Nouvelles de l'Interzone

 

Mars 2014

 

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Je m’excuse pour ce silence de 30 mois.  Je vaguais à d’autres activités pour fuir l’impression de me confronter quotidiennement au vide. Ce vide pesant que je porte, pousse, tire et traîne à m’en épuiser, jusqu’au jour où une petite chanson m’a donné la force de continuer. C’était le 21 janvier dernier lorsque Le poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg a émergé dans ma tête sans m’avertir, l’histoire d’un type qui passe sa journée à faire des trous dans des correspondances à la gare des Lilas à Paris, pendant qu’il rêve à une vie meilleure, ailleurs, à Miami.

 

Je sais. Mon existence est chambardée par des trous.  Le trou des pertes de gains selon les prévisions de rendement espérées pour l’année financière. Le trou des pertes causées par une masse salariale trop élevée. Le trou de la croissance du nombre d’heures de maladies. Des couleurs criardes et de gros graphiques s’affichant sur un écran cathodique, comme un spectacle de l’Institut économique de Montréal (IEDM) pour me dire que ma viande coûte plus cher au kilo que celle d’un Chinois ou d’un Indien. Qu’à moins d’un miracle, la solution aux trous dans les budgets des gouvernements sera de creuser d’autres trous pour exploiter des minéraux, du  pétrole et du gaz. Le vide…

 

J’aimerais contempler ces orifices en pensant au rendement de placements et en espérant une illumination qui me rendrait digne du marché. M’émerveiller devant un écran HD comme d’autres l’ont fait en fixant une statue de la Vierge Marie, mais je suis trop préoccupé par les trous dans ma mémoire qui m’absorbent et me vident de ma substance. Tanné d’observer des crevasses mouvantes déambuler autour de moi, des  trous de c… et membres de confréries idéologiques et politiques qui transforment l’économie en un grand trou servant à précipiter les gens et les idées qui ne cadrent pas avec leurs intérêts, voire des générations entières, pour mieux honorer le dieu de la chrématistique. Lassé de la foutue Charte des valeurs du Parti québécois (PQ) et d’arguments qui exhibent notre incapacité à débattre en mettant de côté notre individualité.

 

 

 

 

Je peux donc comprendre ce besoin de tout jeter dans un trou afin de parler des «vraies choses». La cargaison d’ailes de poulet qui aurait donné la petite poussée nécessaire à un avion en difficulté pour qu’il puisse atterrir sur la piste de l’aéroport de San Diego? Non! Stephen Harper qui aurait appris à jouer Aneshama Lah au piano? Non! Le nain albinos qui a mordu l’entrejambes de quatre résidents de Kirkland afin de se tailler une place dans la file d’attente du train? Encore non?  C’est l’économie qui doit prédominer.

 

Je nuis à l’économie

 

 

Dans Le Devoir du 29 janvier 2014, deux icônes québécoises ont frappé sur la Charte du PQ. Le premier est Louis Audet, un proche du Parti libéral du Québec (PLQ) et le p.-d. g. de Cogeco, une entreprise de télécommunication propriétaire de 98,5 FM où nous retrouvons la séduisante Isabelle Maréchal. Le deuxième est Philippe Couillard, l’ex-ministre de la Santé, à une époque ou nous attendions que 26 heures à l’urgence, le nouveau chef du PLQ et l’ami de Arthur T. Porter, un copain du président W. Bush qui fut l’ancien Chef de la direction (secrétaire) du Centre universitaire de santé de Mc Gill (CUSM).

 

Audet a affirmé que la Charte des valeurs «menace l’économie» et nuit à «l’immigration» alors qu’un résumé des propos de Couillard soutient que le Québec ne peut choisir un «modèle de diversité qui le distingue de ses voisins en Amérique du Nord», sans «risquer d’en pâtir sur le plan économique». Ainsi, en faisant des efforts pour me distinguer par des achats locaux, je nuirais à l’économie du Québec et rendrais mon lieu de vie repoussant pour les immigrants? Pour faire plaisir aux deux sages, j’aimerais bien échanger ma sortie au cinéma pour voir 3 Histoires d’Indiens de Robert Morin contre une soirée chez moi à déguster quelques bonnes Evenko Dry de Molson devant le film The Hole de Joe Dante, mais j’ai peur que ce mélange me fasse radoter, ou disons creuser votre tête jusqu’à vous aliéner. Vous m’imaginez affirmer que Louis Audet et Philippe Couillard comprennent le gros bon sens, que la Charte divise et que la division nuit à l’économie. Vous répéter que le maudit PQ a des points communs avec le mouvement indépendantiste des États-Unis, qui à la place de découper le monde en promoteurs et opposants de la Charte,  l’a scindé en un clan de patriotes sanguinaires et un autre d’orangistes et loyalistes britanniques. Mais encore, je pourrais décréter que la signature, le 4 juillet 1776, de la Déclaration d’indépendance par 56 barbares a été une tragédie pour la démocratie et les droits. Que dire de la Constitution de l'oncle Sam qui ne permet pas à Arnold Schwarzenegger de devenir président des États-Unis ou de traverser des terres agricoles du Nebraska avec un oléoduc, sans l’autorisation de leurs propriétaires?

