bn

 

Nouvelles de l'Interzone

 

Septembre 2015

 

 PDF

r

 

Le mois d’août s’éclipse derrière septembre pendant que la chaleur du feu de l’actualité irradie la campagne électorale canadienne et la récession, tout en élevant à la vue de tous, les ballons de la Commission Robillard du Parti libéral du Québec (PLQ) annonçant la volonté de céder la perception des impôts québécois au Canada et la remise en question du monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ). Je sais. Je devrais commenter ces informations, les souligner ou au moins les méditer, avant que les flammes les transforment en cendres impropres à ma mémoire. Je préfère, pour l’instant, m’éloigner en compressant l’atmosphère lourde avec la roue avant de mon vélo et contempler le ciel étrange aux reflets jaunâtres qui me laisse l’impression d’un condensateur électrique surchargé qui pourrait bientôt exploser.

 

J’aimerais fuir la charge la tête haute, en déroulant mes idées comme un tapis qui me permettrait de me déplacer d’un sujet à l’autre, comme on passe du Capricorne à la Grande Ourse, mais avant je dois vous confesser un péché. Depuis quelques semaines je rêve d'obliger des ministres du PLQ à écouter Les Vieux de Jacques Brel (1929-1978) en regardant les images de personnes âgées victimes d’une rationalisation des dépenses dans les centres d’accueil. Un songe malheureusement rattrapé par les symptômes de mon Syndrome de persécution identitaire (SPI), une maladie mentale qui transforme mon cerveau en arène de luttes, pour y confronter Jacques Brel à John Lennon (1940-1980) des Beatles. La raison n’est pas que Brel est né un 8 et décédé le 9 octobre alors que Lennon a vu le jour le 9 octobre et est mort un 8. C’est plutôt pour expier un vieux problème qui traîne depuis de nombreuses années. Comment vous l’expliquer? Contrairement à d’autres, lorsque le premier ministre canadien Stephen Harper chante With A Little Help From My Friends des Bealtes, je n’ai pas l’impression d'être du nombre de ses amis (friends). Pour être plus précis, je vous dirais que ses copains me méprisent en plaçant dans leurs cibles des souverainistes tout en accordant le pardon sans condition à des fédéralistes. L'exemple qui me vient à la tête est le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau qui a menacé de sanctions, en décembre 2014, le maire de Laval Marc Demers et à la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire pour la hausse des taxes foncières imputées aux compressions du PLQ. Deux indépendantistes, je le précise, puisque Marc Demers est un partisan du Parti québécois (PQ) alors que Caroline St-Hilaire est une ancienne députée du Bloc québécois (Bloc). Parallèlement, rien, pas même un soupir libéral, en réaction à la destruction sauvage d’une dalle de ciment de Postes Canada par le maire de Montréal Denis Coderre, un fervent fédéraliste canadien.

 

Mais encore, j’ai l’impression que les amis de Harper gèrent le Québec en méprisant le français de Brel pour mieux promouvoir l’anglais de Lennon. Ainsi, en juin 2015 le premier ministre du Québec Philippe Couillard a semoncé Caroline St-Hilaire pour ses dénonciations de Robert Myles, le maire de Greenfield Park traduisant tout du français à l’anglais, alors qu'en août, la ministre de la Condition féminine Stéphanie Vallée fut très lente à réagir aux propos de Daryush Valizadeh, dit Roosh V, un anglophone étasunien qui banalise le viol des femmes. Mais encore, ce Philippe Couillard qui affirme que «les Québécois n’aiment pas la chicane» est avare de commentaires pour dénoncer la plus longue campagne électorale depuis bientôt 100 ans, en vue des élections du 19 octobre 2015 qui furent lancées le 2 août par Stephen Harper. Soixante et dix-huit jours à observer les manitous des formations politiques canadiens se chamailler, avec pour seule réplique de Couillard, le dénigrement de ces deux souverainistes: le chef du PQ Pierre Karl Péladeau et Gilles Duceppe du Bloc.

 

L’anarchiste

Une campagne électorale qui nous demande de nous adapter à la gouvernance des cancres! Ainsi, moi qui prévoyais cuire des sushis sur BBQ le six août pour commémorer le 70e anniversaire de la bombe atomique lancée sur Hiroshima par les États-Unis en 1945, la même journée, les quatre dirigeants des partis canadiens ont décidé de m'indisposer par un débat télévisé. Une raison plus que valable, pour décider, le 4 août dernier, de me rendre au parc Georges-Étienne-Cartier de Verdun, dans l’intention d’écouter le discours d’une anarchiste de passage.

