Nouvelles de l'Interzone

 

Mars 2015

 

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Arrêtez de mourir s’il vous plait.  J’ai à peine eu le temps de me retourner avant d’apprendre le décès de Gilles Rhéaume (1951-2015), un grand souverainiste, une mémoire vive de l’histoire et un libre-penseur qui a beaucoup donné au Québec. À ce moment, je me penchais sur les cas de David Crowley, 28 ans, et du commissaire Helric Fredou. Le premier était le réalisateur et auteur de Gray State, un film choque sur la tombée des droits et libertés aux États-Unis. Le 17 janvier, son corps a été trouvé, avec ceux de sa femme et de sa fille de 5 ans. Un suicide précédé de meurtres.  Le deuxième s’est aussi suicidé lors de la rédaction d’un rapport sur l’assassinat, le 7 janvier dernier, de douze personnes, dont dix étaient des employés de Charlie Hebdo: une chroniqueuse, un correcteur, un économiste et sept caricaturistes.

C’est trop. J’ai été incapable de réagir à ces drames. Dans le cas de Charlie, j’aurais voulu manifester en affichant le slogan «Je suis Charlie», mais je préférais me réfugier dans ma carapace pour fuir la course folle de l’actualité. En fait, je n’avais pas le choix si je désirais soigner ma nouvelle maladie mentale. Je suis atteint du syndrome du Trouble Oppositionnel avec Provocation (TOP), une «névrose» dont les principaux symptômes sont la non-conformité et la libre-pensée qui se traduit par une tendance à remettre en question l’autorité. Je sais que j’aurais dû consulter un spécialiste avant de craquer. Le docteur Bolduc pour une fouille à nu, le docteur Barrette pour apprendre à donner moins de temps aux gens ou encore le docteur Couillard pour me répéter mentalement que les souverainistes sont des intégristes? J’ai plutôt décidé de m’éloigner des as du Parti libéral du Québec (PLQ) pour passer 57 minutes avec le Dr Serge Marquis.

 

 

Le Dr Serge Marquis, le spécialiste en santé communautaire qui a fondé TORTUE,

l’acronyme TORTUE pour Organisation pour Réduire

les Tensions et l’Usure dans les Entreprises.

 

Ce spécialiste en santé communautaire a fondé TORTUE, l’acronyme de Tortue pour Organisation pour Réduire les Tensions et l’Usure dans les Entreprises. Dans une conférence donnée dans le cadre des Belles soirées de l’Université de Montréal, il affirmait que «s’arrêter est un acte révolutionnaire» nécessaire pour retrouver un «sens à sa vie en traçant une direction pour retrouver ses valeurs», chercher «l’équilibre entre les défis et les limites». Sinon, nous risquons des problèmes de santé, voire combler le vide par la consommation de drogue, l’alcoolisme, la médisance et le workaholisme. Serge Marquis m’a fait gentiment comprendre que je devais m’arrêter pour me libérer du stress occasionné par des activités déplaisantes. Une pause bien méritée pour méditer sur les liens entre ma santé mentale et la politique. Je ne peux le cacher, nos gouvernements optent pour des mesures austères, héritées du libéralisme, qui placent en compétition les travailleurs de différents pays, les condamnant ainsi à des déviances et des troubles de santé. Et comme cela provoque une croissance des coûts des services sociaux, ils préfèrent les couper, ou les privatiser, qu’apprendre à les gérer. Pour effet, les plus vulnérables de la société sont poussés dans le fossé des sacrifiés.

S’arrêter est un acte révolutionnaire! Dans mon cas, cela m’a fait comprendre que je devais militer pour limiter les dégâts. Une obligation j’ajoute, lorsque cela se fait par le soutient du PLQ, le parti qui a fait grimper de près de 30 % le déficit entre 2003 et 2012. Militer pour limiter les augmentations, dont le coût moyen en 10 ans atteint environ 400 $ par mois pour loger une petite famille. Militer pour limiter le pouvoir de cancres dont les moindres mots et gestes de protestataires font tomber leur prostate à terre. Militer pour limiter les privilèges d’une classe d’opportunistes qui tente de purifier la société selon ses intérêts financiers. Imposer des limites, pour éviter que le pire devienne quelque chose de culturel et d’acceptable qui serait associé à un effet incontournable de la démocratie.

