Nouvelles de l'Interzone

 

Août 2014

 

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Écrire c’est un peu partir à l’aventure dans une nature vierge à la quête d'expériences que nous n’oserions imaginer. Il y a un instant, j’ai été intrigué par une odeur de charogne, comme si mon odorat devait me rappeler une impression d’être condamné à partager mon espace social avec des gens dont la perte de vitalité chronique les pousse vers la nécropole des asservis. Après quelques secondes à réfléchir au phénomène, j’ai de nouveau frappé sur les touches de mon clavier pour me retrouver devant un corps en état de putréfaction. Je ne peux vous le cacher. C’était le cadavre du Québec. Et selon l’analyse du cycle de vie des mouches et des larves, il aurait été assassiné le 7 avril 2014, lors de l’élection du Parti libéral du Québec (PLQ).

 

Depuis plusieurs années je trouvais que la Belle province semblait préoccupée par sa sécurité.  Malheureusement, lorsque l’occasion venait de discuter des raisons de ses craintes, on traitait du retour des Nordiques à Québec, de la visite de la reine, de la maladie de Ginette ou du choix compliqué entre un onéreux train léger et une coûteuse flotte d’autobus pour traverser un pont payant. Et quand des gens préféraient la réalité aux pilules, pour avancer avec lucidité, on les associait à des indésirables comme s’il fallait les saigner pour éviter les discussions.

 

Que reste-t-il à faire? Préparer la résurrection du  macchabée pour 2018 en nous récurant le nez avec un mouchoir lorsqu’une étoile filante glisse dans le ciel d’août, ou utiliser des filtres magiques et des parfums pour masquer l’odeur de la pourriture?  En attendant, des hallucinés qui se rassemblent autour du cadavre confondent l’Assemblée nationale avec un spectacle de Pink Floyd pendant que le PLQ ressemble de plus en plus à un vendeur de LSD dont l’effet nous permet de comprendre les mots du ministre du Travail Sam Hamad, le Méo de Philippe Couillard. Des valets et des voleurs jouant la chanson Money au Cimetière des assiégés, après avoir transformé la Révolution tranquille en partouse pour nécrophiles.

 

 

 

Quitter son pays

 

Moi je tente de mon mieux d’enterrer quelques vieux souvenirs de ce Québec charmant et francophone avec qui je me serais lié pour la vie, afin de me chercher quelqu’un d’autre à aimer. Si vous préférez, je désire quitter le Québec, comme je l’ai écrit dans les dernières Nouvelles de l’Interzone. Quand? D’ici peut-être trois ans, le temps de vider mon sac et fermer quelques dossiers qui traînent. Où? J’ai pensé à la Corse. Cette petite île de la Méditerranée, peuplée de chômeurs et de terroristes, est l’endroit idéal pour s’exiler lorsque nous sommes un Québécois séparatiste, «xénophobe» et «paresseux» qui rêve «d’exterminer les minorités anglophiles».

 

En mai dernier, je me suis donc inscrit à une journée d’information sur la Corse donnée par un moustachu.  Il s’est présenté. Il a énuméré les politiciens français qui furent ses victimes. Il a comparé leurs gabarits avec ceux de nos élus, pour ensuite ajouter, sur un ton des plus sérieux, qu’un «bon terroriste ne doit jamais travailler l’estomac vide». C’est alors qu’une charmante dame et un cuisinier sont arrivés avec des plats et des vins corses à se faire éclater la panse. Je ne sais pas si c’est l’abus de gras, mais la nuit suivante j’ai rêvé que je cuisinais des Mac Rockets au poulet pour nourrir des soldats canadiens en mission pour défendre Israël contre les attaques palestiniennes. À côté de moi, Stephen Harper me disant avec insistance, qu’après plus de 260 ans à vivre les bienfaits de la Conquête britannique et bientôt 150 à siéger dans la Confédération, qu’il était temps que j’arrête de parler de politique et de droits pour devenir un vrai Canadien. Pour m’aider, une formation donnée par un sexagénaire au nez de Gin qui a affirmé que «pour être un bon Canadien, il faille vivre comme un Canadien». Sont alors arrivées une blondinette, une Africaine et une Asiatique emportant avec elles un BBQ, de la bouffe et de la bière Molson. Ensemble, toutes unies, elles ont relevé leurs manches pour multiplier les galettes de bœufs de l’ouest et me choyer comme si j’étais un membre de la famille royale ou un des chapeaux de Catherine Middleton.

