Nouvelles de l'Interzone

 

Octobre 2014

 

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Il y a 20 ans, les corps de 53 membres de l’Ordre du Temple solaire (OTS) furent retrouvés dans quatre maisons incendiées situées à Morin Heights, village au nord de Montréal, à Cheiry et à Salvan-sur-Grange, en Suisse, la majorité assassinée selon le Rapport d’investigation du coroner de la Sûreté du Québec (SQ). Par ce drame, on apprend que l’OTS avait recruté quatre cadres supérieurs d’Hydro-Québec, une information qui pousse certains médias à traiter de la privatisation de la société d’État.

 

Depuis 1990, j’anticipais le jour de la vente de ce fleuron de la Révolution tranquille pour servir les ambitions d’un réseau que j’associe aujourd’hui à la CIA. Avec le ballon d’une privatisation lancé à la fin d’avril 2014, par le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard, je me suis dit que le Réseau de la CIA redoublait d’effort pour vendre la Belle province. À cette fin, la grosse machine à propagande roule sur l’autoroute de l’austérité, conduite par le PLQ qui offre aux Québécois la chance de proposer où l’État devrait effectuer ses coupes budgétaires afin de diminuer ses dépenses, pendant que les critiques du comportement du conducteur se multiplient. Je pense ici au texte Hypnose de masse de Dominique Scarfone publié dans le journal Le Devoir le 10 septembre 2014, qui associait l’initiative du gouvernement Couillard  aux pratiques de l’hypnotiseur étasunien Milton Erickson (1901-1980) qui consistaient à laisser à ses patients la liberté de choisir le fauteuil dans lequel ils seront hypnotisés pour s’assurer de les endormir rapidement.

 

Je ne sais pas si mes paupières s’alourdissent devant le  spectacle de notre bon gouvernement. J’avoue par contre que j’ai souvent l’impression d’être le cobaye d’expériences économiques, politiques et sociales à faire jouir Erickson. Un rat blanc prêt à s’adapter au pire, si je pouvais mourir sans souffrir. C’est à me demander comment je réagirais si je découvrais que le laboratoire est géré par des gens qui se foutent de l’environnement et des espèces menacées, voire un lieu aseptisé où le libéralisme s’émancipe pour faciliter le pillage des ressources.

 

André Fontaine

 

 

Heureusement, je suis un de ceux qui croit que nos réactions dépendent de personnes dont les gestes et propos nous inspirent. Sur ma liste, André Fontaine (1926-2005), un artiste peintre, cinéaste, docteur en cosmologie, journaliste et grand voyageur qui a fait la navette entre Miami, Cuba et les Bahamas.  Le 8 décembre 1958, il s’est fait arrêter à La Havane par la police de Baptista au moment de son départ vers Miami et fut accusé d’espionnage et de complicité avec les rebelles de la Sierra Maestra pour enfin être torturé et emprisonné à Santa Clara. Arrive le 28 décembre 1958. Il est libéré d’une mort certaine par les Paysans de la révolution dirigés par Che Guevara. Une occasion pour tisser des liaisons amicales avec Fidel Castro, œuvrer aux relations de presse étrangère pour le docteur Juana Oreta, le secrétaire de Castro, et faciliter les contacts commerciaux entre Cuba et le Canada.

 

Par la suite, Fontaine fréquente l’univers des complots. Lors d’un reportage à la radio de la Société Radio Canada (SRC) diffusé 11 octobre 1963, il affirme qu’une rumeur sérieuse, circulant chez les exilés Cubains, laisse croire que John F. Kennedy (JFK) (1917-1963) sera assassiné à Miami le 17 novembre. Le drame se produit le 22 novembre 1963, à Dallas. Ce jour, il déclare sur les ondes de la SRC qu’il a entendu trois coups de feu provenant de deux endroits différents, ce qui contredit la théorie du tueur solitaire dévoilée en 1964 par la Commission Warren. Il présume aussi que le président Lyndon Johnson est impliqué dans le drame du 22 novembre. Mais encore, dans Désormais une étoile brillera à Cuba, un manuscrit qui expose des histoires vécues autour de ses activités et relations avec Cuba, il affirme que des militaires américains sont intervenus pour empêcher que Cuba devienne la onzième province du Canada.  Des propos qu’il réitère en 1992, lors de l’émission Ésotérisme expérimentale (8m 45s)  de Richard Glenn.

