Nouvelles de l'Interzone

 

Septembre 2011

 

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Avant que la vague orange du NPD déferle sur le Québec, je me posais cette délicate question: agissons-nous en fonction d’impulsions qui s’érigeraient par le soutien de manipulations mentales? Pour tenter d’y répondre, je vous présente des personnalités dont le nom s’écrit en trois parties, trois renards, trois administrateurs d’une firme de relation publique, le créateur d’une maison de sondage composée de trois nombres à qui j’ai envoyé trois courriels et un démon à trois têtes. Beaucoup de trois pour signifier que ma promesse, tenue dans les Nouvelles de l’Interzone d’août 2011, d’aborder le contrôle de l’esprit, relève certainement d’un trouble psychique qui ne peut vous garantir de l’objectivité de ma part.

 

Vous savez, je suis un de ces nombreux ignares qui croit avoir vécu une tentative de manipulation mentale. Cela se passait en 1995. Je me suis réveillé au milieu de la nuit en attendant une phrase qui se répétait dans ma tête. Je ne peux la citer intégralement. Je me souviens seulement qu’elle me demandait de voter NON au référendum sur la souveraineté. Après moins de quatre secondes, la voix s’estompait pendant que je retombais dans les bras de Morphée. Suis-je fou? Je peux enfiler une camisole de force, si cela vous fait plaisir, à la condition que cette crainte des gens qui possèdent des noms composés (en trois parties) avouée en 2010 dans Hommage à Pierre Duhamel soit respectée.

 

Un exemple me vient à l’esprit. Il s’agit du docteur Donald Ewen Cameron (1901-1967), l’ex-second président de l’Association psychiatrique mondiale et l’ancien président des Associations psychiatriques canadienne et américaine. Entre 1957 et 1963, Cameron tente de guérir la psychose en effaçant la mémoire afin de reconstruire une autre personnalité. À cette fin, il plonge ses patients dans un coma artificiel et joue en boucle des enregistrements qui répètent des messages. Derrière son boulot s’agite le MK-ULTRA, un programme de contrôle mental. Débuté en 1952 et prenant fin en 1973, il doit permettre la création de personnalités de remplacement rendant possible, en théorie, la fabrication de tueurs contrôlés avec l’aide d’environ 185 scientifiques dispersés à travers le monde. Pour y arriver, des chercheurs profitent de l’inactivité cérébrale (sommeil et hypnose) des cobayes dessinant des ondes Alpha sur un électroencéphalogramme (EEG) et administrent diverses drogues, dont du LSD, pour créer des empreintes mentales; des idées et des suggestions qui parasitent l’esprit par la répétition ou par un contrôle de l’environnement s’opérant par un reflux de ce qui fait obstacle son implantation.

 

En 1959, Thomas Condon (1915-1996) publie The Manchurian Candidat. Ce roman, dont le suspens repose sur un complot communiste mettant en scène un militaire américain doté d’une fausse mémoire afin qu’il assassine le dirigeant des États-Unis, suscite une certaine curiosité pour la manipulation mentale. En 1962, ce classique de la littérature est adapté au grand écran. Quelques mois plus tard, le 22 novembre 1963, la réalité rattrape la fiction. Le président étasunien John Fitzgerald Kennedy (JFK) est tué par Lee Harvey Oswald, un ancien soldat prétendument à la solde des communistes. De nombreuses théories de manipulations mentales font ensuite boule de neige. La plus actuelle provient de la plume de Lincoln Lawrence. En 1967, ce spécialiste des services secrets ayant travaillé avec le ministère de la Défense publie son essai Were We Controlled? dans lequel il propose l’hypothèse d’un contrôle psychique pour expliquer l’assassinat de JFK. Les révélations surprennent. En 1961, Lee Havey Oswald aurait subi un lavage de cerveau à l’hôpital de Minsk de Russie et aurait profité de la technique RHIC-EDOM (contrôle radio-hypnotique de la mémoire intracérébrale) consistant à placer une électrode (implants) dans le sinus mastoïdien afin de provoquer une réaction hypnotique à l’aide d’un signal radio.

