE tente de mettre la main sur Honeywell, le propriétaire de Tetra Tech entre 1982 et 1988. La Commission européenne bloque la transaction, une décision entérinée par la Cour-Européenne le 14 décembre 2005, à un moment où GE possède 4 % des actions de Gemplus après le coup fumant de la CIA. Nous ne pouvons prévoir quelle entreprise avalera Tetra Tech en 2011. Je constate seulement qu’où se retrouvent les amis et réseaux de GE, apparaissent John James Charest et le PLQ. L’économie d’abord! La baisse d’impôt de 2008 qui précède les réductions des services en 2011 calque la politique du gouvernement du président étasunien Ronald Reagan, homme qui s’est fait connaître des électeurs en animant le GE Theater du dimanche soir diffusé sur CBS entre 1954 et 1962 et qui a participé à des tournées de promotions de GE entre 1952 et 1962. Manipulation de l’opinion publique. Pour étendre les flammes de sa croissance, dans les années 50 GE utilise les services du plus grand maître d’œuvre de la manipulation de l’opinion publique. Son nom est Edward Bernays (1881-1995). Il a oeuvré pour la CIA afin de renverser le gouvernement du Guatemala en 1954 en réponse à une réforme agraire qui nuisait au marché de la banane de United Fruit, une entreprise étasunienne qui avait dans son C.A. Allen W. Dules, aussi directeur de la CIA. Ben praler la langue franchaise pour la protectionner! L’État de John James se croise les bras devant l’anglicisation du Québec et impose la loi 115 en bâillonnant l’Assemblée. Le feu sauvage de l’amour lui assèche même les lèvres au point de lui commander le silence lorsque le 12 février 2004, Conan O’Brien, animateur étasunien de Late Night with Conan O’Brien de NBC, propriété de GE, traite les Québécois «d’insupportables» et de «bornés» et les invite à parler la langue de l’Amérique, l’anglais. L’international! John James devient le grand manitou de l’union entre le Canada et l’Union européenne. En 2009, il se permet même d’inviter les États-Unis à réfléchir aux avantages qu’ils pourraient retirer s’ils s’unissaient au Canada pour réaliser cette union. Notons enfin que ce rêve de réunir en un bloc financier l’Europe et l’Amérique naît des initiatives de Walter Bedell Smith, le patron de la CIA et Joseph Retinger, agent des services secrets britanniques et créateur du Congrès américain pour l’Europe uni (ACUE) le 29 mars 1949 afin d’intervenir à ce projet avec le soutien de cette confrérie d’individus qui joindra la CIA: Allen W. Dules, Thomas W. Braden et Willam J. Donovan. Pour GE, en 1992 l’entreprise s’intègre au Transatlantic policy network, un regroupement composé de Nestlé, Boeing, la Deutsche Bank et Honeywell qui opte pour la même union. En l’an 2009 cette fois, GE rejoint la Banque de développement du Canada, la Banque Mondiale, la Banque Royale, Bombardier, la Caisse de dépôt et placement, le Canadian Business, le FMI, GDF Suez (Gaz de France Suez), Génome Québec, Investissement Québec, le journal La Presse, Rio Tinto, la Société générale de financement et Hydro-Québec au Forum économique international de Montréal pour nous demander de nous adapter au Nouvel Ordre Mondial.

 

 

Quatre bananes ayant survécues aux

politiques agraires du Guatemala grâce

aux interventions de la CIA   

 

Frankenstein est un monstre

 

S’adapter au Nouvel Ordre Mondial (NOM)! Est-ce là l’objectif de tout ce chambardement qui dépossède le Québec? Cette union des nations, de cultures et de langues pour nous permettre de fabriquer un ordre planétaire meilleur, me rappelle Frankenstein. Comme le NOM, ce surhomme cadavérique rassemble, en une seule entité, différents membres provenant de macchabées. Un amas de chair stagnante qui reprend vie par le soutien du feu de la foudre pécuniaire, sans pour autant recevoir le don de communiquer ses passions et de cohabiter avec les citoyens du village global. 

 

Frankenstein est vivant. Depuis 2003, le PLQ a besoin de démembrer le Québec pour se donner une raison d’exister. Muet. Il ne trouve pas les mots pour informer la population de ses intentions. Exploitation d’uranium, mine aurifère, pétrole, gaz de schiste… Après des territoires légués, les permis d’exploitations signés, nous sommes devant le travail accompli pendant que Total, entreprise française dont 3,9 % des actions sont détenues par Paul Desmarais, l’ami de notre premier ministre et de Nicolas Sarkozy, réfléchit à l’acquisition de gazières ayant nid au Québec. Qu’en est-il de l’électricité? Pendant que les contrats donnés à Tetra Tech sentent le brûlé, en juin 2010 Frankenstein grogne de toute sa force parlementaire pour imposer, par bâillon, la loi 100 qui nous oblige à éponger le déficit par une augmentation de la TVQ de 1 % dès le premier janvier, une franchise santé et une hausse de 15 % du bloc patrimonial du tarif d’électricité en vigueur entre 2014 et 2018 (2,79 à 3,79 cents le kWh), ce qui devrait se résumer par une majoration équivalente ou supérieure, avec l’objectif que ce dégel puisse atteindre la valeur marchande d’environ 8,5 cents le kWh, une majoration de 300 % que le monstre évite de livrer sa date d’échéance. Les amis de la CIA sont sûrement satisfaits de cette gestion ésotérique. La loi 100 est une occasion en or pour nous répéter ce vieux mantra reposant sur la logique implacable du néolibéralisme: si nous vendions Hydro-Québec, le déficit diminuerait et nous n’aurions plus à payer des augmentations abusives imposées par notre gouvernement et serions ainsi plus riches.

 

 

 

Frankenstein s'est souvenue, en sortant du Forum économique mondial de Montréal en 2009,

qu'il doit rapporter du lait à sa femme

 

Frankenstein doit se faire hypnotiser pour affronter la foule et se mouvoir sans attirer les regards. Devrions-nous aussi regarder la pendule se balancer devant nos yeux pour croire que tout se déroule normalement? En 2011, la propagande nous poussera à accepter l’inacceptable, au risque d’élever les collusions et la corruption au rang d’une nouvelle culture politique qui profitera au sacrifice de notre démocratie et nos droits sur le bûcher de l’économie. En 2011, plus qu’en 2010, nous devrons nous protéger contre ses ingérences en côtoyant la méfiance. À cette fin, ne cherchons pas les flammes de la CIA qui lèchent Hydro-Québec. Demandons-nous plutôt qui sont les gens dans notre gouvernement qui travaillent pour ce service de renseignement? Difficile de savoir. Le cerveau de Frankenstein provient du corps d’un criminel. Ainsi, ses maladresses et bêtises sont innées et ne risquent pas de se soigner par une enquête publique. Ce cerveau est aussi intelligent et capable de développer des stratégies. La principale consiste à jouer au pyromane pour ensuite nous vendre le calendrier des 10 propagandes de Sylvain Timsit paru dans Le Couac de décembre 2010. Épuiser la démocratie, la Justice et les groupes de citoyens qui revendiquent des droits, des moratoires et la vérité en multipliant les feux de scandales et de controverses afin de se présenter comme l’autorité qualifiée pour les éteindre.

 

Faire parler le feu

 

Nous devons maintenant nous poser cette question afin de ne pas mettre de côté les angoisses métaphysiques qui agitent mon âme. Comment va la vie spirituelle de Frankenstein? Que les monstres soient du Forum économique de Montréal, du Sommet de Davos, de l’IEDM, de la CIA ou du PLQ, ils ont tous un jour ou l’autre besoin de croire que quelque chose de grand, puissant et magique peut transformer les petites étincelles en lucratifs incendies. Pour y arriver, ils doivent faire parler le feu, car lorsque cet élément communique, il devient Dieu; l’Éternel prenant la forme d’un buisson-ardent pour communiquer avec Moïse. 