 

Une copie de ce manuscrit est envoyée à un ami en mai de 1966, placée depuis dans un coffre au Liban. Bien que le contenu reste inconnu en 2014, à l’époque la CIA aurait tenté de le faire disparaître sous prétexte qu’il pouvait nuire à la reconquête de l’île. À cette fin, elle fait des offres que Fontaine refuse. La CIA le menace d’une possible accusation d’espionnage s’il persiste à vouloir éditer son ouvrage. Fontaine refuse toujours. Pour conséquence, le 19 mai 1966, il est arrêté par la CIA qui répond à une demande formelle de la SQ, l’original de son manuscrit est dérobé et Fontaine est transporté dans un centre carcéral américain. Le 22 juillet, la CIA fait une nouvelle offre de collaboration. Fontaine refuse. Suit sa déportation vers Montréal, escorté par deux agents de la CIA, afin de le livrer à la SQ et à la Gendarmerie royale du Canada. À l’aéroport de Montréal, Fontaine tombe inconscient et se réveille le 27 juillet dans un hôpital. Il aurait tenté de mettre fin à ses jours, selon l’infirmière qui le soigne, alors qu’il prétend avoir été victime d’un empoisonnement. C’est à parti de ce moment qu’il est incarcéré dans des prisons canadiennes sous de fausses accusations pour être libéré onze ans plus tard, le 2 septembre 1977, après que Fontaine ait tout fait pour être innocenté, au point de lui laisser l’impression d’une collusion entre le Canada et la CIA.

 

À sa sortie de prison, André Fontaine signe le livre Conspiration (1977), un ouvrage interdit par le gouvernement canadien trois jours après sa parution. À la page 85, il déclare que la CIA a des ramifications partout. On me l’a affirmé et je le crois de plus en plus. On a même insinué en ma présence que le ministre de la Justice au Québec serait membre de cette agence criminelle. C’était en mai de l’an 1966. À l’époque Claude Wagner (1926-1979) occupe le poste de  ministre de la Justice depuis juin  1965 pour ensuite joindre l’opposition en juin 1966. En 1970, il affronte Robert Bourassa à la direction du PLQ. Après sa défaite, il devient député au Parti progressiste conservateur du Canada (PCC) et vise la chefferie en 1976. Une autre déconfiture qui le pousse vers le sénat en 1978 avant de décéder d’un cancer en 1979, à l’âge de 54 ans.

 

 

Gouvernements subliminaux

 

Wagner fut-il une exception ou un exemple parmi d’autres d’une présence de la CIA au sein du pouvoir politique québécois? Je ne sais pas. Par contre, si j’étais à leur place, je m’assurerais que nous puissions nous apaiser dans les bras de Morphée en nous gavant de Blockbuster de Netflix, de chansons banales et d’affiches en couleur pour nous aider à copuler entre notre plat d’eau et de moulée. Moi, ce qui me fait bander n’est pas la photo de la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault, mais les  œuvres de Mise en demeure. Vous connaissez ce groupe? ll fut l’auteur du magnifique pastiche de La Liberté guidant le peuple du peintre Eugène Delacroix (1798-1863) qui présentait le député de Québec solidaire Amir Kadhir debout et armé et le premier ministre John Charest mort. Malheureusement, sa publication dans les journaux, en juin 2012, irrita plusieurs personnes, dont Yves Bolduc, le ministre de la Santé du PLQ à l’époque. Ainsi, selon le texte Amir Kadhir envisage de poursuivre Québecor d’Antoine Robitaille publié dans Le Devoir du 13 juin 2012, Bolduc voyait même des messages subliminaux qu’on passe dans des peintures en ajoutant que pour certaines personnes qui […] sont vulnérables, ça pourrait représenter un risque.