Militer pour aussi éviter de confronter la vérité. Je vous donne un exemple. En lisant J’invite Raif Badawi à souper de Normand Baillargeon publié le 18 juin 2014 dans le journal Voir qui présentait le maintenant célèbre Raif Badawi, un saoudien emprisonné en juin 2012 et condamné à 1000 coups de fouet et à 10 ans de prison pour avoir critiqué l’autorité religieuse d’Arabie saoudite, j’ai cru que l’auteur tentait un exercice philosophique pour dire que la Toile abonde de faux dossiers auxquels nous mordons. Je savais pourtant que la monarchie saoudienne avait de sérieux problèmes avec les droits de l’homme. Le cas William Sampson en témoigne. Ce biochimiste, originaire de la Nouvelle-Écosse, fut enlevé par des agents de la police secrète du prince Naif le 17 décembre 2000 pour être ensuite sodomisé, torturé et incarcéré durant 31 mois, sous les fausses accusations de contrebande d’alcool et d’attentat à la bombe, sans le moindre soutien de l’ambassade canadienne à Riyad. Mais encore, même s’il fut libéré le 14 juin 2006 par des partisans des droits de l’homme britanniques, je me suis dit que si le cas Badawi était vrai, il dévoilerait certainement les nombreuses inconséquences de nos politiques internationales, puisque Sampson fut débouté par le plus haut tribunal britannique de son droit de poursuivre ses tortionnaires saoudiens, en vertu d’une loi de 1978; la State Immunity Act, qui garantit l’immunité judiciaire aux gouvernements étrangers, malgré que cette loi soit incompatible avec la Convention de l’ONU contre la torture.

Je ne suis pas Charlie. Dans le cas contraire, mon flair débusquerait le faux du vrai et je refuserais que mes taxes et impôts soutiennent des politiciens grotesques. Mais encore, je n’oserais m’arrêter pour fuir la réalité, ou du moins, éviter les excès d’images, de mots et de sons pour atténuer quelques vilaines émotions qui provoquent l’explosion de mon impatience. Pour être Charlie, il faudrait que j’accélère le rythme en contrôlant cette rage qui me fait vomir mes restes de tourtière et de LSD sur le verglas de Montréal. En fait, je suis seulement une tortue qui est toujours en retard. Pour cause, c’est le 9 janvier, plus de 30 heures après le drame, que j’ai presque versé une larme lors de la lecture du curriculum vitae des victimes des attentats du  Charlie Hebdo publié dans un journal.  

Amalgame

Presque, car à la place d’éclater, je me suis réfugié dans ma carapace pour amalgamer le drame à des chansons et images que je pouvais accepter. Ainsi, je n’ai pas vu des terroristes courir sur la rue Nicolas-Appert à Paris après le massacre de Charlie. C’était plutôt des gros lapins qui sautaient avec une assurance et volupté fascinante. Des lapins professionnels j’ajoute, qui jouaient une scène d’un film de Disney. Alors que je commençais à peine à imaginer Paris en champ de trèfle, la chanson Les loups sont entrés dans Paris de Serge Reggiani (1922-2004) a envahi mon esprit. Lentement, j’ai pu accepter l’idée que les lapins pouvaient être des loups. Quelques heures plus tard, j’ai transformé les loups en terroristes par le soutien d’une vidéo de la chanson Un jour en France du groupe français Noir Désir qui présentait des kamikazes à l’accoutrement similaire aux assassins de Charlie, au moment où Bertrand Cantat chantait «Charlie défends-moi» en hommage à une pétition de Charlie Hebdo pour interdire le Front national. Une chanson qui m’a rappelé qu’après maintes hésitations à publier des informations sur Noir Désir dans Le livre amer, j’avais fini par céder au besoin d’exprimer cette même foutu impression de vouloir fuir quelque chose d’incroyable: Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant en juin 2003. Voici ces quelques lignes:

Ces amalgames pour m’aider à vous dire que lorsque le sang de Charlie a coulé, j’ai eu l’impression de passer instantanément du mardi 11 septembre 2001 au mercredi 7 janvier 2015. D’avoir sauté du jour de la planète Mars à celui de Mercure en outrepassant la Terre de ma subsistance et la Vénus de mes amours. Un peu plus de treize ans en un jour pour observer l’accélération des effets de la bêtise pendant que la lenteur gagne du terrain chez les autorités quand vient le temps d’agir pour le mieux-être collectif. Des spécialistes de tout et de rien qui citent l’imprévisible «tempête économique» pour excuser la crise financière de 2008 et qui nous disent qu’ils ont perdu de vue les criminels alors qu’ils couraient à côté d’eux. Ces loups de Serge Reggiani empruntant le visage des terroristes de Noir Désir ramènent à ma mémoire des images de Revelation (2002) de Stuart Urban.

Dans ce film, les carnassiers se dirigent vers le château du milliardaire Magnus Martel, le grand maître de l’Ordre des templiers, par une nuit gardée par la foudre, sans être repérées par les gardiens. Soudainement, les bêtes se métamorphosent en humains vêtus d’un accoutrement similaire aux terroristes de Charlie, pour ensuite assassiner Martel en lui arrachant la peau. Des images plutôt horribles qui m’ont poussé vers l’humour du fondateur de la revue bête et méchante Hara-Kiri, le grand frère de Charlie Hebdo. Il s’agit de Georges Bernier (1929-2005), dit le Professeur Choron. Une occasion pour me laisser bercer par une de ses chansons qui traite d’assassins.

 

 

Georges Bernier, le fondateur de la revue bête et méchante Hara-Kiri,

le grand frère de Charlie Hebdo.

 

Il y a des hashashins et assassins

Ces amalgames pour en arriver à vous dire que lorsque j’ai vu les premières images des attentats de Charlie, j’étais incapable de vous livrer cette impression que les terroristes sont les héritiers de la secte des Assassins présentée en 2009 dans cet autre extrait du Livre amer:

Bien   que la secte des Assassins soit disparue en l’an 1257, l’enseignement d’Hassan Ibn Saba  se perpétue dans la croyance que tuer au nom de Dieu assure une place au paradis et la stratégie du chaos, une remise en question de la démocratie et des frontières qui exige de frapper l’adversaire sans l’avertir. Le principal problème est de croire que cet héritage est exclusivement pour les adeptes d’interprétations ésotériques du Coran. L’allié de la secte musulmane, l’Ordre des templiers, a aussi fait une lecture ésotérique de la Bible pour se donner l’autorité d’assassiner des gens pour protéger les intérêts d’un réseau économique qui reliait Jérusalem, le Vatican et les monarchies de l’époque. Une «théocratie de marché», si je peux oser ces mots. La même histoire se répète aujourd’hui. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Ordre de Malte, l’héritier des Templiers, fréquente des agents de la CIA, des anciens nazis, des membres de l’OTAN, des politiciens et des sociétés secrètes tels l’Opus Dei (l’Oeuvre de Dieu) et le Propaganda Due (P2), une loge maçonnique du Grand Orient d’Italie créée par la CIA. Des ramifications qui nous rappellent que l’État et la religion sont réunis depuis plus de 1000 ans à travers des entités ésotériques, initiatiques, religieuses, économiques et politiques. Et que nous soyons de l’Occident ou de l’Orient, les meutes de loups oeuvrent à la même stratégie du chaos, sauf qu’en Occident le paradis est remplacé par un nouvel ordre mondial dont le plus proche cousin est ce Millénium promis par Adolf Hitler: une planète unifiée et sécurisée composée de lapins obéissants, un trait caractériel des Aryens sous le régime hitlérien.