 

Le candidat

 

Pour ceux qui aimeraient me souffler à l’oreille que cette technique provient d’extraterrestres ayant parcouru des années-lumière pour fouiller dans notre nez, je dois préciser que l’énergie émanant d’une base secrète située à plus de 650 mètres sous le bistro la Saucisserie de Bois-des-Filion rend mon esprit imperméable à la vérité comme la fourrure d’un canard l’est pour la pluie. Cela me condamne à m’imaginer ce que la ministre Kathleen Weil, Maxime Bernier et son camarade Tony Clement feraient à ma place. Selon moi, ils concluraient que le candidat doit avoir peu d’activités contraignantes afin de minimiser les risques qu’il soit confronté à des informations qui nuiraient à la création d’une autre personnalité. Bref, il devrait accepter de vivre dans un environnement coupé du monde extérieur!

 

Il y a 50 ans, cet environnement ne cadrait pas exclusivement avec l’hôpital de Minsk. Il se confondait aussi avec l’Allan Memorial Institute de l’université Mc Gill de Montréal où se pratiquaient les expériences du MK-ULTRA sous la direction de Donald Ewen Cameron, avec le soutien financier de la CIA et du gouvernement canadien (un petit détail connu plus de 40 ans après les premières expériences). Pour ce qui est du candidat, il se composait de patients, de volontaires et d’orphelins de Maurice Duplessis.

 

Comment décrire cet environnement contrôlé en 2011? J’aimerais vous répondre que l’information transmise par la technologie, des téléphones intelligents aux ordinateurs portables, exigerait qu’il vive en isolation sur la face cachée de la Lune, mais ma conscience préfère se borner au Québec. Comme je l’affirmais le mois dernier en m’inspirant de Ces névrosés que nous sommes de Victor-Lévy Beaulieu de Trois-Pistoles, la Belle province se compare à une aile psychiatrique à ciel ouvert avec pour directeur le docteur John James Charest, un spécialiste dans le contrôle de l’environnement qui aurait certainement enchanté Donald Ewen Cameron. Par sa présence, la mémoire du peuple et de la langue s’efface et le  nombre d’analphabètes croît. Les mêmes messages se répètent, dont cette glorification du Plan Nord et de la gestion saine et efficace, alors que certaines chaînes de radio et de télévision ressemblent à des firmes de relation publique au service de son parti. Drogue et manipulation! L’aile connaît une croissance marquante de consommation de Ritalin, d’antidépresseurs et d’antipsychotiques. Pour prix, le peuple assommé plonge dans un coma artificiel. Il devient trop somnolent pour comprendre la compétence de Nathalie Normendeau et les explications du très articulé ministre Sam Hamad traitant de son innocence pour chercher le coupable de la chute d’une poutre sur une autoroute montréalaise. Assez assoupi pour s’aligner sur les exigences d’investisseurs venus morceler son espace de vie et piller ses ressources. Assez ankylosé pour démontrer sa capacité à masquer sa personnalité, en communiquant dans leurs langues. Trop gagné par la lassitude pour refuser de se conformer aux changements, au point de se fondre dans un mondialisme qui ouvre les frontières économiques, comme nous l’observons avec l’Accord économique commercial global Union européenne-Canada (AECG) mené par le docteur John. Et lorsqu’il résiste, Herr Doktor le rabroue avec l’aide de sa confrérie pour lui demander de S’ADAPTER À L’AUTRE, comme le concluait son Forum sur les accommodements raisonnables.

 

 

Dans l’institut de John, il y a aussi le gros pulvérisateur cathodique, la principale source d’information du candidat. Cette merveilleuse machine à image et à son est importante. Elle profite à l’éclosion de la Révolution tranquille et nous cultive. Sans elle, je n’aurais pas connu les Grands balais canadiens à une époque ou nous en trouvions encore dans les magasins. Sans elle, je ne pourrais confronter mes tabous. Ainsi, moi qui croyais que la danseuse montréalaise Magie Gillis vivait d’amour et d’eau fraîche, je fus surpris de découvrir, grâce au soutien de Krista Erickson de SUN News, qu’elle me coûtait cher en impôt, au point de priver de l’essentiel nos vaillants soldats canadiens. Mais encore, moi qui pensais que Québec était hanté par des séparatistes opposés à la monarchie qui réservaient une table pour bouffer au Snack Bar St-Jean en téléphonant au (418) 522-GRAS, j’ai pu voir la lumière. Devant les images de la Société Radio Canada (SRC), mon sourire s’étalait sur mon visage en constatant que de nombreux résidents de la capitale portaient le drapeau canadien pour accueillir le couple royal, William et Kate.