 

 

J’ai beau avoir l’impression d’être un cobaye, je ne suis pas con pour autant. En observant les pupilles dilatées du ministre, je me suis demandé si Yves Bolduc pouvait être atteint du Mal des ardents, le Feu de saint Antoine ou si vous préférez, l’ergotisme. Cette intoxication, transmise par du seigle moisi qui a frappé la France au Xe siècle et fut la cause probable de la Grande peur de 1789, cette crise de paranoïa collective qui a provoqué des pillages et des attentats après la prise de la Bastille, cause des symptômes similaires au  LSD, un puissant hallucinogène. Au Québec, sa souche proviendrait du pain de seigle servant à la fabrication de sandwichs à la viande fumée concoctés dans un club privé de Québec fréquenté par plusieurs députés du PLQ, le maire Régis Labeaume et des organisateurs du Festival d’été de Québec. C’est donc pour éviter que le Québec sombre dans la démence et que nous nous retrouvions avec un gouvernement qui couperait dans des institutions qui ont forgé l’identité québécoise afin de financer le bradage des ressources au nom de la santé du réseau économique de la CIA, que j’ai décidé d’alerter les autorités sanitaires de Québec pour qu’elles inspectent la cuisine du Club. Ce fut sans succès. J’ai ensuite questionné le maire Régis Labeaume. Ce dernier s’est contenté de me dire ces quelques mots en ricanant: Ebola en Afrique. Couillard au Québec. Il doit voter la loi 3 si on veut empêcher que les fonctionnaires municipaux s’arment et s’achètent une guillotine

 

Sommes-nous dirigés par une commune de politiciens qui se regrouperaient autour de leurs sandwichs sacrés pour organiser des frappes préventives contre la population? Les adorateurs du feu de saint Antoine soutiennent assurément une politique du mirage en tentant d’associer des concepts, des idées, des sentiments et des informations à notre personnalité. J’ajoute qu’ils forment une élite d’hallucinés qui emprunte la route du subliminale qui divise la perception consciente et inconsciente, qu’ils faussent les données qui nous servent à interpréter la réalité et utilisent un vocabulaire péjoratif et des images choquantes pour condamner des groupes et des individus qui n’entrent pas dans le moule idéologique de la meute. Mon expérience en témoigne. Lors de ma neuvième année scolaire, j’ai eu l’impression que le gouvernement du Québec employait un cours d’initiation à la lecture rapide pour tracer la zone subliminale chez les étudiants. À cette fin, un projecteur faisait apparaître des lettres sur un écran blanc durant une courte période de temps. À mesure que les cours défilaient, la vitesse de visionnement augmentait jusqu’à qu’aucun étudiant ne puisse lire les lettres sur l’écran. La durée de projection qui devenait théoriquement SUBLIMINALE pour la totalité des étudiants.

 

C’est plus tard que j’ai compris que le gouvernement fausse les données en mettant sur pied des réseaux dont la tâche est de modifier notre perception par l’usage de divers médiums. En 2009, je citais dans Le livre amer un extrait de Harper suit Bush à la trace paru dans le journal Métro du 17 mai 2005 dans lequel Steven Guilbeault traitait d’une utilisation des médias pour fabriquer une pensée unique dans l’intention de faire croire qu’elle forme l’opinion d’une majorité. Comment? En fournissant aux membres du Parti conservateur du Canada (PCC) les coordonnées des émissions de radio locales où appeler, ainsi qu’une liste commode de positions toutes prêtes favorables aux conservateurs et moins favorables à l’égard des adversaires. Mais encore, pour se procurer les moyens de la victoire, l’Action démocratie du Québec (ADQ), devenue la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis, a joué au même jeu en utilisant la firme torontoise Responsive Marketing Group (RMG) […] la plus grosse firme canadienne de marketing et de réseautage servant à la droite du centre. Leur stratégie fut d’utiliser les technologies les plus sophistiquées pour lever des fonds, identifier les électeurs et leurs priorités, le tout servant par la  suite de base à une plate-forme électorale. Enfin, que cela se faisait de plus en plus en lien avec le libéralisme étasunien puisque «Preston Manning a utilisé en 2006 les services de Frantz Luntz, un Américain proche du Parti républicain et de George W. Bush, pour façonner la politique environnementale de Stephen Harper, en proposant de simplifier au maximum le langage des politiciens, pour en dire le moins possible. Enfin, en observant les réactions aux propagandes se multiplier, j’ai compris que les gouvernements subliminaux sont devenus les spécialistes du vote de lois et de la mise en place de mesures servant à dénigrer et marginaliser des groupes et individus qui brisent le moule de la pensée fabriquée. Que ces gouvernements fouillent dans mes proches pour se payer des condamnations de personnes charismatiques qui ont les qualités requises pour lutter contre la répression gouvernementale.