 

 

Je pourrais ajouter que l’économie de ce pays se résume à la Donuts Quotation (la Cote du beigne), le baromètre de la création de richesse des États-Unis créé en 1963 par des étudiants de l’Université de Chicago. Il s’agit de la courbe de performance économique de Dunkin Donuts (DD), un restaurant fondé en 1950 par William Rosenberg, qui préfigure celle de l’économie américaine. Vous dire qu’en juillet de l’an 2000, la faible croissance de DD ne prédisait rien de bon pour les États-Unis. Ainsi, pour éviter la stagnation, un consortium a détruit les tours du WTC dans l’intention d’implanter, par la force, des franchises de DD au Moyen-Orient. Enfin, que malgré ces efforts, en 2007, la Cote du beigne anticipait le pire! Pour conséquence, en 2008, les États-Unis ont vécu une crise économique majeure.

 

Une surprise? Depuis 1964, le pays d’Élisabeth II a travaillé à la création de cette crise pour se venger du génocide de 1776. À cette fin, Londres a utilisé la tournée des Beatles de 1964 pour faire passer en douce des espions britanniques dont la mission était de créer une autre chaîne de restaurant de beignes pour nuire à la Cote de DD, l’économie américaine si vous préférez. C’est alors qu’est né en 1964 le premier Tim Hortons, sous la surveillance de Jim Charade, un proche de Paul Heyller, le ministre de la Défense du Canada à l’époque et le fondateur,  en 1997, du Parti de l‘action canadienne après être passé par les conservateurs, pour revenir en force en 2007 à la suite d’une courte relation avec le Nouveau parti démocratique (NPD), à un moment ou la Cote du beigne prévoyait le pire. Pour faire quoi? Pour parler de l’influence des extraterrestres sur l’économie et en pouvant ses affirmations par la publication d’une photographie d’un beigne de Tim Hortons sur Mars.

 

 

Sodomies et champignons

 

Si ce beigne pouvait parler de la Charte du PQ, il dirait certainement que Louis Audet a raison, en considérant les nombreux symboles religieux qui se retrouvent dans les Ti-Motons en formant un tout harmonieux. Ce même beigne déclarerait, en méditant sur l’affirmation de Philippe Couillard que nous ne pouvons être un «modèle de diversité qui se distingue de nos voisins en Amérique du Nord», qu’il est bien de se démarquer à la condition de faire comme les autres. Si vous préférez, nous avons la liberté de construire un édifice en briques brunes, grises ou blanches, d’y loger un Ti-Motons, un Dunkin Donuts ou un Beigne Laden, pourvu que nous vendions tous des beignes qui se ressemblent dans leurs diversités.

 

La raison est simple: cet orifice entouré d’une pâte molle symbolise l’humain molasque qui aime être sodomisé. Mais encore, lorsqu’au nom de l’économie nous rêvons de trous pour ériger les fondations de vendeurs de beignes, nous ouvrons nécessairement la porte à des firmes de relations publiques qui tentent de manipuler l’opinion publique. Ces gens que je compare aux feuillets publicitaires qu’on place dans les cabarets des clients, qui plutôt que vanter l’effet relaxant des beignes au pavot afghan, feraient l’éloge de la sodomie et de l’importance de choisir le bon sodomite en élisant un candidat qui sait comment utiliser notre trou pour nous faire jouir.