Vers 18 heures, environ 100 personnes s’attroupaient pour le moment précieux. Un nombre suffisant pour espérer une grosse «chicane» avec les forces de l’ordre. Malheureusement, tout s’est bien déroulé. Vers 19 heures, l’anar a prononcé pendant près d’une heure des mots bien sentis sur la résistance contre l’autorité, l’éducation, la répression policière, la bourgeoisie et les pirates, sans que personne se fasse matraquer ou séquestrer. Le nécessaire pour remuer, avec un ami, les scènes d’un DVD présentant l’anarchiste à ses débuts, en 1969. Une œuvre indispensable pour méditer sur le sens de la vie et à l’importance de résister contre la bêtise. Tapis! Pour mon copain, «en 1969 l’anarchiste était opposée à des anarchistes hippies». Rien à voir avec Jacques Brel se confrontant à John Lennon, mais à quelque chose de plus inquiétant. Il faisait référence à The Family, une secte californienne dirigée par Charles Manson qui a assassiné cinq personnes le 9 août 1969, dont la célèbre actrice Sharon Tate, la femme du réalisateur Roman Polanski. Une «date marquante pour l’Amérique», comme il disait, puisque «24 ans auparavant, le 9 août 1945, une autre bombe atomique fut larguée sur le Japon» par les États-Unis, plus précisément sur Nagasaki. Pour résultat, 75,000 habitants décimés par l’explosion, pour une population de 240,000 âmes.

 

 

Charles Manson

 

Tom et la mort

 

L'ami tentait-il de me suggérer de regarder le débat des chefs le 6 août et calciner des sushis le 9, plutôt que me compliquer la vie? À la place de me confirmer son intention, il  a ajouté que «Charles Manson s’était inspiré de l’Album blanc (1968) des Beatles pour organiser la tuerie et qu’il fut surpris que les trois Beatles toujours vivant en l’an 2000 ne soient pas revenus sur cette tragédie dans le livre biographique Beatles Anthology, eux qui ont certainement traversé des moments d’angoisse à la suite de ces meurtres». Autre tapis! Une fois chez moi, l’Album blanc m’a rappelé qu’une bouteille de vin, tout aussi blanc, le Saint-Vincent, reposait au réfrigérateur. Alors que je découvrais un goût de pêche, le petit écran diffusait cette révolution canadienne: le prénom de Thomas Mulcair, le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), sera désormais Tom.

 

Je ne sais pas si cette initiative s’inspire de l’émission The Magic Tom Road Show qui a émerveillé des bambins anglophones dans les années 60, mais pour moi, elle me rappelle un autre Tom, vous savez, le genre à oeuvrer pour une firme de relations publiques. Le 17 septembre 1969, ce Tom publie un article dans le journal étudiant de l'Université d'Eastern Michigan qui lance cette étrange rumeur qui fut radiodiffusée le 12 octobre lors d’une conversation radiophonique entre Tom et le DJ Russ Gibb: Paul Mc Cartney, le bassiste de Beatles, est mort le 9 novembre 1966. Pour appuyer ses commentaires, Tom révéla que les mots «Number Nine» de la pièce Revolution 9 de l’Album blanc donnaient «Turn Me On Dead Man» lorsque le disque était joué à l’envers. Un hasard? Disons plus le résultat d’expériences de John Lennon en studio dont on ne sait si elles servaient à l’amuser ou à appliquer une technique magique de l’occultiste Aleister Crowley (1875-1947). Pour conséquence, une chasse aux indices cachés dans les œuvres des Beatles. Le Code de Vinci de la musique Pop promettant une communion psychédélique avec le célèbre groupe, à la condition d’oublier le clan Manson. Mais encore, il y a Tom R, l’anagramme de Mort. Ce texte, datant de 2004, présentait la vie de Tom, un homme d’un certain âge qui aimait enseigner l’économie aux enfants et louanger sa fortune provenant de la fructification de l’assurance vie qu’il avait touchée après le décès de sa femme et de sa mère. Et un jour, Tom découvre que son entourage le fuit et que ses amis raccrochent le téléphone lorsqu’il tente de communiquer avec eux. C’est alors qu’il s’imagine la victime de médisances dues à sa richesse tant vantée. Après trois jours à se sentir comme un être invisible à qui personne ne remet ses salutations et pose leur regard, il décide de prendre un rendez-vous avec un médecin. Après plusieurs tentatives infructueuses à autant de cabinets, il put enfin parler à un docteur dont le nom, Josef Mengele, rappelle la mémoire du médecin de la mort des nazis. Dans son bureau, le Dr Mengele informa Tom qu’il était décédé depuis quelques jours.