 

Et que dire des manipulations de l’esprit des citoyens?  Au début des années 90, j’ai observé à la télévision le premier ministre Robert Bourassa (1933-1996) feindre la compassion et le don de soi en mimant des gestes associés au Christ.  Bourassa debout, ses bras et ses mains partant de son plexus solaire pour s’ouvrir vers l’extérieure de son corps. En 1992, une autre publicité du PLQ présentait Robert Bourassa accompagné d’un signal lumineux bleu, à peine visible, qui pulsait lentement alors que pour Jacques Parizeau, le chef du Parti québécois, le signal était rouge et rapide. Le premier pour tenter d’apaiser les téléspectateurs et provoquer un sentiment de paix et de sécurité, le deuxième pour les énerver et transmettre un sentiment de conflit.

 

Ce genre de publicité est légal. Pour son outil de diffusion, la télévision, dès que nous l’allumons, nous acceptons de livrer notre cerveau à des vendeurs de produits et d’idées. Que dire lorsque la diffusion de messages se fait durant notre sommeil? En octobre 1995, je suis tiré de mon sommeil au milieu de la nuit pendant qu’une phrase se répète dans ma tête en s’estompant à mesure que ma conscience émerge. Le temps de constater l’étrangeté du phénomène, je replonge rapidement dans mon sommeil. Sans pouvoir vous citer exactement cette phase, elle me disait que je devais voter non au référendum sur la souveraineté.

 

Prendre sa pilule

Mon étrange expérience s’explique par l’utilisation d’armes psychiques ou «psychotroniques», un sujet qui revient sporadiquement dans l’actualité depuis plus de 50 ans, en s’ajustant à la technologie du moment. Au Québec, la grande vague a déferlé dans les années 80 à travers quelques articles dans les journaux et la populaire émission Bon dimanche qui a traité en 1989 du roman Dédale (1982) avec son auteur Larry Collins. Ce livre mettait en scène les avancées en neuroscience cognitive de l’époque pour stimuler le siège de la colère chez le président américain, à l’aide de fréquences électromagnétiques. Par la suite, en 1994, le journaliste Serge Monast (1945-1996) a parlé de vaccins qui intégraient du cristal liquide afin de catalyser des signaux émis par des satellites et la télévision. Enfin, en mars 2014, les armes psychiques sont revenues avec au centre la National Security Agency (NSA) diffusant des signaux subliminaux de l’Arctique pour influencer nos opinions.

 

Je sais que je devrais prendre ma pilule, mais j’ai cette foutu impression que la machine à propagande roule grâce au soutien de journalistes et de politiciens qui reprendraient le flambeau de Claude Wagner en servant la CIA. Avant de dénoncer, en 2012, les ramifications entre le PLQ et la CIA dans Charest et le réseau de la CIA, en 1990 j’avais la manie de voir des liens entre la CIA et le gouvernement du Québec. En plus de craindre la privatisation d’Hydro-Québec, je soupçonnais le premier ministre Robert Bourassa d’être lié à l’agence de renseignement. Par la suite, le 31 décembre 1991,  j’avais envoyé par la poste à une trentaine de personnes une énigme baptisée Jouer avec le feu qui s’inspirait d’un jeu télévisé Détecteur de mensonge.  Ce texte suggérait que Bourassa était un SUPER MENTEUR, car personne n’avait cru qu’il avait des liens avec la CIA.

