La chronique des paranos

 

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La méfiance de Mathieu St-Arnaud

Les lapins vampires d’un anonyme

Les encouragements de Donald Cyr

La dure journée d’Anonyme Paquette

Le rêve de Frédéric

Clotaire Rapaille selon Marise

Le trafic d’enfants d’Éric Lévesque

La surconsommation selon Roger Lambert

 

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Votre livre incite à la méfiance. J’en suis à croire que l’hiver 2009-2010 pourrait profiter à mettre de l’avant le plan d’augmentation du coût de l’électricité de Thierry Vandal (un drôle de nom pour gérer un bien collectif). Comment? Par un délestage volontaire qui servirait à nous vendre l’idée de payer plus pour un meilleur service.

 

Mathieux St-Arnaud

17 octobre 2009

 

 

 

Monsieur St-Arnaud, vous êtes un des nombreux exemples que la paranoïa provoque des élans de lucidité.

 

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J’ai lu Nouvelles de l’interzone. Bravo! Saviez-vous que les lapins vampires de Sibérie préfèrent la carotte-tide aux autres veines.

 

Anonyme

18 octobre 2009

 

 

 

Je ne savais pas. Par contre, je sais que l’Osisko de Malaric (Abtibi-Témiscamingue) préfère les veines d’or. 

 

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Marc Huber est un personnage coloré de la même lignée que Pierre Falardeau et Michel Chartrand. Il a le tour de fouetter le système dans le but de nous faire prendre conscience des dangers de la manipulation. Il nous demande de ne pas être des pions, mais des artisans de l’avenir de notre société, pour nous garder éveillés devant les injustices de notre société. Félicitation pour ton ouvrage. Je conseille ton livre à tout le monde.

 

Donald Cyr

2 novembre 2009

 

Ils ne sont pas assez paranos tes propos mon cher Donald. Le Mossad en Ukraine… HINI… Pour les aider à s’endormir, des Reptiliens insomniaques mangeraient des mouches tsé-tsé élevées à Ste-Dorothée par des agents de la CIA... Bref, même si j’utilise des jurons catholiques lorsque je me choque, ta comparaison me semble passablement exagérée. Par contre, j’avoue avoir produit plus de textes que Falardeau, en octobre 2009. Si la tendance se maintient, ce sera aussi le cas pour novembre. Pour ce qui est du  Livre amer, j’ai travaillé très fort à son écriture.

 

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Bon, j’ai lu ton livre, mais après j’ai brossé mes dents avec du fluor, je suis sorti dehors et vu des avions blancs non identifiés qui déversaient du poison dans le ciel. Le monde toussait partout au centre d’achat en parlant de vaccins. Par la suite, j’ai allumé la TV. Ils disent que la Mafia dirige la ville de Montréal et que le maire a peur… J’ai changé de poste. Entre deux previews de films d’extraterrestres et de fin du monde, je me demande de quoi il parlait déjà ton livre. En tout cas, je te reviens là-dessus.

 

Anonyme

12 novembre 2009

 

J’ai ma théorie pour expliquer l’oublie du contenu du Livre amer.  Regarder la télévision, se brosser les dents avec du fluor, fréquenter les centres commerciaux en observant des gens qui toussent, respirer du poison provenant d’avions blancs et être dirigé par le maire apeuré d’une ville dirigée par la mafia, tout cela dans la même journée, affecterait la mémoire. Bref, si tu es un téméraire qui veut tout de même se souvenir de ta lecture, l’hypnose serait la solution préconisée par ton psychiatre. Mais attention, si je me fis au film Le Quatrième type, cela pourrait provoquer des suites de problèmes et des changements d’humeur radicaux, particulièrement si tu ne dors pas à 3 h 33 et qu’une chouette te regarde (un canard ou un perroquet peut servir de substitut).  Je te conseille donc la méthode douce: te procurer une autre copie du Livre amer et la lire.  Il se peut que ta version soit défectueuse, ou pire, une contrefaçon achetée d’un gros conard au service d’une entreprise de primates. 

 

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Je suis angoissé. Le nuit dernière j’ai rêvé à toutes sortes de monde que je connais et ne connais pas. À la fin, une voix me disait que quelque chose d’important, voire dramatique,  va arrivé après la mort de François Dompierre, un compositeur canadien qui est toujours vivant.