 

Mais vous savez, même en rêve ce n’est pas facile de passer de séparatiste québécois vantant la Charte des valeurs à un Canadien parfait s’opposant à tout ce qui vient du Québec. À cette fin, j’ai louangé les paroles d’une chanson qui faisait rimer le mot «Cheeseburger» avec «She’s biger» et dénigré la poésie de Gaston Miron et des Loco Locass. Je me souviens qu’ensuite j’ai eu le bonheur d’afficher mon ouverture d’esprit en écoutant Mashmakhan, Brian Adam et Rush, pendant que l’Asiatique me servait un bon verre de lait de zeppelin pour soulager les reflux gastriques des Molson Light. 

 

Ça allait bien jusqu’à ce qu’une jeune femme me dise, en regardant le bœuf haché cuire, «fais attention à Lise Thériault». Pourquoi m’a-t-elle parlé de la ministre de la Sécurité publique? Thériault! En tentant d’éviter les regards de gens soupçonneux, elle s’est perdue dans des mensonges à propos des trois prisonniers évadés du Centre de détention d'Orsainville à l’aide d’un hélicoptère.  Puis-je ne plus discuter de politique afin d’énumérer, en vers anglais, les rabais de la semaine chez IGA, Loblaw et Canadian Tired, me retrouver à l’émission Pénélope de la Société Radio Canada (SRC), dans le palmarès du Beat 92 FM Montreal ou mieux, entendre mon œuvre lors d’un rassemblement du PLQ, je n’ai pas besoin de Lise Thériault? C’est alors que j’ai constaté qu’elle avait plutôt dit «fais attention à la listériose», une maladie provoquée par la viande mal cuite.

 

Je alors que je me suis réveillé avec l’impression d’être plongé dans une Matrice qui projetterait l’illusion d’un Canada ouvert et uni pour masquer l’ingestion de mon flux. Ne m’imaginez pas branché à un appareil à succion qui s’étendrait sur des milliers de kilomètres, de mon phallus jusqu'à la bouche de Elizabeth II. C’est mon esprit qui est siphonné. Tout ce qui est forgé par ma nature innée et ces connaissances acquises qui m’incitent à croire que la lumière d’un téléphone cellulaire et d’une tablette numérique devrait remplacer la torche de la liberté pour cadrer avec l’unicité canadienne et la poésie des Dead Obies.

 

Mouches et larves

 

 

Ce vol me rend assurément agressif. Ainsi, mois qui a toujours évité les excès de qualificatifs pour ne pas heurter les gens, j’ai décidé de me laisser aller aux insultes avant de poser mes pieds ailleurs. Commençons par nos chers élus. Je trouve qu’ils sont devenus des organisateurs de spectacles d’arène servant à divertir une population par des mises à mort d’individus. Des mouches qui bourdonnent des commérages économiques: privatisations de Hydro Québec et de la SAQ, une nouvelle taxe sur l’essence et la loi 3 s’en prenant aux pensions des fonctionnaires.