J’ai refusé de publier cette histoire et à l’époque j’étais loin de croire qu’elle reviendrait me hanter en faisant naître en moi la crainte que la longue campagne électorale soit marquée par la mort d’un des chefs. Mon SPI! Je dirais plus le ciel de la nuit qui me prévient que quelque chose d’inquiétant se tisse. Comme une onde magnétique qui nous donnerait le droit de tuer en alourdissant notre esprit de sottises un peu plus chaque jour, faute de résister comme l’anarchiste. C’est ainsi que nous pouvons évoluer, sans trop de chicane, dans une société qui injure et frappe des groupes et individus qui indisposent l’autorité, qu’ils soient des étudiants, des travailleurs syndiqués victimes de coupes de leurs fonds de retraite, des indépendantistes, des scientifiques ou des journalistes. Mais encore, cette tendance atteint notre pensée critique et notre capacité d’analyse, au point d’être incapable de lier ce droit de tuer à l’influence d’une culture dominante qui se ferme à tout ce qui est étranger à la sphère anglo-saxonne. Cela s’exprime par des politiciens stoïques devant l’assassinat de ma langue et de mon identité. Des élus ancrés à cette culture de la mort qui trouvent toujours les bons mots pour éviter la réalité. Des gens qui m’invitent à plier les genoux face à l’insensé et qui m’associent à la «chicane» lorsque je me lève pour me faire respecter. Des chefs de partis agissant comme des serviteurs de firmes de relations publics qui empruntent les traits de Charles Manson.

 

Blanc et Noir

L’apôtre de l’ordre et du nettoyage anticipait un conflit racial entre la race blanche et noire. Rien d’invraisemblable pour l’époque, puisque les États-Unis étaient confrontés à un mouvement d’émancipation des Noirs. Une des conséquences fut l’assassinat, le 4 avril 1968, de Martin Luther King (1929-1968), un charismatique orateur qui luttait contre la ségrégation. L’assassin se nomme James Earl Ray (1928-1998). Il est un ségrégationniste qui aurait eu pour copain un type qui lie les Noirs étasuniens et les Canadiens français. Dans les années 70, il fut présenté dans un texte du Montréal Matin, un quotidien disparu, comme l’assassin de deux politiciens québécois. Il s’agit de Jules Ricco Kimble, un agent contractuel de la CIA qui aurait tenté de nuire au PQ de René Lévesque (1922-1987) en infiltrant le Front de libération du Québec (FLQ). Comment? En commettant des gestes qui autorisent l’usage de propagandes haineuses.

 

 

James Earl Ray

 

Pour Manson, cette propagande puise sa source dans des idéologies racistes centenaires. Au Québec, nous parlons de la Conquête britannique de 1760 qui pave la voie d’un dénigrement des papistes catholiques par les Anglais, pour ensuite s’attaquer aux Patriotes, Métis et Canadiens français pour enfin s’étendre aux Québécois souverainistes, étudiants grévistes, syndiqués, intellectuels, journalistes et tous ceux qui ne cadrent pas avec le fédéralisme canadien. Et lorsque j’affirme que les chefs de partis sont des proches de Manson, c’est pour étaler le tapis de l’hypocrisie malveillante du PLQ. Pendant que ce parti fait son spectacle avec le projet de loi 59 de Stéphanie Vallée visant l’interdiction des discours haineux, l’aversion des indépendantistes persiste depuis la naissance du PQ. Rappelons que René Lévesque et Jacques Parizeau (1933-2015) furent associés à tous les maux, dont Hitler, par le soutien de médias racistes et majoritairement anglophones, sans la moindre réaction du PLQ. Un droit à la propagande haineuse qui invitait subtilement les tarés à tuer. Pour prix, trois décès et 13 blessés lors de l’attentat du 8 mai 1984 perpétré par le caporal de l’Armée canadienne Denis Lortie à l'hôtel du Parlement du Québec. Un type qui visait René Lévesque et les députés du PQ.