 

Bonne nouvelle. Au Québec, le feu parle depuis le 6 septembre 1952 par le soutien d’une savante technique qui bombarde le phosphore dans un tube à vide à l’aide d’un feu électrique hypnotisant. Vous connaissez peut-être? Cet objet se nomme téléviseur. Sans sa multiplication, la Révolution tranquille de Jean Lesage n’aurait pas été possible pour nous sortir de la grande noirceur de Duplessis. Les monstres le savent. En décembre 2010, John James a accusé les médias d’être responsables d’une mauvaise interprétation de la réalité qui nuirait à notre jugement. Ce qui veut dire que les journalistes d’enquêtes devraient faire moins de flammes. De mon côté, j’ai l’impression que 2011 sera une année de secousses qui affecteront la SRC via son épicentre à Ottawa et que le feu qui parle continuera d’animer l’idée de privatiser Hydro-Québec (Liberté Québec et l’IEDM) en prétextant le besoin de feu (argent) pour payer le déficit, jusqu'à ce que 2014 profite à cette fabrication du consentement de se départir d’Hydro-Québec par les effets cumulatifs de la loi 100. Le feu continuera aussi à nous entretenir de cette droite sacrifiée aux flammes de la gauche du «Plateau-Mont-Royal», pour éviter de nous dire que le Québec de 2011 paye de plus en plus cher son refus de poursuivre la Révolution tranquille en devenant «maître chez soi». Que l’odeur de corruption provient non seulement des feux allumés par des fédéralistes, mais que John James, grand gourou des rassemblements de cimetières, est un éternel résigné aux ambitions d’un empire anglo-saxon portant l’essence d’une intolérance à la différence digne du nazisme de Gelen, le fondateur de la CIA.

 

Crions à l’unisson «feu, feu, feu, joli feu», au nom de l’union canadienne. Argent. Argent. Argent. Joli argent. Y a plus de sous chante le gouvernement de collusion.  2011 sentira la chair calcinée. Au bûcher étudiants, malades, travailleurs, personnes âgées et misérables. L’enfer enfin s'impose par la suite à nos oreilles, comme un cadeau pour une veille de Noël enflammée. Un 24 décembre glauque à l'image de ses dirigeants. La chaleur de la voix d’Étienne Daho donne des frissons et nous plonge dans une atmosphère lugubre.  Nous allons mourir pour renaître… Mourir pour renaître. Non. Le Québec n'a rien du Phoenix de Gemplus espionnant les activités d'Étasuniens et de leurs acolytes. Non. Nous ne renaîtrons pas de nos cendres, car la mission du gouvernement Charest-Normendeau consiste à nous sacrifier pour nourrir l’oncle Sam et à éviter que le feu nous parle de ceux qui sont brûlés.

 

Heureusement, des flammes dansent encore pour nous. En décembre, l’IRÉC nous parlait d’un projet pour le mieux-être des Québécois. Un peu avant, le 20 novembre dernier, le cinéaste Robert Morin présentait ce foyer allumé par son briquet-caméra: Le voleur vit en enfer (1984) en première partie de Petit pow! pow! Noël (2005). Une œuvre allumée traitant du quotidien noir de résidents d’un quartier pauvre de Montréal qui livrait la communication comme solution ultime: une petite conversation entre Morin et l’énigmatique voisin du bas, à quelques pas d’un four où cuit une dinde de Noël. Ce n’était pas Incendies de Villeneuve. Seulement un petit feu de 400 $ qui présente un monde que nous préférons fuir de nos yeux pour oublier que les grands cerveaux criminels se retrouvent un jour ou l’autre dans des paradis fiscaux, comme le précise cette autre oeuvre de Morin disponible en DVD pour la nouvelle année: Papa à la chasse aux lagopèdes (2008). Il y a aussi le docteur Faustroll. Cet ex-animateur de l’émission Les Grands Brûlés diffusée sur les ondes du 101,5 FM (CIBL), il y a quelques années, anime depuis septembre Étincelles nocturnes du jeudi au vendredi, de minuit à 3 heures. Dans un conte de Noël, il informait les auditeurs qu’une dame venait d’être immolée par son employeur, à quelques jours de Noël, après 33 mois de service. Cette personne n’est pas la seule à vivre cette situation, vous me dites? Ce qui frappe est qu’elle travaillait pour un groupe communautaire dont la raison d’être est le mieux-être des femmes.

 

 

Henry Mintzberg de l'Université McGrill

rêve-t-il d'un film Frankenstein qui

serait réalisé par Woody Allen?

 

C’est l’effet de la crise, nous lancerait John James. Heureusement, le docteur Henry Mintzberg est plus explicite. Présenté dans Le Devoir du 4 décembre par Éric Desrosiers, ce professeur à l’Université McGrill de Montréal est «classé par le Wall Street Journal parmi les dix penseurs les plus influents dans le monde des affaires». Contrairement à John James, Mintzberg s’attaque au modèle étasunien en affirmant que les «principales causes de la grande récession qui vient de secouer le monde ne se trouvent pas dans des facteurs économiques, mais dans la façon dont les Américains ont géré leurs entreprises pendant des années». Il traite ici du feu de la «gestion de l'efficacité […] des dirigeants de passage» décidant de troquer des emplois avec une croissance de la productivité et des ventes. Pour conséquence, les employeurs ont congédié des «employés en masse en pensant que ceux qui restaient pourraient continuer à faire le même travail». Les flammes générées par la course au profit se sont soldées par «une multiplication des cas d'épuisement professionnel chez les employés et de juteux bonus pour les dirigeants». Enfin, Henry Mintzberg ajoute que la «productivité est non seulement en train de détruire de grandes entreprises américaines, mais également son entrepreneurship légendaire» Que les «entreprises sont à leur meilleur quand des êtres humains engagés travaillent ensemble dans des relations de collaboration, de respect et la confiance. Détruisez ces conditions et c'est toute l'institution des affaires qui s'écrouleHenry Mintzberg termine en disant que le «Québec possède l'une des économies les plus saines en Amérique du Nord, notamment parce qu'il a su préserver l'équilibre entre les secteurs public, privé et communautaire».

 

 

 

Franken-John après

sa séance d'hypnose

 

Ces propos arrivent au moment où se prépare la création d’une économie commune, calquée sur l’Union européenne, réunissant le Canada et les États-Unis.  Un gros Frankenstein. Beaucoup d’électricité, de nombreuses séances d’hypnose et un feu de crise qui emporte tout. Cela me rappelle le film Frankenstein campé par Boris Karloff. À la fin, le monstre se fait dévorer par le feu en tentant de fuir les villageois qui le pourchassent. Franken-John va-t-il connaître le même destin? En 1994, les tensions dans l’OTS ressemblaient à celles que nous vivons au Québec. On parlait de fraude, de manipulations, d’argent et d’organisations criminelles. La Lettre des Templiers (censuré en partie au Québec) laissée en héritage accusait même Robert Bourassa de s’en prendre à l’OTS pour masquer ses propres activités et dénonçait l’Opus Dei, une société secrète catholique qui avait pour membre Claude Ryan, le ministre de la Sécurité publique à l’époque. En 1997, les braises se sont éteintes alors qu’un membre de l’Opus Dei se retrouvait au sein de l’administration d’Hydro-Québec. Cinq ans auparavant, en 1992, le journaliste des complots Serge Monast ajoutait son combustible: Ottawa s’apprêterait à créer une secte pour prendre le contrôle d’Hydro-Québec.  Depuis 2003, nous avons Franken-John pour premier ministre, une créature dont la masse corporelle est composée de seulement 24 % de chair d’électeurs si nous compilons les abstentions. Moi je désire connaître la provenance des 76 % qu’il reste. Vais-je avoir ma réponse en 2011? Sincèrement une très bonne année et surtout de la force pour affronter vos monstres.

 

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Nouvelles de l'Interzone

 

Août 2010

 

PDF

 

 

Les évènements qui inspirent ce texte débutent le 22 juin 2010. Ce jour, je me déplace en vélo pendant qu’une odeur de viande rôtie titille mon odorat en ramenant les vieux souvenirs à d'un temps plus heureux où nous pouvions respirer le parfum de corps calcinés lors d'un feu du solstice d’été, sans nous sentir coupables d’un crime ou méfait.
 
La bonne époque!
 
 
J’ai continué ma route, pour enfin découvrir ces quelques mots de la chanson Canayens de Fred Fortin qui traversaient mon esprit: Ça va bien... Le lendemain, la même chanson me hantait encore pendant que je m’occupais à une activité zen: découper les voyelles et consonnes d’un vieux livre et les placer dans les contenants appropriés, prêts à les utiliser pour un travail de typographie, si mon imprimante faisait défaut. C’est alors que j’ai senti des vibrations m’envahir. Était-ce le séisme du 23 juin qui commémorait le vingtième anniversaire de Meech? Je l'ai crû lorsque j’ai appris que l'épicentre était situé dans la région d’Ottawa, l'occasion de rêve pour écouter Canayens et conclure que cette chanson sur le hockey devait être récupérée à des fins politiques.
 