 

Je suis désolé pour ces insectes, mais j’ai toujours eu de la difficulté à admettre que la dépossession tranquille favorise l’économie. De même pour cette tendance à revenir sur des accords négociés et signés avec des travailleurs, alors que ce fut la source d’ententes se concluant souvent par l’acceptation que l’employé de l’État soit moins rémunéré que ceux des entreprises privées, en échange de meilleurs avantages sociaux. Mais encore, je crois que façonner l’opinion publique en oubliant cette réalité relève d’une tactique malhonnête. Personne ne s’enrichit en appauvrissant des ouvriers. Ajoutons qu’en 2014 le nombre de personnes âgées qui tirent le diable par la queue se multiplie malgré leurs cotisations à des REER et à des caisses de retraite. J’ai même été surpris de découvrir, à la lecture du Devoir du 27 mai, le dossier d’une dame de 71 ans qui s’est retrouvée à la rue après avoir quitté un hôpital de Montréal. Un cas isolé? Plutôt un phénomène qui s’étend sur le Québec, provoqué par une accélération de l’état de putréfaction de tout ce que nos gouvernements gèrent. Une bonne administration tout de même, car plus il y a des gens qui faisandent, plus les mouches peuvent pondre des œufs dans leur chair, peu importe si leurs incubateurs ont construit le Québec par des sacrifices afin d’offrir le confort à des attardés qui élisent des imbéciles qui forgent l’idiocratie de demain. Et lorsqu’un mort attire sur lui les regards des médias, les mouches préfèrent montrer leurs belles ailes aux caméras, même si elles n’ont rien à dire. Jean Garon (1938-2014), l’ex-ministre péquiste et ex-maire de Lévis est décédé le jour du Canada. Pour honorer le grand homme, Regis Labeaume, maire de Québec, a expliqué comment Garon mangeait son «sandwich à la viande», alors que le maire de Montréal, Denis Coderre, avouait «respecter» Garon, lui qui n’était pas un fédéraliste nourri avec la merde des commandites.

 

 

 

 

Pour les larves, ce n’est pas mieux. Certaines désirent bouffer un maximum de cadavres afin de devenir de belles grosses mouches. Je pense ici à Hassan Serraji, un type qui semble sérieusement indisposé par l’existence du Parti québécois (PQ). Dans PQ : la politique de l’Autruche publié dans le journal Métro du 23 avril, il affirmait que le PQ dénigrait les immigrants et que sa Charte des valeurs, qui rappelons-le, proposait le très dramatique retrait de symboles religieux ostentatoires dans la fonction publique, était raciste et xénophobe. Bef, pour lui les méchants péquistes luttaient contre les immigrants. J’ai écrit une lettre à l’administration du Journal pour demander de quels nouveaux arrivés parlait Serraji, puise que j’en connaissais qui étaient pour la Charte et qui ont voté pour le PQ. J’ajoutais qu’associer ces derniers à un vote pour le PLQ laissait croire que tous les immigrants votaient pour des politiciens aux mœurs douteux. Ma lettre fut sans réponse. Il y a aussi Dalila Awada, une étudiante qui a commencé à bouffer la chair des Amis de Vigile et de la philosophe Louise Mailloux, ces méchants détracteurs de la société avariée qui ont osé critiquer les propos d’Awada dans le cadre de la Charte des valeurs. Enfin, Anne-France Goldwater, avocate qui porte la cause de Awada devant la Justice avec une passion dévorante, elle qui a écrit le 13 septembre 2013, sur le réseau social Facebook, ces propos médisants sur les Québécois indépendantistes à propos de la Charte des valeurs:

 

 

Il ne faut pas oublier de dire que le Canada se compose de millions d’individus qui baignent dans une culture du mépris de l’autre. Les Italiens, les Japonais et les Juifs y ont goûté, avant d’être acceptés en tant que vrais Canadiens, alors que les Canadiens français sont toujours dans la cible de propos racistes. Est-ce à cause que certains aimeraient couper les ponts avec un Canada loyaliste fermé, intolérant et plus intéressé par les chapeaux de Catherine Middleton qu’au droit des francophones ou une affaire de langue? En attendant une réponse satisfaisante, permettez-moi de rêver à des obsèques qui me donneraient l’occasion de prononcer ces quelques mots en l’honneur du défunt:

 