Lapins enragés

Malheureusement, l’instruction, la soif de vérité, l’entêtement et la libre-pensée enragent les  lapins. Parmi ces féroces mangeurs de carottes qui travaillaient chez Charlie, le plus craint se nommait Bernard Maris (1946-2015), dit Oncle Bernard. Un économiste réputé pour ses critiques de ce capitalisme sauvage qui assassine tout ce qui respire au nom du profit. Un type présenté dans La France perd un économiste incontournable de Gabriel Ste-Marie dans l’Aut’journal de février 2015, comme un «libre-penseur» qui «a constamment cherché à provoquer notre réflexion concernant notre conception de l’économie et de la société». Un critique de «l’économie orthodoxe, ayant notamment écrit […] Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles», coauteur de «Capitalisme et pulsion de mort» et ancien «candidat pour les Verts aux législatives de 2002».

 

 

Bernard Maris, célèbre économiste qui

fut parmi les victime du la tuerie au Charlie Hebdo.

 

Maris n’est pas né enragé. Il a évolué vers cet état d’être en observant minutieusement la société, le comportement humain, les politiciens, les corporations, les injustices et les réseaux de ploutocrates qui forment des meutes de loups qui rêvent d’arracher notre peau. Les musulmans ne naissent pas intégristes. Ils le deviennent souvent en réaction à nos propres bêtises. Mais encore, le principal problème est de découvrir que les loups étendent vigoureusement la rage en multipliant les conneries. Du côté de l’Orient, ils sont les coupeurs de têtes, des bourreaux qui s’offrent des séances de tortures et des intégristes violents et cons. Du côté de l’Occident, des politiciens font tomber la tête d’institutions, refusent de respecter les droits des citoyens pendant qu’ils profitent des moindres occasions pour se donner en spectacle sous les applaudissements d’imbéciles dont la fréquence de leur cerveau résonne en harmonie avec celle des propagandes hypnotiques. Des gens qui prennent tous les moyens qu’ils disposent pour coller l’étiquette de lapins enragés sur le front de ceux qui critiquent leur excentricité outrageuse et condamnent à la censure les gens qui osent dire que l’Islam est aussi une société organisée et progressiste qui est composée de philosophes et de sages autour de valeurs collectives, comme le mentionnait Mohamed Lofti, le créateur de la mythique émission Les souverains anonymes, en entrevue avec Robin Philpot sur les ondes du Pied à Papineau (CIBL FM) du 12 janvier 2015. Des gens qui lèvent le nez sur l’information qui ne cadre pas avec la propagande. Ainsi, c’est le silence sur le livre The Globalisation of War (2015), dont l’entrevue au Pied à Papineau du  2 février avec son auteur, l’économiste Michel Chossudovsky, dévoile cette information importante en s’inspirant d’un «rapport du service de renseignement israélien»: «EI est financé par les États-Unis» et «entraîné en Arabie Saoudite et au Qatar».

 

 

Dessin d’un auteur inconnu représentant un site d’entraînement

d’État Islamique qui permet aux terroristes de simuler

les attaques d'Occidentaux infidèles.

 

Hassan Ibn Saba devait certainement comprendre l’importance de rassembler deux meutes de loups sous une seule autorité pour faciliter l’efficacité de la nouvelle propagande. Il devrait aussi, je m’imagine, apprécier l’ajout d’une petite touche ésotérique inspirée du mythe de Hermès Trismégiste, le dieu trois fois grand qui se voue à plusieurs activités, pour ajouter une troisième meute. Le terrorisme international opposé aux forces de l’OTAN, avec pour troisième partenaire, le juge qui négocie des modifications géopolitiques, des accords, des contrats et des pénalités. Pour en arriver à quoi? À attaquer la société et la démocratie par l’arme de l’économie de marché qui écrase la classe moyenne et les pauvres, à enrichir les loups et encadrer les citoyens pour qu’ils puissent devenir de bons petits lapins qui obéissent aux impératifs économiques en reconnaissant que leur liberté repose sur une consommation étroitement liée à la capacité d’accroître leur productivité.