 

Les renards

 

Alors que m’envahit le souhait de construire le Temple du téléviseur avec l’aide de Gilbert Rozon pour les subventions, une voix dans ma tête m’apprend qu’en 1973 les responsables du MK ULTRA auraient associé le petit écran à la drogue rêvée pour une hypnose de masse. Le renard, un des trois animaux du film Antichrist présenté dans le papier précédent, nous permet d’expliquer ces propos. Je vous en présente trois. Le premier compose le nom de famille de Louise A. Rernard. Dans le texte Ces études qui attaquent la télévision (2009), elle écrit que le petit écran colonise et uniformise nos pensées quotidiennes, affaiblit notre capacité d'attention et engendre un état d'hypnose sous le couvert de relaxation notée par cette présence d’ondes ALPHA sur un EEG liée à l’inactivité du cerveau. Madame Renard ajoute que chez les enfants, une exposition précoce et répétée à la télévision nuit à la construction de son psychique. Une étude en ce sens fut publiée en 2007 dans la revue américaine Pediatrics par deux chercheurs de l'université de Washington, Dimitri Christakis et Frederick Zimmerman. Sur un panel de 3300 familles, elle révèle que l'exposition à la télévision avant l’âge de 3 ans engendre, quelques années plus tard, des troubles de l'attention (TDAH). L'étude confirmerait l'hypothèse selon laquelle la consommation audiovisuelle précoce engendre une modification de la synaptogenèse (formation du cerveau infantile). Elle ajoute que le petit écran se rapproche d’une toxicomanie qui accompagne un désengagement social et politique, ce qui profite aux intérêts des pouvoirs politiques et d’industries dont les besoins d’apathie sont proportionnels à leurs objectifs sur le long terme. Enfin, pour ceux qui se lassent de mes propos sur General Electric (GE), une entreprise fétiche du gouvernement du docteur John, Louise Renard précise que l'ancien publicitaire Herbert Krugman a comparé la télévision à certaines techniques de lavage de cerveau employées par les militaires. Herbert Krugman avait été embauché dans les années 1960 par GE (producteur de tubes cathodiques) pour démentir des thèses qui auraient pu porter de l'ombre à la télévision.

 

 

 

Je rencontre le deuxième renard aux États-Unis lors d’une après-midi pluvieuse de juillet 2010. Il s’agit de FOX (RENARD) News. Comme la bête de Lars Von Trier, il me parle de chaos. Rusé! Pendant que je fais mes petits rots devant l’écran, le petit roux copule en espérant profiter de mon inactivité cérébrale pour marquer mon cerveau de ses empreintes mentales. Un de ses rejetons a pour nom BABY TV, une chaîne pour les bébés qui démontre que FOX se fout des études qui associent le petit écran à une synaptogenèse lorsque vient le temps de construire sa tanière dans le cortex des poupons. Un autre de ses renardeaux se nomme SUN News présenté plus haut. Je n’ai rien contre la haine qu’entretient Krista Erickson avec les artistes. Je crois même louable et sanitaire l’idée de se prostituer sans retirer ses vêtements. Ce qui m’énerve se découvre dans les hommes virils, tels que Rob Ford de Toronto, qui tournent autour de la Blondie de Quebecor en baisant la démocratie pour empêcher le peuple de grandir et de s’élever. Chez Sun News ils se composent de l’ex-premier ministre canadien Brian Mulroney, de Luc Lavoie, de l’ex-conseiller de Stephen Harper Kory Teneycke, et du grand protecteur des sables bitumineux de l’Alberta et ami de Réseau Liberté-Québec (RLQ) de François Legault, Ezra Levant. En d’autres occasions, ils sont des idéologues qui refont les expériences du sociologue Edward Bernays (1891-1995), personnage qui inspire le responsable de la propagande nazie Joseph Goebbels et Enoch Penn, un manipulateur de foules lié à une secte baptisée l’Ordre de Melchizedek, en transformant l’espace public de Québec en un théâtre calquant une image loyaliste et canadienne de la capitale pour influencer les téléspectateurs. Alain Anctil témoigne de la scène. Lors de la visite de Kate et William à Québec, il lève son drapeau du Réseau de Résistance du Québécois. Des policiers arrivent et lui ordonnent de quitter les lieux pour ne pas nuire à l’ordre, en ajoutant qu’il lui faut un permis. Il réplique et questionne le permis des nombreux porteurs du drapeau canadien qui se retrouvent autour de lui. Il découvre qu’ils possèdent une autorisation écrite.  Monsieur Anctil  conclut qu’il est entouré de fantoches de la monarchie servant à donner une image monarchiste à Québec aux téléspectateurs autant canadiens qu’étrangers.