Le défi fut lancé. J’ai commencé à écrire Nouvelles de l’Interzone en mettant toutes les chances de mon côté pour augmenter mon lectorat. Comment? En m'inspirant de Richard Martineau, un des plus grands journalistes contemporains du Canada. Que puis-je ajouter d'autre que j'ai terminé mon travail le jour du bombardement de Hiroshima du 9 août 1945. Je ne pouvais trouver mieux que cette date pour traiter d’exploitation d’uranium et vous dire deux choses très importantes, que Richard Martineau aurait certainement aimé écrire dans une de ses chroniques publiées par PH7:

 

 

Bonne lecture

 

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Des gens auraient vu une bête aux dents de fers dévaster les terres de l’Interzone. Elle creuserait les trous de la prospection et hurlerait le bon sens de l’exploitation pour étouffer les cris des manifestants que nous pourrions traduire par ces mots: le Plan du Nord du gouvernement québécois étend la bêtise et le copinage dans les  endroits les plus reculés.

 

Je ne réagirais pas à cette affirmation. Pour l’instant, je dois m’inspirer du flegme de Richard Martineau pour construire un texte. Ça va bien.  Et comme le chante Fred Fortin dans sa chanson sur le hockey Canayens: Quand ça va ben, ça va ben. J’ai mon compte en banque dans l’pays voisin. Yé pas plein, yé pas loin. T’en a qui s’lamente, mais moé j’leux dois rien.

 

Ça va bien. Au Québec il pleut des dollars comme jamais. Nathalie Normandeau, vice-première-ministre du Parti libéral du Québec (PLQ) et ministre des Ressources naturelles, parle même d’un investissement de 50 G$ dans le domaine énergétique, dont voici quelques exemples:

 

Ajoutons à la liste le projet d’une ligne de transport d’électricité proposé par la firme torontoise Transmission Developers: 540 km de câbles enfouis entre La Prairie et la ville de New York. Plus au nord: des gisements d’uraniums «les moins dispendieux à exploiter sur le globe», selon Gregg J. Sedun, CEO d’Uracan, une minière fondée en 2006.

 

 

 

Nathalie Normendeau

 

 

Uracan et le SISUR

 

Yvan Loubier

 

Ça va bien. Gregg J. Sedun est le CEO d’Uracan, une minière fondée en 2006. À ses côtés s’érige Yvan Loubier. Cet économiste décrit comme le chef présagé du PQ, cofondateur du Bloc Québécois avec Lucien Bouchard et député sans reproches de 1993 à 2007, fait de son mieux pour louanger Uracan et les vertus de l’uranium à la population de la Côte-Nord.

 

Lors d’une entrevue réalisée pour CILE FM (Havre-St-Pierre), Yvan Bourbier a affirmé qu’Uracan, la «bonne société corporative», prévoit étaler ses activités sur 30 sites et créer de «400 à 500 emplois de haut niveau» sur les «1,000 km carrés» qu’elle possède. Il ajoute que le précieux métal est d’une importance capitale pour «détecter et traiter des cancers, l’irradiation des aliments […] et la déstalinisation de l’eau». Pour ceux qui craignent les effets des radiations sur la santé et l’environnement, il précise que l’uranium ne provoque «aucun effet de serre» et que l’extraction se fera «en respectant les normes environnementales très élevées dans le secteur uranifère». Bref, en «Saskatchewan», malgré une extraction d’uranium débutée il y a plus de 60 ans, il n’y a «pas plus de gens malades (…) qu’ailleurs». 

 

Ça va bien. Pour informer la population de la bonne nouvelle, Yvan Loubier a invité des journalistes à une visite guidée d’un site d’Uracan se donnant le 16 juin dernier. Malheureusement, un trouble-fête a voulu «s’imposer». Son nom est Marc Fafard. Comme il ne représente aucun média, sa demande fut refusée. Bravo! Fafard n’est que le porte-parole de Sept-Îles sans uranium (SISUR), une petite association qui lutte contre l’exploitation de gisements d’uranium sur la Côte-Nord. Et malgré le travail honnête d’Olivier Noël aux communications du SISUR, selon Yvan Loubier, Fafard serait «impolie, agressif», ferait «preuve d’arrogance» et véhiculerait des «arguments erronés».

 

À mon avis, l’anarchiste de Sept-Îles mérite ces qualificatifs. Il déclare qu’Uracan tenterait de manipuler l’opinion publique en organisant les visites pour mieux blanchir son image. Sur le site du SISUR (www.sisur.ca), il ose cette fois entacher la réputation de l’entreprise en affirmant qu’elle se serait installée sur un lieu d’exploitation au nord d’Aquanish, sans permis ni autorisation.   Il ajoute qu’Uracan aurait détruit un aménagement paysagé servant de terrain de jeu pour les jeunes de la région. Mais encore, il précise qu’il aurait tenté, avec le député du Bloc québécois Gérald Asselin, de louer un hélicoptère de Héli-Hexcel pour visiter un site. Refus. L’unique transporteur qui dessert le territoire serait au service d’Uracan. Enfin, même si ça va bien en Saskatchewan, selon un texte de Boucane, ça pourrait aller mieux en Ontario. La région de Eliot Lake, la «capitale de l’uranium», serait polluée par «160 millions de tonnes de déchets toxiques», comprenant une «quantité significative d’isotopes radioactifs», des «résidus» de «minéraux sulfurés qui produisent des acides lorsqu’ils sont exposés à l’air et à l’eau simultanément […] du thorium et du radium dont la solubilité s’accroît lorsqu’ils sont exposés à des conditions acides».

 

Désolé pour Boucane, Fafard et le SISUR, mais Charest, Harper et Sarkozy, pour ne nommer que ces trois grands politiciens, répètent, à ceux qui peuvent entendre, que l’uranium est propre et sans danger. Encore désolé. Il faut se complaire dans le confort de l’indifférence pour douter de notre démocratie. Je ne peux croire que Gérald Asselin, député démocratiquement élu, n’a pu accéder au site d’exploitations d’une entreprise qui agirait sans permis.  Enfin, j’ajoute que si Richard Martineau communique, mon devoir est d’en faire autant. J’ai donc téléphoné à Marc Fafard (MF). Voici l’intégral de notre conversation: 

 

 

 

Marc Fafard

 

ML- Bonjour monsieur Fafard. J’ai des questions concernant l’uranium et Uracan.

MF- Mauvais numéro.

ML- Mauvais… C’est bien le 418-927-2528?

MF- Non, ici c’est le 2525…

ML- Monsieur Fafard, je connais le truc.  N’essayez pas d’éviter mes questions en me faisant croire que je suis à la mauvaise place.

MF- Hey le con…

ML- Je répète ma question… (Fafard raccroche)

 

Fafard refuse-t-il de répondre aux questions d’un journaliste? Je le crois. Richard Martineau le croirait aussi. En fait, nous sommes pareils. Disons presque… Moi ma blonde n’est pas Sophie Durocher du Ici, mais Sabrina, une Italienne gauchiste qui connaît l’art de me priver des plaisirs de la vie, lorsque je déroge de «l’intégrité intellectuelle», comme elle dit. Je me dis donc que si Richard fait des concessions, je dois en faire aussi, même si le coeur n’y est pas. 

 

De l'autre côté

 

Il est vrai que le gouvernement Patapouf ne semble pas apprécier le SISUR. Il aurait aussi certainement préféré éviter de se mouiller dans le litige de l’uranium provoqué par la démission, en novembre 2008, de 34 médecins du Centre de Santé et des Services sociaux de Sept-Îles opposés au projet d’exploitation par la minière Terra Ventura.  J’avoue aussi que Québec montre des signes distincts d’arrogance et de mépris de la démocratie en se contentant de suggérer au SISUR de communiquer avec la Commission de l’accès à l’information pour répondre à des questions d’intérêts publics concernant l’exploitation d’uranium. Enfin, la proximité entre Harper et Charest dans le dossier emprunte la route de cette pensée totalitaire décriée dans Le Livre amer. Nous avons en exemple cet extrait du discours du Trône du 3 mars 2010 de Stephen Harper, prononcé à la suite de six semaines de prorogation extrait d’un texte de François Desjardins paru dans Le Devoir du 4 mars dernier: Le gouvernement veillera à ce qu’aucun règlement inutile ne nuise à la croissance économique de l’industrie canadienne d’extraction minière d’uranium en soumettant indûment l’investissement étranger à des restrictions.

 

Nous pouvons aussi questionner le silence qui suit la visite journalistique du 16 juin des installations d’Uracan. Aucun écho, même si nous sommes tous collectivement touchés par le Plan du Nord du PLQ. Ajoutons cette information: Yvon Loubier travaille pour la firme de relation publique National. Telle une araignée, National aime bien vider la sève de nos souvenirs pour les rendre de plus en plus friables au point de ne plus oser nous les rappeler par peur qu’ils ne se changent en poussière.  Pourtant, nous devons nous souvenir qu’en l’an 2000 La Presse et le Ici ont pondu, presque simultanément, des textes sur la chaîne de restaurant Mc Donald, tellement élogieux que l’encre avait une odeur de propagande. La raison? National devait laver la réputation de son client Mc Donald à la suite de réactions cavalières du restaurant de la rue Peel (Montréal) face aux tentatives de syndicalisation de 45 employés.