Depuis, les morts passent et les menaces s’oublient. Pas trop de mots sur l’attaque ratée du 4 septembre 2012 de Richard Henri Bain contre la première ministre Marois qui provoqua la mort d’un technicien. Rien à ajouter sur les menaces de mort en 2012 sur la personne de Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Oublions la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire qui fut victime, en 2015,  de menaces de mort de la part d’anglophones, via le réseau social Facebook, pour avoir demandé à Robert (Bob) Myles de respecter la majorité francophone en arrêtant de tout traduire du français à l'anglais. Et surtout, évitons de traiter d’une apparence de complicité du PLQ. Nadeau-Dubois fut lié à l’ennemi public numéro par ce parti qui utilisait tout le mépris possible de sa personne et des Carrés rouges, symbole de la solidarité étudiante. Oublions la Sûreté du Québec (SQ) qui s’est transformée en une police politique en laissant l’impression que l’autorité était prête à passer l’éponge sur les crimes portés contre un étudiant dont l’intelligence indisposait le gouvernement de John Charest. Pour St-Hilaire, ne comparons pas l’indignation de Philippe Couillard à sa demande de mieux protéger le français à un patron qui réprimanderait une employée devant le type qui vient de la menacer. Une façon de dire au criminel qu’il peut compter sur l’indulgence de l’État s’il décide de brasser Monique, car les menaces de mort sont parfois nécessaires pour remettre à l’ordre une mairesse indépendantiste et donner un peu de force à des communautés francophobes qui votent pour la mort.

Et déroulons le tapis aux spécialistes qui s’imposent pour nous livrer ces commentaires magiques: les médias sociaux sont responsables d’une augmentation importante de menaces de mort touchant les élus. C’est bien, sauf que dans Le Devoir du 11 août 2015, le texte Ressac politique en vue de Christian Gagnon de l’Action nationale nous apprendre qu’en 1982, donc bien avant Internet, les «locaux de la Société franco-manitobaine» ont été incendiés et que son président Léo Robert et sa femme Diane furent victimes de «menaces de mort». Au centre, encore le français de Brel versus l’anglais de Lennon. Une lutte qui a forcé «la Cour suprême de traduire en français toutes ses lois depuis 1890». C’est aussi essentiel pour oublier de préciser que le droit de tuer est un héritage du colonialisme britannique qui s’exprime par des moyens modernes et exige un ennemi commun des Canadiens anglais: le souverainiste, le Québécois et le Canadien français. Un prétexte national pour forger une société d’assiégés qui évite la chicane et les questions embarrassantes. Une petit village qui n’ose se demander comment un militaire canadien peut se retrouver à l’hôtel du Parlement avec une mitraillette pour faire la peau des péquistes et Richard Henry Bain ait pu circuler librement en plein centre-ville de Montréal avec des armes à feu, malgré la garde de la SQ, pour ensuite prononcer cette phrase digne d’un ségrégationniste: «les Anglais se réveillent».

 

 

Richard Henry Bain

 

L’étrange sonorité de l’économie

Les Anglais sont-ils assez réveillés pour comprendre que leur droit de tuer sert leur modèle économique? Ainsi, lorsque des groupes de revendications politiques ou idéologiques risquent de nuire à la consommation, ou pire, la transformer selon leurs intérêts, le réflexe est de les tuer. Heureusement, nous pouvons éviter d’être assassinés si nous diminuons notre espace culturel et politique, semons la haine des revendicateurs et inventons des gains et des avantages de toutes sortes pour faire avaler nos pertes. L’art de rejeter la chanson Les vieux de Brel pour mieux promouvoir la lucrative illusion du réel qui fait accorder l’économie au diapason de la mort.