Des efforts pour augmenter le produit intérieur brut (PIB) pour payer les augmentations du budget de la sécurité nationale et un resserrement des libertés et de la sécurité sa faisant à l’aide d’outils pensés et créés par l’oncle Sam: «zombificateurs» et nouvelles technologies informatiques compilant les actions et réactions des individus dans des banques de données et profilant les consommateurs selon leurs relations et opinions. Un «modèle d’affaire» qui vise «le contrôle du comportement du consommateur», comme l’affirme Stéphane Leman-Langlois, l’auteur de La lucrative industrie des données personnelles publié dans la revue Relations de février 2015. Et à la place d’informer lentement la population de l’historique du mal, il faut effriter les droits et libertés au nom de sécurité. Ainsi, sans les terroristes, le «Partiot Act n’existerait pas et les États-Unis n’auraient pas ouvert à la NSA l’accès aux bases des données des géants américains du Web et des télécommunications, dont Google, Apple et Facebook permettant à l’agence d’espionner la quasi-totalité de la population américaine», selon Emiliano Arpin-Simonettie, auteur du texte Contrôle social 2.0, toujours dans Relations de février 2015.  Pour prix, nous vivons un «contrôle social» qui repose sur un «mélange de surveillance et de divertissement». Pour effet, «il en résulte, selon le politologue Sheldon Wollin, une forme de totalitarisme inversé où la souveraineté politique est soumise à la tyrannie du capital et où la population se désintéresse des questions politiques, leur préférant le divertissement fourni par l’industrie culturelle et l’expression narcissique de soi dans les médias sociaux», selon Capitalisme et totalitarisme de Maxime Ouellet (Relations).

 

À la gloire des cons

Sommes-nous prêts à endosser ce «totalitarisme inversé» et cette «tyrannie du capital»? C’est possible dans un monde où des cons décident d’assassiner Charlie en réaction à la publication de la célèbre caricature en 2006 qui a provoqué tant de maux. C’est inévitable lorsque nous croyons qu’un ordre mondial nous permettrait de transformer la planète en lapinière s’il nous garantissait la paix et la sécurité. Devant ce rêve, nous ne devons pas oublier que nous vivons cette ère de paix et de sécurité depuis bientôt 70 ans. Un moment unique de l’histoire qui a profité à la mise en place d’une société individualiste, dont la grande réussite fut de combattre la souffrance et tout ce qui irrite les individus. À cette fin, nous avons enterré nos peurs et ce mal que le catholicisme québécois liait à un étranger riche, puissant, anglophone et protestant. Le loup qui nous observait par la fenêtre de notre chambre. Le Diable qui cognait à notre porte.

 

 

La célèbre caricature de Mahomet qui est au

centre des attentats contre Charlie Hebdo.

 

Avec le progrès et la Révolution tranquille, nous dansons maintenant avec les loups et le Diable. Par notre façon de vivre, de nous exprimer, de voter et de penser, une partie croissante de la population chasse les mêmes démons que les fondamentalistes et néo-conservateurs anglo-saxons, en devenant des détracteurs de politiques progressistes et du mouvement syndical qui glorifient la loi 3 du PLQ. Des fossoyeurs de tombes qui méprisent le savoir et l’éducation, sacrifient les malades et s’abaissent au niveau d’une culture de la mort acclamée par nos gouvernements au nom de l’argent. Plus personne ne craint les Saxons austères, racistes, bornés et menteurs. On subventionne et encourage leur mépris de l’autre. On s’écrase devant le refus de l’Office national de l’énergie (ONE) d’obliger la traduction en français de documents de TransCanada se rapportant au projet d’Énergie Est. Pour ce qui est de la paix, elle est un petit moment de repos entre deux guerres qui permet d’étaler des propagandes dans l’esprit des gens. Aujourd’hui, c’est pour créer la peur de l’Islam. Pour conséquence, la tendance n’est pas de s’offusquer des 120,000 décès chez des civiles lors des interventions militaires de la coalition en Afghanistan et en Irak dont le Canada faisait parti, ou encore des prochaines victimes. Au contraire, le Québec se confond de plus en plus avec l’ouest canadien et du sud des États-Unis selon un récent sondage qui affirme que 62 % les Québécois appuient la mission militaire canadienne contre EI, la créature de Sam. Mais encore, cette peur se nourrit d’une nouvelle souffrance qui s’impose par le libéralisme. Un mal qui nous encercle par le soutien de cette même vieille alliance politique, religieuse et ésotérique réunissant des meutes de loups provenant de l’Ordre de Malte, la CIA, l’OTAN et EI pour nous demander d’éviter l’autre, plus précisément le lapin enragé. Le paradoxe de la bêtise qui permet de briguer pour un ordre mondial pendant qu’une étude présentée dans le texte L’empathie décryptée publiée dans Le Devoir du 19 janvier sous la plume de Pauline Gravel, nous dit que le stress et la douleur rendent la cohabitation difficile avec les étrangers.