 

Malheureusement, mes racines judéo-chrétiennes me font craindre les sodomites comme la peste. C’est sérieux au point de raidir mes fesses lorsqu’ils s’approchent trop près de moi. Est-ce la raison de mon manque de jouissance chronique et de cette impression de vide qui me suit partout? Je crois plus que je suis las de faire vainement des efforts pour combler mon néant par quelque chose de solide. Tanné de me débattre pour rien, alors que d’autres dépensent du temps et de l’énergie pour me trouer l’esprit. Et malgré cela, je veux bien être compatissant avec ceux qui me répètent que le mouvement indépendantiste injurie le dieu de la chrématistique, à la condition qu’ils puissent ajouter que le fédéralisme canadien provoque les mêmes maux. Mais encore, lorsqu’une union forcée remet tout en cause, de l’identité à la langue, à la place de radoter des mantras, il serait souhaitable de comprendre que l’indépendance est l’outil le plus efficace pour se doter des bases d’une économie forte. Sinon, il faudrait fustiger non seulement les «maudits séparatistes» québécois, mais aussi les patriotes américains qui ont repoussé les Anglais. Rien à faire. L’inertie triomphe comme si le fédéralisme canadien devait s’exprimer par de la myciculture sur le banc du statu quo. Devant cette culture de champignons, il me semble que Audet devrait se demander si les immigrants rêvent tous d’un Parlement servant de campus à des mythomanes amateurs de moisissures sociales et linguistiques, un pays qui serait devenu le lieu de ralliement d’amateurs de chancres?

 

 

 

Le gros bon sens

 

Zone de Texte: Le gros bon sens
Je ne peux dire. Par contre, je constate dans la scène fédéraliste un attachement particulier au «gros bon sens», un genre de Rob Ford symbolisant les personnes qui évitent de se «casser la tête» et qui prennent une «décision» sans passer par une «interminable réflexion» comme l’affirmait le Frère Walter lors de l’émission Radio quotient du 28 janvier 2014. Au nom du gros bon sens, le Québec traîne du vide de plus en plus lourd pour s’ajuster aux décisions de sodomites qui creusent des trous pour enterrer les fruits de revendications qui ont permis au Québec de grandir. En l’honneur du gros bon sens, ils forgent des fosses dans notre espace culturel en excusant une ouverture sur le monde exigée par le mondialisme qui se résume à gaver nos orifices de divertissements anglo-saxons, au point que le petit écran de la Société Radio Canada (SRC), la pure, la belle, la culturelle, ressemble de plus en plus à un appendice de l’Angleterre et des États-Unis. Le gros bon sens pour ne pas trop se casser la tête afin d’éviter de découvrir que l’économie du sodomisé se conjugue avec des capitaux passés de son porte-monnaie vers les coffres de Sony, CBS, Colombia, etc. Économie! Au nom d’un refus de se distinguer, les poches de centaines d’artistes québécois inspirés, originaux et talentueux se vident pendant que la moisissure ronge l’art le moins conformiste, celui qui ne cadre pas avec les beignes. Au nom du gros bon sens, le bilinguisme se vend comme un gage de réussite économique par les plus fédéralistes des sodomites. Ainsi, alors que les Canadiens anglais parlent peu le français, le Québec s’anglicise. Pour prix de ce bilinguisme, le Québec s’appauvrit de plus en plus.

 

 

Au nom du bon sens, accuser les maudits séparatistes de nuire aux investissements ou encore la Charte du PQ, comme le font Louis Audet et Philippe Couillard, n’est-ce pas une forme de diversion? Le déclin du Québec se vit alors qu’une apathie collective gangrène la cause nationale. Pour ce qui est du PLQ de John Charest, le plus fédéraliste et anglophile des politiciens québécois, celui que j’associe au Réseau de la CIA depuis 2012, il a augmenté la dette québécoise de 40 G$ en neuf ans de pouvoir. Accusons les régions? Le gros bon sens veut que Montréal, la ville «bilingue», doive étendre son esprit sur le Québec pour le rendre meilleur, plus dynamique et plus riche. Vraiment! Montréal représente 25 % de la population québécoise pendant qu’elle absorbe environ 30 % du budget d’aide aux gens défavorisés de la Belle Province. Et si c’était le manque d’ouverture? Au contraire, le Québec a tendance à offrir le plein confort aux autres, sans recevoir les mêmes faveurs de ces derniers. En exemple, l’Université de Montréal laisse aux étudiants le droit de remettre des travaux en anglais et propose exclusivement des livres en anglais, ce qui serait en «conflit avec la Politique linguistique», selon Vincent Blais-Fortin de la jeunesse étudiante du PQ, alors que des francophones hors Québec tentent d’être reconnu par le système d’éducation.