Son assassinat met en scène une organisation criminelle très structurée qui a été favorisée par des complices, dont ceux qui ont trimballé la victime dans un endroit isolé avant de la tuer. Il y a aussi de nombreux témoins. Malheureusement, la majorité ignorait ce qui se passait réellement, alors que d’autres croyaient que le Québec était un criminel qu’on transportait vers une prison. D’autres ont volontairement choisi de se taire, car impliqués de  près ou de loin dans des propagandes qui ont rendu sa disparition acceptable. Enfin, je sais que je risque de déplaire à certains, mais nous retrouvons des éléments similaires entre l’Holocauste juif et le meurtre du Québec. Je parle ici du désintéressement collectif du sort d’une minorité et un endoctrinement qui exigeait une certaine connivence. Ainsi, lors de la Deuxième Guerre mondiale, on regardait passer des trains sans questionner le destin des juifs qui s’y trouvaient. Nous pourrions excuser l’ignorance, à la condition de reconnaître qu’une culture d’aversion des juifs s’était imposée dans l’opinion publique.

 

Est-ce que Serraji, Awada et Goldwater peuvent se comparer aux partisans du régime nazi en étendant la haine des séparatistes et souverainistes québécois? Des campagnes de peur opérées sous le régime nazi ont incité des juifs à cacher leur identité et conviction. Au Québec, les propagandes contre les souverainistes ont provoqué une appréhension à étaler publiquement leurs points de vue et d’exiger le respect de leur langue par crainte de représailles; de se retrouver sous l’escorte d’agents de la GRC à la sortie d’un avion ou de se faire taxer de «terroriste de la langue» ou de «grammar nazi», des mots empruntés d’un texte du Devoir du 25 juillet 2014 dans lequel David Sanschagrin dénonce une domination qui intègre les schèmes de pensée et le langage du colonisateur nous rendant ainsi psychiquement lié à notre colonisateur selon les mots employés dans Portrait du colonisé d’Albert Memmi, philosophe et essayiste franco-tunisien.

 

Est-ce que ces schèmes de penser de l’anglais nous raccordant psychique au colonisateur inciteraient des gens à utiliser tous les moyens qu’ils disposent pour attaquer les revendications et les rêves des Québécois? Si oui, quand pardonnerons-nous les coups et lésions contre ceux qui veulent être respectés chez eux? Nous avons tous le droit d’être violents et tenter de le cacher derrière des mots et des idées. Nous avons tous le droit de nous battre pour une baisse d’impôt en jetant les misérables au dépotoir. Nous pouvons même nous trouver une avocate qui aurait les qualités de madame Goldwater pour faire payer la famille d’un itinérant dont le corps gisant devant l’entrée d’une banque nous aurait causé des blessures. Nous avons aussi la liberté d’imiter Méo, le fidèle serviteur de Bob Gratton. Mais encore, nous pouvons exercer notre poste de député et de médecin en même temps, comme l’a fait Yves Bolduc, le ministre de l’Éducation, si cela nous enrichit de 250,000 $. Et si nous voulons soigner notre incapacité à débattre en utilisant la Justice pour museler des gens qui ont osé s’exprimer par rapport à l’autre, faisons-le. Nous pouvons aussi voter pour le Nouveau parti démocratique (NPD) au nom de l’intégrité et d’une révolution canadienne, si cela nous allume.

 

 

NPD

 

Nous avons tous les droits. En même temps, il y en aura toujours qui tenteront de nous informer des conséquences de nos choix dans un monde où la quête de vérité exige des efforts, mais aussi de se défendre contre les attaques. Il se peut même que le nom de ces gens puise nuire à leurs crédibilités. 

 

Vous connaissez Simon Couillard? Cet enseignant en philosophie au Cégep de Victoriaville et doctorant en études québécoises à l’Université du Québec à Trois-Rivières est l’auteur d’une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir du 4 juillet, dont le titre est Mulcair, trop Québécois pour le ROC? Dans son texte, il affirme que Thomas Mulcair, ancien défenseur des droits des anglophones, celui qui a combattu au côté de Jean Chrétien et de Jean Charest et qui pourfendait, avec des propos souvent très acerbes, la «conspiration» séparatiste, serait trop Québécois au goût des Canadiens. Que le NPD évite de se coller au Québec pour ne pas nuire à son élection dans le reste du Canada.