 

Observons maintenant le troisième renard. L’origine québécoise du nom Renard provient des premiers esclaves amérindiens qui vivaient en Nouvelle-France. Je ne sais pas si l’asservi est hypnotisé ou si son «cerveau est lavé par la télé», comme le chantaient Les Stups en 1997? Je constate seulement qu’il est généralement le premier à dénigrer les empreintes du renard pour favoriser son maître. Malheureusement, Comment le cerveau apprend-il? de Pauline Gravel, paru dans le Devoir du 23-24 avril 2011, lui donne une autre version de la réalité. Des étudiants universitaires questionnés sur la gravité ont répondu spontanément qu’un poids lourd et léger chute à la même vitesse. Tout va bien. Ce qui surprend est qu’une petite partie de l’encéphale témoignant du doute, baptisée le cortex cingulaire antérieur (CCA), fut active lors de la réponse. Elle laisse ainsi supposer qu’une empreinte mentale régirait le cerveau inconscient des élèves, au point d’entraver leur foi en la loi de la gravité.  

 

Manipulation

 

Où est la télévision? Elle génère quotidiennement des images qui créent des empreintes qui remettent en question la loi de la gravité. Nous n’avons qu’à penser à Road Runner ou à La Matrice, pour ne citer que ces exemples. Maintenant, posons cette question: les empreintes inconscientes qui activent le CCA peuvent-elles influencer volontairement le choix des électeurs?

 

Je m’excuse de vous livrer mes appréhensions de sénile, sans avoir été élu par la population, mais durant la dernière campagne fédérale j’ai eu l’impression que la télévision me demandait d’élire le NPD par le soutien d’invités, dont un type que j’ignore le nom, qui profitait de son passage à la SRC pour affirmer qu’il voterait pour le NPD, tout comme de nombreux amis bloquistes. Environnement contrôlé? Ses propos n’ont pas été suivis de réactions contradictoires. C’est comme s’il fallait laisser l’empreinte s’imposer sans obstacle dans le cerveau des téléspectateurs; questionner Road Runner et les héros de La Matrice sur la loi de la gravité, sans la présence de Isaac Newton. Je doutais aussi de la Boussole électorale de la SRC qui reçut un temps d’antenne impressionnant pour un programme informatique médiocre. J’explique. J’ai joué le jeu en simulant différentes personnalités. Les résultats: le Parti Vert, le PLC ou le NPD. Aucune fois, la boussole m’a orienté vers le Bloc. Les quotidiens ont aussi dérapé. En plus de La Presse qui a commenté des sondages contestables qui plaçaient le NPD à la tête des intentions de vote, le Journal de Montréal a publié des prévisions qui omettaient d’inclure le Bloc Québécois, comme si ce parti n’existait pas.

 

L’article en question présentait les chiffres de ThreeUndredeHeight (308), une firme qui utilisait un algorithme pour traduire les résultats de sondeurs canadiens, parfois inconnus. Je disais que je suis fou. J’ajoute que je me laisse porter par mon instinct d’aliéné, sans me méfier des conséquences. J’ai soupçonné 308 d’avoir le même employeur que Cameron. J’avais des raisons de le croire. La dernière fois que j’ai entendu parler d’algorithmes pour sonder la population, c’était en 1992 dans le cadre d’un programme de manipulation par la télévision se déroulant aux États-Unis. À cette fin, la firme de relation publique Hill & Knowlton, ayant travaillé à ternir la réputation du Québec autour du projet Grande-Baleine (Robert Bourassa), fut embauchée par Citizens for a Free Kuwait, une association de la CIA qui désirait préparer l’opinion publique à une intervention militaire de l’oncle Sam au Koweït. Celle qui donne le meilleur soutien à la CIA et à Hill & Knowlton se nomme Nayirah Al-Sabah. Elle témoigne devant le Congrès, en août 1990, en sanglotant devant les caméras et en semblant perturbée. Elle a de bonnes raisons. Lors d’une visite d’un membre de sa famille, elle affirme avoir vu les troupes de Saddam Hussein retirer des bébés d’incubateurs pour les jeter sur le sol froid. La vérité sort après les attaques américaines de 90-91. Nayirah Al-Sabah est la fille de Saud bin Nasir Al-Sabah, l’ambassadeur du Koweït à Washington et son histoire est un mensonge qui semble plus reposer sur des séances d’hypnose que sur un cours d’acteur servant à la faire pleurer face à des téléobjectifs.  