 

Mourir pour le Canada

 

C’est devenu hilarant au point de constater que l’importance que nous donnons aux trous facilite la mise en place d’incompétents et des pleutres dans les sphères de pouvoir, comme si nous étions encerclés par des spécialistes de la pâte molle; des coteries de lâches au sein d’organisations, de groupes, de comité et de partis politiques qui poussent dans un fossé ceux dont la compétence et le charisme les menacent. Toujours là pour proposer le statu quo et l’inertie au nom du Canada ou du Québec, pour nous chanter la peur du changement sous la direction de spéculateurs. Ceux qui hier s’opposaient aux patriotes étasuniens et canadiens et qui auraient certainement soutenu l’assassinat de Mohandas Karamchand Gandhi, au nom des intérêts britanniques.

 

Devant le spectacle, dois-je m’excuser d’avoir des nausées qui accompagnent mon vide lorsque ces pleutres parlent de renouveau en fuyant la majorité des dossiers qui nuisent à leur élection. Dois-je taire ma lassitude des machines à slogans qui transforment les campagnes électorales en des propagandes orchestrées par des firmes de relations publiques spécialisées dans l’art de vendre des contenants vidés de contenus. Dois-je éviter de dire qu’à force de rester derrière des lâches, on finit par se croire condamné au trou. Admettre l’idée que la Révolution tranquille enjolive le vide à la place de l’esquiver, l’art d’enterrer des cadavres dans des trous afin de masquer l’odeur de la charogne.

 

Au Québec, nous mourons pour le Canada si nous acceptons d’utiliser le mot «démocratie» pour exprimer la tendance de l’État à s’opposer à la volonté d’une majorité d’électeurs. Nous agonisons en serrant la chaîne qui attache le Québec à la monarchie britannique. Nous expirerons si nous estimons que l’Accord économique commercial global (AECG), négocié en secret par Pierre-Marc Johnson, ne devrait pas être soumis à un référendum. Nous mourons devant les reportages d’un village détruit par un train, le décès de 50 personnes, le sol et les eaux polluées, en évitant d’ébruiter le désengagement du Canada dans le transport ferroviaire et les données erronées de pétrolières sur l’inflammabilité du pétrole transporté. Et pour mourir en paix, refusons de croire que si la responsabilité d’un tel accident avait reposé sur le PQ, on aurait rapidement opté pour l’incompétence des «maudits séparatistes». Nous mourrons en acceptant la multiplication des injustices et d’interventions de gens qui récrivent l’histoire pour embellir l’empire colonial. Nous mourons en refusant de croire que la médisance qui touche le Québec fabrique des assassins. Que Richard Henry Bain, un Canadien anglais armé jusqu’aux dents, circulant en plein centre-ville de Montréal, tuant, par un 4 septembre 2012, un technicien avant de tenter d’assassiner Pauline Marois, serait un cas isolé, un incident malheureux. Nous mourrons lorsque nous déclinons l’idée que l’économie exige le courage de se distinguer, alors qu’elle est un combat de boxe qui nous donne le choix entre frapper ou être frappé. Et lorsque nous devenons fiers de nos trous, nos beignes et nos sodomites, nous perdons la joute, préférant construire des automobiles pour Ford, General Motors et Toyota, car incapables de nous différencier en fabriquant notre propre véhicule dans l’intention de prendre une part du marché mondial.

 

Difficile d’être grand quand nous sommes dirigés par des confréries de petits. Difficile, lorsque dans un pays né de la mort des patriotes canadiens, nous devons nous confronter quotidiennement à des millions de sodomites qui veulent éviter de se démarquer des autres, alors que dans le pays au sud né du courage des patriotes, Barack Obama souhaite se distinguer des politiques de W. Bush qui ont morcelé les États-Unis afin de lutter contre les inégalités sociales. Et pendant que le Canada creuse des trous en désirant étendre leurs fluides à l’aide d’un oléoduc de 4000 km, les États-Unis planifient un voyage dans le cosmos à l’aide d’un moteur hyperespace inspiré des théories du physicien mexicain Miguel Alcubierre. Un projet audacieux qui permettrait d’atteindre une étoile située à 11 années lumières en 80 jours, l’équivalent de cinquante fois la vitesse de la lumière, en créant un trou de vers, ou encore, d’aller chercher le beigne martien et revenir sur Terre la même journée.