 

Youssef Amane a répondu à Simon Couillard dans le texte Thomas Mulcair, fier Québécois et Canadien publié dans Le Devoir du 10 juillet. À lui seul, le titre m’a laissé l’impression d’une volonté de réanimer le cadavre de Pierre Falardeau par la fusion, dans un bloc monolithique, de ce Québec rêvant d’une république et ce Canada royaliste afin de faire bander une nouvelle vague d’Elvis Gratton qui pourrait avaler l’idée d’un Thomas Mulcair Canadiens français et Québecois Canadien du Canada de langue franco canadienne, comme l’écrivait Pierre Faladeau pour camper son personnage Elvis Gratton. Ce comportement peut s’excuser. Par contre, ce qui m’irrite avec ce fédéralisme «grattonien» a tendance à attaquer le messager pour masquer une incapacité à combattre le message par des débats sensés. Pour Amane cela se traduit par le droit de frapper Simon Couillard en l’accusant d’écrire sans savoir de quoi il parle, d’être borné ou aveugle pour avoir affirmé que le NPD cache son identité québécoise.

 

 

Ce coup aurait pu faire mal à la réputation de l’enseignant, s’il ne s’était défendu habilement contre son agresseur. Dans Cache-cache au NPD publié le 16 juillet, il a affirmé que Youssef Amane a usé d’une formule utilisée en politique pour présentez l’opposant comme quelqu’un de confus, quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle, pour proposez qu’il soit fort possiblement irrationnel et qu’il ne fasse pas bien son métier. Qu’il a déformé ses propos et martelé son message. Il ajoute que la philosophie enseigne qu’il faut étudier les textes de manière critique, ce qui implique également d’être attentif à leur contexte. Quelques questions sont incontournables: qui tient ce discours? Qui est son destinataire? Quelles peuvent être les motivations possibles du premier? Quels sont ses postulats ou ses croyances implicites?   Simon Couillard a ensuite frappé en dévoilant l’envers de la médaille. Amane fut attaché de presse du caucus du NPD jusqu’au début de l’année 2014, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il fonde la firme Agence Effectus, «une agence de communications stratégiques spécialisée en relations publiques [offrant] un éventail de services professionnels et personnalisés, axés sur la performance et les résultats».

 

Le cas Youssef Amane me rappelle que les opportunistes fabriquent souvent de la charogne pour accélérer leur croissance. Un geste inévitable lorsqu’on gère une firme de relations publiques. Il évoque aussi les accointances soutenues entre le mensonge et l’incompétence. Mais encore, lorsque nous acceptons de mentir, nous risquons un jour ou l’autre de nous débarrasser des indésirables qui dévoilent nos faussetés, d’attaquer les messagers en les associant à des maux et des calamités par des amalgames qui permettent de lier un souverainiste à un terroriste, un juif à une plaie sociale. La recette fonctionne tellement bien que ces gens se sont approprié du sens de ces mots pour fabriquer le consentement de pouvoir frapper des gens.  Le mot «épuration» a été employé par les nazis au nom d’une idéologie raciale et de la santé de l’économie allemande. Aujourd’hui, s’ajoutent les mots «nettoyage», «ménage» et «assainissement» pour forger une dialectique économique par le soutien du ministre des Finances Carlos Leitao et Philippe Couillard, en me laissant l’impression que les souverainistes, les péquistes, les syndicalistes et les fonctionnaires étaient la race qui était visée par cette épuration.