Tapis! Contrairement à Jacques Brel, les Beatles furent les premiers à façonner le monde de la consommation et des modes dans un contexte de mondialisation: des affiches, des dessins animés, des photos, des coupes de cheveux, des vêtements et tout ce qu’on peut imaginer de produits dérivés pour nous transformer en consommateur. Une grosse industrie qui fut présentée sous l’emballage d’une révolution humaniste qui déborde aujourd’hui vers une société qui sévit contre tout ce qui nourrit la poésie de Brel. Dehors les émotions trop lourdes et les réflexions philosophiques. Pour prix, une incapacité chronique à bouger au bon moment pour les bonnes raisons et une remise en question de la vertu et de la morale au nom d’un développement économique et des relations avec les investisseurs et la mafia pour accompagner l’émancipation d’un universalisme qui désire nous unir sous une langue et une culture unique qui n’est pas celle du Québec. Ainsi, nous devons éviter de nous attaquer à un Étasunien qui banalise le viol et à un type qui imite Elvis Gratton, le personnage de Pierre Falardeau (1946-2009) qui parle «bilingue». Il faut chanter les voitures, le travail, l’individualisme, les amourettes et les oléoducs. S’acheter un billet pour oublier la torture des prisonniers de la CIA à l'aide de chansons anglophones et la pollution linguistique de l’espace public qui évacue l’humanité au profit de la consommation. Intégrer les drogues psychédéliques expérimentées et promues par les vedettes des années 60, pour créer de meilleurs terroristes, des policiers aux pupilles dilatées, comme s’ils avaient avalé du LSD, matraquant des manifestants en mai 2015. Plus de chicane! Seulement des produits à exploiter, de la viande à attendrir, de cerveau à convertir et des conneries à la tonne servant à remplir le compte bancaire de tarés dont la gestion des avoirs des citoyens repose sur leur capacité de refiler les factures par de nouvelles taxes, sans qu’il n’ait à rendre des constats à la population.

Ça sonne drôle. On paye pour les juges à la Cour suprême du Canada, l’Assurance emploie et pour assurer la sécurité des chemins de fer. Pendant ce temps, la même Cour pardonne le vol de 45 G$ dans la caisse de l’Assurance emploie par le gouvernement canadien, l’équivalent d’une pauvreté zéro pour tous les canadiens durant 20 ans et un accident de train à Mont-Mégantic, en juillet 2013, cause des pertes de vie et près de 2 G$ de dommages à cause d’une mauvaise administration de Transport Canada par le gouvernement de Stephen Harper. Tannés de payer! Au Québec, nous déboursons pour une taxe sur l’essence afin d’améliorer l’état des routes. Pour conséquence, les nids de poules se multiplient et les structures routières s’effondrent. La Santé et l’Éducation! C’est une farce. Dans le texte Des médecins en santé publique dénoncent une «vendetta» publié dans Le Devoir du samedi 23 août 2014 sous la plume de Amélie Daoust-Boisvert, Richard Lessard, directeur de la santé publique de Montréal durant 20 ans, affirme que le gouvernement désorganise la santé publique pour faire des changements que le «peuple» pourrait regretter.  Dans le même quotidien, même date, on apprend par la plume de Mélanie Loisel et Lisa-Marie Gervais, que la meilleure recette pour lutter contre l’analphabétisation qui ont été proposée par l’ex-ministre Yves Bolduc serait d’imposer l’anglais intensif, des nouvelles technologies et une diminution du nombre de livres. Si vous aimez mieux, nos impôts forment des étudiants anglicisés qui pourraient être qualifiés de «stupides», selon Nicholas Carr, l’auteur étasunien du livre Internet rend-il bête.  Pour solution, la promotion de tablettes numériques et l’installation de tableau intelligent financée par nos impôts que Couillard garde comme une perle précieuse.

Parallèlement, on se met à genoux devant les minières et pétrolières. Pour nous remercier, des injonctions et des menaces. On paye pour l’environnement pendant qu’on découvre que sans le travail de groupes environnementaux non gouvernementaux, le ministre Pierre Arcand risquait d’autoriser la construction d’un port pétrolier à Cacouna près d’une pouponnière de bélugas, une espèce en voie d’extinction. Mais encore, depuis 1991, deux taxes se sont rajoutées au fardeau des citoyens, pauvres et riches, pour abaisser les déficits. Pour résultat, Stephen Harper a fait grimper la dette canadienne de 481,5 G$ en 2006 à 614 G$ en 2015, alors que celui du Québec est passé sous le régime de Jean Charest du PLQ de 133 G$ en 2003 à 192 G$ en 2012, soit 59 G$ pour 9 ans au pouvoir, une moyenne de 6,555 G$ par année.