 

Loubier aimerait-il utiliser le quatrième pouvoir pour son client Uracan? En 2010, l’exploitation d’uranium devrait assurément bénéficier d’un traitement plus onéreux qu’un restaurant voulant se syndiquer, particulièrement lorsque nous constatons l’implication d’un gouvernement qui ne se prive d’aucun moyen pour vendre ses projets ésotériques. Aujourd’hui plus qu’hier, nous devrions trouver dans le paysage des gens qui savent exercer des pressions sur l’État pour qu’il modifie des lois, allège certaines restrictions ou complique l’accès à l’information. Nous pouvons de même imaginer que ce désengagement de l’État (néolibéral) devrait évoluer vers une remise en question du droit de parole quand il ne sert pas les intérêts de groupes, industries et actionnaires d’entreprises se côtoyant dans des réseaux de camaraderie.

 

Cela dit, ajoutons que lorsque nous lorgnons du côté du développement du Nord, notre seule façon de discerner les relationnistes de la ministre Nathalie Normandeau et du serviteur de National Yvan Loubier est de dire ce qu’ils taisent. À cette fin, je me permets d’ajouter cet extrait du roman apocalyptique en deux tomes La Faim de la Terre de Jean-Jacques Pelletier: l’Alliance libérale du Québec subventionne ses amis pour qu’ils achètent le Québec à la pièce. Et le reste, le premier ministre les vend à rabais aux étrangers!...

 

Pour l’économiste Léo-Paul Lauzon, la réalité semble dépasser la fiction. Dans Dormez-vous au gaz paru dans le Métro du 8 juillet 2010, il écrit que des droits d’exploitations gaziers et pétroliers ont été donnés à des amis du PLQ qui ont eu la bonne idée de les léguer à des «firmes étrangères». Comble de l’arnaque collective, ces compagnies reçoivent aujourd’hui des subventions de l’État, sans obligations pécuniaires. Et pendant que le gouvernement affirme que le développement durable serait demandé par les citoyens, dans Le Devoir du 29 et 30 juillet, Louis Hamelin nous informe que les Innus de Matimekosh bloquent depuis le 11 juin le chemin aux minières Labrador Iron Mines et New Millenium pour riposter à une exploitation du sol sans leur consentement. L’économie d’abord? 80 % des retombées économiques iront du côté terre-neuvien. Et si la tendance se maintient, les emplois les mieux rémunérés du Plan du Nord seront pour les travailleurs étrangers alors que ceux occupés par la main d’œuvre québécoise comporteront plus de risques pour la santé, comme dans ce bon vieux Québec d’avant la Révolution tranquille. Mais encore, le Plan du Nord fera assurément grimper les prix des propriétés et les taxes des régions touchées, au point de forcer, comme nous l’observons au Sud, la délocalisation de ceux qui ne peuvent plus payer. Où iront ces gens? Quelque part sur les 50 % des territoires livrés aux activités industrielles, abandonnés par les spéculateurs ou simplement contaminés.

 

Le syndrome de l'hôpital

 

Quand le peuple qui paye te traite de crétin écrit Fortin dans Canayens.  Pour moi, ces mots expriment le syndrome de l’hôpital lorsque nous les lions à la politique. J’explique. Le Plan du Nord, comme tout ce que touche le PLQ, est géré comme un hôpital. Urgence! Des gens veulent connaître les détails du Plan. Ils doivent attendre. S’ils s’offusquent des délais trop longs, le bon gouvernement décide alors de les épuiser de sa lourdeur administrative et législative, comme il le fait avec les infirmières et médecins. Au mieux, il exploite la grogne populaire pour enrichir d’études, d’analyses et de sommets une élite aristocratique dégénérative. Et une fois que l’argent sort de nos poches pour disparaître dans le réseau, nous découvrons que l’urgence s’est transformée en mouroir sous le regard enjoué d’une clique politique inféodée à des idéologies mortuaires.

 

Mais encore, nous ne pouvons parler de ce mal sans traiter de l’aile psychiatrique. Elle ressemble à celle du Royal Victoria des années 50 et 60. Une institution reconnue pour avoir participé aux expériences de manipulations psychiques du programme MK-ULTRA de la CIA avec le soutien financier (PPP) du gouvernement canayen.  Je n’ose me demander si l’expérience continue. Si la consommation toujours croissante de Ritalin (un record) ou autres substances répondent à un besoin de manipuler les Québécois. J’ose encore moins présumer que des manipulateurs s’offriraient une technologie spatiale de pointe pour imposer des idées à notre inconscient lors de notre sommeil. Je crois seulement que les thérapies chimiques qui s’étendent sur le Québec facilitent l’endoctrinement de la population.

 

Nous reviendrons sur le dossier un jour. Maintenant ce qui importe est notre visite de l’aile de chirurgie plastique gérée par le privé (PPP). Ainsi, quand ça va moins, nous visitons notre directeur de banque pour lui chanter du Fred Fortin. J’ai besoin d’un prêt, car ma femme m’en r’demande pour grossir ses seins. Sont moyens, est pas ben. A s’fie su Fernande. La femme à Poulin. Wayne Poulin.

 

Le CHUM est gros. Les seins de la Belle province sont gros. Ils doivent offrir beaucoup de plaisir à ceux qui lui montent dessus. L’État poufiasse de Patapouf est gros. Il est devenu le territoire le plus invitant de la planète pour les minières. Le Plan du Nord est gros. Les emprunts sont aussi gros. La dette de la Belle grimpe plus que jamais sous le règne de Jean Charest, au point de profiter à des amis qui veulent que nous renoncions à des services et biens. Le budget 2010-11, encensé par Loubier, pave cette route en provoquant un appauvrissement de la classe moyenne et défavorisée qui devrait toucher les bases fragiles de l’économie, plus précisément la locale. Il devient ainsi le verre d’eau pour avaler la pilule de la mise aux enchères d’Hydro-Québec et l’exportation d’eau distribuée par de prétendus spécialistes de l’Institut économique de Montréal (IEDM). 

 

Alors que les tribunes médiatiques ne manquent pas pour nous rappeler les rêves des patients de l’IEDM au détriment de la vision plus claire et concrète de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), le vide se dresse devant nous lorsque vient le temps de connaître les montants d’argent empruntés de banques étasuniennes pour le Nord. Pourquoi? Si Québec avait de la difficulté à rembourser la facture de la chirurgie, il pourrait être forcé de léguer des biens à ses créanciers.

 

Une mauvaise gestion des fonds publics? Je préfère parler d’un «complot». L’IEDM partage les mêmes ambitions que la CIA. Aujourd’hui, l’agence de renseignement prévoit non seulement que les États-Unis devront léguer une partie de la planète à l’Inde et la Chine d’ici 2025, mais qu’elle devra redoubler d’ardeur pour acquérir de l’énergie et de l’eau. La CIA a-t-elle le Québec dans sa mire? Nous pouvons le croire lorsque nous voyons un noyau d’entreprises privées se former autour du PLQ pour faciliter la tâche de la CIA. Pour expliquer mon raisonnement quelque peu précipité, revenons à Nathalie Normendeau. Lors de son annonce du 27 juillet 2010 concernant l’utilisation d’hydroéoliennes dans le fleuve St-Laurent de Montréal (elle est accompagnée par Imad Amad de RSW), l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER) s’est levée pour encenser le projet et faire contre poids à Greenpeace. L’AQPER possède un conseil d’administration impressionnant provenant de Boralex, d’Innergex et de Northland Power. L’association semble aussi privilégier le réseau du PLQ où se retrouve General Electric (GE) dans le dossier des éoliennes. Depuis plusieurs années des échanges de personnels et d’actions se font entre GE et un fond d’investissement très près de la CIA. Il s’agit du groupe Carlyle. Ce dernier partage aussi des avoirs avec Blackstone. Cette banque d’investissement, créée en 1985, aurait sa chaise entre les services secrets étasuniens et la famille Rockefeller. Mais encore, Blackstone finance la firme torontoise Transmission Developers vue auparavant. Terminons par ce détail: une part importante des entreprises dont nous retrouvons des membres dans le CA de l’AQPER ont des anciens employés qui travaillent pour le conseiller juridique Mc Carthy Tétreault, dont Phillipe Fortier, ancien employé de Blackstone (DJO LLC, produits médicaux) et d’Innergex. 

