VOIR  DE PLUS PRÈS UN CAS DE
RENCONTRES ÉTRANGES
 

 

 

 

Ce texte fut rédigé en août 2001 et revu en novembre 2009 pour donner de la matière à réflexions à ceux qui questionnent le film Le Quatrième type (The Fourth Kind) d’Olatunde Osunsanmi et certaines informations qui sortent de la rhétorique que nous retrouvons autour de la croyance en des visiteurs de l’espace. À l’exception de la conclusion, ce texte repose exclusivement sur des extraits du livre Enquête sur les enlèvements extraterrestres (1995) de la journaliste française Marie-Thérèse de Brosses.

 

 

LE

CAS

SARAH SMITH

 

Sarah Smith (pseudonyme) naît dans une famille juive. Dès son enfance, elle vit les désagréments d’une sensitivité électrique qui cause des anomalies aux appareils électroniques qui se retrouvent près d’elle et des douleurs à la tête lorsqu’elle passe sous des lignes à haute tension. Elle attire aussi la foudre. Elle la frappe à l’âge de 17 ans, alors qu’elle se repose au bord d’une plage, provoquant ainsi un état semi-comateux.

 

Cette petite anomalie n’empêche pas Sarah de bouillonner d’une intelligence exceptionnelle. Première de classe, à 15 ans elle veut faire des études supérieures. À 16 ans, elle s’intéresse à la physique quantique et à l’atome de Bohr à la suite d’une vision qui représenterait la naissance de la lumière. À 19 ans, elle décide cette fois d’étudier la physique à l’Université d’Ottawa (Canada).

 

Sa vie bascule

 

Nous sommes en 1979. Sarah vient de se marier avec Mark, un jeune ontarien dont elle se dit follement amoureuse. Alors qu’il passe ses semaines à Ottawa, Sarah prend l’habitude de se retirer dans la petite maison de campagne du couple pour y trouver le calme propice à ses études et aux rénovations. 

 

 

Lors d’une nuit, Sarah entend un bruit cacophonique provenant probablement des outils de l’atelier de bricolage de Mark qui s’entrechoquent. Le vacarme cesse. Un court silence s’impose pour aussitôt se laisser envahir par un son ressemblant à des griffes grattant le sol. Soudainement apparaissent deux formes noires qui semblent humaines, alors que Sarah se retrouve paralysée sur son lit, incapable de crier. Seule cette pensée traverse son esprit avant qu’elle perde connaissance: «c’est le Diable».

 

Le lendemain matin, une vilaine migraine accompagne les souvenirs brumeux de son expérience. Malgré l’inquiétude, elle décide de ne pas en parler à Mark lorsqu’elle le rencontrera. Deux jours plus tard, la même expérience se reproduit. Cette fois, s’ajoutent des pressions sur son corps et la présence de créatures ayant des yeux immenses et noirs. Encore une fois, elle souhaite garder le silence afin de ne pas passer pour une folle. Elle a pourtant des raisons sérieuses pour exposer ses rencontres. Sa concentration s’étiole. Son cerveau marche au ralenti et elle a de la difficulté à étudier et à lire, au point que son état nuit à ses études. En plus, elle est victime, à chaque début de journée, d’incessants éternuements et des maux de tête.

 

Elle décide de retourner à Ottawa, auprès de Mark. Le temps passe sans anicroche jusqu’aux vacances de Noël. Pendant que Mark est très occupé par son travail, Sarah profite de l’occasion pour réaliser des rénovations de son chalet. Une fois arrivée à destination, la peur de vivre de nouvelles expériences s’empare d’elle. Pour la combattre, elle laisse les lumières allumées avant de se coucher. Sa décision lui procure un sommeil paisible. La nuit suivante, elle répète le rituel. Cette fois, Sarah se réveille paralysée et constate que les lumières sont éteintes. Pendant que le bruit de grattements sur le sol perce le silence, elle fait un effort inouï pour se rappeler si les ampoules brillaient avant de s’endormir. Elle perd alors connaissance pour ensuite vivre divers états partiels d’éveils, le temps de réaliser qu’une pression s’exerce sur son corps, comme si quelqu’un était couché sur elle.

 

La nuit dérobée

 

Cette expérience précède une valse insoutenable de rencontres. Réveil… Paralysie… Lumières éteintes. Nuit après nuit, elle lutte contre le sommeil afin d’éviter de nouvelles visites.  Rien ne va. Une voix intérieure s’adresse à elle pour lui suggérer qu’elle rêve. L’obscurité envahit sa demeure. Elle tombe inconsciente et revit son cauchemar.