Enfin, je ne peux m’empêcher d’ajouter que la Commission Robillard, créée en juin 2014 par le PLQ sous les instances de Martin Coiteux, ressemble à un service funèbre opéré au nom de l’Accord économique et commercial global (AECG). Tapis! Aucun chef de partis canadiens ne traite de cette information. En mars 2015, Matthias Fekl, un socialiste occupant le poste de secrétaire français d’État au Commerce extérieur, a discuté à Bordeaux d’une réouverture de l’entente de l’AECG avec Philippe Couillard. Pour réponse, le premier ministre a encore joué la carte de la chicane, en affirmant «qu’une réouverture du texte de l’entente serait très négative». À la fin de juin, Matthias Fekl ajoutait cette fois que même si l’AECG avait permis de mettre sur la table des négociations un accès au marché public (sociétés gouvernementales), il désirait réécrire l’article 33 avant de ratifier l’AECG.  L’économie sonne drôle! Nous sommes informés par la France que les sociétés gouvernementales québécoises ont été placées sur la table, ce qui inclue l’éducation, Hydro-Québec, la SAQ et la santé. On nous apprend du même coup que l’article 33 de l’AECG permettra aux multinationales d’attaquer en justice les signataires qui oseraient voter des lois démocratiquement qui entravent le libre marché. Monsieur Fekl donne ces exemples: Philip Morris a poursuivi l’Australie parce qu’elle avait adopté des lois antitabac. Le producteur et distributeur d’électricité suédois Vattenfall a fait de même avec l’Allemagne lorsqu’elle a décidé de sortir du nucléaire. Pour éviter de bâillonner l’État, il a donc proposé des ajustements pour qu’une entreprise ne puisse plus «poursuivre un État pour ses choix de politiques publiques», selon La France ne signera pas sans modifications publié dans Le Devoir du  29 juin 2015, sous la plume de Christian Rioux.

 

***

 

Fifi Brindacier agressant les chefs de partis fédéraux

 

Revenons à l’anarchiste. Comme Tom Mulcair, elle a changé son mom. Elle qui se nommait Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d'Efraïm Brindacier est devenue Fifi Brindacier, une jeune suédoise qui a diverti de nombreux québécois dans les années 70, via la télévision. Un tapis qui devrait m’inciter à voter pour le NPD? Je trouve que le chef du NPD s’est plié aux exigences du Stephen Harper en s’ancrant solidement à la chicane électorale de 78 jours, lui qui aurait dû résister à l’autorité en entrant dans la campagne pour les 41 derniers jours, soit le 7 septembre, s’il avait eu un peu d’anarchie en lui. Cela aurait reporté le foutu débat du 6 août pour mieux rappeler la mémoire de 100,000 Japonais décédés sur une population d’environ 350,000 habitants et éviter de transformer le débat télévisé en matche de lutteurs professionnels. Le chef le plus fort qui deviendra le prochain premier ministre. Le bon Canadien digne des Biberons bâtis qui lui «n’a pas été au Japon» et n’a pas «mangé du riz», mais des «steaks et des jambons».  Mais encore, je trouve le chef trop silencieux, presque autant que son ami Couillard. Ainsi, lors de sa tournée des parcs de Montréal avec le Théâtre de la Roulotte fondée en 1953 par Paul Buissonneau (1926-2014), Fifi a abordé, en une heure, plus de sujet que tous les chefs de partis réunis en 38 jours.  Pour les 41 jours qu’il reste, nous avons plus de chance de voir la mort se pointer que la vérité.

Qui blâmer? Nous abandonnons notre identité et notre Jacques Brel et Fifi intérieur pour nous adapter à une société qui transforme les mensonges en des vérités incontestables. C’est ainsi qu’on en arrive à croire que l’AECG sert le Québec, que les politiciens sont compétents, que les indépendantistes sont des pestiférés et qu’une campagne électorale de 78 jours profite à la démocratie plutôt qu’à la mort. Oublier que nous sommes confrontés quotidiennement à la pression du marché mondial, à l’incompétence des élus et à un droit de tuer étroitement associé à leurs mensonges. Et si les souverainistes en sont les principales victimes, c’est peu être que le dépassement de soi, la fierté, le nationalisme et le fait d'accepter que l’économie soit un terrain de chicanes, de luttes et de concurrences, irritent les copains de Charles Manson. Et bien que je reconnaisse que le Bloc n’est pas Fifi, je préfère de loin être représenté par des séparatistes que par les artisans de ma propre mort, car prêcher pour une entreprise funèbre qui garanti un enterrement en première classe, c’est comme s’essuyer les pieds sur le tapis à la place d'avancer. C’est ainsi qu’on peut appuyer les politiques de Harper en votant pour le PLQ et s’afficher comme un résistant contre les politiques de Harper en votant pour le NPD, sans même se poser cette question: sommes-nous toujours vivants?

 

Retour à la page d’entrée