 

Pendant ce temps, le Québec aimerait se distinguer en faisant une randonnée en monorail de 250 km en une heure, la distance entre Montréal et Québec. Des cargaisons d’ailes de poulet qui élèveraient les wagons vers le ciel? Non.  Un monorail propulsé par un moteur-roues, présenté en 2010 par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), un genre d’IEDM avec une âme et une volonté de servir les intérêts du Québec.

 

Sortir du trou

 

Le concepteur est Trens Québec, un groupe qui a tenté un soutien financier de Investissement Québec (IQ). Le rendez-vous n’a jamais eu lieu sous le gouvernement de John Charest, puisque «l'opposition au projet était totale» au sein du PLQ. L’économie! Le croyez-vous vraiment?  À la suite de l’élection du  PQ, Pauline Marois a exigé une rencontre entre IQ et Trens Québec pour ensuite congédier le président d’IQ Jacques Daoust en juin 2013. Cette décision a-t-elle donné confiance à Jean-Paul Marchand, le président de Trens Québec? En avril 2013, il affirmait à Découvertes, qu’en 1994 nous avons «manqué un rendez-vous avec l’histoire», à propos de l’abandon du moteur-roues par Hydro-Québec, que si «on rate encore» avec le projet de monorail, c’est «qu’il y a quelque chose de malade au Québec».

 

 

 

 

La lâcheté laisse rarement des signes de vitalité en plus de permettre à de virulents fédéralistes d’éviter la réalité. De toujours poser le bon diagnostique de l’état de santé de ce qu’ils vénèrent et d’associer la distinction à une épidémie dont le remède miracle, made in Canada, serait d’offrir nos votes aux candidats du PLQ, dont Jacques Daoust (IQ) revenu au bercail pour transformer l’Assemblée générale en temple chrématistiques ou se sacrifie le Québec. Trou un jour, trou toujours. L’avenir était hier, comme si nous devions reculer pour sortir du fossé.

 

Heureusement, la vie travaille pour la vie. Il y a quelques années, une personne oeuvrant pour Tactical FM m’a affirmé que la nature apportait des solutions à nos problèmes en donnant naissance à des êtres exceptionnels. Nous avons tous un besoin urgent de gens qui ont les qualités pour que nous puissions arrêter de croire que descendre dans un trou pour extraire des minéraux, d’en creuser pour exploiter des combustibles, c’est un gage de réussite, alors que c’est souvent le sort réservé aux peuples colonisés qui finissent par troquer leurs conditions de porteurs d’eau avec moins de droits, moins de démocratie et moins de repaires historiques, nationaux et linguistiques. Malheureusement, plus l’incompétence atteint les cieux, plus les êtres exceptionnels sont condamnés au trou à cause de leur courage, détermination et besoin de se distinguer du troupeau.

 

En 1837-1838, des patriotes du Bas-Canada ont été tués par les armées anglaises. Gandhi, celui qui a osé œuvrer à la libération de l’Inde du joug britannique, fut assassiné le 30 janvier 1938. Michel Chartrand, célèbre syndicaliste québécois qui a travaillé à l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs, fut emprisonné sans mandat, durant quatre mois, en octobre 1970. Gabriel Nadeau-Dubois, un des porte-parole de la grève étudiante de 2012 fut comparé, au petit écran, à un «batteur de femmes» par Christian Dufour de TVA au moment où la haine se propageait par la machine à image au point de rendre acceptables les menaces de mort contre Dubois et laisser l’impression d’une certaine jouissance de plusieurs députés du PLQ, dont le ministre de la Justice Robert Dutil. Depuis novembre 2013, Djemila Benhabib, une candidate du PQ de Trois-Rivières, doit faire face à des poursuites des Écoles musulmanes de Montréal pour avoir dénoncé le radicalisme islamique qui s’étend au Québec dans le cadre de la Charte des valeurs. Fatima Houda-Pepin, expulsé du PLQ pour des raisons similaires. Alain Saunier, ancien directeur de l’information à la SRC qui a contribué à mettre sur pied les émissions Enquêtes qui ont passablement nui à la réputation de politiciens et d’entreprises qui ont frayé avec le crime organisé, a été congédié en février 2012. Enfin, Daniel Breton, une sommité qui avait le bagage et l’expertise pour devenir le meilleur ministre de l’Environnement, a dû quitter ses fonctions le 29 novembre 2012, au grand plaisir de tenants du bradage des ressources naturelles et de propagandes environnementalistes et économiques. Pas à cause de relations avec des membres de la mafia ou son amitié avec un fraudeur, mais un retard de paiement de 13 mois sur des loyers et excès de vitesse.