 

Bien sûr, nous pouvons parcourir des pages de noms et de liens pour conclure que le Québec est petit. Moi je préfère m’inquiéter de l’effet de ces accointances sur notre démocratie et souveraineté territoriale. Pour excuser ma réaction, je dois préciser que vers la fin de 1992 une connaissance qualifiait Blackstone de coterie initiatique… ayant l’autorisation du gouvernement Mulroney pour installer, dans l’édifice de Bell Canada de Montréal, un système sophistiqué d’écoute téléphonique fonctionnant à la fibre optique afin de dresser la liste d’individus indésirables, à l’aide de mots clés. Dans le public, cette technologie est devenue par la suite le système de reconnaissance vocale du service 411. En 2010, nous pouvons croire que Homeland Security (l’autorité qui a validé le permis de conduire Plus lancé par Charest en juillet 2008) et ECHELON (réseau d’espionnage des télécommunications planétaires) accèdent nécessairement aux données de ce système, sans que nous puissions connaître les utilisations futures de cette «liste d’individus indésirables». Enfin, en 2010 Brian Mulroney sert les intérêts de Blackstone au Canada.

 

Survivance

 

Ces ramifications laissent l’impression que le Québec est condamné à adhérer à un ordre économique mondial exigeant un accès aux biens publics, une présence accrue de médias propagandistes et une plus grande coopération entre les services de renseignements canayens et étasuniens. Ce que nous n’osons ajouter à la liste est une ethnicisation des francophones qui répondrait à l’idéologie anglo-saxonne de la race et de la nation (Le Livre amer).

 

Pour aborder le sujet, revenons à Canayens.  Sur la toile, nous pouvons faire connaissance avec un type anonyme qui critique l’œuvre de Fortin dans un texte écrit quelques jours après le 11 septembre 2001 (www.adequacy.org/public/stories/2001.9.15.164358.717.html). Chacun a droit à ses goûts. Par contre, j’ai plus de difficulté avec les anonymes qui profitent de l’occasion pour associer les francophones à des homosexuelles et les inviter à se tuer. J’accepte aussi difficilement le fait que l’hôpital de Patapouf ne soigne pas la fermeture d’esprit. Il ne fait que transformer l’urgence de l’intervention musclée pour protéger la culture et la langue du Québec en vivoir pour des gens qui refusent le Québec, au point de le mépriser. J’ose ajouter que le Plan du Nord du PLQ servira certainement de cheval de Troie pour implanter des colonies d’anglophones qui exigeront que la Belle parle l’anglais pour qu’ils puissent plus facilement atteindre l’orgasme lorsqu’ils parcourent son entrecuisse.

 

Les racines de la Belle sont-elles assez fortes pour envoyer paître son client? Dans La Faim de la Terre  un personnage traite de la «valeur adaptative d’une culture» en affirmant qu’elles n’ont pas «toutes la même valeur» et que «nos moyens d’adaptation (…) peuvent même devenir anti-adaptatifs». Il termine avec ces mots: Voyez-vous. La culture qui m’inquiète le plus n’est pas la propriété de quelques races que ce soit, c’est la culture occidentale. Particulièrement dans sa forme nord-américaine qui est en train de se répandre sur l’ensemble de la planète.

 

L’Amérique brille dans le pur esprit des délires de magie noire d’Antonin Artaud (1896-1948). Une exploitation à outrance des ressources naturelles s’impose pendant qu’un modèle commercial poussé au sommet du ridicule menace la survie de l’espèce humaine. L’Amérique transforme aussi les élus en des serviteurs de firmes de relations publiques afin de convertir la population à cet illogisme financier qui multiplie l’argent, sans s’occuper des maux que cela provoque. Plus que jamais, en 2010 le Québec démontre que ses deux pieds reposent solidement sur les bases économiques de son colonisateur. Des enveloppes brunes pour la caisse du PLQ. Des exploitations minières sans scrupules. Pour les gens ordinaires, c’est tout ce qui permet de boucler son budget: l’hypothèque sur un condo, les taxes trop élevées, les droits de plus en plus onéreux pour se divertir devant la télévision, la Toile ou son cellulaire.

 

Lorsque nous traitons de culture, nous devons aussi accepter de discuter de l’héritage religieux. L’argent s’accumule plus facilement dans les sacoches des personnes soumises au legs protestant. Au Québec cette fois, l’héritage catholique a longtemps fait craindre l’argent mal gagné. L’argent qui tue, détruit, divise et corrompt.  Mais encore, l’économie liée au patrimoine protestant a souvent reflété des vielles luttes contre les papistes catholiques, au point de dire que les menaces post-11-Septembre perpétrées à la France de Chirac, ancienne fille de l’Église, par le fondamentaliste W. Bush étaient le sceau d’un vieux conflit religieux et économique qui a précédé la conquête de 1759.

 

 

Drapeau de la Compagnie anglaise

 

S’il veut foncer vers l’avenir, le Québec doit-il renoncer à son passé et opter pour le patrimoine protestant? Nous devons comprendre que l’héritage catholique québécois porte aussi le flambeau de la sociale démocratie nord-américaine qui permet de lutter collectivement contre les maux du mondialisme et du néolibéralisme. Malheureusement, en 2010, cette option politique agonise. Nous pourrions même présumer qu’elle est assassinée par une gestion qui vise un affaiblissement du Québec, par entre autres, la destruction des acquis de la Révolution tranquille, dont la Caisse de dépôt. Et pendant que nous savons qu’une partie du Québec, plus précisément les régions, croit que le poids de l’argent pèse moins que celui de l’environnement, de la famille, des amis et de la vie, nous devons nous demander quelle solution serait l’idéal pour nous faire accepter le Plan du Nord, sans provoquer de vives réactions. Il faut simplement laisser les choses comme elles vont et accepter qu’avoir pour PM Jean Charest nous démontre plus que jamais que nous sommes une colonie britannique soumise au marché anglo-saxon par les revers du mondialisme. Nous devons aussi comprendre que la mondialisation s’est construite sur une alliance entre le commerce et l’État. En exemple, la Compagnie anglaise des Indes orientales (1609-1874), le plus influent réseau commercial de l’époque,  a joué avec la politique internationale par entre autres son implication dans la guerre d’indépendance américaine (Boston Tea Party).

 

 

 

Shiva

 

Ce commerce a aussi passablement orientalisé l’occident au point que le mondialisme actuel relève d’une quasi-mission mystique dont l’objectif serait un nouvel ordre économique plus hindouiste que protestant. Pour y arriver, le dieu Shiva (nous faisons référence ici uniquement au  principe destructeur) se matérialise avec ses quatre bras. Récitons notre mantra: ça va bien. Produisons. Tenons le poupon d’une main, le volant de l’autre, un café de la troisième et ajustons la fréquence de la radio avec la quatrième. Ça va bien. Travaillons. Engrangeons plus d’argent et fouillons dans nos poches pour payer notre droit de plus en plus onéreux à la propriété, à la nourriture et à l’accès à la garderie. Patapouf? Il a maintenant deux mains sur le volant. Deux autres libres pour répondre aux accusations de corruption et de mensonges. Et lorsque Shiva-Charest utilise ses quatre mains pour réagir aux allégations très sérieuses de son ancien ministre Marc Bellemare. Plus il parle, plus ses mains bougent et plus il nous fait penser à un mignon italien. La raison? On dit que les Italiens s’expriment avec leurs mains. Shiva-Charest est aussi végétarien. Les piments, poireaux, concombres et endives sont omniprésents autour de lui. J’ai même vu une poire inscrite dans le visage de Tony Tomassi, son ancien ministre de la famille éclaboussé par une histoire de carte de crédit aux frais de l’entreprise BCIA. Enfin, Jean-Patapouf offre des offrandes à Shiva: la chair et le territoire du Québec. Un peu plus… Jean exporte de l’amiante chrysotile vers l’Inde. Don incontournable. Don sacré. Malgré une lettre de contestation de scientifiques de 28 pays, accusant l’amiante d’être un danger pour la santé, Patapouf a exprimé son refus de mettre fin à ce don à l’Inde, lors du Sommet de Davos de janvier 2010. Bravo Jean! Ne te laisse pas manipuler par quelques savants qui ne connaissent rien à l’hindouisme et aux réseaux économiques.

 

Jean peut maintenant faire aller ses quatre bras pour puiser dans nos poches. Nous rappeler que l’Inde est une puissance nucléaire, que le réacteur CANDU produit du plutonium et du tritium apte pour l’utilisation militaire. Shiva-Charest peut aussi cacher ses quatre bras derrière son dos, en frappant le sol de ses pieds, pour mimer l’impatient devant les gens qui critiquent son inertie et sa politique du secret dans le dossier de l’extraction d’uranium. Il pourra bientôt pointer le Nord de ses quatre index pour montrer l’emplacement du site d’enfouissement canayen des déchets nucléaires.