 

Derrière 308, nous retrouvons un seul individu. Son nom est Éric Grenier, porte-plume pour Le Devoir lors de la campagne électorale. Monsieur Grenier fut très avare de commentaires sur l’origine des algorithmes, le financement de 308, la méthode pour récolter les données, le nombre d’employés, les membres de son conseil d’administration et sa stratégie qui lui permit de s’imposer dans la majorité des médias québécois. Pour en savoir plus, j’ai communiqué avec lui par courriel à trois reprises. Sans succès. J’ai demandé de l’aide à une journaliste sous les recommandations d’un député rencontré un dimanche de juin.  Le lundi suivant, je reçois une réponse de Monsieur Grenier: des hyperliens vers son site qui ne répondent pas à mes questions. Je réitère, sans insister, en entretenant l’impression que Monsieur Grenier préfère en dire le moins possible.

 

 

 

J’étais curieux de connaître le montant d’argent versé par Crestview à Monsieur Grenier. Crestview est une firme de relations publiques (www.opnionchanges.ca) fondée en 2004. Comme Hill & Knowlton, sa raison d’être consiste à influencer l’opinion publique. Son soutien à 308 va-t-il dans ce sens ou fut-il une simple occasion pour le rendre plus visible? Alors que Éric Grenier se repose sur sa neutralité, Crestview aurait de la difficulté à utiliser le même argument. En avril 2011, la firme de relation publique est dirigée par un trio composé de Chad Rogers, Robert Silver et Mark Spiro. Silver offre régulièrement ses services à la CBC (SRC anglophone) et œuvre pour le Banff Forum, un genre de Sommet de Davos canadien qui réunit l’élite politique et industrielle. En 2008, Spiro contribue à l’élection de Benjamin Netanyahou, l’actuel premier ministre israélien et ex-responsable des Finances sous le règne d’Ariel Sharon. Pour Rogers, il s’agit d’un ancien membre du National Democratic Institute (NDI), une organisation internationale à but non lucratif basée à Washington qui propose sa vision de la démocratie à la planète.

 

 

 

 

Un des anciens employés du NDI en Irak se nomme Éric Duhaim. Ce type que nous retrouvons autant au 98,5 FM ayant appartenue au ministre québécois Pierre Arcand que dans les organes de Quebecor est le cofondateur du RLQ. Duhaim est aussi accusé de servir la CIA par des amateurs de complots pas plus fous que Thomas Condon et Lincoln Lawrence. La raison? Le NDI répond au National Endowment for Democracy, un tentacule de l’agence de renseignement qui a profité à des coups d’État de la Maison Blanche. Autour du NDI, nous retrouvons aussi une petite divergence entre Gilles Duceppe et Jack Layton (1950-2011). En août 2008, le bon Jack assiste, à Denver, au forum du NDI alors que Gilles fustige les positions du NDI sur Haïti et le choix de Gérald Latulippe, du NDI, pour remplacer feu Remy Beauregard au sein de Droit et Démocratie, transformé depuis en un organe sioniste.

 

Avec le Bloc qui laisse sa place au NPD, le NDI pourra-t-il agir en paix?  Sans pouvoir le préciser, je crois que le parti «socialiste» devient une bénédiction pour le docteur John. Je m’explique. Ce fils spirituel de Cameron a payé cher de sa réputation, en partie à cause du travaille du Bloc. La formation politique souverainiste a exploité le scandale des Commandites qui a éclaboussé le docteur John et son frère Robert. Plus récemment, en avril 2011, le dossier de nomination de Robert Abdallah au conseil d’administration du Port de Montréal fait son chemin par le support d’un enregistrement électronique qui aurait été remis à Gilles Duceppe par les services de renseignements canadiens comme le mentionne Benoît Perron sur les ondes de CISM FM en avril 2011. Pourquoi Duceppe et pas Jack Layton, Bob Rae ou Micheal Ignatief? Peu importe la réponse, le nom Tony Accurso, généreux donateur à la caisse du PLQ, revient dans l’actualité, accompagné du  sénateur Leo Housakos, ancien collecteur de fonds des conservateurs de Harper et de l’Action démocratique du Québec et ex-président d’une filiale de BPR, sans oublier Dimitri Soudas, directeur (à l’époque) des communications de Harper.