Être Charlie? Les préceptes de l’économie de marché et de la stratégie du chaos nous éloignent de cette liberté de parole qui déplait autant aux putes de la finance internationale et médias de l’aliénation qu’aux intégristes de toutes sortes. En m’imposant un nouveau langage, un autre sens aux mots, pour associer le mal au bien et la liberté à quelque chose d’élastique, de relatif, elle multiplie les bonnes intentions du traître qui vend ses frères pour des écus. Pour prix, une démocratie qui chancelle pendant que des lapins obéissants sucent des ailes de poulet et que le grand héros canadien, le premier ministre canadien Stephen Harper, injure Vladimir Poutine, le président de la Russie, tout en caressant la vulve corporatiste de Nathalie Jaresko, l’actuelle ministre des Finances de l’Ukraine placée en poste par les États-Unis le 2 décembre 2014. Celle qui a fondé la firme d’investissement Horizon Capital avec le soutien financier d’USAID, une ONG chapeautée par la CIA.

Être Charlie? Pas dans une société où des loups se donnent pour mission d’inventer de nouvelles maladies. Ainsi, après que le Pentagone ait affirmé que Vladimir Poutine était atteint d’autisme, me voilà pris avec le TOP. Je veux bien être la victime d’une maladie mentale qui serait la cause de ma tendance à vouloir provoquer et exhiber ma libre pensée, à la condition d’avoir le droit de ne pas accorder du crédit à l’insensé, même si cela doit démontrer la gravité de mon cas en contestant les diagnostics et découvertes d’imbéciles, qu’ils soient cravatés ou vêtus d’un sarrau. Mais encore, puis-je avoir le TOP et coller cette autre maladie sur le front de ceux qui mesurent leur réussite sur la quantité de problèmes qu’ils causent à autrui et à l’environnement: le syndrome de la Provocation Obsessionnelle de Troubles (POT).

Ne rêvons pas d’une camisole de force pour les victimes de la POT, car elles sont expertes dans l’utilisation de la rapidité pour imposer des traitements-chocs servant à atténuer les symptômes du TOP. Avec les actes de «terrorisme» perpétrés par Martin Couture-Rouleau et Micheal Zehaf-Bibeau en octobre 2014, le gouvernement Harper a vite réagi par les lois C-13 et C-51 qui permettront aux policiers d’utiliser des informations provenant de la Toile, ce qui risque d’avoir des conséquences fâcheuses pour des groupes et individus qui dénoncent des projets qui menacent l’environnement, qui sont souverainistes, qui exigent le respect de leur langue et qui s’engagent socialement par des oeuvres. Bref, des lois pour inciter les lapins à obéir. Pour seule réaction logique, il faut devenir une tortue, qui a préférablement le TOP, utiliser sa  carapace pour se protéger des animaux rugissants et participer secrètement à des activité criminelles. Sur ma liste de méfaits: une pétition pour libérer Raif Badawi et l’écoute de Lasskaoul Kachvaa d’Arseniq 33 en pensant à Philippe Couillard et de son équipe en train de poignarder le Québec dans le dos.  Un geste légal selon la loi C-51 de son ami Stephen.

 

 

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