 

Elle décide de briser ces rencontres infernales en se baladant en voiture et en se fondant dans la foule de bars. Cette solution n’est que temporaire. À 10 heures le matin, alors qu’elle lave la vaisselle, un engourdissement annonce une nouvelle expérience. Elle veut téléphoner, mais elle se sent tomber au ralenti et ne peut plus penser. Un vacarme commence. Seuls ses yeux bougent afin de constater qu’à côté d’elle se retrouve une créature aux grands yeux noirs allongés reflétant un regard insoutenable sans aucune humanité et émotion. L’évanouissement l’envahit.

 

À 12 h 15 elle se réveille. Épuisée, elle se lève avec difficulté pour téléphoner à sa mère. Elle ne réussit pas à se souvenir de son numéro et de son nom. Son cerveau semble «liquéfié». À cette époque, Sarah manque de sommeil et s’endort partout où elle va. Mark, témoin de son problème, lui demande de consulter un médecin. C’est alors qu’elle lui avoue ne plus pouvoir vivre dans la maison, lieu où elle a l’impression d’être sous constante surveillance. Malgré le dévoilement de sa crainte, elle refuse de quitter l’endroit maudit, tant qu’elle ne sera pas en mesure de retourner à l’université. Est-ce une marque de courage de sa part ou de la folie? Cette fois, elle décide d’emprunter le chien d’un ami afin de régler son problème. C’est l’échec. Soit que la bête hurle ou qu’elle est absente lors de ses rencontres.

 

À cette époque, elle constate que sa mémoire ne cesse de s’étioler et qu’elle devient dépressive. De surcroît, elle accepte de plus en plus les deux visiteurs, la seule présence qui se retrouve autour d’elle. Elle note aussi que ces deux petits êtres peuvent lire dans sa pensée et lui parler télépathiquement. Le contact se fait. Les créatures lui apprennent qu’elle a des facultés psychiques et qu’ils doivent effectuer des expériences sur elle. Sarah refuse de servir de cobaye et lutte selon ses moyens. Et malgré qu’elle n’ait jamais prié et ne possède aucun objet religieux, elle décide de réciter le Notre Père. Surprise, la prière sort à toute vitesse à l’envers. Elle recommence. Toujours à l’envers! La torture débute.  Les deux créatures utilisent des instruments de prélèvements et d’étranges appareils lumineux qui lui causent des brûlures.

 

Alors que se multiplient les rencontres, Sarah constate des améliorations de sa situation. Bien qu’elle soit toujours paralysée, elle reste consciente plus longtemps. Pour ce qui est des visites de 10 heures et 2 heures, elles sont plus brèves. Elle sent la victoire, même si elle maigrit et a de la difficulté à se laver, se nourrir et se vêtir. Elle récite des prières comme seul et dernier espoir, malgré sa culture scientifique exempte de croyances religieuses. Petit à petit, un profond changement se produit en elle; une conscience plus aiguisée de l’existence de forces dualistes.

 

Deux mois passent. Elle tente de retourner à l’université. Elle ne peut plus lire sans pleurer. Pour ce qui est de son mari, il réagit négativement et note qu’elle n’est plus la femme qu’il a mariée. Elle décide alors de repartir à la campagne et faire face à de nouvelles expériences, accompagnée d’amis. Malheureusement, ces derniers s’endorment pendant qu’elle vit ses cauchemars.

 

Un enfant, ça vous décroche un rêve

 

Nous sommes en 1980. Sarah, seule depuis 6 mois, se bagarre avec les visiteurs, autant qu’elle le puisse. Et malgré une absence prolongée de contacts humains, dont son mari Mark, elle est enceinte. Elle croit alors que le géniteur est une des créatures qui la visite, pour enfin se dire que c’est une grossesse nerveuse. Sa croyance s’estompe lorsqu’elle entend son foetus lui parler télépathiquement. Sympathique, poli et bavard, il l’injure et lui dit: Tu vas vomir grosse vache. Sarah se croit folle et nous en ferions autant à sa place, si nous avions à vivre ce genre de situation invraisemblable. Bref, pour voir plus clair, elle consulte un gynécologue. Il confirme la présence du foetus. Elle décide alors de partager son secret avec son mari. Sachant qu’il n’est pas le père, il refuse de l’aider.