 

 

Espère-t-il des mutations radioactives qui provoqueraient la croissance de deux autres bras? Six bras pour produire plus. Six bras pour payer plus. Six bras! N’est-ce pas un moyen de reléguer le Québec au rang d’une colonie d’insectes asservie à l’Empire? Comme les gens de la Côte-Nord ont déjà assez de mouches par mètre cube, SISUR a décidé de manifester devant le Parlement de Shiva à Québec, le mercredi 18 août prochain à midi.  Vous êtes invités, même si vous n’êtes pas journaliste.

  

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Nouvelles de l'Interzone

 

Octobre 2009

 

PDF

 

 

Après bientôt cinq années écoulées depuis décembre 2004, je reprends la plume. J’aimerais vous dire que j’ai profité des biens faits du réchauffement climatique pour remplir mes piles de ce soleil omniprésent des derniers étés, mais je vous mentirais.  Sans raisons ni accusations, j’ai été incarcéré par de pâles personnages dans un lieu sans fenêtres, glaces et surfaces polies. Trois fois par jour, on m’a cloué sur un fauteuil kaki, servi à boire et à manger sur une table de chêne pour ensuite me projeter des films. Un Cahors et du fromage au lait cru pour accompagner Crazy et La Neuvaine? Si nous parlions plutôt de colas sur glace et de maïs soufflé au beurre pour me faire avaler des projections de films Vampires de John Carpenter et La Guerre des mondes de Steven Spielberg. Cruauté! Par la force des choses, j’en suis arrivé à croire que la torture élève l’esprit. Et comme je suis un être altruiste, j’ai profité de mon temps libre pour vous édifier par l’écriture d’un essai qui démontre que le mondialisme nous précipite vers une théodictature mondiale. Son titre est Le Livre amer. Vous pouvez vous le procurer chez votre libraire favori ou consultez des extraits.

 

La Guerre des mondes

 

Maintenant, nous pouvons nous regarder dans les yeux. S’il vous plaît, ne me rabâchez pas que dans Vampires les buveurs de sang sont les créatures de prêtres catholiques ayant vécu au moyen âge. N’ajoutez pas que la réalité colle à la fiction en me montrant, de votre index, les soldats sanguinaires de Blackwater soumis aux ordres du fondamentaliste chrétien Erik Prince. Par pitié, ne me dites pas que dans La Guerre des mondes les martiens utilisent la foudre pour voyager du ciel vers leurs machines de guerre souterraines. Qu’ils tuent des humains et laissent derrière eux des ruines et un environnement en mutation peint du liquide rouge de leurs victimes.  Cessez de me dire que notre civilisation se révèle la proie d’une bête aux dents de fer qui triture tout sur son passage, comme les envahisseurs de Mars!

 

 

Vampires

 

Aujourd’hui, je soigne les blessures des supplices en noyant mon esprit de pensées positives et de réflexions humanistes. Les extraterrestres et les vampires n’existent probablement pas. Alors, cessons de nous inquiéter et profitons de la vie. Tout va pour le mieux! Depuis l’automne 2008, nous vivons des changements plus que souhaitables. Non! Je ne pense pas à l’élection d’un «socialiste» et «musulman» à la tête des États-Unis. Celle du gouvernement majoritaire du Parti libéral du Québec (PLQ) de Jean Charest se révèle beaucoup plus importante.  Jean le mérite. Afin d’honorer son amitié avec les grands bâtisseurs et démocrates Paul Desmarais et Nikolas Sarkosy, il a œuvré pour Rabaska le plus gros feu d’artifice au monde à se donner dans une région urbaine. Le 19 août dernier, Jean a même décidé d’autoriser, avec le soutien du ministère des Loisirs et des Sports, la création d’un lac artificiel d’une profondeur de plus de 200 mètres, pour accommoder les nombreux amateurs de plongée sous-marine.

 

Malheureusement, alors que nous avançons vers l’avenir au nom de l’économie, des petits journalistes gangrènent le tissu social en tentant de nous apeurer. Devons-nous savoir que pour nous offrir un des lacs le plus profonds en Amérique, des citoyens de Malaric (Abtibi-Témiscamingue) ont été délocalisés? Que la société minière Osisko en profitera pour puiser un peu d’or, dans le but d’amortir les frais d’exploitation! Enfin, que les Algonquins, une tribu angolaise arrivée à Mirabel par vol nolisé en 1913 selon une source bien informée, veulent bloquer le projet! Avons-nous le goût de nous faire raconter que Rabaska serait en réalité un port méthanier dont l’énergie équivaudrait à une petite bombe atomique? Qu’en juillet 2007, «93 personnes» ont abandonné leurs procédures contre le projet pour se conformer à un bâillon qui leur demandait de «ne pas directement ou indirectement évoquer ou soulever publiquement, de quelque façon ou en quelque circonstance, y compris à l’intention des médias, la question de la conformité du projet Rabaska aux règlements municipaux», selon Guillaume Bourgault-Côté du Devoir. Devons-nous savoir qu’un activisme, dont nous tairons le nom, aurait été harcelé par des appels téléphoniques anonymes et épié par des individus stationnés près de sa résidence?

 

Cette volonté des journalistes de nous apeurer en prétextant notre droit à l’information est grave, presque criminelle. Le ministre Sam Hamad devrait-il dénoncer leurs textes, comme il l’a fait avec le Manifeste du FLQ? Gilbert Rozon, le grand manitou de Juste pourrir, oserait-il les associer au passé comme il l’a pratiqué avec Louise Harel? Je n’attendrais pas une intervention de ces grands personnages pour accuser les journalistes «d’assassinat temporaire». La raison? Je souffre d’une maladie qui jadis inspira La Conquête de Plassans d’Émile Zola (1840-1902). Il s’agit de troubles cataleptiques, une paralysie des muscles et un abaissement du pouls qui me transforment en macchabée lorsque j’ai très peur.    

 

Mort de peur

 

La dernière fois que je suis mort remonte à un lundi d’avril 2003. Comme un vieux reptile cloué devant le soleil, je contemple l’agitation du phosphore de ma télévision. À l’extérieur, des nuages noirs traversent le ciel et une dame claironne ces mots insensés: le diable s’incarne sur terre en enjambant la foudre. Je veux me précipiter vers la fenêtre pour lui demander de baisser le ton, mais je reste écrasé sur mon fauteuil, mes yeux fixés sur le petit écran. Elle répète la même phrase, pendant que mon corps s’enfonce profondément dans la bergère pour me préparer à écouter le message important provenant de la bouche de l’animateur de la Soirée des élections.  «Le PLQ formera un gouvernement majoritaire».

 

La bonne nouvelle me frappe le cœur au moment où la voix de la dame s’éteint et qu’un vacarme incroyable se fait entendre sous les tremblements du sol. La Guerre des mondes… Une foudre d’une intensité rare tombe tout près. Peur! Alors que Jean Charest jubile entouré de son «équipe du tonnerre», une masse pioche mon crâne et je m’affaisse dans le trou humide et froid du sépulcre de mon cortex. Bye bye la vie. Je meurs sans voir l’ombre de la grande faucheuse, le tunnel de lumière, sans poser ma signature sur mon testament.

 

Je suis ressuscité vers minuit. Je ne sais comment vous l’expliquer, mais pour la première fois de ma vie, la mort m’a marqué d’une morosité cadavérique en me métamorphosant en un genre de zombie au regard éteint par un hiver éternel; une grosse viande froide dotée d’une conscience. Pour me sentir mieux, je devrais sortir, me payer du bon temps, mais la seule idée de m’offrir des rencontres pour m’intégrer au monde des vivants me laisse éternellement craintif. Il me semble aussi que la projection incessante du film Vampires ait provoqué chez moi une crainte inexplicable de l’autre. Leurs regards de mépris et d’arrogance me transpercent. Leurs crocs se plantent dans mon artère carotide pour me vider de mes fluides émotionnels, de ma langue, de ma culture, de mes rêves et de mes ambitions. Je ne veux plus entendre ces vampires me demander d’ouvrir mon esprit. Et lorsque je lutte contre le contrôle hypnotique de leurs yeux, cette question ne cesse de hanter ma conscience: devrais-je consulter un psychologue?