 

Pour nourrir les flammes de ma méfiance, Bourassa avait affirmé que s’il n’y avait pas d’entente sur l’Accord de Charlottetown, il y aurait un référendum sur la souveraineté à moins d’un tremblement de terre. La loi 150 fut votée le 20 juin 1991 pour assurer la tenue de ce référendum. Le 28 août 1992 au soir, un séisme frappe la ville de Québec. Selon Bourassa l’a eue, sa secousse! publié dans La Presse du 29 août 1992 sous la plume de Yves Boisvert, ces secousses sismiques se sont manifestées un peu après l’arrivé du premier ministre via Charlottetown. Il avait une magnitude de 3,6 et son épicentre était situé sous le fleuve St-Laurent alors que les mesures de l’Université Laval furent de 4,4. Le 3 septembre 1992, la loi 150 est amandée. Pour l’occasion, des journalistes excusent le séisme, la condition qui permet la remise en question d’un référendum sur la souveraineté. Pour le remplacer, un référendum pancanadien portant sur l’entente de Charlottetown se tient le 26 octobre 1992.

 

La CIA je disais. Un ingénieur en électricité aurait provoqué un tremblement de terre à Manhattan en 1898, à l’aide d’un oscillateur électrostatique de son invention. À sa mort, ses travaux auraient été saisis par les services de renseignement américains et inspirés la création d’armes climatiques, sismiques et psychiques. Son nom est Nikola Tesla (1856-1943). Il fut au centre de l’intrigue de Verglas de Corinne De Vailly et du journaliste Normand Lester. Un polar qui s’inspire d’une enquête abandonnée qui associe la catastrophe climatique qui frappa le sud du Québec en janvier 1998 à la transmission d’ondes électromagnétiques entre l’Antarctique et un récepteur situé au Lac-Saint-Jean. Pour étoffer le dossier, plusieurs anomalies sont présentées aux lecteurs.   Je me contente du montant de 2 G$ apparus d’un mystérieux budget de sécurité connu par le premier ministre Lucien Bouchard afin de payer les réparations des lignes de distribution électrique d’Hydro-Québec. L’origine de ce budget fut questionnée par le PLQ, une initiative qui fut rapidement avortée. Selon Verglas, le 2 G$ provenait de Washington en guise de compensation.

 

Après Charlottetown, Robert Bourassa est hospitalisé le 8 janvier 1993 au National Health Insitute of Washington (NHI) pour soigner des mélanomes qui menaçaient sa santé trois ans plus tôt. Le NHI est aussi connu sous le nom de centre hospitalier du Maryland de Bethesda, un prestigieux organisme de recherche et de soins qui collabore avec le Naval Hospital de Bethesda situé à environ à 650 mètres. Cet hôpital occupe une place de choix dans le monde des complots en étant associé à de mystérieux suicides et à l’autopsie douteuse de JFK pratiquée le 22 novembre 1963.  Le NHI tient aussi à la sécurité de ses patients. Selon un employé d’une station de radio, un ordre aurait été donné aux journalistes de ne pas se rendre à Bethesda pour rencontrer Robert Bourassa. Pour prix, la population devait se contenter des communiqués provenant du NHI.

 

J’aurais sans doute enterré ce dossier si en janvier 1993 je n’avais pas reçu un appel téléphonique d’un ami au service du PLQ. Lors de la conversation, le son est légèrement écho, comme si la ligne était sous écoute. J’exprime malgré tout mes opinions sur Robert Bourassa, sa maladie, la CIA et Bethesda. L’ami questionne ma source d’information. Je lance spontanément ce mensonge, sans réfléchir: elle me vient d’un médecin qui travaille pour la CIA. Le 25 janvier 1993, devant un édifice de la CIA à Washington, deux personnes sont tuées et trois autres blessées. D'après la police américaine, ce geste serait lié aux activités de la CIA. Enfin, une des deux victimes est Landsing Bennett, 66 ans. Il faisait le bilan de santé des dirigeants étrangers. J’ai bien sûr cru à un lien entre ce drame et ma conversation téléphonique, même si je sais que le hasard existe et que rien de ce que je suppose ne semble corroboré par Mir Aimal Kasi, l’assassin des agents de la CIA arrêté le 15 juin 1997 et exécuté le 14 novembre 2002.