 

Prise entre la maternité et un cauchemar digne du film Un bébé pour Rosemary, Sarah développe une haine de l’enfant qu’elle porte et qui, jour et nuit, lui parle télépathiquement, lui dit ce qu’elle doit manger, dont du «steak haché cru».  Acharnée, Sarah continue ses prières devenues inaudibles et y ajoute des chants à Dieu, composés de sons débiles et discordants, tout en laissant des évangiles un peu partout dans la maison, dont un sous son oreiller. Les visites continuent, avec cette fois la présence de concrétions gluantes qui lui donnent une envie de vomir. Une nouvelle personne se permet même de la visiter durant la nuit. Il s’agit d’une femme habillée de noir qui traverse la fenêtre de sa chambre. Elle a un enfant dans ses mains et le place dans un tube transparent rempli de liquide. Sarah rouspète. Le corps de l’enfant noircir et se détache en lambeau, pendant que la femme rit et lui disant: c’est ton enfant.

 

La visite de Mark annonce une victoire 

 

Un matin, à 10 heures, Sarah est paralysée sur son matelas et attend que se manifestent les deux créatures. C’est plutôt Mark qui se présente à elle, après deux mois d’absence. Il longe son lit, les deux mains dans les poches, sans la regarder dans les yeux et se dirige vers la fenêtre en lui tournant le dos. Il lui dit qu’elle est folle et très malade. Mentalement, Sarah lui demande de l’aider à quitter la maison. Les visiteurs vont venir, elle ajoute.  Il lui répond qu’ils ne sont pas si méchants que ça et la quitte. Sarah constate étrangement qu’elle n’entend pas le son de la porte de la maison qui s’ouvre et celui du démarrage de la voiture de Mark. Elle croit que les visiteurs ont pris la forme de son mari.

 

Cette supercherie l’incite à confronter les deux créatures. Elle les examine de son mieux. Ils mesurent environ 1,20 mètre. Leurs yeux sont comme du plastique noir. Leurs vêtements! Un déguisement… Leur visage figé par un regard trop statique. Ils ont une tête trop raide. Elle croit alors que l’apparence des visiteurs est un genre de déguisement. Elle passe alors aux injures et constate qu’ils reculent et que le rituel des expériences se brise par des visites écourtées. C’est une victoire. Il ne lui reste qu’à accepter son bébé.

 

Le garagiste

 

Les visiteurs répondent. À trois heures la porte d’entrée claque. L’explication de ce retard ne tarde pas à s’imposer. C’est le garagiste.  Il sent l’alcool et lui dit qu’il faut l’exterminer, qu’elle et ses extraterrestres sont des bâtards. Ensuite, il la projette violemment contre le mur. Sarah a peur et constate que les yeux du garagiste sont anormaux et jaunes.  Il ajoute: tu penses qu’ils vont t’aider tes êtres de lumière. Qui a bien pu lui parler de ses expériences, elle se questionne. Il lui inflige des coups, la frappe en lui disant: Laisse-moi te tuer, c’est Dieu qui le demande. Tu es leur porte-enfant, laisse-moi tuer l’enfant. Coups de pied et de poing suivent et une tentative d’étranglement. Il la traîne ensuite par les cheveux, prend une pelle et creuse pour l’enterrer vivante.  Pendant ce temps, le sang de Sarah qui dégouline sur le sol s’accompagne d’une voix intérieure qui lui répète de lui toucher l’épaule. Elle le fait après hésitation. Le garagiste est projeté par une force incroyable pendant qu’elle se lève pour fuir rapidement

 

La voix lui dit: Sarah, sauve-toi et cours. Elle se retrouve pieds nus, à l’extérieur, à -20 degrés et se cache sous un sapin. Le garagiste la suit et la supplie de se livrer afin qu’il puisse la tuer. Il s’assoit ensuite au volant de sa voiture et roule en zigzaguant, pour éclairer les environs avec les phares de son véhicule. Il découvre des traces de sang et tente de les suivre pour trouver Sarah. Toujours cachée, elle essaie de ne pas penser à lui, par peur qu’il sente ses pensées. Elle réussit. Le garagiste quitte l’endroit avec sa voiture et s’arrête plus loin. Sarah profite du moment pour ramper dans la neige afin de rejoindre un chalet abandonné. Cette nuit, il y a quatre hommes à l’intérieur qui préparent de la cocaïne. Ils refusent de l’aider en prétextant le danger de voir la police surgir chez eux. Ils lui demandent de quitter l’endroit, même si elle est ensanglantée et risque de mourir. Par bonheur, le plus corpulent s’avance vers elle et décide de lui porter secours, malgré les objections des trois autres.