 

Fréderic

25 février 2010

 

Je n’ose faire des commentaires stupides sur ton rêve. Je peux seulement te dire qu’à chaque fois qu’une personne décède, quelque chose d’important se produit.   J’ajoute que notre monde est de plus en plus sous le jouge de catastrophes et drames, ce qui élève le risque  que ton rêve soit prémonitoire. Bref, moi je crois qu’il faut parfois décrocher de nos songes. 

 

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Vous ne parlez pas de Clotaire Rapaille dans vos textes. Pourtant, lors de sa première apparition à la télé, l’alarme de mon détecteur de reptiliens s’est mise à hurler.   Était-ce ses propos, ses gestes, ses verres fumés ou son nom qui a provoqué cette turbulence? Je ne peux répondre. Je sentais simplement la présence d’un reptile.

 

Aujourd’hui, j’ose affirmer que Rapaille travailles pour les reptiliens comme le précise le site de Nenki. Il ressemble à un grand maître qui multiplie les rites et fadaises pour nous psychanalyser. Contrairement à ce qu’il affirmait, sa mère ne pouvait chanter du Félix Leclerc en 1944, puisqu’il n’avait pas encore produit sa première chanson comme l’a affirmé une dame dans Infoman de Jean-René Dufort. Mais encore, était-il utile que l’élite, comprenant des journalistes, participe à une séance de relaxation pour trouver l’inconscient collectif de Québec après qu’il nous ait affirmé que notre relation avec le Canada anglais était digne d’un masochisme?

 

Nous l’avons accueilli comme un seigneur intouchable malgré son apparence et son nom. Nous avons été complaisants de ses mensonges. Nous lui avons déroulé le tapis rouge, car proposé par un maire de Québec Lebeaume. En fait, je me demande même si les lunettes de Monsieur Rapaille ne seraient pas un élément de sa psychanalyse reptilienne.

 

Marise

15 mars 2010

 

Moi qui croyais voir Luc Jouret de l’Ordre du Temple Solaire devant moi plutôt qu’un lézard. Peu importe notre réaction, je m’inspire de votre texte pour poser cette autre question: Un Thierry Vandal à la tête d’Hydro-Québec peut-il nous vandaliser?

 

En fait, j’aime de plus en plus Clotaire Rapaille. Si je me fie à ma propre analyse de notre inconscient, il pourrait affirmer que les Québécois (je ne parle pas seulement de la ville) sont très accueillants, au point de sympathiser avec n’importe quel étranger qui pourrait avoir une certaine notoriété à cause de ses diplômes ou son argent. Tellement accueillant que nous n’osons critiquer ces derniers. Je dirais accueillant au point d’apprendre la langue de l’invité, pour mieux relaxer avec lui.

 

Rapaille nous démontre que nous sommes soumis à des symboles, dogmes et rituels comme le sont les colonisés. Il nous prouve du même coup que ce masochisme, l’amour de la douleur de celui qui subit constamment sans oser répliquer, se retrouve dans les sphères médiatiques et politiques du haut de la pyramide, ceux que nous observons les œuvres, ceux qui nous manipulent en transmettant les valeurs qui nous maintiennent dans notre état de colonisé.

 

Bref, pour vendre le Québec, la ville et la province, Rapaille devrait simplement dire que notre refus de la souveraineté fait de nous un peuple qui excelle dans l’art de se prosterner devant ceux qui sont souverains, au point d’en faire des seigneurs chez nous.

 

Rapaille est le meilleur rapport qualité-prix pour rapailler les veilles chicanes entre les fédéralistes et les séparatistes afin de se poser cette question: Quel est le prix actuel du fédéralisme?

 

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Après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, l’aéroport de Port-au-Prince est sous le contrôle de l’armée, une présence qui provoque certains retards dans la distribution de nourritures, au point que des journalistes associent l’aide humanitaire à un débarquement. Je ne sais pas si cela cacherait une volonté des Américains d’exploiter des gisements de pétrole, comme l’a affirmé Benoît Perron à la radio, mais il y a assurément du prosélytisme à l’horizon qui semble profiter à un trafic de chair humaine. 

 

À l’aéroport se retrouvaient de nombreux groupes qui marchaient au même pas que les soldats, des pentecôtistes, batistes et évangélistes qui tentaient de recruter des Haïtiens pour les purifier du mal accolé sur leur front par Pat Robertson.