  

Une organisation secrète maléfique

 

L’actualité peut parfois nous laisser l’impression d’être soumis à une organisation maléfique. Le problème principal n’est pas de croire ce que d’autres rebutent, mais d’être emporté par les mécanismes de l’inconscient qui compensent le manque de preuves par des expériences et gestes qu’un bon gros sandwich à la viande fumée d’un Club privé pourrait provoquer si nous avions la chance de fréquenter le Club privé du PLQ.

 

Après l’électrochoc du 7 avril, mon âme de cobaye n’a pu faire autrement que de douter du nombre surprenant d’électeurs qui auraient voté pour Philippe Couillard dans Roberval et me poser cette question: en disant avoir envoyé un SIGNAL FORT, le premier ministre faisait-il référence à ses discours ressemblant à ceux de pasteurs étatsuniens confondant l’enfer et Satan avec un référendum et les péquistes ou à des fréquences électromagnétiques? Cette  réaction ne fut pas seulement causée par la rumeur d’un manipulation mentale opérée par la NSA, mais aussi les risques que l’utilisation d’armes psychiques provoquent divers troubles bénins, dont un sommeil agité qui peut être accompagné de rêves étranges. Lors de la campagne électorale de mars 2014, j’ai vécu des nuits troublées accompagnées de rêves bizarres. Avez-vous aussi connu des problèmes de ce genre en mars dernier? Avez-vous commis des gestes que vous n’oseriez normalement? Lors de ma neuvième année scolaire, un jeune homme qui n’avait pas le profil d’un étudiant violent ou agressif a administré un coup de poing au visage de l’enseignant qui projetait des lettres sur un écran. Son excuse? Il ne savait pas pourquoi, mais il n’aimait pas le professeur. Avez-vous des visions? En août de l’an 1995, j’ai vu une main verte à trois doigts possédant des griffes qui apparaissait dans la publicité L’Énergie qui voit loin.

 

 

 

J’ai enregistré la publicité lors de sa diffusion sur les ondes de Télé-Québec. Une main verte à trois doigts apparaissait effectivement durant une fraction de seconde. Par contre, elle n’avait pas de griffes. C’est comme si j’avais transposé inconsciemment une autre main verte à trois doigts se terminant par des griffes, aperçue à la même époque sur la page couverture d’un magazine sur les phénomènes étranges, pour m’inciter a regarder de plus près la publicité. Je dois ajouter qu’à l’époque j’épiais Hydro-Québec en sachant que l’OTS aimait bien les énigmes. Pour exemple, dans les trois villages où se retrouvaient les quatre maisons, trois minuteries avaient déclenché les incendies en rappelant le nombre 666 de la Bête de l’Apocalypse 13:18. Pour le constater, il fallait soit être un ministre des Finances victime de l’ergotisme ou s’adonner à la numérologie. L’heure de la première minuterie était programmée à 5 h 01 (6) le mardi 4 octobre 1994, la deuxième a 23 h 55 (15=1+5) et la dernière à 2 h 58 (1+5) le mercredi 5 octobre. Trois heures donnant une suite de trois 6 (666). Il y avait aussi la Lettre des Templiers partiellement censurée par les médias québécois, qui accusait  Robert Bourassa et le ministre de la Sécurité publique Claude Ryan (1925-2004) d’avoir commandité une opération particulièrement sale et douteuse pour masquer certains de leurs propres agissements.  En ajoutant que Claude Ryan était manipulé et commandité par l’Opus Dei, une société secrète catholique, qu’il existe une organisation secrète maléfique soutenue par la haute finance, pour enfin inculper tout ce beau monde d’assassinat collectif!