 

Alors que le docteur John James soigne son image à coup de rubans, de slogans et d’empreintes, allant jusqu’à ressusciter comme Elvis Graton, à la suite de son décès annoncé dans la version numérique du  Devoir, le NPD prend l’allure d’un spécialiste de la médecine alternative servant le docteur dans ses travaux de rétrécissement de la conscience afin d’éviter que le candidat occupe sa pleine grandeur. À côté, Harper joue le même jeu que John James. Il martèle le Québec et décide de remplacer Dimitri Soudas par Angelo Persichilli, un francophobe dont un petit pourcentage de ses propos méprisants sur le Québec suffirait à John James Charest et son équipe super ultra, à le placer sur le mur de l’exécution politique, s’il était un souverainiste.

 

Le Diable

 

Le premier ministre canadien devrait-il laisser le cher docteur gérer l’agonie du Québec pour mieux s’attaquer au Diable? En 1946, Roger Morneau le fréquente par l’entremise de membres d’une société secrète du Montréal anglophone qui invoquent des esprits pour s’enrichir et devenir puissants. Toujours selon Morneau, au XVIIIe siècle l’hypnose serait passée de son giron occulte vers la science pour préparer le contrôle de l’esprit humain. Pour y arriver, la théorie du magnétisme animal (hypnose) du physicien Franz Mesmer (1734-1815) s’impose. Aujourd’hui, ce magnétisme animal se lie au balais-yage du téléviseur par des spécialistes de la vidéo. Ajoutons que le petit écran laisse parfois l’impression que le Diable se cache dans des détails qui semblent anodins. Et Dieu créa l’Aflaque, le gagnant du prix de la meilleure émission de comédie au Festival international de Banff de 2005, a présenté de nombreuses années, à l’antenne de la SRC, Gilles Duceppe la TÊTE EN  BAS (il était le seul dans cette position) lors de l’introduction des émissions. Pour les amateurs de magies, cette posture symbolise la destruction du personnage ou des idées qu’il représente.

 

Revenons à l’utilisation de substances psychotropes à des fins de manipulations mentales. Depuis bientôt 3000 ans, la drogue est associée à la pratique de la sorcellerie. La racine étymologique des mots drogue (סָמִים) et magie (קְסָמִים) chez les Juifs témoigne de cette connexité. Aujourd’hui, le progrès nous présente un nouveau décor. Dans une courte présentation (Logique froide et imagination) du livre Le Département du Diable de Wladimir Fedorowski faite en 2010 par René-Daniel Dubois sur les ondes de Bazzo.tv (Télé-Québec), le 4 novembre 2010,  nous apprenons que Staline aurait mandaté le KGB pour pactiser avec Satan afin qu’il serve Kremlin et le communisme international. De son côté, la CIA a créé le projet MK-OFTEN, conjointement avec le MK-ULTRA et le Département de la Défense des États-Unis. Les responsables du MK-OFTEN ont analysé les effets comportementaux et toxicologiques de certaines substances sur les animaux et les humains. D'après Les Armes secrètes de la CIA de Gordon Thomas, le projet MF-OFTEN s’offrait même les bons offices du docteur Sidney Gottlieb, alors chef des services techniques de la CIA, afin d’explorer le monde de la magie noire, maîtriser les forces de l'obscur et démonter l'idée reçue qui veut que les retranchements de l'esprit humain soient hors de portée. Enfin, ce projet visait à créer un nouvel être psychocivilisé, l’équivalent du candidat pouvant s’adapter aux transformations. À cette fin, des médiums, diseurs de bonne aventure, chiromanciens, spécialistes du démon, sorcières, satanistes et autres praticiens de l'occulte furent recrutés (Wikipedia).