 

Convalescence auprès d’une mère aux yeux noirs

 

Un téléphone est fait. La police ne sera pas mêlée à cette histoire, mais plutôt le frère de Sarah qui habite à une heure de chez elle. Il arrive et elle est transportée à l’hôpital, vers 4 heures. Le diagnostic: sa vessie est éclatée, sa rate et un rein sont endommagés, son enfant démembré. Elle reste 6 semaines aux soins de l’institution et garde toujours le silence sur ses expériences, pendant que la nuit, les visites continuent. Pour combattre les visiteurs, elle visualise de la lumière. Lentement, elle reprend le contrôle et réadapte sa vessie, chose impossible selon les médecins.

 

Ce qu’elle prend pour une destruction de son cerveau, l’oblige à laisser tomber ses études et à se trouver un petit boulot et un appartement. C’est dans sa nouvelle demeure que les visites continuent. Cette fois, elle a l’impression d’être dans une grotte qui dégage une odeur de moisie. Un jour, paralysée sur son lit, sa mère, qui n’a pas les clés de son logis, entre chez elle. Comme pour Mark, c’est une projection ou une imitation qui fuit sa vue.  Sa mère lui demande de collaborer. Elle comprend alors que les visiteurs manipulent son cerveau par des hologrammes et que les yeux de sa mère ont un défaut qui la force à éviter les regards. Une seule fois, elle voit les yeux de sa mère. Le blanc est noir, un effet fut tellement effrayant qu’elle les retranche de ses souvenirs avant de s’évanouir.

 

Méphistophélès s’en mêle

 

 

Ne pouvant plus rester à son boulot, Sarah loge chez son amie Jackie, lieu où elle découvre qu’elle ne peut plus supporter les lumières vives, la couleur bleu-violet et la gélatine bleue qui lui sert de pâtre à dent. C’est aussi chez Jackie qu’elle vit une expérience marquante. Les deux créatures arrivent. Sarah exige, au nom de Dieu, qu’elles partent. Elle ajoute: Vous êtes damnés et ne verrez jamais la lumière. Les créatures s’éloignent alors rapidement et disparaissent de sa vue pendant que Sarah s’enfonce dans son matelas sous une forte pression.

 

Apparaît une autre créature, grande et portant une cape avec un haut col montant à l’arrière, un peu comme le conte Dracula ou l’empereur des Martiens du film Mars Attack. Sa tête est allongée. Ses yeux noirs enfoncés et plus humains reflètent une intelligence exceptionnelle. Télépatiquement, il exige qu’elle se laisse toucher. Elle refuse et lui demande de le faire lui-même. Alors, son regard devient haineux. Elle lui fait remarquer cette haine, pendant que son corps se soulève (lévitation) au point que son visage rejoint le plafond.  Il veut la toucher, mais elle refuse toujours. Pendant ce temps, Jackie entre dans sa chambre, comme somnambule. La grande créature traverse son corps en s’absorbant en elle. Alors, Jackie lève le bras pour lui toucher la jambe alors que Sarah hurle de toutes ses forces. Les voisins du dessous, qui ont les clés de l’appartement, arrivent et ouvrent la lumière. Jackie se réveille. Sarah tombe du plafond vers son lit. 

 

Délivrance

 

Nous sommes en 1981. Suite à cette rencontre avec une troisième créature, une autre manifestation arrive. Elle voit des petites lumières qui dansent autour d’elle, pendant que son nom est dit à trois reprises par une voix chaleureuse. Dès cet instant, sa vie se transforme et elle reçoit des informations sur des entrées qui permettent de passer d’une galaxie à une autre. Elle est aussi informée d’une hiérarchie cosmique, dont la présence d’êtres hostiles sur la Terre. Elle tombe ensuite endormie, avec l’impression d’avoir été touchée par Dieu.

 

Commence alors une rééducation de son corps et de ses muscles, par des impulsions électriques qui se produisent la nuit. Pour ce qui est de son intellect, elle se met à dévorer des livres et voit naître en elle un sentiment de compassion. Se développent aussi le don de scanner des maladies et des textes, ce qui lui permet de travailler sur des scénarios. Elle s’épuise par contre et doit être opérée. Les médecins découvrent qu’un de ses reins a disparu.    