 

En 1994, l’OTS se méfiait du PLQ. En 2014, le PLQ se méfie des citoyens au point d’intervenir contre des groupes solidaires, environnementaux, étudiants et syndicaux; d’étaler de fausses croyances dans l’esprit des gens pour les diviser. Cette réaction est aussi celle de l’Opus Dei. La société secrète a soudoyé les régimes de Franco et Hitler au nom d’une lutte contre le communisme et financé l’Organisation de l'armée secrète (OAS), un groupe de droite soutenu par la CIA qui souhaitait déstabiliser la France en assassinant Charles de Gaulle. La même société secrète est à la commande d’institutions publiques sans que l’État subliminal cris au scandale. En plus de feu Claude Ryan, nous y retrouvons le docteur Joseph Ayoub, médecin traitant de Robert Bourassa. Ajoutons Nicole Charbonneau Barron, celle qui a accordé des entrevues aux médias en mai 2006 pour dénoncer le film Le Code Da Vinci, une fiction qui opposait l’Opus Dei au Prieuré de Sion, une branche des templiers, tout comme l’OTS et qui s’est ensuite présentée comme candidate du PCC à l’investiture de Saint-Bruno-Saint-Hubert lors des élections du 14 octobre 2008. Sans oublier Yvon Lamontagne (1940-2006), un ami de l’Opus par ses liens avec Claude Bébéar des assurances Axa qui fut placé au sein du conseil d’administration d’Hydro-Québec en 1997. Un petit détail qui devrait nous questionner, car la vie de plusieurs membres de l’OTS était assurée chez Axa-Luxembourg, selon Christian Cotten auteur de Mafia et démocratie (2003).

 

Aujourd’hui, Hydro-Québec fraye avec le «réseau de la CIA». Au centre, les compteurs numériques de l’entreprise Langis+Gyr imposés à la population sous le règne du gouvernement Charest, dont une partie fut entreposée dans un édifice de la mafia appartenant au clan Rizzuto. Mais encore, dans le texte Hydro-Québec, vos bobettes et Condoleeza Rice, Mario Dufour nous informe qu’Hydro-Québec a «octroyé le contrat du traitement des métadonnées […] à C3 Energy» où nous retrouvons «Condoleeza Rice», grande dame qui en «2003, à la demande du Président Bush […] aurait autorisé la NSA à mettre sur écoutes les téléphones des membres du Conseil de sécurité à l’ONU, surveiller leurs résidences, leurs bureaux et intercepter leurs courriels» la même qui a fait la «promotion des activités de surveillance sans mandat de la NSA» en 2005. Pour la sécurité des données de compteurs, elle est «assurée par la solution Gridstream RF», utilisateur des «algorithmes cryptographiques développés par la firme de cybersécurité RSA […] complice, sinon infiltrée par la NSA».

 

***

Est-ce l’arbre qui cache la forêt? L’arbre c’est l’austérité, une poussé qu’on exerce sur le libéralisme pour accélérer son rythme. Pour prix, nous devenons plus nombreux à répondre à la logique froide du libéralisme qui consiste à se délocaliser pour échapper à des pressions économiques, géographiques et sociales, ou d’entrer de plein front dans le système en nous livrant à compétition des marchés. Le problème actuel est que dans un économie qui se mondialise, nous sommes condamnés d’un côté comme de l’autre à subir les contrecoups d’une inflation qui complique l’accès à la nourriture, à l’eau et à l’énergie. Des biens sur lesquels il s’exerce des spéculations, mais aussi des pressions pour libéraliser (privatiser). La forêt est le PLQ qui assouvit les désires de la CIA est sachant que nous risquons une crise sociale qui profitera à des actes violents contre des institutions et le gouvernement. Pour éviter cette situation, le Réseau de la CIA doit conditionner l’esprit des citoyens en utilisant les outils technologiques qu’il dispose et étaler ses propagandes par le soutien de journalistes. Ce qui reste par contre nébuleux est son implication dans la tentative d’assassinat de Pauline Marois en septembre 2012 et l’élection du PLQ le 7 avril 2014.

  

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