 

Jean Charest: le Canadien, le prêtre et le prophète

 

Jean Charest

 

Si je le faisais, je devrais assurément lui dire que depuis mon dernier décès la voix de la dame hante mes rêves les plus sombres. La dernière fois remonte à la fin de juillet 2009. J’étais figé sur le siège avant d’une petite automobile, à côté du premier ministre Jean Charest. Je ne sais pas si mon inconscient s’inspirait de sa demande d’une majorité parlementaire pour tenir seul le volant du Québec, lors des élections de décembre 2008, mais notre cher premier ministre conduisait une voiture dans un quartier résidentiel en commettant de nombreux délits. Dans mes derniers souvenirs, pour passer d’une rue à l’autre nous traversions une bande de gazon d’environ trois mètres en écrasant des végétaux. Moi qui m’exprime généralement avec facilité, lorsque vient le temps de critiquer des méfaits, cette fois ma crainte ordonnait le silence, comme une impression que son comportement n’était pas lié à un quelconque plaisir de désobéir à la loi, mais à une immunité inquiétante qui lui en donnait la possibilité.

 

Revenons à la fameuse voix. Je ne peux affirmer avec certitude si un lis se retrouvait parmi les plantes que Jean saccageait. Par contre, la voix de la dame semblait le préciser. Alors que je m’apprête à me réveiller, elle dit ces mots en parlant du premier ministre: l’initié demande à son maître les outils pour tuer le Lys. Il obtempère à sa demande en lui donnant 13 ministres femmes, 13 ministres hommes et 13 années de pouvoir.

 

Alan De Sousa

 

Je ne tenterais pas de m’inspirer de ce songe onirique pour affirmer que de nombreux délits marquent la politique québécoise. Si je me permets une petite parenthèse, je dirais que nos élus représentent des modèles d’honnêteté, la crème de notre société et aussi des sages qui ont toujours la bonne solution à nos anicroches. Un exemple se retrouve dans le cas d’Alan DeSousa, maire de l’arrondissement Ville St-Laurent. Il y a deux ou trois ans, ce type maîtrisant très bien l’anglais, contrairement à Louise Harel, proposait de faire bouillir l’eau pour remédier à un problème de contamination au plomb. Devant sa présence, j’ai plongé dans le vide de mon ignorance et vécu une révélation digne de celle de Robert Tessier devant la photo de Micheal Sabia. Les métaux ne se concentrent pas dans l’eau en ébullition.

 

Aujourd’hui, j’espère ce miracle en m’inspirant de la voix de la dame: Jean occupant le poste de premier ministre pour quatre mandats. Treize ans à servir la nation entre 2003 à 2016, est-ce possible? Nous avons voté massivement au dernier scrutin de 2008 pour l’élire à une troisième reprise. Pouvons-nous faire un petit effort pour une quatrième occasion afin de nous offrir quelqu’un d’intègre dont le nombre d’années passées sur le siège du chef d’État se rapprocherait des six mandats consécutifs de Maurice Duplessis?

 

Vous marmonnez que «13 ans» sonne à l’oreille comme le mot «trahison» lorsque nous parlons avec une banane flambée dans notre george bouche, un désert très apprécié par Jean. Je vous réponds que vous jalousez ce «grand bâtisseur», le seul à posséder assez de charisme pour mater les séparatistes, les francophiles, les Patrick Bourgeois de ce monde, les mécréants, les intellectuels et les agitateurs publics comme le groupe Maître chez nous au 21e siècle (MCN21) qui propose la nationalisation des éoliennes. Regardons-le de la tête au pied. Jean symbolise notre Apollon national. Observons son juste milieu. La feuille d’érable canadienne camoufle sa saucisse Maple Leaf sans lys thé rose, son menhir, sa pendule de mandibule, son engin de jouissance, son phallus, son zizi, bref, sa basse partie, tout en servant d’objet d’excitation à la base militante de son parti.

 

Ne le cachons pas. Nous adorons son Canada au point que nous ne voulons pas qu’il soit comme un père qui nous donnerait les moyens pour nous éduquer, nous soigner, nous nourrir, nous loger et parfaire la connaissance de notre langue et culture. Notre amour exige qu’il soit un prêtre dont les révélations et la qualité de ses enfants de choeur ne pourraient se discuter. En cas de crise majeure, nous aimerions réciter des prières avec lui. Pas en latin comme dans le temps de Maurice. En anglais pour mieux sauver le marché et offrir l’aumône aux minières, méthaniers et vendeurs d’eau. Nous serions même prêts à augmenter le taux de notre dîme involontaire pour soustraire notre église de la faillite au risque de laisser des ruines comme le font les envahisseurs dans La Guerre des mondes, à honorer le prêcheur de bonnes nouvelles, comme l’ont fait la majorité de ses fidèles, à la fête organisée par la Fondation de l’Université Sherbrooke.

 

Avec un peu de bonne volonté et une grande piété, nous pourrions coller sur le front de notre premier ministre ces propos de Steven Guilbault, anciennement de Greenpeace, parus dans l’édition spéciale 15 ans du journalItinéraire:  

 

Comme Moïse, Jean pourrait-il nous offrir la terre promise ou mieux, le paradis? Sans oser décrire son œuvre magistrale, nous pouvons espérer de lui la création d’un gigantesque Biodôme traversé par un grandiose mur de ciments servant à produire de l’hydro-électricité et à séparer le Nord du Sud. Un côté qui héberge une faune d’animaux sauvages, des végétaux, des tonnes d’insectes et quelques Algonquins. L’autre où se retrouvent un super casino et une population émerveillée par la promesse de faire tomber de l’argent du ciel si nous acceptons de jeter plus d’écus dans la machine de la sainte quête.

 

Morosité cadavérique

 

Malheureusement, lors de crises de morosité cadavérique, il m’arrive de croire que je serais le citoyen d’un pays infesté par des vampires. Le 2 septembre dernier, j’ai même communiqué avec Borgias Dragone, une employée du gouvernement du Québec, pour tenter d’en savoir plus sur ces créatures. Comme un dauphin qui sautait dans ma tête, elle m’a affirmé qu’un régime équilibré est nécessaire au maintien d’une bonne santé. Si je comprends bien ses mots, cela veut dire que les vampires doivent autant consommer du sang humain que celui d’un cerf, d’un caribou, d’un ours, d’un chat ou d’un rat, qu’ils peuvent autant envahir le Nord que le Sud. 

 

Toujours en crise, je compare maintenant le paradis de Jean à un gros congélateur, dont le thermostat serait dans les mains de directeurs de banque de sang. Le bétail bouge et s’excite! Pour éviter de courir inutilement après leur repas, ils ralentissent notre mouvement en abaissant la température. La crise monétaire! On passe de 28 à 21 degrés. Les pertes de 40 G$ à la Caisse de dépôt! Pour la renflouer, la température tombe sous les 20 degrés. Pour honorer le libéralisme et le mondialisme, ils provoquent ensuite des petits frissons de concurrence. Pour conclure le Sommet de Davos, ils nous parlent de froidure dans le monde du travail et des services sociaux, au nom de la productivité et du profit. Et lorsque se présente le Sommet économique mondial de Montréal de juin 2009, on nous demande de nous vêtir chaudement pour nous adapter au Nouvel ordre mondial…

 

Lorsque le thermomètre affichera un froid hivernal, déciderons-nous de nous marginaliser en quittant «le havre de paix et de richesse» ou devenir des morceaux de viande congelée résignés à nourrir le capital économique de pâles personnages? Je ne peux répondre. Par contre, je constate que notre inertie collective repose sur l’obéissance aveugle à des dogmes s’inspirant du  néolibéralisme. Nous nous soumettons à des gens qui adaptent leurs discours à leurs besoins. Partout, des mots se répètent pour noyer nos bruits: «Création de richesse», «une équipe du tonnerre» ou «l’économie d’abord». Et lorsque nous décidons que le mantra ne nous élève pas vers des cieux cléments, la secte nous marginalise et nous refuse. Pas assez bilingue. Trop séparatiste. Pendant ce temps, les Parfaits qui divisent les gens en clans et en degré d’assimilation à l’evil empire, n’osent enquêter sur les irrégularités de la Caisse et sur ses enfants de choeur. Ne débattons pas des risques à laisser les leviers de notre société dans les mains de buveurs de sang ayant une vision sectaire du pouvoir et de la démocratie. 

 

Miroirs et boutons

 

Un des mythes se retrouvant autour de ces créatures affirme que les glaces ne réfléchiraient pas leur image. Plus près de notre réalité, nous pouvons dire que le miroir reflète ce que nous aimerions voir pour leur donner le volant du pouvoir. Pour conséquence, dans ce monde soumis à la création d’images et à l’art de les multiplier dans les médias écrits et au petit écran, nous sommes disposés à laisser un pâle personnage s’élever au-dessus du peuple et de la démocratie s’il est habillé d’une soutane, accompagné du calice d’or de la communion et de l’Autel du sacrifice. 