 

Ce ne sont que des exemples que vous pouvez contester à votre guise. Il restera que vous devrez un jour ou l’autre constater que le Québec est passé d’un monde qui hier laissait voir l’ombre de l’Angleterre derrière les assassinats et le bradage des ressources, pour se transformer aujourd’hui en son propre bourreau à travers des spécialistes de la fabrication du vide.  Je veux bien traîner ce vide, à la condition d’être supporté. Qui en a le courage? À la gare des Lilas de Paris, le poinçonneur des Lilas, tanné des trous et incapable de réaliser son rêve de quitter son pays pour un ailleurs meilleur, finit par penser qu’il devrait se perforer un trou dans la tête avec un pistolet. Cette réaction a «quelque chose de malade», sans pour autant être imprévisible pour cette raison: notre société fabrique des troués par milliers. Des gens qui décident de partir de leur propre gré avant d’être poussé dans le trou. Je ne peux les juger sans pour autant m’absoudre à leur dire que la nature à horreur du vide. La vérité devra un jour boucher le trou des mensonges, l’information remplir celui de la désinformation. Que les rêves et les projets naissent pour nous donner de l’espoir en l’avenir.

 

Dans mon cas, je meuble mon vide des mots de personnes courageuses et compétentes qui se démarquent d’une armée de clones en veston qui répètent les mêmes phrases pour les mêmes raisons et les mêmes trous. Je pense à Robert Laplante de l’Action nationale et de l’IREC, un type dont la verve éclaire mon esprit. Normand Baillargeon,  professeur en sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal, auteur, chroniqueur au journal À Bâbord, Voir et Le Couac et intervenant dans le documentaire L'encerclement (2009) de Richard Brouillette. Ce dernier a affirmé dans Légendes pédagogiques. L'autodéfense intellectuelle en éducation publié en novembre 2013, qu’une portion de 95 % du discours neuroscientifique qu’on applique dans les écoles serait de la frime et que les victimes sont les «enfants les moins favorisés». Enfin, l’animateur et conférencier Benoît Perron, une source riche en révélations économiques, politiques et juridiques, a livré la liste, lors de l’émission Zone de résistance (CISM FM) du 12 novembre 2013, des «12 apôtres de la famillia libérale qui devraient témoigner à la Commission Charbonneau en 2014»: Jean Charest, Jacques Dupuis, Tony Tomassi, David Whissel, Raymond Bachand, Jean-Marc Fournier, Julie Boulet, Normand Mc Millan, Sam Hamab, Nathalie Normendeau, Michelle Courchesne et Line Beauchamp.

 

* * *

Dans le trou, rien qui puisse nous rappeler les dossiers de Robert Laplante et Normand Baillargeon, pendant que la Commission Charbonneau ne recevra aucun des témoins cités par Benoît Perron. Le PLQ pourra donc continuer à dire que les trous c’est l’avenir et que pour jouir il faut de pencher devant le marché. De mon côté, j’ai l’impression d’être une marmotte qui serait entré dans un trou noir lors de la campagne électorale d’août 2012, pour ressortir de l’autre côté, en mars 2014. À l’époque j’étais hanté par l’idée que le gouvernement Charest avait fabriqué le consentement d’un assassinat politique, une probable réaction à plusieurs mois de travail pour pondre John Charest et le réseau de la CIA. Le temps de voir Richard Henry Bain avant de me retrouver à l’autre bout du tunnel avec la crainte qu’une organisation pourrait renverser les intentions de vote en fabriquant un acte de terrorisme islamique qui accuserait la Charte du PQ.  Cela dit, je n’ai pas l’intention de passer 4 ans avec le PLQ ou l’ADQ, à financer des trous qui serviront à m’enterrer après m’être fait sodomiser par les oligarques sans scrupule, ni à partitionner le vote pour aider l’élection du PLQ. Sinon, l’exile sur une île où les citoyens ont compris que pour être respecté par les politiciens, il faut menacer de les pousser dans un trou.

 

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