 

À la fin de janvier 2010, 10 membres d’une église baptiste de l’Idaho ont été arrêtés à la frontière de la République dominicaine. Ils tentaient de faire traverser 33 enfants pour les placer dans un orphelinat des États-Unis. Le hic, ils n’étaient pas des orphelins. Les dix Américains ont donc été accusés de trafic d’enfant et devraient être jugés aux États-Unis.

 

Les baptistes ont affirmé ne pas être au courant qu’ils commettaient un geste illégal. Ils voulaient seulement aider des enfants.  Le 8 février, l’avocat Jorge Torres Puello  les accompagne lors de l’interrogatoire par le juge d’instruction de Port-au-Prince.  Son aide cache un vice.  Le 18 mars, Jorge Torres Puello  est arrêté en République dominicaine, accusé de diriger un réseau international de prostitution.

 

Je suis certain que tu trouves mes propos pas assez paranos. Pourtant, j’en suis un vrai. Le trafic d’enfants n’offre pas seulement des occasions pour la prostitution et l’adoption illégale, mais aussi pour le trafic d’organes. En juillet 2009. Levy Iza Rosenbaum, un rabbin du New Jersey, est accusé de blanchiment d’argent et de trafic de reins. L’organe payé 10 K$ se vendait 16 fois le prix. En août 2009 j’apprends cette fois que des soldats israéliens auraient participé à ce marché en prélevant des organes sur des Palestiniens. L’information venait du journal suédois Aftonbladet, du journaliste Donald Bostrôm. En novembre 2009, le Pérou entre dans le rang.  Le ministre de l’Intérieur Otavio Salazar parle d’un trafic de graisse et de tissus humains pour fabriquer des cosmétiques de très grande qualité.

 

Un peu plus loin se retrouve le Brésil. Ce pays était sur la liste des invités des États-Unis qui pouvaient s’installer à l’aéroport de Port-au-Prince, sans contrainte. C’est aussi un pays qui est aux prises avec un sérieux problème de trafic d’organes: des  cadavres d’enfants amputés de leurs yeux ou d’organes.

 

Que serait-il arrivé aux 33 enfants, s’ils avaient traversé vers les É.-U.?

 

Éric Lévesque

21 mars 2010

 

Bravo pour ton apport. Tes propos me rappellent que je dois acheter des rognons et du foie de veau. Ha oui! Je dois ajouter que l’auteur Jean-Jacques Pelletier aurait traité du sujet dans le roman La chair disparue, son premier de la série Les Gestionnaires de l’Apocalypse. L’information vient d’une entrevue diffusée à la radio le 20 février dernier, disponible sur le site de Musironie pour téléchargement.

   

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Moi ma paranoïa c’est qu’un jour le monde arrête de surconsommer. Avec la sacro-sainte religion de l'économie, si le monde commence à pratiquer la simplicité volontaire ça va nuire à l'économie.

 
Moins de taxe, moins d’impôt, pertes d'emplois massives. On pourrait passer de la simplicité volontaire à la «misère involontaire». Et comme on fait référence à l’argent dans nos vies toutes les 30 secondes, on risque aussi de subir une dépression économique doublée d'une dépression mentale globale.

 
Vous ne me croyez pas? Par exemple, imaginez l’impact économique si demain matin plus personne ne va au restaurant. Demain tous ceux qui font vivre l’industrie de la restauration vont à l’épicerie et se préparent des lunchs pour le travail et se font des soupers entre amis à la maison. Combien de pertes d’emplois? Y a d’autres secteurs qui pourraient subir des coupures de revenus plutôt
drastiques dans la folie de la simplicité volontaire.


Je blague. Je voulais seulement souligner que si demain matin la population décide d’arrêter toutes surconsommations, on se retrouve alors avec un marasme économique sur les bras et une spirale de destruction de la structure économique. Comme Bush l’a dit après les attentats du 11 septembre 2001, «si vous voulez aider votre pays, allez dépenser votre argent dans les magasins».

 
Mais ça n'arrivera pas, c'est juste de la parano. Parce que j’ai espoir que chacun de nos nombrils va continuer de dépenser autant et plus qu’il ne le peut. La vie est tellement dure qu’il faut bien se récompenser et se réconforter dans la consommation.

 
Par contre, il n'est pas impossible qu'on nous force à la simplicité involontaire. Cela a été fait durant 10 ans de 1929 à 1939. Et à plusieurs autres occasions dans l’histoire, des crises économiques ont été volontairement provoquées dans le but de déposséder les gens ordinaires de leur maigre bien avant qu’ils en ramassent trop. Un peuple au chômage, pauvre et mal nourri, est plus enclin à aller servir de
chair à canon dans n’importe quelle guerre inventée par ceux qui contrôlent la finance.