 

Pourtant, une des responsabilités civiles du citoyen est de critiquer. Nous avons le droit de nous demander si les saints emprunts sur les marchés étrangers servant à la construction d’infrastructures et du barrage de la Romaine ne viseraient pas un contrôle des ressources du Nord que les économistes de la CIA planifient pour les 20 prochaines années afin de préserver l’autonomie des États-Unis. Comment? Une porte ouverte au pillage qui profitera, d’ici trois à quatre, à une privatisation d’Hydro-Québec et à une exportation d’eau pour panser une reprise économique boiteuse et un pourcentage de la dette étrangère devenue étouffant à la suite du bâillon de septembre dernier ayant donné naissance à la loi 40 permettant des déficits jusqu’en 2012. Bref, nous sommes sur la bonne voie pour suivre les recommandations de l’Institut économique de Montréal (IEDM) dont le micro semble servir des buveurs de sang ayant des accointances avec l’empire anglo-américain et les services secrets au détriment des citoyens.

 

Ne croyons pas qu’une «équipe du tonnerre» puisse se révéler sans la foudre. L’invasion de notre territoire par des gourous de la pensée magique se traduit en une pandémie de vampirisme qui affecte notre esprit rationnel. Alors que Barrak Obama comprend que l’économie d’un pays repose sur une croissance du pouvoir d’achat de produits confectionnés à l’intérieur de ses frontières (buy american), notre cher prêtre accorde du crédit au propos de l’aile jeunesse du PLQ (et adéquiste) proposant d’augmenter les frais des services, donc le coût de la vie, au nom de la reprise économique. Ainsi, en majorant les frais de service et la TVQ, l’État s’en prend au pouvoir d’achat de ses citoyens, ce levier économique qui crée de l’emploi. Et encore, il incite de ce fait la population à se tourner vers des produits moins dispendieux souvent fabriqués à l’extérieur du pays. Ainsi, non seulement il freine la croissance de l’économie locale, mais il accentue la sainte fuite des capitaux vers des marchés étrangers.

 

Bien sûr, au Québec nous préférons fuir plutôt qu’affronter le reflet d’une ruine anticipée. Si nous en avions la possibilité, nous aimerions même partir vers le passé, à une époque où la vie était plus facile et les politiciens des pères préférablement à des prêtres. Cela serait aussi pour nous une occasion de constater qu’un début de chaque programme, idéologies, rêves ou projets, nous retrouvons une personne qui enclenche le procédé en pressant sur un bouton et d’autres qui refusent de le faire. Avec le règne du premier ministre Jean Lesage, un bouton a été pressé. Les biens faits de la Révolution tranquille se sont étendus dans les institutions pour donner plus de coffre au Québec. Avec l’élection de René Lévesque en 1976, on nous offrait son aboutissant: le bouton de la souveraineté.

 

Voyage vers le passé

 

 

David Whishell

 

Aujourd’hui, le bouton de Jean ressemble à celui d’une machine à voyager dans le temps qui nous replonge dans les années 50 pour retrouver Maurice Duplessis. À cette époque, le gouvernement se fabriquait une image de sainteté tout en décriant les médias qui nuisaient à ses objectifs. En 2009, cette tendance se pointe de nouveau. En plus du bâillon Rabaska, nous retrouvons le cas du ministre démissionnaire du Travail et député du PLQ David Whissell. Il a menacé de poursuite Le Devoir si le journal rédigeait des textes contraignants sur les liens qui le lient à ABC Rive-Nord, exécuteur de contrats pour le gouvernement du PLQ.

 

C’est aussi dans les années 50 que la physique quantique s’étend dans l’univers de la vulgarisation scientifique. La principale théorie qui en émerge affirme que la matière aurait plusieurs états au point de s’ajuster à l’œil de son observateur. Pour citer un exemple, revenons au miroir. L’image s’y reflétant varie selon les témoins. Pendant qu’un peut l’interpréter comme une copie conforme de ce qui s’y projette, une autre pourrait accuser le reflet d’être imparfait, car le temps que la lumière prend pour voyager vers le miroir et revenir vers lui (600 millionièmes de seconde pour une distance d’un mètre) ne nous permettre pas de l’associer au moment présent. 

 

 

 

Pour prolonger notre réflexion, imaginons un rat voyageant dans le temps. Son départ débute à midi, d’un laboratoire secret. Sa destination: 11 h 59, un mètre plus loin. L’heure arrive. Le bouton se presse. L’animal se dématérialise de son point de départ. Pouvons-nous affirmer que l’expérience est une réussite? Nous pouvons seulement affirmer que le bouton fut pressé une fois. Pour comprendre, situons-nous à 11 h 58. Nous voyons le rat à son point de départ. Dès 11 h 59, nous observons le rongeur se contempler, à son point de départ, de l’endroit de son arrivée. À midi, nous décidons de ne pas toucher au bouton. Pour conséquence, le laboratoire devra soigner deux rats presque identiques (un est plus vieux d’une minute). 

 

Le miroir

 

Nous parlons ici de l’effet miroir. Pour des personnes saines, il représente une occasion pour échanger avec soi. Pour d’autres, plus analytiques, elle permet de sonder les différences entre le soi et celui plus âgé d’une minute. D’autres par contre ne peuvent se confronter à ce phénomène. Dans l’Interzone, nous les associons à des vampires pour cette raison: ils sentent un besoin viscéral d’éviter le miroir. S’ils ne peuvent le faire, ils passent généralement à l’adversité et parfois au meurtre. Bref, ces gens ne peuvent non seulement tenir le volant avec des étrangers, mais aussi avec eux-mêmes.

 

Le problème n’est pas de découvrir que notre société se compose de ces gens, mais que certains occupent des postes clés en politique en s’assurant qu’aucune surface réfléchissante ne se retrouve dans leur espace de vie. Cette façon de diriger a aussi une conséquence mystique, dont celle de prendre des vampires pour des prêtres. En nous inspirant de la physique quantique, ne pas se regarder se révèle aussi l’antithèse de ce que nous pouvons qualifier d’être supérieur ou de Dieu, celui qui voit toujours son reflet au moment présent, malgré la distance, celui qui est la lumière qui s’observe à l’instant.

 

Ne nous torturons pas pour devenir ce que nous ne pouvons être. Nous pouvons par contre apprendre à nous contempler. Au Québec, nous fuyons notre reflet. Nous ne devons pas nous confronter et encore moins nous donner des occasions pour former un collectif. Et celui qui évite le miroir se retrouve généralement dans l’abri du fédéralisme canadien, le château de Vlad qui se découvrant beaucoup plus inquiétant pour notre avenir que la souveraineté du Québec, car reposant sur une gouvernance qui ressemble de plus en plus à une secte de vampires qui sélectionnent leurs victimes selon leurs besoins: Amérindiens, Canadiens français, Québécois, syndiqués, journalistes d’enquêtes, séparatistes, intellectuels, pauvres, chômeurs, assistés sociaux dont le discours propagandiste les associe généralement au… passé. Pour mettre notre main à la pâte, nous écoutons la grande messe se réciter dans une langue étrangère au point de répudier ceux et celles qui aimeraient y participer sans parler le latin de Jean, répéter ce mantra: «nous ne pouvons rien faire».

 

Bravo! Nous acceptons de vivre dans une monarchie qui nous déresponsabilise autant que nos dirigeants. Nous payons notre assurance santé sans nous doter d’une politique de prévention, que ce soit pour éviter la prolifération d’OGM ou d’aliment douteux nuisant non seulement à la santé, mais à l’environnement. Nous offrons à la population plus de 11 millions de doses de vaccins contre la grippe A(HINI) sans avoir une seule occasion de voir Silence on vaccine. Nous gérons nos acquis sociaux, comme un vampire administre une banque de sang. Et lorsque des résistants prennent le sentier de l’originalité pour confectionner des fromages au lait cru, à la place de féliciter leurs audaces et d’encadrer leurs productions dans l’intention de protéger leurs investissements et faciliter l’exportation de leurs produits, nous les saisissons. Ensuite, nous pourrons promettre de beaux dollars pour publiciser les bons fromages québécois en oubliant le plus important: c’est un luxe menacé par la crise. Pour éviter la débâcle, il faudrait plutôt les subventionner avec autant de bonne volonté que nous le faisons avec les entreprises étrangères qui gèrent le congélateur à viande froide de Jean.

 

* * *

Pierre Falardeau

 

Bref,  le 25 septembre dernier s’est brisé un grand miroir dans lequel tout un peuple s’observait. Il se nommait Pierre Falardeau. C’est fini. Le soleil se lève. Allons nous coucher. Si nous sommes gentils, pendant notre sommeil notre bon gouvernement canadien nous livrera des trousses mortuaires en plastique pour remplacer notre vieux matelas de lis.  

 

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