 

Quelques années plus tard, en juillet de 1993, elle a une vision pendant qu’elle déménage. Son beau-frère risque d’être frappé par un classeur. Elle court vers le sous-sol et reçoit le meuble en plein visage. Blessée, elle se fait faire des radiographies. On remarque qu’elle a quelque chose dans le sinus. Trois semaines plus tard, un corps étranger sort de son nez lors de saignement. Il ressemble à un gros vermicelle blanc pouvant s’allonger comme un élastique. Le Dr Bernard Grad de l’Université Mc Gill (Montréal) l’examine et brise l’extrémité de l’implant par accident.  

 

En 1994, en plein hiver, elle est avec son nouveau mari Steve. Elle devient nerveuse et sent les visiteurs arriver. Malheureusement, son époux s’endort subtilement pendant qu’une panne d’électricité débute. Un générateur vient d’exploser. Le téléphone sonne. C’est la secrétaire de Sarah qui habite à quelques pas. Elle s’informe si le générateur alimente sa résidence et invite Sarah et sa famille chez elle. De retour le lendemain, une odeur pestilentielle ressemblant à des œufs pourris, envahit la maison. C’est plus tard qu’elle rencontre un enquêteur qui veut placer des détecteurs chez elle. Pas très différent de Mark et sa mère, il lui dit: ce sont nos supérieurs; vous devez collaborer.

 

***

 

Selon Marie-Thérèse de Brosses, Sarah aurait vécu une sorte d’initiation après s’être fait frapper par le foudre à l’âge de 17 ans. Cela ferait partie des rituels chamaniques servant à initier des enfants au monde des esprits.

 

 

Ces propos de madame de Brosses nous transportent dans l’univers des symboles. Ces derniers sont importants pour que le chamarré puisse recevoir des informations qui lui permettront de comprendre le sens caché des êtres vivants et d’apprivoiser l’avenir. Ceux qui sont les plus accessibles s’associent généralement à la nature qui englobe le lieu d’épanouissement du chamane.  Cela nous amène à poser cette question à travers la culture et l’environnement de Sarah (aussi le nôtre): par quoi pouvons-nous remplacer des symboles chamaniques tels l’aigle, l’ours ou la chouette, lorsque nous habitons un milieu urbain coupé de la nature? Pour répondre à cette question, nous devons trouver des succédanés qui remplissent ces deux conditions: 

  1. Se lier à la culture et à l’environnement de Sarah.

  2. Pouvoir se qualifier d’universalistes et pouvoir se retrouver dans une culture globale.

 

La grande créature aux yeux méchants répond à ces critères. La cause provient de son accoutrement. Peu importe notre appartenance culturelle, son col surmonté à l’arrière de son cou suggère une impression de puissance mélangée à de la cruauté, pouvant, dans certains cas, s’associer à un caractère surnaturel (Dracula et l’empereur martien de Mars Attacks). Pour les deux entités, nous sommes devant un symbole plus ambigu. Oui! Le visage aux yeux noirs et allongés s’associe à des visiteurs extraterrestres depuis les années 80. Par contre, ce symbole n’est pas universel. Il est étroitement lié à une influence de la culture anglo-saxonne et à l’utilisation de l’hypnose par les spécialistes des enlèvements, souvent des Américains. Ajoutons que la condition d’une universalisation du petit-gris, en tant que symbole extraterrestre, repose sur une plus grande diffusion de la culture anglo-saxonne. Cette opinion est-elle partagée par Sarah? En y mettant des efforts, Sarah conclut que l’image deux créatures ressemble à un «déguisement»; un «regard trop statique», des yeux «comme du plastique noir»… En y mettant aussi des efforts, nous pouvons affirmer que cette tendance à vouloir (absolument) associer les petits gris à des «extraterrestres» repose sur des fadaises. Personne ne peut démontrer un lien tangible entre eux et les ovnis et l’espace.