 
Elle est bien plus là ma vraie parano: nous sommes rendus en fin de cycle et l’avenir nous réserve de grandes surprises. Jamais dans l’humanité le troupeau, que nous sommes, n’a eu à faire face à une réelle dépopulation. Et avec le vieillissement de la population riche et le taux de dénatalité, la dépopulation est programmée et pourrait prendre de bien étrange direction.

 
Mais tant que le canadien de Montréal, les émissions La poule aux oeufs d'or et Le Banquier sont là , on peut dormir sur nos deux oreilles et nous faire chanter des berceuses pour bien nous endormir sur votre lit-berté.

 

Roger Lambert

19 août 2010

 

Tout est dit, cher Monsieur Lambert de St-Lambert dont le nom se retrouve dans Le Cercle de Veckner (1993) de Mark Lärmer. Si vous permettez, nous pourrions mettre en scène vos propos dans un théâtre qui se déroulerait autour de l’objet le plus important de notre société contemporaine: le réfrigérateur.

 

Premier acte. Le thème du film 2001 l’odyssée de l’espace (1968) joue pendant qu’un projecteur plonge sur un réfrigérateur de 2,5 M., le symbole de la Terre nourricière faisant penser au célèbre monolithe que nous retrouvons dans l’œuvre de Stanley Kubrick. Autour de l’objet, les singes sont remplacés pas trois personnes. La première se nomme Restriction, la deuxième Permission et la troisième Simplicité volontaire. Ils ont faim et aimeraient partager douze truites. Restriction constate qu’il y en a que onze dans le frigo. Permission propose alors d’en acheter une pour compléter la demande. Simplicité volontaire refuse. Elle croit plutôt que neuf truites suffiraient pour concocter un bon repas. Les trois compagnons acceptent la proposition de Simplicité. Restriction se dit «si on mange neuf truites, il y en restera deux dans le frigo» pour une autre occasion alors que Permission y voit une occasion d’affaires. Si personne n’achète de truites, son prix risque de chuter. Et si elle chute, il pourra en acheter treize pour le prix de onze.

 

Première conclusion: peu importe le marché de l’offre et de la demande, la simplicité volontaire des uns crée toujours des opportunités pour d’autres.

                                                                   

Deuxième acte. Un quatrième personnage se présente après le repas. Son nom est Misère involontaire. Pour calmer sa faim, il ouvre le frigo. Il constate qu’il est vide. Simplicité ne rigole pas. Il devrait rester deux truites. Restriction parle aussitôt de la nécessité d’imposer un contrôle plus serré du frigo, alors que Permission maudit la perte que cette disparition engendre. Par la suite s’installe la suspicion entre les trois amis.

 

Deuxième conclusion: lorsque des conflits se tiennent autour d’un bien, nous devons soit resserrer les restrictions ou augmenter l’offre pour combler la demande. Et comme la matière qui compose les biens n’est pas infinie, il faut soit opter pour une décroissance économique ou une diminution du nombre de personnes qui convoite le bien.

Troisième acte. Restriction, Permission, Simplicité volontaire et Misère involontaire décèdent subitement. Malgré cela, le théâtre continue. À l’extrême droite de la scène une lumière découpe l’obscurité pour nous présenter un cinquième acteur: un poulpe assis devant sa télévision qui récite des formules magiques pendant que ses tentacules corporatistes puisent de la nourriture pour la dévorer. Les deux truites étaient excellentes, il se dit. Il peut maintenant grignoter tranquillement ses ailes de poulet, boire sa Coors Light et bénir les 80% de la population disparue en regardant les images de l’apocalypse. C’est son droit. Il a travaillé toute sa vie pour contempler sur l’écran de sa télé des cadavres, des explosions, des guerres et des cataclysmes. 

 

Conclusion finale de Frank Martel, un philosophe chinois brasseur de bière au Cheval Blanc de la rue Ontario (Montréal): Lorsqu’un poulpe monte sur ses grands chevaux, il ne veut plus descendre. Cela revient à dire que lorsque nous vivons l’abondance, nous préférons croire que la simplicité involontaire, les restrictions et la misère sont pour les gens qui passent aux Nouvelles et non ceux qui les regardent.

           

 

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