 

En 2011, notre monde se compose de candidats qui s’adaptent aux transformations et d’autres qui transforment le globe. Alors que le deuxième adore parfois Baal, le démon à trois têtes qui apporte la richesse, le pouvoir et le contrôle, le candidat se prosterne devant François Legault, Éric Duhaim, le docteur John et le petit écran, en renonçant à la conquête de son environnement, à l’adaptation de l’autre à lui, à la nationalisation des ressources naturelles et des énergies fossiles que nous souhaitons par l’indépendance du Québec. Comme un patient désabusé, il conjugue sa vie avec l’individualisme de l’AVOIR plutôt que de l’ETRE. Il mesure ainsi la valeur des individus à travers la consommation et la possession pour mieux avaler une coupure de son être réel servant son identité conditionnée par des partis, organisations et coteries initiatiques qui rêvent de forger une personnalité universelle qui cadrerait avec l’anglo-sphère.

 

Avant de porter mes oreilles sur les douces mélodies de la pièce Le Bloc démoli (1988) des Quatre Guitaristes de l’Apocalypso Bar pour endormir la douleur de la défaite, j’ajoute que je n’ai aucune difficulté à croire que des groupes nous manipulent. J’affirme de ce fait qu’ils le font pour préserver le pouvoir en place pour cette raison: l’État actuel sert les manipulateurs. Il entretient l’institut psychiatrique à ciel ouvert, s’assure d’une croissance du nombre de prescriptions de drogues en même temps qu’il multiplie les occasions pour diminuer notre activité cérébrale propre à l’hypnose. Avec cette impression que des médias sont devenus les firmes de relations publiques de John James, je ne peux éviter de noter que les idéologies qui excusent ces alliances reposent sur des valeurs identiques à celles de cette petite élite anglo-saxonne de Morneau: pouvoir, enrichissement et contrôle. Pour ce qui est de la vague orange, je n’ai pas autant d’enthousiasme que d’autres. Elle est l’effet d’empreintes mentales qui ont été volontairement transmises et qui profitent du vote de groupes dont le rapprochement relève de l’utopie. En plus des souverainistes versus les fédéralistes, nous retrouvons le candidat déboussolé, flottant de droite à gauche et votant pour des étrangers sans expériences, parfois fermés au Québec en ne parlant pas le français, accompagné de quelques anglophones vivant au Québec et de disciples de Baal. Il faut le souligner. Près de 2400 amateurs de magie et de sorcellerie vivent à Montréal, dont un pourcentage non négligeable a dû voter pour le NPD pour ces raisons: ces gens majoritairement issus d’un milieu anglophone aisé et solidaire craignent le fondamentalisme au sein du cabinet Harper et ne partagent pas les valeurs du Québec affichées par le Bloc.

 

 

 

 

Malheureusement, cette unicité dévoile une alliance mortuaire. Alors que Jack s’est envolé trop rapidement, le Québec gère son agonie plus que jamais exclue et diminué, le Bloc expie lentement et le PQ s’étiole. Seul le docteur John survit avec son ombre, le RLQ, devenu la lumière de l’ADQ. Est-ce le prix à payer lorsque nous lorgnons sur le sentier du mondialisme et des échanges économiques, sans  questionner les conséquences: un monde de richesse instauré sur la totalité pour les disciples du démon à trois têtes et un univers d’esclaves pour le candidat qui prend de plus en plus la forme d’un ordre mondial totalitaire. Peu importe où nous nous retrouvons, nous souhaitons que l’ordre au chaos mondial du renard soit doux, humaniste et souriant comme l’était Jack. Et si quelqu’un devait s’opposer à ce nouvel environnement mondial, nous aimerions sans doute qu’il soit exclu du système ou forcé à y adhérer. Devant ce choix, je crois important de questionner la souveraineté, non pour lui donner son repos éternel à côté de Jack, mais pour la ressusciter en cherchant à nous parfaire plutôt qu’à nous adapter.

 

Des mots pour vous dire que je ne sais pas qui produisait les enregistrements en boucle par cette nuit de 1995. Il me semble seulement qu’il aurait pu mettre plus d’effort pour raffiner son travail. Comme plus de 49 % des électeurs, j’ai voté OUI. Lors de la campagne électorale de 2011, ce n’était plus ma tête qui s’emballait, mais tout le reste. Je devais l’écrire, car nous sommes les seuls à pouvoir traiter ce mal pour éviter de souscrire ce qui reste de la démocratie aux laveurs de cerveaux qui préparent la prochaine élection du docteur John.  Joyeux Noël et bonne année 2012.

 

 

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