 

À une autre échelle, nous retrouvons le NPD qui s’est purifié le 14 avril 2013 du mot «socialiste» par le vote de 960 membres contre 188, pour le remplacer par «sociale démocratie» un mot qui amalgame n’importe quoi, comme je le citais dans les Nouvelles de l’Interzone d’août 2011. Un pas assuré vers le muselage des vrais socialistes de l’Ouest canadien qui devront, d’ici peu, accepter l’étiquette de «noyau dur» lorsqu’ils contesteront le NPD de l’intérieur, comme nous l’avons vu dans tous les partis politiques fédéraux et provinciaux. Derrière cette tentative, nous retrouvons la mort. Le NPD chancelle à l’ombre d’un succès emporté par l’ancien chef Jack Layton lors de l’élection du 2 mai 2011. Nous le savons, cette victoire fut succédé par le décès de Jack Layton, le 22 août 2011. Pour suivre le cortège, Mulcair a escamoté des sujets importants qui touchent l’avenir du Québec, dont la langue qui s’affaiblit quotidiennement, pour ne pas perdre des électeurs du Canada anglais. Le même NPD évite de traiter de la fermeture de médias francophones dans le reste du Canada, pour les mêmes raisons.

 

Des amateurs des secrets de l’inconscient reposant sur les travaux de Carl Gustav Jung (1875-1961) croient que des informations cruciales peuvent se révéler subtilement à notre raison. Je reviendrais prochainement sur ce psychanalyste suisse. En attendant, je vous pose ces questions: Que pensez-vous de l’élection dans Bertier-Maskinongé de Ruth Ellen Brosseau, une anglophone partie en voyage lors de la tenue de l’élection de mai 2011? Que dire d’un NPD grossissant les rangs des fédéralistes bilingues et dingues pour proférer des menaces au PQ dans le cadre de la Charte des valeurs?  Que dire de Thomas Mulcair devenu le complice des Goldwater, Amawa et Serraji de ce monde pour propager la haine des péquistes, des séparatistes et des souverainistes? Pensez-vous que nous pourrions nous retrouver dans une société qui serait clémente avec des chasseurs de péquistes tels Richard Henri Bain et se donnerait le droit d’arrêter des gens sans accusations comme nous l’avons vu lors de la Crise d’octobre de 1970, ou encore les manifestations étudiantes de 2012 qui indisposèrent le gouvernement Charest?

 

***

 

Pendant que Thomas Mulcair et Phillippe Couillard se tiennent par la barbe pour honorer leur amitié, j’ai l’impression de vivre dans un monde ou le pire devient possible. La raison? Aucun signal électrique n’est transmis par le cerveau de nos gouvernements. Une mort clinique de la démocratie qui multiplie les imbécillités sur le dos de la population. Ainsi, à l'heure des attaques contre des gens tels Simon Couillard, Louise Mailloux et les Amis de Vigile, on tente de soigner la réputation de Philippe Couillard, comme si nous devions accepter que le prix à payer pour des propos autour de la Charte des maudits péquistes devait être plus lourd que celui de relations d’un premier ministre avec Arthur Porter. Est-ce à cause d’une culture de morbidité bien québécoise qui a tendance à faire briller la mort et ceux qui la provoquent, pendant qu’on attaque les vivants qui préservent la vie?

 

L’actualité répond à la question. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, n’aidera pas le maire de Ristigouche Sud-Est, François Boulay devant répondre aux poursuites de 1,5 million $ de Gastem, une entreprise dirigée par l’ex-ministre libéral Raymond Savoie. La raison? Avoir voté une loi servant à protéger les eaux potables. Plus au sud, au Vermont, le gouverneur Peter Shumlin a signé une loi en mai dernier qui oblige l’étiquetage d’aliments contenant des organismes génétiquement modifiés. La transnationale Monsanto a répliqué par une demande de 150 millions $ sous prétexte que cette loi violerait la liberté d'expression de Monsanto. Le Vermont est équipé pour défendre les droits de ses citoyens. Pour le Canada, je m’attends à ce que les mouches votent une loi qui obligerait la population à financer l’agrandissement du cimetière. C’est le prix à payer lorsqu’on vit dans un pays qui étale la pourriture sur le pain quotidien de ses citoyens pour engraisser les mouches.   Un pays qui repose sur l’élection de gouvernements subliminaux, comme nous le verrons dans les prochaines Nouvelles de l’Interzone.

 

 

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