 

Revenons à la fameuse foudre. Dans le folklore, elle se lie aussi à un véhicule du Diable. Cette information fut même exploitée dans les Nouvelles de l’Interzone d’octobre 2009, pour construire un pont entre La Guerre des mondes de Stephen Spielberg (les Martiens utilisent la foudre pour gagner leurs machines de guerre) et une foudre impressionnante tombée près de chez moi en avril 2003, alors qu’un journaliste de la SRC annonçait que le Parti libéral du Québec de Jean Charest formera un gouvernement majoritaire. Et qui parle du Diable traite aussi de diablerie. Certaines odeurs, comme celles d’oeufs pourris — hydrogène sulfurique — sont associées à des présences démoniaques. Les substances gélatineuses sont souvent liées à des matérialisations d’esprits ou d’entités. Enfin, notons que l’inversion involontaire du Notre Père de Sarah s’associe à des pratiques magiques dont le plus fervent promoteur connu à ce jour se nommait Aleister Crowley, un agent des services secrets britannique qui fréquentait, à la fin du XIXe siècle, la Golden Dawn, un ordre occulte qui faisait la promotion des pratiques occultes, afin de stimuler l’inspiration et la créativité à travers la pratique de la magie et du spiritisme. Crowley a été derrière la promotion d’une magie basée sur l’inversion de mots et de gestes. Selon lui, il fallait apprendre à parler à l’envers, à écouter de la musique à l’envers, à marcher à l’envers, à écrire à l’envers, car ceci fait partie de l’apprentissage du magicien. C’est cette même inversion, citée dans son livre Magik (pages 481 et 482) qui est devenue le «backward masking process» (procédé de masquage par inversion) se retrouvant dans la musique populaire, dont le fameux Revolution 9 des Beatles provenant de l’Album blanc (1968), source d’inspiration de Charles Manson, chef des Esclaves de Satan qui commande l’assassinat de Sharon Tate et de ses amis, en août 1969.

 

Nous pouvons aussi parler d’une inversion des perceptions, voire d’une tentative de modifier notre interprétation du bien et du  mal ou de l’obscurcir.  Le garagiste œuvre à la tache.  Alors qu’il semble possédé, il affirme agir sous les ordres de Dieu, afin de la tuer et détruire son enfant qui serait démoniaque. Un possédé aux yeux jaunes, contrôlé par Dieu, qui use de violence pour assassiner un démon porté par une femme qui serait en accointance avec des êtres de lumière, n’est-ce pas un peu compliqué et contradictoire? Que penser de moins, lorsqu’une dame vêtue de noir place un enfant sans un liquide qui le désagrège, en l’associant à l’enfant de Sarah? Nous pouvons ajouter la mère de Sarah, Mark et l’enquêteur, dont les propos placent Sarah dans une situation inconfortable, peu importe sa réaction. Si elle obtempère à leurs demandes, elle se met au service de créatures qu’elle craint. Si elle refuse, elle ouvre la porte d’un monde délirant qui nous dicte que des entités malveillantes prennent la forme d’amis, de parents et de connaissances pour nous contrôler. Bref, ce que nous tirons du cas Sarah Smith ressemble à une nouvelle interprétation des démons qui serait ici pour nous piéger et attaquer notre personnalité.

 

Sarah connaît le dossier. Disposée à devenir une grande physicienne, elle abandonne ses études, comme l’aurait fait une habituée de drogues dures. Est-ce la conséquence imprévisible de ses rencontres ou une intelligence qui serait intervenue pour qu’elle ne puisse faire sa marque dans cette science? Si nous croyons en une intervention, pouvons-nous traiter d’une manipulation humaine? Nous pourrions imaginer que Sarah aurait été victime de champs magnétiques qui ont affecté son cerveau, dont la scissure de Rolando qui a pour effet de provoquer une paralysie.  Nous pourrions même ajouter que le plus étrange n’est pas les visites qu’elle se rappelle, mais celle qu’elle a oubliée. Un rein manque. Et lorsque nous parlons de rein, surtout en 2009, nous devons nous attaquer au trafic d’organes prélevé parfois sans le consentement du donneur.

 

Rein à vendre ou rein ne servant à rien? Ce qui me dérange le plus avec l’ufologie n’est pas les Jacques Vallée, Marie-Thérèse de Brosses ou Pierre Delval (Ouranos) de  ce monde, mais ceux qui tente de peine et de misère, à associer les créatures observées à des extraterrestres. Non seulement le cas Sarah Smith ne nous permet pas de suivre cette route, mais il nous exhibe les pires maux des hommes: intrusion, viol, tentative de meurtre, manipulations, prélèvement non autorisé d’organe et emprunt d’une fausse identité. Cela se fait simplement à un niveau plus subtil, une dimension cachée que nous avons tous les bonnes raisons de craindre, tant et aussi longtemps que nous ne pouvons répondre à cette question: nos déviances sont-elles innées à notre nature humaine ou seraient-elles l’héritage d’une influence occulte que nous devons combattre?

 

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